LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2200348

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2200348

lundi 30 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2200348
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantGREENLAW AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 juin 2022, et un mémoire complémentaire, enregistré le 28 septembre 2022, M. C B, représenté par l'Aarpi Green Law Avocats, agissant par l'intermédiaire de Me Leldique, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 janvier 2022 par lequel le préfet de la Martinique a refusé de lui délivrer une autorisation de défricher la parcelle d'une surface de 21 ares et 3 centiares dont il est propriétaire, située au lieu-dit La Pointe sur le territoire de la commune des Trois-Ilets, ensemble la décision du 5 avril 2022 portant rejet de son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Martinique de lui délivrer l'autorisation de défrichement sollicitée ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé puisqu'il se contente d'énoncer les dispositions de l'article L. 341-5 du code forestier sans exposer les considérations de fait qui fondent le rejet de sa demande d'autorisation ;

- il est entaché d'erreur d'appréciation au regard du 1e alinéa de l'article L. 341-5 du code forestier puisque le défrichement sollicité ne menace pas le maintien des terres et que l'autorisation pouvait être délivrée, le cas échéant assortie d'une prescription ;

- il est entaché d'erreur d'appréciation au regard du 8e alinéa de l'article L. 341-5 du code forestier puisque la partie de la parcelle concernée par le projet ne présente aucun enjeu en termes de préservation de l'équilibre biologique de la région en l'absence d'un quelconque classement à ce titre et que le SAR-SMVM n'est pas opposable à l'autorisation de défrichement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juillet 2022, et un mémoire complémentaire, enregistré le 20 octobre 2022, le préfet de la Martinique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

En application de l'article R. 611-1 du code justice administrative, le mémoire complémentaire de M. B, enregistré le 19 novembre 2022, n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code forestier ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Phulpin,

- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,

- les observations de Me Sicoli, substituant Me Ledique, avocat de M. B,

- et celles de Mme A, représentant le préfet de la Martinique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B est propriétaire d'une parcelle d'une superficie de 21 ares et 3 centiares située au lieu-dit La Pointe sur le territoire de la commune des Trois-Ilets. Souhaitant édifier une villa d'habitation et y installer sa résidence principale, il a déposé une demande d'autorisation pour le défrichement de la parcelle. Par un arrêté daté du 20 janvier 2022, le préfet de la Martinique a rejeté cette demande. L'intéressé a formé un recours gracieux par courrier daté du 18 mars 2022, qui a été rejeté par décision expresse du 5 avril 2022. Dans la présente instance, M. B demande au tribunal administratif d'annuler l'arrêté du préfet de la Martinique du 20 janvier 2022 ainsi que la décision du 5 avril 2022 rejetant son recours gracieux, et d'enjoindre à l'administration, sous condition de délai, de lui délivrer l'autorisation de défrichement sollicitée ou, à défaut, de réexaminer sa demande.

Sur la légalité des décisions attaquées :

2. En premier lieu, l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration dispose : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 7° Refusent une autorisation () ". L'article L. 211-5 du même code dispose : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. "

3. En relevant que la conservation du massif forestier dont fait partie la parcelle faisant l'objet de la demande était nécessaire, d'une part, au maintien des terres sur les montagnes ou les pentes, au sens de l'article L. 341-5 al. 1 du code forestier, et, d'autre part, à l'équilibre biologique d'une région ou au bien-être de la population (rôle climatique : vent, hydrométrie, abri pour la flore et la faune sauvages, valeurs d'environnement vert, valeur récréative, intérêt dans le paysage, effets des déboisements déjà opérés), au sens de l'article L. 341-5 al. 8 du code forestier, le préfet de la Martinique a apporté, eu égard à la précision des dispositions législatives applicables, une motivation suffisante à sa décision. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation n'est dès lors pas fondé. Il doit, par suite, être écarté.

4. En deuxième lieu, l'article L. 341-5 du code forestier dispose : " L'autorisation de défrichement peut être refusée lorsque la conservation des bois et forêts ou des massifs qu'ils complètent, ou le maintien de la destination forestière des sols, est reconnu nécessaire à une ou plusieurs des fonctions suivantes : / 1° Au maintien des terres sur les montagnes ou sur les pentes ; / () 8° A l'équilibre biologique d'une région ou d'un territoire présentant un intérêt remarquable et motivé du point de vue de la préservation des espèces animales ou végétales et de l'écosystème ou au bien-être de la population ; () ".

