jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200298 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CHEYSSON MARCHADIER & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 mai 2022, et un mémoire complémentaire enregistré le 10 janvier 2023, l'Union régime obligatoire en prévention santé, représentée par la Selarl Cheysson Marchadier et Associés, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de donner acte du désistement de ses conclusions initiales tendant à l'annulation partielle de l'avis de saisie administrative à tiers détenteur n° 06699192234 qui a été émis le 19 mars 2019 par le comptable public à destination de son établissement bancaire pour le recouvrement de la somme de 3 793,58 euros, en tant qu'il se rapporte à la somme de 343,74 euros mentionnée dans l'avis de sommes à payer émis par le centre hospitalier universitaire de Martinique le 28 janvier 2016 ;
2°) d'annuler l'avis des sommes à payer n° 2284113 émis par le centre hospitalier universitaire de Martinique le 28 janvier 2016 pour un montant de 343,74 euros et de prononcer la décharge de l'obligation de payer cette somme ;
3°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire de Martinique de lui restituer la somme de 343,74 euros ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Martinique une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la créance de 343,74 euros sur laquelle porte l'avis des sommes à payer litigieux n'est pas fondée dès lors qu'elle se rapporte à des frais de santé se rapportant à des soins réalisés au bénéfice d'une personne qu'elle n'a jamais assurée ;
- elle est fondée à demander l'annulation par voie de conséquence de l'acte de saisie administrative à tiers détenteur émis le 19 mars 2019, en tant qu'il porte sur le recouvrement de cette créance de 343,74 euros.
La procédure a été régulièrement communiquée au centre hospitalier universitaire de Martinique et au directeur régional des finances publiques de la Martinique, qui n'ont produit aucune observation.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de l'avis des sommes à payer litigieux émis par le centre hospitalier universitaire de Martinique, à la décharge de l'obligation payer la somme correspondante de 343,74 euros et à ce qu'il soit enjoint au centre hospitalier universitaire de Martinique de lui restituer cette somme de 343,74 euros, ces conclusions ayant été formées après l'expiration du délai de recours contentieux.
L'Union régime obligatoire en prévention de santé a présenté des observations sur ce moyen d'ordre public, par un mémoire qui a été enregistré le 18 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L'Union régime obligatoire en prévention santé est une union de mutuelles qui a succédé à la Mutualité fonction publique services. Elle a fait l'objet d'un avis de saisie administrative à tiers détenteur, portant sur un montant de 3 793,58 euros, émis le 19 mars 2019 par le comptable public à destination de son établissement bancaire pour le recouvrement, notamment, d'un avis des sommes à payer émis par le centre hospitalier universitaire de Martinique le 28 janvier 2016 portant sur la somme de 343,74 euros. L'union de mutuelles a contesté cet avis de saisie administrative à tiers détenteur dans le cadre d'un recours administratif préalable adressé au comptable public par un courriel du 24 février 2020 qui est resté sans réponse. Dans la présente instance, l'Union régime obligatoire en prévention santé demande au tribunal administratif, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler l'avis des sommes à payer émis par le centre hospitalier universitaire de Martinique le 28 janvier 2016, ainsi que de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme correspondante de 343,74 euros et d'enjoindre au centre hospitalier de lui restituer cette somme de 343,74 euros. L'union de mutuelles demande en outre à la juridiction de donner acte du désistement de ses conclusions initiales tendant à l'annulation partielle de l'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis le 19 mars 2019, en tant qu'il se rapporte à la somme de 343,74 euros mentionnée dans l'avis des sommes à payer du 28 janvier 2016.
Sur le désistement partiel :
2. Dans son mémoire du 10 janvier 2023, l'Union régime obligatoire en prévention santé déclare renoncer aux conclusions initiales de sa requête tendant à l'annulation partielle de l'avis de saisie administrative à tiers détenteurs émis par le comptable public le 19 mars 2019. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur la recevabilité du surplus des conclusions de la requête :
3. Le 1° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales dispose : " () L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. " L'article R. 421-5 du code de justice administrative dispose : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. "
4. En l'espèce, l'Union régime obligatoire en prévention santé a été informé par sa banque que le comptable public avait émis à son encontre, le 19 mars 2019, un avis de saisie administrative à tiers détenteur portant sur le recouvrement d'une somme de 3 793,58 euros. Elle a sollicité auprès des services de la direction régionale des finances publiques de la Martinique la communication des actes et titres exécutoires correspondants. Ceux-ci lui ont transmis par courriel, le 7 février 2020, la copie de l'ensemble des titres exécutoires se rapportant à la somme de 3 793,58 euros, en particulier l'avis des sommes à payer émis par le centre hospitalier n° 2284113 émis par le centre hospitalier universitaire de Martinique le 28 janvier 2016 et portant sur la somme de 343,74 euros. Il s'ensuit que l'Union régime obligatoire en prévention santé doit être regardée comme ayant eu notification au plus tard à cette date de l'avis des sommes à payer litigieux, lequel comportait au verso une mention régulière des voies et délais de recours. Ainsi, l'union de mutuelles requérante disposait d'un délai de deux mois à compter du 7 février 2020 pour contester cet avis des sommes à payer et exercer son recours juridictionnel. Toutefois, sa requête, qui a été enregistrée le 12 mai 2022, a été formée au-delà de ce délai. Dans ces conditions, alors que le recours administratif préalable que l'union de mutuelles requérante a adressé au comptable public le 24 février 2020 était exclusivement dirigé contre l'avis de saisie administrative à tiers détenteur du 19 mars 2019, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'avis des sommes à payer émis par le centre hospitalier universitaire de Martinique du 28 janvier 2016, ainsi qu'à la décharge de l'obligation payer la somme correspondante de 343,74 euros et à ce qu'il soit enjoint au centre hospitalier universitaire de Martinique de lui restituer cette somme de 343,74 euros sont tardives et, partant, irrecevables.
5. Il résulte de ce qui précède que le surplus des conclusions de la requête de l'Union régime obligatoire en prévention santé est irrecevable. Il doit, par suite, être rejeté.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier universitaire de Martinique, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que l'Union régime obligatoire en prévention santé demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de l'Union régime obligatoire en prévention santé des conclusions initiales de sa requête tendant à l'annulation partielle de l'avis de saisie à tiers détenteurs émis par le comptable public le 19 mars 2019.
Article 2 : Le surplus de la requête de l'Union régime obligatoire en prévention santé est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'Union régime obligatoire en prévention santé, au centre hospitalier universitaire de Martinique et au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics.
Copie sera adressée pour information au directeur régional des finances publiques de la Martinique.
Délibéré après l'audience du 16 février 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Rouland-Boyer, présidente,
- M. de Palmaert, premier conseiller,
- M. Phulpin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mars 2023.
Le rapporteur,
V. A
La présidente,
H. Rouland-BoyerLe greffier,
J-H. Minin
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention ainsi qu'au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics en ce qui les concernent ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026