jeudi 29 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200325 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | FERRER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 mai 2022, M. B C, représenté par Me Ferrer, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Sainte-Anne à lui verser la somme de 4 612 euros en réparation du préjudice subi du fait de la privation pendant quatre années du bénéfice de l'indemnité d'exercice de missions des préfectures et d'augmenter cette somme des intérêts au taux légal à compter du 7 mars 2022, avec capitalisation des intérêts à chaque échéance annuelle ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Sainte-Anne la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions par lesquelles il a été privé du bénéfice de l'indemnité d'exercice de missions des préfectures ne sont pas motivées ;
- elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2022, la commune de Sainte-Anne, représentée par Me Yang-Ting-Ho conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Palmaert,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public ;
- et les observations de Me Yang-Ting-Ho pour la commune de Sainte-Anne.
Considérant ce qui suit :
1. Titularisé en 2013 dans le cadre d'emploi des adjoints territoriaux d'animation, M. C, affecté sur un emploi d'animateur sportif dans les services de la commune de Sainte-Anne, a perçu l'indemnité d'exercice de missions des préfectures (IEMP) au titre des années 2015, 2016 et 2017. Par un arrêté du 8 août 2021, le maire de Sainte-Anne a décidé que M. C ne bénéficierait pas de cette indemnité au titre de l'année 2020. Par un courrier du 7 mars 2022, l'intéressé a demandé que lui soit versée la somme de 4 612 euros, montant qu'il aurait selon lui dû percevoir si l'indemnité lui avait été versée de 2018 à 2021. Une décision implicite de refus étant née du silence gardé par le maire de Sainte-Anne sur cette demande, M. C demande par la présente requête la condamnation de la commune de Sainte-Anne à lui verser la somme de 4 612 euros.
Sur la fin de non-recevoir soulevée par la commune pour l'année 2020 :
2. L'expiration du délai permettant d'introduire un recours en annulation contre une décision expresse dont l'objet est purement pécuniaire fait obstacle à ce que soient présentées des conclusions indemnitaires ayant la même portée.
3. Il résulte de l'instruction que par un arrêté du 5 août 2021, le maire de la commune de Sainte-Anne a décidé que M. C ne percevrait pas l'IEMP au titre de l'année 2020, un coefficient de zéro ayant été appliqué au montant de 1 153 euros susceptible de lui être alloué. Cet arrêté ayant été notifié à M. C le 15 septembre 2021 avec mention des voies et délais de recours, l'intéressé pouvait présenter un recours contre cette décision jusqu'au 16 novembre 2021. A défaut de recours gracieux ou contentieux dirigé contre elle, cette décision est devenue définitive deux mois après sa notification. Il résulte du principe rappelé au point précédent que l'existence de cette décision pécuniaire devenue définitive fait obstacle à ce que M. C demande, pour l'année 2020, une indemnisation au titre de l'indemnité qu'il n'a pas perçue. Par suite, la commune de Sainte-Anne est fondée à soutenir que les conclusions indemnitaires au titre de l'année 2020, qui sont irrecevables, doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires pour les années 2018, 2019 et 2021 :
En ce qui concerne la responsabilité :
4. Aux termes de la délibération relative au régime indemnitaire des agents de la ville de Sainte-Anne, prise le 30 décembre 2016 par le conseil municipal de la commune : " Pour chaque agent, le maire fixe le coefficient de modulation en fonction des critères suivants : la manière de servir (), la disponibilité et l'assiduité (), les fonctions et le niveau hiérarchique (), l'assujettissement à des sujétions particulières ". " Le coefficient individuel de l'agent est compris entre 0 et 3 dans la limite du crédit global par grade () ".
5. En l'espèce, M. C a bénéficié, pour la détermination de son régime indemnitaire, du coefficient 1 en 2015 et 2016. Pour l'année 2017, un arrêté du 12 décembre 2017 a fixé son coefficient à 0,87, de sorte que l'intéressé a perçu 1 000 euros. Le maire de Sainte-Anne n'a pas versé l'IEMP à M. C au titre des années 2018, 2019 et 2021. Si, comme le soutient la commune, la circonstance que M. C a bénéficié de cette indemnité de 2015 à 2017 ne lui conférait pas pour l'avenir un droit au bénéfice de cette indemnité, pour le même montant, il ne résulte toutefois pas de l'instruction que des considérations relatives notamment à la manière de servir de M. C, à sa disponibilité, son assiduité et ses fonctions justifiaient que le bénéfice de cette indemnité lui soit totalement supprimé pour les années 2018, 2019 et 2021. La commune n'apporte en défense aucune explication de nature à justifier en quoi la manière de servir de M. C justifiait cette privation d'indemnité. Si la commune fait valoir qu'aucun agent n'a perçu l'IEMP en 2021 au motif qu'une réforme du régime indemnitaire serait en préparation pour les agents de la commune, une telle circonstance, à la supposer même établie, est inopérante dès lors qu'il n'est pas établi que la délibération du 30 décembre 2016 avait été abrogée.
6. Il résulte de ce qui précède que M. C est fondé à soutenir que les décisions de ne pas lui verser les indemnités au titre des années 2018, 2019 et 2021 sont entachées d'illégalité. Cette illégalité est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'administration.
En ce qui concerne l'évaluation des préjudices :
7. En premier lieu, il ne résulte pas de l'instruction que le requérant aurait commis une faute de nature à minorer son droit à réparation du fait de la faute qu'a commise la collectivité en lui refusant le bénéfice de l'IEMP au titre des années 2018, 2019 et 2021.
8. En second lieu, il résulte de l'instruction que M. C a perçu au titre des années 2015 et 2016 un montant annuel de 1 153 euros au titre de l'IEMP, alors affectée d'un coefficient 1. Si l'administration fait valoir que ce coefficient a été abaissé à 0,87 au titre de l'année 2017, avant d'être fixé à zéro les années suivantes, elle n'apporte aucune explication à cette diminution, ne faisant pas valoir, notamment, que la manière de servir de M. C en aurait été à l'origine, ce qui ne ressort d'ailleurs pas des comptes-rendus d'entretien professionnel versés aux débats. En conséquence, il sera fait une juste appréciation du préjudice de M. C en le fixant, pour chacune des années en litige, à la somme de 1 153 euros.
9. Il résulte de ce qui précède que la commune de Sainte-Anne doit être condamnée à verser à M. C la somme de 3 459 euros en réparation du préjudice subi du fait de la privation pendant trois années du bénéfice de l'indemnité d'exercice de missions des préfectures.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
10. Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine.
11. Il y a lieu de faire droit à la demande de M. C tendant à ce que la somme mise à la charge de la commune de Sainte-Anne porte intérêt au taux légal à compter du 7 mars 2022, date de la demande préalable adressée par le requérant à la commune. En revanche, dès lors qu'il ne s'est pas écoulée une année depuis le 7 mars 2022, la demande de capitalisation des intérêts doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. C, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la commune de Sainte-Anne au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Sainte-Anne la somme de 1 500 euros au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de Sainte-Anne est condamnée à verser à M. C la somme de 3 459 euros, avec intérêts au taux légal à compter du 7 mars 2022.
Article 2 : La commune de Sainte-Anne versera à M. C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Sainte-Anne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la commune de Sainte-Anne.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Rouland-Boyer, président,
M. de Palmaert, premier conseiller,
M. Phulpin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2022.
Le rapporteur,
S. de Palmaert
Le président,
Mme E
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026