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AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2200453

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2200453

mardi 11 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2200453
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge Unique
Avocat requérantLABEJOF-LORDINOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2022, M. B D, représenté par Me Labéjof-Lordinot, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 13 juillet 2022 par laquelle le préfet de la Martinique l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de départ volontaire de trente jours, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée d'obligation de quitter le territoire français est irrégulière, celle-ci n'ayant pas été précédée de la procédure contradictoire préalable définie à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la procédure est encore irrégulière dans la mesure où elle n'a pas été précédée de l'avis du collège de médecins prévu à l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision est entachée d'erreur quant à l'exactitude matérielle des faits puisque, contrairement à ce qu'a estimé le préfet, il a bien déposé une demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade ;

- elle méconnait le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile compte-tenu de l'existence de cette demande de titre de séjour ;

- le préfet ne pouvait édicter à son encontre une décision d'interdiction de retour sur le territoire français puisque, compte-tenu de son état de santé, il justifie d'une circonstance humanitaire s'opposant au prononcé d'une telle mesure.

La procédure a été régulièrement communiquée au préfet de la Martinique, qui n'a produit aucune observation.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Phulpin, conseiller, pour statuer sur les mesures d'éloignement relevant de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Pyrée, greffière d'audience, M. C a présenté son rapport et entendu les observations de Me Labéjof-Lordinot, avocat de M. D, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens que dans sa requête ; il soutient en outre que la mesure d'interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans est disproportionnée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, à 10h15.

Considérant ce qui suit :

1. M. B D, ressortissant haïtien né le 23 mars 1982, a déclaré être entré irrégulièrement en France le 13 novembre 2020 muni d'un passeport haïtien dépourvu de tout visa et de cachet d'entrée en France, après avoir transité par la République dominicaine et l'île de la Dominique. Il a sollicité le bénéfice de l'asile, qui lui a été refusé par une décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 25 août 2021, confirmée par la cour nationale du droit d'asile le 29 novembre 2021. L'intéressé s'est toutefois maintenu en France. Le préfet de la Martinique a alors pris à l'encontre de M. D, le 13 juillet 2022, une décision l'obligeant à quitter le territoire français, dans le délai de départ volontaire de trente jours, sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et assorti cette mesure d'une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans. Dans la présente instance, M. D demande au tribunal administratif d'annuler la décision préfectorale prise à son encontre le 13 juillet 2022.

Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration dispose : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". L'article L. 211-2 du même code dispose : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ".

3. L'étranger qui présente une demande d'asile ne saurait ignorer qu'en cas de rejet de sa demande, il pourra, si la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire lui a été définitivement refusé et qu'il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, faire l'objet d'une mesure d'éloignement du territoire français prise, comme en l'espèce, sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 de ce code. Il lui appartient, lors du dépôt de sa demande d'asile, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur à la préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles, notamment celles de nature à permettre à l'administration d'apprécier son droit au séjour au regard d'autres fondements que celui de l'asile. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de la reconnaissance de la qualité de réfugié, n'impose pas à l'autorité administrative de le mettre à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise en conséquence du refus définitif de reconnaissance de la qualité de réfugié ou de l'octroi du bénéfice de la protection subsidiaire. Par suite, M. D, qui, au demeurant, n'apporte aucune précision au sujet des éléments qu'il aurait pu porter à la connaissance de l'administration s'il avait été invité à le faire, n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige serait entaché d'un vice de procédure à ce titre. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être écarté.

4. En deuxième lieu, la décision attaquée du préfet de la Martinique, qui constitue une décision d'obligation de quitter le territoire français fondée sur le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne comporte aucune décision de refus de titre fondée sur l'article L. 425-9 du même code, dont l'administration n'a pas fait application. Il s'ensuit que la procédure de consultation préalable du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration prévue par l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'était pas applicable en l'espèce. Le moyen tiré de la méconnaissance de cette procédure préalable est dès lors inopérant. Il doit, par suite, être écarté.

5. En troisième lieu, l'article L. 431-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " Les conditions dans lesquelles les demandes de titres de séjour sont déposées auprès de l'autorité administrative compétente sont fixées par voie réglementaire. " L'article R. 431-9 du même code dispose : " La délivrance ou le renouvellement du titre de séjour à un étranger est subordonné à la collecte, lors de la présentation de sa demande, des informations le concernant qui doivent être mentionnées sur le titre de séjour selon le modèle prévu à l'article R. 431-1, ainsi qu'au relevé d'images numérisées de sa photographie et, sauf impossibilité physique, des empreintes digitales de ses dix doigts aux fins d'enregistrement dans le traitement automatisé mentionné à l'article R. 142-11. " L'article R. 431-11 du même code dispose : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code. " L'article R. 431-12 du même code dispose : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise () ".

