jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200456 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | KEITA-CAPITOLIN YASMINA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 juillet 2022 et le 9 juin 2023, Mme C B, représentée par Me Keïta Capitolin demande au tribunal :
1°) d'annuler le courrier du 13 mai 2022 par lequel le maire du Marigot n'a pas fait droit à sa demande du 1er avril 2022 tendant à la révision de son classement indiciaire et au versement de rappels de traitement ;
2°) d'enjoindre à la commune du Marigot de prendre toutes les décisions tendant à reconstituer, corriger et revaloriser sa carrière et, dans ce cadre, lui verser à titre de rappel de rémunération les sommes mandatées en 2015 comme celles concernant les années 2020, 2021 et 2022 ;
3°) de mettre à la charge de la commune du Marigot la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la prescription quadriennale ne peut lui être opposée ;
- les arrêtés de reclassement pris depuis 2013 à son égard sont insuffisamment motivés et entachés d'erreur de fait ;
- ces arrêtés sont dépourvus de base légale ;
- les illégalités commises sont fautives et doivent conduire à la condamnation de la commune à reconstituer sa carrière et verser rétroactivement des rappels de rémunération.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2023, la commune du Marigot conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable dès lors que le courrier attaqué ne peut être regardé comme une décision faisant grief susceptible de recours pour excès de pouvoir.
En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur des moyens d'ordre public soulevés d'office tirés :
- de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation et d'injonction dès lors que le courrier du 13 mai 2022 ne peut être regardé comme un acte décisoire susceptible de recours pour excès de pouvoir ;
- de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires dès lors que la décision implicite de rejet née du silence gardé sur la demande préalable du 1er avril 2022, compte tenu de ses conditions d'intervention, n'a pu avoir pour effet de lier le contentieux.
Un mémoire en réponse produit par Mme B a été enregistré le 13 septembre 2023 et communiqué à la commune du Marigot.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Palmaert,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de Me Keïta-Capitolin pour Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Attachée territoriale principale, Mme B a exercé les fonctions de directrice générale des services de la commune du Marigot de 2004 à 2016 et occupe maintenant, au sein de la même collectivité, l'emploi de directrice des affaires juridiques, immobilières et foncières. Par un courrier du 1er avril 2022, contestant plusieurs arrêtés de reclassement la concernant, elle a demandé au maire de la commune de revoir son positionnement indiciaire et de lui verser des rappels de rémunération. Par un courrier du 13 mai 2022, le maire du Marigot a répondu à Mme B qu'il n'était pas en mesure d'instruire ses demandes. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de ce courrier.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Mme B demande l'annulation du courrier du 13 mai 2022 par lequel le maire du Marigot l'a informée qu'il n'était pas en mesure d'instruire son recours administratif. Cet empêchement est tiré de ce que les services communaux n'étaient plus en possession du dossier individuel de Mme B que cette dernière conservait par devers elle. Il ressort en effet des pièces du dossier que la requérante s'était emparée de son dossier individuel qui, malgré plusieurs demandes de restitution des services communaux, leur restait inaccessible. Il est constant que, à la date du courrier litigieux, ce dossier individuel n'avait pas encore été restitué à l'administration communale. Il s'ensuit que la réponse faite le 13 mai 2022 par le maire du Marigot doit être regardée, non pas comme un acte décisoire, mais comme une réponse d'attente invitant Mme B à restituer son dossier, ce qu'elle fera peu de temps après. En conséquence, dès lors que les conclusions à fin d'annulation de la requête sont exclusivement dirigées contre ce courrier du 13 mai 2022 et non contre la décision implicite de rejet née postérieurement, ces conclusions sont dirigées contre un acte dépourvu de caractère décisoire non susceptible de recours pour excès de pouvoir. Par suite, ces conclusions sont irrecevables et doivent être rejetées de même que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction de la requête.
Sur les frais liés au litige :
3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune du Marigot, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par Mme B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la commune du Marigot.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. de Palmaert, premier conseiller,
M. Phulpin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
Le rapporteur,
S. de Palmaert
Le président,
J-M Laso
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2601124
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, donne acte du désistement du requérant concernant ses demandes d'annulation et d'injonction relatives à des titres de séjour. La juridiction rejette sa demande d'allocation d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administratif. Le litige principal est ainsi éteint par le désistement.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2603340
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi d'une demande visant à assurer l'exécution d'une précédente injonction et à obtenir une astreinte pour son inexécution. Le juge a constaté que la préfète de l'Isère n'avait pas renouvelé le récépissé de séjour de la requérante, malgré l'injonction antérieure, et que cette dernière avait ainsi subi un préjudice (licenciement). En conséquence, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, le tribunal a ordonné à la préfète de statuer expressément sur la demande de titre de séjour dans un délai d'un mois, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2506265
**Sujet principal** : Demande d'exécution d'une ordonnance de référé ayant suspendu un refus de titre de séjour et enjoint à l'administration de réexaminer la situation. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Nice (statuant par ordonnance). **Solution retenue** : Le juge constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution, car l'administration a pris une nouvelle décision (un refus de titre de séjour daté du 7 janvier 2026), ce qui a assuré l'exécution de l'ordonnance initiale. La demande est donc devenue sans objet. **Textes appliqués** : Articles R. 222-1 (3°) et L. 911-4 du code de justice administrative.
07/04/2026