jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200446 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | ALBRESPY AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 juillet 2022 et le 28 octobre 2022, Mme B A, représentée par Me Albrespy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 mai 2022 par laquelle le préfet de la Martinique a refusé de lui communiquer l'accusé de réception de son dossier de demande d'autorisation de défrichement déposé le 5 novembre 2021 ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Martinique de lui communiquer une copie dudit accusé de réception, dans un délai de dix jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a déposé un dossier de demande d'autorisation de défrichement le 5 novembre 2021, dans le cadre de son projet de construction d'une maison individuelle ;
- aucun accusé de réception ne lui a été notifié par les services de la préfecture ;
- cette nouvelle demande d'autorisation de défrichement, intervenant après un précédent refus, porte sur une superficie différente et un nouveau projet ; elle devait dès lors être instruite par l'administration.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2022, le préfet de la Martinique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a désigné M. de Palmaert, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Palmaert,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de Mme C pour le préfet de le Martinique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a déposé le 5 novembre 2021 un dossier de demande d'autorisation de défrichement auprès des services de la préfecture de la Martinique, en vue de défricher une surface de 301 m² sur un terrain situé le territoire de la commune des Anses d'Arlet. Par un mail et un courrier des 17 et 27 janvier 2022, Mme A a demandé qu'un accusé de réception de son dossier lui soit délivrée. Elle a saisi le 23 mars 2022 la Commission d'accès aux documents administratifs qui, dans un avis du 21 avril 2022, s'est prononcée en faveur de la communication du document s'il existe. Par un courrier du 3 juin 2022, Mme A a de nouveau demandé la communication de cet accusé de réception. Par un courriel en réponse du 9 juin 2022, la préfecture a communiqué à l'intéressée un courrier du 9 novembre 2021 par lequel elle l'informait de son refus d'instruire sa demande d'autorisation. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de la décision refusant de lui communiquer l'accusé de réception demandé.
Sur la légalité du refus de communication :
2. Aux termes de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'État, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargées d'une telle mission () ". Ce droit à communication ne s'applique toutefois qu'à des documents existants, dès lors que le code des relations entre le public et l'administration n'a ni pour objet ni pour effet de contraindre l'administration à établir un document qui n'existe pas, l'administration n'étant pas davantage tenue d'établir un document en vue de procurer les renseignements ou l'information souhaités.
3. En réponse au dépôt le 5 novembre 2021 d'un dossier de demande d'autorisation de défrichement présenté par Mme A, le préfet de la Martinique a informé l'intéressée le 9 novembre suivant que sa demande ne serait pas instruite au motif qu'un arrêté de refus d'autorisation de défrichement, pris le 29 mai 2017, était encore en vigueur. Il résulte de l'instruction que l'accusé de réception demandé par Mme A n'a pas été établi par l'administration qui a aussitôt manifesté son refus d'instruire la demande. Quel que soit le bien-fondé de ce refus d'instruire, les conclusions de la présente requête, qui tendent à la communication d'un document inexistant, ne peuvent qu'être rejetées en application du principe rappelé au point précédent.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées de même que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de la Martinique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
S. de Palmaert
Le greffier,
J-H. Minin
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026