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AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2200458

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2200458

jeudi 8 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2200458
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCATOL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 29 juillet 2022 et le 17 janvier 2023, M. B A, représenté par Me Karjania, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 31 mai 2022 par laquelle le directeur général de l'agence régionale de santé de la Martinique a prolongé sa période d'essai d'un mois, jusqu'au 30 juin 2022, ensemble la décision du 3 juin 2022 portant rejet de son recours gracieux ;

2°) d'annuler la décision du 20 juin 2022 par laquelle le directeur général de l'agence régionale de santé de la Martinique a prononcé son licenciement à l'issue de la période d'essai ;

3°) de condamner l'agence régionale de santé de la Martinique à lui verser la somme de 36 811,77 euros en réparation de ses préjudices résultant de l'illégalité de la décision de licenciement du 20 juin 2022, ou à défaut la somme de 14 552,75 euros correspondant à l'indemnité de licenciement qu'il estime lui être due ;

4°) de mettre la somme de 2 500 euros à la charge de l'agence régionale de santé de la Martinique au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision du 31 mai 2022 portant renouvellement de la période d'essai :

- elle est tardive, dans la mesure où elle ne lui a été notifiée que le 3 juin 2022, postérieurement à l'expiration de sa période d'essai, et n'a ainsi pu valablement la prolonger ;

- elle est entachée d'erreur de fait ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle traduit un détournement de pouvoir et de procédure de l'administration, afin de se soustraire à la procédure de licenciement en cours de contrat à durée déterminée.

S'agissant de la décision du 20 juin 2022 prononçant son licenciement :

- ce licenciement en cours de contrat à durée déterminée est entaché de vices de procédure, dans la mesure où le délai de convocation à l'entretien préalable était inférieur à cinq jours, il n'a pas été mis à même de demander la communication de son dossier et la commission consultative paritaire n'a pas été consultée ;

- à supposer que cette décision s'analyse comme un licenciement à l'issue de la période d'essai, elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas été régulièrement convoqué à un entretien préalable ;

- elle est entachée d'erreur de fait ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation.

S'agissant de sa demande indemnitaire :

- en édictant une décision de licenciement illégale, l'agence régionale de santé de la Martinique a commis une faute de nature à engager sa responsabilité ;

- il est fondé à demander l'indemnisation de son préjudice financier, constitué de la perte de chance de percevoir sa rémunération jusqu'à la fin de son contrat à durée déterminée, pour un montant de 29 105,50 euros, et par les frais de déplacement qu'il a dû engager pour retourner à la Réunion, pour la somme de 706,27 euros ;

- il est fondé à demander l'indemnisation de son préjudice moral et de troubles dans les conditions d'existence, qu'il évalue à la somme de 7 000 euros ;

- à supposer que la décision de licenciement soit légale, dans la mesure où la décision du 31 mai 2022 n'a pu valablement prolonger sa période d'essai, il est alors fondé à demander le versement d'une indemnité de licenciement pour un montant de 14 552,75 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 novembre 2022, l'agence régionale de santé de la Martinique, représentée par Me Catol, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la décision de licenciement aurait pu légalement être fondée sur la faute grave commise par M. A ;

- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;

- le code de justice administrative.

En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. de Palmaert, premier conseiller, pour exercer temporairement les fonctions de président de chambre.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Monnier-Besombes,

- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,

- les observations de M. A,

- et les observations de Me Catol, représentant l'agence régionale de santé de la Martinique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a été recruté en qualité de chargé de communication externe par l'agence régionale de santé de la Martinique, le 1er mai 2022, par un contrat à durée déterminée d'un an, assorti d'une période d'essai d'un mois pouvant être reconduite pour la même durée. Par une décision du 31 mai 2022, le directeur général de l'agence régionale de santé de la Martinique a prolongé la période d'essai de l'intéressé pour une durée supplémentaire d'un mois, jusqu'au 30 juin 2022. M. A a formé un recours gracieux contre cette décision, le 3 juin 2022, qui a été expressément rejeté le jour même. Le 20 juin 2022, le directeur général de l'agence régionale de santé de la Martinique a prononcé le licenciement de l'intéressé à l'issue de sa période d'essai. M. A a présenté une demande indemnitaire tendant à la réparation de ses préjudices résultant de l'illégalité de cette décision, qui a été implicitement rejetée le 18 octobre 2022. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler les décisions des 31 mai et 20 juin 2022, et de condamner l'agence régionale de santé de la Martinique à lui verser la somme de 36 811,77 euros en réparation de ses préjudices, ou à défaut la somme de 14 552,75 euros correspondant à l'indemnité de licenciement qu'il estime lui être due.

