jeudi 4 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200328 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL GRIMALDI-MOLINA ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 mai 2022, M. B A, représenté par la SELARL Grimaldi, Molina et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la note de service n° 2021-208 prise le 3 décembre 2021 par le directeur du service territorial d'incendie et de secours de la Martinique à destination des chefs de centre, portant planification des gardes pour les fêtes de fin d'année ;
2°) d'annuler la décision du 29 novembre 2021 par laquelle le directeur du service territorial d'incendie et de secours de la Martinique lui a enjoint de se présenter à la prise de garde au centre d'incendie et de secours du Lamentin ;
3°) d'annuler la décision implicite du 7 avril 2022 rejetant son recours gracieux ;
4°) de mettre la somme de 2 000 euros à la charge du service territorial d'incendie et de secours de la Martinique au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la note de service et la décision du 29 novembre 2021 méconnaissent le décret n° 2000-815 du 25 août 2000 et le décret n° 2001-1382 du 31 décembre 2001, dès lors qu'elles lui imposent de travailler au-delà de la durée annuelle de travail effectif fixée à 1 607 heures.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2022, le service territorial d'incendie et de secours de la Martinique, représenté par Me Mbouhou, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 90-850 du 25 septembre 1990 ;
- le décret n° 2000-815 du 25 août 2000 ;
- le décret n° 2001-623 du 12 juillet 2001 ;
- le décret n° 2001-1382 du 31 décembre 2001 ;
- le décret n° 2002-60 du 14 janvier 2002 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monnier-Besombes,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de Me Mbouhou, représentant le service territorial d'incendie et de secours de la Martinique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 17 novembre 2021, M. A, sapeur-pompier professionnel, a informé sa hiérarchie qu'ayant dès à présent atteint le seuil de la durée annuelle de travail effectif de 1 607 heures, il ne se présenterait plus au centre d'incendie et de secours du Lamentin à compter du 18 novembre 2021. Par courrier du 29 novembre 2021, le directeur du service territorial d'incendie et de secours de la Martinique lui a toutefois enjoint de se présenter à la prise de garde au centre d'incendie et de secours du Lamentin les jours prévus par les tableaux de service. En outre, le directeur du service territorial d'incendie et de secours de la Martinique a édicté, le 3 décembre 2021, une note de service n° 2021-208, portant planification des gardes pour les fêtes de fin d'année, qui demande aux chefs de centres d'incendie et de secours d'affecter prioritairement les sapeurs-pompiers n'ayant pas atteint le quota horaire individuel de 1 607 heures de travail annuel sur les tableaux de service de la fin de l'année 2021, et les autorise également, afin d'assurer la couverture opérationnelle sur le territoire et la continuité du service public d'incendie et de secours, à faire appel à des agents ayant déjà atteint le volume annuel d'heures de travail, les heures effectuées en dépassement de ce quota étant alors rémunérées au titre des heures supplémentaires. M. A a formé, le 7 février 2022, un recours gracieux contre ces décisions, qui a été implicitement rejeté le 7 avril suivant. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 29 novembre 2021 et la note de service du 3 décembre 2021, ensemble le rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 1er du décret du 25 août 2000 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique d'Etat, rendu applicable aux agents des collectivités territoriales par l'article 1er du décret du 12 juillet 2001 pris pour l'application de l'article 7-1 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 et relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique territoriale : " La durée du travail effectif est fixée à trente-cinq heures par semaine dans les services et établissements publics administratifs de l'Etat ainsi que dans les établissements publics locaux d'enseignement. / Le décompte du temps de travail est réalisé sur la base d'une durée annuelle de travail effectif de 1 607 heures maximum, sans préjudice des heures supplémentaires susceptibles d'être effectuées () ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " La durée du travail effectif s'entend comme le temps pendant lequel les agents sont à la disposition de leur employeur et doivent se conformer à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles ".
3. D'autre part, l'article 1er du décret du 31 décembre 2001 relatif au temps de travail des sapeurs-pompiers professionnels dispose que : " La durée de travail effectif des sapeurs-pompiers professionnels est définie conformément à l'article 1er du décret du 25 août 2000 susvisé auquel renvoie le décret du 12 juillet 2001 susvisé et comprend : / 1. Le temps passé en intervention ; / 2. Les périodes de garde consacrées au rassemblement qui intègre les temps d'habillage et déshabillage, à la tenue des registres, à l'entraînement physique, au maintien des acquis professionnels, à des manœuvres de la garde, à l'entretien des locaux, des matériels et des agrès ainsi qu'à des tâches administratives et techniques, aux pauses destinées à la prise de repas ; / 3. Le service hors rang, les périodes consacrées aux actions de formation définies par arrêté du ministre de l'intérieur dont les durées sont supérieures à 8 heures, et les services de sécurité ou de représentation ". En outre, l'article 2 du même décret dispose que : " La durée de travail effectif journalier définie à l'article 1er ne peut pas excéder 12 heures consécutives () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 3 de ce décret : " Par dérogation aux dispositions de l'article 2 relatives à l'amplitude journalière, une délibération du conseil d'administration du service d'incendie et de secours peut, eu égard aux missions des services d'incendie et de secours et aux nécessités de service, et après avis du comité technique, fixer le temps de présence à vingt-quatre heures consécutives. / Dans ce cas, le conseil d'administration fixe une durée équivalente au décompte semestriel du temps de travail, qui ne peut excéder 1 128 heures sur chaque période de six mois () ".
4. Enfin, aux termes de l'article 6-7 du décret du 25 septembre 1990 portant dispositions communes à l'ensemble des sapeurs-pompiers professionnels, dans sa version applicable au litige : " En cas de dépassement d'horaire, les sapeurs-pompiers professionnels peuvent percevoir, selon leur niveau indiciaire, les indemnités horaires pour travaux supplémentaires dans les conditions fixées par le décret n° 2002-60 du 14 janvier 2002 ou l'indemnité forfaitaire pour travaux supplémentaires dans les conditions fixées par le décret n° 2002-63 du 14 janvier 2002. Ils ne peuvent percevoir à ce titre de vacations de sapeur-pompier volontaire. / "Les sapeurs-pompiers professionnels logés en casernement ou par nécessité absolue de service ne peuvent percevoir l'indemnité forfaitaire pour travaux supplémentaires. / "Les sapeurs-pompiers professionnels qui ne bénéficient pas de l'indemnité forfaitaire pour travaux supplémentaires peuvent percevoir l'indemnité d'administration et de technicité dans les conditions fixées par le décret n° 2002-61 du 14 janvier 2002." ". Aux termes de l'article 4 du décret du 14 janvier 2002 relatif aux indemnités horaires pour travaux supplémentaires : " Pour l'application du présent décret et conformément aux dispositions du décret du 25 août 2000 susvisé, sont considérées comme heures supplémentaires les heures effectuées à la demande du chef de service dès qu'il y a dépassement des bornes horaires définies par le cycle de travail () ".
5. Le régime d'horaire d'équivalence constituant un mode particulier de comptabilisation du travail effectif qui consiste à prendre en compte la totalité des heures de présence, tout en leur appliquant un mécanisme de pondération tenant à la moindre intensité du travail fourni pendant les périodes d'inaction, seules peuvent ouvrir droit à un complément de rémunération les heures de travail effectif réalisées par les sapeurs-pompiers au-delà du temps d'équivalence au décompte annuel du temps de travail fixé, dans les limites prévues par l'article 3 du décret du 31 décembre 2001, par le conseil d'administration du service d'incendie et de secours. Ces dispositions ne font toutefois pas obstacle à ce que la durée annuelle de travail effectif, qui est fixée à 1 607 heures maximum, correspondant à la quotité de travail qu'un sapeur-pompier professionnel doit accomplir pour être regardé comme travaillant à temps plein, soit dépassée pour l'accomplissement d'heures supplémentaires, qui doivent alors ouvrir droit à un complément de rémunération, sous réserve que l'agent ne dépasse pas la durée maximale de travail effectif de 1 128 heures par semestre. La circonstance que le service territorial d'incendie et de secours de la Martinique n'ait pas fixé une durée équivalente au décompte semestriel du temps de travail est, à cet égard, sans incidence sur la légalité des décisions contestées, alors qu'il n'est ni démontré, ni même allégué, que M. A aurait dépassé la durée maximale de travail effectif de 1 128 heures par semestre. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le requérant a bénéficié des indemnités horaires pour travaux supplémentaires pour l'ensemble des heures effectuées au-delà du seuil de 1 607 heures. Dans ces conditions, et dès lors que le maximum annuel déterminé par l'article 1er du décret du 25 août 2000 précité est expressément fixé " sans préjudice des heures supplémentaires susceptibles d'être effectuées ", il n'est pas fondé à soutenir que les décisions attaquées méconnaissent les dispositions précitées en ce qu'elles ont pour effet de l'astreindre à dépasser la durée annuelle de travail effectif fixée à 1 607 heures.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 29 novembre 2021, de la note de service du 3 décembre 2021, ni du rejet de son recours gracieux. Ses conclusions aux fins d'annulation doivent, par suite, être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le service territorial d'incendie et de secours de la Martinique, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. A la somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dès lors, de rejeter les conclusions présentées à ce titre par le requérant. Il n'y a pas davantage lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme demandée par le service territorial d'incendie et de secours de la Martinique au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du service territorial d'incendie et de secours de la Martinique présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au service territorial d'incendie et de secours de la Martinique.
Délibéré après l'audience du 20 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rouland-Boyer, présidente,
M. de Palmaert, premier conseiller,
Mme Monnier-Besombes, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mai 2023.
La rapporteure,
A. Monnier-BesombesLa présidente,
H. Rouland-Boyer
Le greffier,
J.-H. Minin
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026