6. Aucune disposition législative ou réglementaire, notamment pas les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point précédent, ni aucun principe ne fixe de délai déterminé dans lequel l'autorité administrative serait tenue de recevoir un étranger ayant demandé à se présenter en préfecture pour y déposer sa demande de titre de séjour. Toutefois, eu égard aux conséquences qu'a sur la situation de l'étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande, et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande dans un délai raisonnable.

7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, suite au rejet définitif de sa demande d'asile, M. D a souhaité déposer une demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade. S'il a adressé à cet effet un courrier recommandé aux services de la préfecture de la Martinique qui a été reçu le 10 mars 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a toutefois délivré en retour un formulaire récapitulant la liste de pièces à fournir pour compléter son dossier de demande de titre de séjour. En se bornant à produire un simple bordereau postal relatif à l'envoi aux services préfectoraux d'un nouveau courrier recommandé le 30 avril 2022, sans joindre la copie du courrier en cause, le requérant ne démontre pas qu'il aurait effectivement fourni l'ensemble des pièces justificatives demandées de façon à compléter son dossier de demande de titre de séjour. Il n'établit en outre pas, ni même simplement n'allègue, avoir entamé postérieurement une quelconque démarche pour s'assurer de la complétude de son dossier et solliciter un rendez-vous en préfecture afin de finaliser le dépôt de sa demande de titre de séjour. Il est par ailleurs constant que les services de la préfecture de la Martinique n'ont enregistré aucune demande de titre de séjour, ni remis à l'intéressé le récépissé de demande de titre de séjour prévu à l'article R. 431-12 cité précédemment du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, M. D n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Martinique aurait commis une erreur sur l'exactitude matérielle des faits en estimant qu'il n'avait déposé aucun dossier complet de demande de titre de séjour. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être écarté.

8. En quatrième lieu, l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ".

9. En l'espèce, il est constant que, suite au rejet définitif de sa demande d'asile consécutivement à la décision de la cour nationale du droit d'asile du 29 novembre 2021, M. D ne disposait plus du droit de se maintenir sur le territoire français. Il résulte de ce qui a été dit au point 7. que le requérant n'a présenté par la suite aucun dossier complet de demande de titre de séjour en préfecture et ne s'est pas vu délivrer le récépissé prévu à l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il remplissait dès lors l'ensemble des conditions fixées par le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, M. D n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Martinique aurait méconnu ces dispositions en édictant sur leur fondement la décision attaquée d'obligation de quitter le territoire du 13 juillet 2022. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être écarté.

10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à contester la légalité de la décision attaquée du préfet de la Martinique du 13 juillet 2022 l'obligeant à quitter le territoire français. Les conclusions de sa requête tendant à son annulation doivent, par suite, être rejetées.

Sur la légalité de l'interdiction de retour sur le territoire français :

11. L'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " L'article L. 612-10 du même code dispose : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".

12. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

13. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

14. En l'espèce, pour fixer à deux ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, le préfet de la Martinique s'est fondé sur l'irrégularité du séjour en France de M. D suite au rejet définitif de sa demande d'asile, ainsi que sur l'absence de lien intenses et stables en France. Toutefois, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que le requérant n'avait jamais fait l'objet d'une mesure d'éloignement et que sa présence sur le territoire français ne présente aucune menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, M. D est fondé à soutenir qu'en fixant à deux ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, soit la durée maximale prévue par l'article L. 612-8 cité précédemment du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Martinique a commis une erreur d'appréciation.

15. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen de la requête dirigé contre la décision d'interdiction de retour sur le territoire français que, compte-tenu du caractère indivisible de la décision en litige, qui porte à la fois sur le principe de l'interdiction de retour sur le territoire français et sur la durée de cette interdiction, la décision du préfet de la Martinique du 13 juillet 2022 prononçant une interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre de M. D doit être annulée.

Sur les frais liés au litige :

16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. D et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans contenue dans la décision attaquée du préfet de la Martinique du 13 juillet 2022 est annulée.

Article 2 : L'Etat versera à M. D une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au préfet de la Martinique.

Copie sera adressée pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2022.

Le magistrat désigné,

V. CLa greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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