Sur la légalité de la décision du 31 mai 2022 :

2. Aux termes de l'article 9 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat : " Le contrat ou l'engagement peut comporter une période d'essai qui permet à l'administration d'évaluer les compétences de l'agent dans son travail et à ce dernier d'apprécier si les fonctions occupées lui conviennent. () / La période d'essai peut être renouvelée une fois pour une durée au plus égale à sa durée initiale. / La période d'essai et la possibilité de la renouveler sont expressément stipulées dans le contrat ou l'engagement. / Le licenciement en cours ou au terme de la période d'essai ne peut intervenir qu'à l'issue d'un entretien préalable. La décision de licenciement est notifiée à l'intéressé par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par lettre remise en main propre contre signature. / Aucune durée de préavis n'est requise lorsque la décision de mettre fin au contrat intervient en cours ou à l'expiration d'une période d'essai. / Le licenciement au cours d'une période d'essai doit être motivé. / Le licenciement au cours ou à l'expiration d'une période d'essai ne donne pas lieu au versement de l'indemnité prévue au titre XII ".

3. En l'espèce, par une décision du 31 mai 2022, le directeur général de l'agence régionale de santé de la Martinique a prolongé la période d'essai de M. A pour une durée d'un mois, jusqu'au 30 juin 2022. Il ressort des termes mêmes de cette décision que le renouvellement de la période d'essai a pour objectif de donner l'occasion à l'intéressé d'apporter les réponses adéquates aux manquements relevés lors de l'entretien du 31 mai 2022 et de lui permettre de démarrer de manière effective les projets attendus au cours du mois de juin 2022. L'existence de ces manquements est toutefois fermement contestée par M. A. Celui-ci démontre, notamment, qu'il a fait preuve de réactivité, et a rapidement pris la mesure de son poste de chargé de communication, en alimentant régulièrement la page Facebook de l'agence régionale de santé de la Martinique et en diffusant une revue de presse. Si l'agence régionale de santé de la Martinique se borne à soutenir que M. A ne maîtrisait pas les outils informatiques nécessaires à l'exercice de ses missions, elle ne produit pas la moindre pièce permettant d'établir les manquements reprochés à l'intéressé. Il ressort au contraire des pièces du dossier, en particulier du certificat dressé le 29 août 2018, que le requérant a suivi avec succès une formation portant sur les logiciels Illustrator, Photoshop et Indesign, qui correspondent précisément, d'après la fiche de poste établie par l'agence régionale de santé de la Martinique, aux logiciels dont la maîtrise était exigée pour le poste occupé par M. A. Dans ces conditions, et alors que l'agence régionale de santé de la Martinique n'a pas jugé utile de produire le compte rendu de l'entretien du 31 mai 2022 malgré la mesure d'instruction du tribunal, les moyens tirés de l'inexactitude matérielle des faits et de l'erreur manifeste d'appréciation entachant la décision du 31 mai 2022 doivent être accueillis.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens dirigés contre cet acte, que M. A est fondé à se prévaloir de l'illégalité de la décision du 31 mai 2022 par laquelle le directeur général de l'agence régionale de santé de la Martinique a prolongé sa période d'essai pour une durée supplémentaire d'un mois. Il s'ensuit que la période d'essai de M. A est arrivée à échéance le 1er juin 2022, faute d'avoir été légalement renouvelée. Dans ces conditions, la rupture du contrat de travail du requérant, intervenue le 20 juin 2022, ne peut s'analyser comme un licenciement prononcé à l'issue d'une période d'essai, mais doit être regardée comme un licenciement en cours de contrat à durée déterminée.

Sur la légalité de la décision du 20 juin 2022 :

5. Par une décision du 20 juin 2022, le directeur général de l'agence régionale de santé de la Martinique a prononcé le licenciement de M. A à l'issue de sa période d'essai, sans préavis ni indemnité de licenciement, le 30 juin 2022. Cette décision se fonde sur le fait que la prolongation de la période d'essai de l'intéressé n'a pas permis de remédier aux manquements soulevés lors du premier entretien et de répondre, de ce fait, aux attendus du poste, notamment, quant à sa réactivité sur les demandes formulées en urgence, l'utilisation de l'outil informatique tel que disponible au sein de l'agence, sa capacité à répondre aux demandes formulées par les directions et au suivi assuré auprès des agences prestataires de service.

6. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3, M. A est fondé à soutenir que le directeur général de l'agence régionale de santé de la Martinique a entaché sa décision d'inexactitude matérielle des faits et d'erreur d'appréciation en prononçant son licenciement pour insuffisance professionnelle, laquelle ne ressort d'aucune pièce du dossier, en l'absence de la moindre production en ce sens par l'agence régionale de santé de la Martinique.

7. En second lieu, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.

8. L'article 43-2 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat dispose que : " Les sanctions disciplinaires susceptibles d'être appliquées aux agents contractuels sont les suivantes : () / 4° Le licenciement, sans préavis ni indemnité de licenciement " et l'article 44 de ce décret dispose que : " () / L'agent contractuel à l'encontre duquel une sanction disciplinaire est envisagée a droit à la communication de l'intégralité de son dossier individuel et de tous documents annexes et à se faire assister par les défenseurs de son choix. / L'administration doit informer l'intéressé de son droit à communication du dossier ".

9. A supposer que l'agence régionale de santé de la Martinique puisse être regardée comme sollicitant une substitution de motifs, la circonstance alléguée selon laquelle M. A aurait trompé l'administration sur ses compétences informatiques, afin de se faire recruter, n'est aucunement établie par les pièces produites en défense, alors que l'intéressé démontre avoir suivi avec succès les formations relatives aux logiciels mentionnés dans son curriculum vitae. Par suite, et alors au demeurant que la procédure disciplinaire n'a pas été mise en œuvre, ce qui a nécessairement privé le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué, l'agence régionale de santé de la Martinique ne saurait sérieusement soutenir que le licenciement de M. A pouvait légalement être prononcé pour faute grave.

10. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation des décisions du directeur général de l'agence régionale de santé de la Martinique du 31 mai 2022 portant prolongation de sa période d'essai et du 20 juin 2022 prononçant son licenciement.

Sur la responsabilité de l'agence régionale de santé de la Martinique :

11. Il résulte de l'instruction que M. A a été irrégulièrement évincé du service, par la décision du 20 juin 2022 prononçant son licenciement, alors que son insuffisance professionnelle n'est pas établie. Il est, par suite, fondé à demander l'engagement de la responsabilité de l'agence régionale de santé de la Martinique pour la faute qu'elle a commise dans la rupture de leur relation contractuelle.

12. En vertu des principes généraux qui régissent la responsabilité de la puissance publique, un agent public irrégulièrement évincé a droit à la réparation intégrale du préjudice qu'il a effectivement subi du fait de la mesure illégalement prise à son encontre. Sont ainsi indemnisables les préjudices de toute nature avec lesquels l'illégalité commise présente, compte tenu de l'importance respective de cette illégalité et des fautes relevées à l'encontre de l'intéressé, un lien direct de causalité. Pour l'évaluation du montant de l'indemnité due, doit être prise en compte la perte des rémunérations ainsi que celle des primes et indemnités dont l'intéressé avait, pour la période en cause, une chance sérieuse de bénéficier, à l'exception de celles qui, eu égard à leur nature, à leur objet et aux conditions dans lesquelles elles sont versées, sont seulement destinées à compenser des frais, charges ou contraintes liés à l'exercice effectif des fonctions. Il y a lieu de déduire, le cas échéant, le montant des rémunérations nettes et des allocations pour perte d'emploi qu'il a perçues au cours de la période d'éviction.

13. En premier lieu, dans la mesure où le licenciement de M. A n'est pas justifié, il a droit à l'indemnisation de la perte de la rémunération qu'il aurait perçue si son contrat s'était poursuivi jusqu'au 30 avril 2023. Il résulte du contrat d'engagement que l'intéressé pouvait prétendre à une rémunération mensuelle brute de 2 689,78 euros, à laquelle s'ajoutait la majoration de traitement de 40 %, ainsi qu'un complément de rémunération de 254 euros, susceptible d'évoluer en fonction de la manière de servir de l'intéressé, et dont il avait des chances sérieuses de bénéficier s'il était resté en fonction. Compte tenu du bulletin de paie de M. A, mentionnant une rémunération nette totale, avant prélèvement à la source, de 6 447,71 euros pour les deux mois de mai et juin 2022, la rémunération dont le requérant avait une chance sérieuse de bénéficier, durant la période du 1er juillet 2022 au 30 avril 2023, s'élève à la somme de 32 238,55 euros. En outre, il résulte de l'instruction que M. A a été recruté en qualité de directeur d'agence par contrat à durée indéterminée conclu le 1er décembre 2022 avec la société Trait d'union, lui octroyant une rémunération nette de 15 687,06 euros durant la période d'éviction illégale. Il a également perçu une allocation de rémunération d'une formation, versée par Pôle emploi en septembre et octobre 2022, pour un montant de 685,83 euros. Dans ces conditions, le montant de l'indemnité à laquelle peut prétendre M. A doit être réduite à hauteur des revenus de remplacement et des allocations pour perte d'emploi que l'intéressé a perçus au cours de la période d'éviction, pour un montant total de 16 372,89 euros. Par suite, le préjudice financier de M. A, tenant à sa perte de revenu, doit être évalué à la somme de 15 865,66 euros.

14. En deuxième lieu, le requérant n'est pas fondé à demander l'indemnisation de son préjudice financier lié aux frais de déplacement et de logement, pour un montant total de 706,27 euros, qu'il a engagés pour retourner sur l'île de la Réunion, dans la mesure où de tels frais, qui auraient en tout état de cause été exposés si la relation de travail s'était poursuivie jusqu'à son terme, ne sont pas en lien direct avec la faute commise par l'agence régionale de santé de la Martinique.

15. En troisième lieu, il y a lieu de faire une juste appréciation du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence subis par M. A, du fait de son éviction illégale à l'origine d'une dépression réactionnelle sévère, en les évaluant à la somme globale de 1 000 euros.

16. En dernier lieu, dans la mesure où il résulte de l'instruction que M. A a été licencié à l'issue de la période d'essai, il ne peut prétendre, conformément à l'article 9 du décret du 19 janvier 1986 précité, au versement de l'indemnité de licenciement.

17. Il résulte de tout ce qui précède que l'agence régionale de santé de la Martinique doit être condamnée à verser à M. A une somme totale de 16 865,66 euros en réparation de ses préjudices résultant de son licenciement illégal.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que M. A, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à l'agence régionale de santé de la Martinique la somme qu'elle réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'agence régionale de santé de la Martinique une somme de 1 500 euros à verser à M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du directeur général de l'agence régionale de santé de la Martinique du 31 mai 2022 prolongeant la période d'essai de M. A et la décision du 20 juin 2022 prononçant son licenciement sont annulées.

Article 2 : L'agence régionale de santé de la Martinique est condamnée à verser une somme de 16 865,66 euros à M. A en réparation de ses préjudices.

Article 3 : L'agence régionale de santé de la Martinique versera une somme de 1 500 euros à M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions de l'agence régionale de santé de la Martinique présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'agence régionale de santé de la Martinique.

Délibéré après l'audience du 25 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. de Palmaert, premier conseiller faisant fonction de président,

M. Phulpin, conseiller,

Mme Monnier-Besombes, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juin 2023.

La rapporteure,

A. Monnier-BesombesLe premier conseiller faisant fonction de président,

S. de Palmaert

Le greffier,

J.-H. Minin

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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