5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la parcelle de M. B, classée en zone d'aléa moyen (orange) au titre des risques de mouvement de terrain par le plan des risques naturels de la Martinique, constitue un versant de morne exposé sud-est qui donne sur la mer au niveau d'une petite baie fermée par la Pointe Galy. Elle est recouverte d'un bois, dénommé le bois de La Pointe, qui fait partie d'un ensemble boisé plus vaste s'étendant sur une surface supérieure à 10 hectares. L'agent assermenté de l'office national des forêts (ONF), qui a établi le procès-verbal de reconnaissance de l'état des bois du 15 décembre 2021 et rédigé un avis à destination du préfet, a relevé que le terrain présente des pentes mesurées qui sont supérieures à 40 % et que le risque de départs terrigènes serait élevé en cas de mise à nu du terrain. M. B conteste les inclinaisons des pentes ainsi mesurées lors des opérations de reconnaissance et produit au dossier un profil altimétrique extrait à partir du site Géoportail, un plan topographique ainsi qu'une étude géotechnique. Toutefois, tant ces documents que la carte de déclivité produite en défense par le préfet confirment que la parcelle présente une pente supérieure à 40 % dans sa partie centrale et que l'ensemble du terrain présente une inclinaison supérieure à 35 %, à l'exception d'une bande étroite située en partie haute de la parcelle ainsi que d'une petite zone enclavée située en partie basse du terrain. Dans ces conditions, compte-tenu des pentes ainsi mesurées sur l'ensemble du terrain, le préfet de la Martinique a légalement pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, refuser l'autorisation de défrichement sollicitée par M. B pour l'ensemble de la parcelle en se fondant sur le 1° de l'article L. 341-5 cité précédemment du code forestier. Le moyen ainsi soulevé n'est dès lors pas fondé. Il doit, par suite, être écarté.

6. D'autre part, il ressort des pièces du dossier, en particulier de la carte extraite du schéma applicable de mise en valeur de la mer protégeant les espaces remarquables en terme de biodiversité et de naturalité que la parcelle litigieuse est située dans sa quasi-totalité, à l'exception d'une étroite bande boisée longeant la limite sud du fonds, dans un espace remarquable couvert par ce schéma. L'inclusion de la parcelle dans le périmètre d'un tel espace répertorié au schéma de mise en valeur de la mer constitue un élément qu'il appartenait à l'administration de prendre en compte pour apprécier la demande d'autorisation de défrichement, contrairement à ce que soutient à tort le requérant. L'impact du défrichement des vastes parties haute et médiane de la parcelle aurait un impact fort d'un point de vue paysager, ainsi que le retient à juste titre le procès-verbal de reconnaissance de l'état des bois à défricher établi le 15 décembre 2021. En revanche, il n'est pas établi que le défrichement de la partie basse de la parcelle, qui n'est pas couverte par le schéma de valorisation de la mer, entraînerait un fort impact du point de vue paysager, compte-tenu notamment de la présence de constructions le long de la rue du Catalapa en contrebas du terrain et un peu plus loin au niveau du hameau de La Pointe, à un même niveau altimétrique que la partie basse du fonds. Il s'ensuit que, si le préfet de la Martinique a légalement pu se fonder sur les dispositions citées précédemment de l'article L. 341-5, 8° du code forestier pour refuser l'autorisation de défrichement des parties haute et médiane de la parcelle en estimant qu'il était nécessaire de préserver l'équilibre biologique de la zone présentant un intérêt remarquable, M. B est par contre fondé à soutenir que le préfet a méconnu ces mêmes dispositions en s'opposant pour le même motif au défrichement de la bande boisée de terrain non couverte par le schéma de mise en valeur de la mer qui est située en partie basse de la parcelle. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être accueilli, dans cette seule mesure.

7. Toutefois, ainsi qu'il a été dit précédemment au point 5., le préfet de la Martinique a également fondé son refus de délivrance de l'autorisation de défrichement de la partie basse de la parcelle de M. B au regard du 1° de l'article L. 341-5 du code forestier. Il résulte de l'instruction que le préfet de la Martinique aurait pris la même décision en fondant le refus d'autorisation de défrichement de la partie basse du terrain sur ce seul motif.

8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à contester la légalité de l'arrêté attaqué du 20 janvier 2022 portant refus de délivrance de l'autorisation de défrichement sollicitée. Les conclusions principales de sa requête tendant à son annulation doivent, par suite, être rejetées.

Sur l'injonction :

9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution particulière. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.

Copie sera adressée pour information au préfet de la Martinique.

Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Laso, président,

M. de Palmaert, premier conseiller,

M. Phulpin, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 octobre 2023.

Le rapporteur,

V. Phulpin

Le président,

J-M. LasoLe greffier,

J-H. Minin

La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions