jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200408 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | ARLINGTON PARTNERS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une demande, enregistrée le 4 mai 2022, M. A D, représenté par la Selarl Arlington Partners, demande au tribunal :
1°) de prendre les mesures qu'implique l'exécution du jugement n° 2000188 du 12 avril 2021 par lequel le tribunal administratif de la Martinique a annulé l'arrêté du maire de la commune de Fort-de-France du 20 janvier 2020 retirant un précédent arrêté n° 842 du 12 avril 2017 le promouvant au 10e échelon du grade de technicien territorial à compter du 1er février 2017, a enjoint au maire de Fort-de-France de lui attribuer le 10e échelon du grade de technicien territorial à compter du 1er février 2017 et de reconstituer son avancement à compter de cette date, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, et a mis à la charge de la commune de Fort-de-France une somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
2°) d'assortir ces mesures d'exécution du prononcé d'une astreinte d'un montant de 100 euros par jour de retard.
Il soutient que :
- le jugement n° 2000188 du tribunal administratif de la Martinique du 12 avril 2021 a été notifié à la commune de Fort-de-France le 12 avril 2021 ;
- malgré cette notification, la commune de Fort-de-France n'a pris aucune mesure pour exécuter le jugement.
Par une ordonnance du 7 juillet 2022, le président du tribunal administratif de la Martinique a, en application des dispositions de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, ouvert une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures nécessaires à l'exécution du jugement du tribunal.
La procédure a été régulièrement communiquée à la commune de Fort-de-France, qui n'a produit aucune observation.
Vu :
- le jugement du tribunal administratif de la Martinique n° 2000188 du 12 avril 2021 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 80-539 du 16 juillet 1980 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de Me Chalvin, substituant Me Arneton, avocat de M. D.
La commune de Fort-de-France a produit des pièces postérieurement à l'audience publique, lesquelles ont été enregistrées le 10 novembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement n° 2000188 du 12 avril 2021, le tribunal administratif de la Martinique a annulé l'arrêté du maire de la commune de Fort-de-France du 20 janvier 2020 retirant un précédent arrêté n° 842 du 12 avril 2017 promouvant M. D au 10e échelon du grade de technicien territorial à compter du 1er février 2017, a enjoint au maire de Fort-de-France d'attribuer à M. D le 10e échelon du grade de technicien territorial à compter du 1er février 2017 et de reconstituer son avancement à compter de cette date, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, et a mis à la charge de la commune de Fort-de-France une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans la présente instance, M. D demande au tribunal administratif de prendre les mesures qu'implique l'exécution ce jugement et d'assortir ces mesures d'une astreinte journalière d'un montant de 100 euros.
2. L'article L. 911-1 du code de justice administrative dispose : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. " L'article L. 911-4 du même code dispose : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. "
3. En premier lieu, il appartient au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 d'apprécier l'opportunité de compléter les mesures déjà prescrites ou qu'il prescrit lui-même par la fixation d'un délai d'exécution et le prononcé d'une astreinte suivi, le cas échéant, de la liquidation de celle-ci, en tenant compte tant des circonstances de droit et de fait existant à la date de sa décision que des diligences déjà accomplies par les parties tenues de procéder à l'exécution de la chose jugée ainsi que de celles qui sont encore susceptibles de l'être.
4. Il résulte de l'instruction que, suite à la notification du jugement n° 2000188 du 12 avril 2021 à la commune de Fort-de-France le 14 avril 2021, la commune n'a pris aucune mesure afin d'assurer l'exécution, même partielle, de l'article 2 de cette décision de justice. Par suite, il y a lieu, en application des articles L. 911-1 et L. 911-4 cités précédemment du code de justice administrative, d'enjoindre au maire de la commune de Fort-de-France d'attribuer à M. D le 10e échelon du grade de technicien territorial à compter du 1er février 2017 et de reconstituer son avancement à compter de cette date, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette prescription d'une astreinte de 50 euros par jour de retard jusqu'à la date à laquelle le jugement n° 2000188 du 12 avril 2021 aura reçu une exécution complète.
5. En second lieu, le II. de l'article 1er de la loi du 16 juillet 1980 relative aux astreintes prononcées en matière administrative et à l'exécution des jugements par les personnes morales de droit public, reproduit à l'article L. 911-9 du code de justice administrative, dispose : " II. - Lorsqu'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée a condamné une collectivité locale ou un établissement public au paiement d'une somme d'argent dont le montant est fixé par la décision elle-même, cette somme doit être mandatée ou ordonnancée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de justice. A défaut de mandatement ou d'ordonnancement dans ce délai, le représentant de l'Etat dans le département ou l'autorité de tutelle procède au mandatement d'office () ".
6. En l'espèce, l'article 3 du jugement n° 2000188 du tribunal administratif du 12 avril 2021 dont il est demandé d'assurer l'exécution fixe précisément à 1 500 euros le montant de la somme due par la commune de Fort-de-France au requérant. Dès lors, la disposition législative citée au point précédent permet à M. D, en cas d'inexécution de l'article 3 du jugement par l'ordonnateur dans les délais fixés par le texte, d'obtenir auprès du représentant de l'Etat le mandatement d'office de la somme auquel la commune de Fort-de-France a été condamnée à lui verser par ce jugement. Dans ces conditions, les conclusions du requérant tendant à ce que le tribunal administratif prenne, en application de l'article L. 911-4 cité précédemment du code de justice administrative, des mesures d'exécution ne peuvent être accueillies.
D E C I D E :
Article 1er : Il est enjoint à la commune de Fort-de-France d'attribuer à M. D le 10e échelon du grade de technicien territorial à compter du 1er février 2017 et de reconstituer son avancement à compter de cette date, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 2 : Une astreinte est prononcée à l'encontre de la commune de Fort-de-France, si elle ne justifie pas avoir, dans le délai d'un mois suivant la notification du présent jugement, exécuté complètement le jugement n° 2000188 du 12 avril 2021 et jusqu'à la date de cette exécution complète. Le taux de cette astreinte est fixé à 50 euros par jour de retard, à compter de l'expiration du délai d'un mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : Le maire de la commune de Fort-de-France communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter le jugement n° 2000188 du 12 avril 2021.
Article 4 : Le surplus de la demande de M. D est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et à la commune de Fort-de-France.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Rouland-Boyer, présidente,
M. de Palmaert, premier conseiller,
M. Phulpin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
Le rapporteur,
V. C
La présidente,
H. Rouland-BoyerLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026