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AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2200535

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2200535

jeudi 28 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2200535
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantTIBURCE

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée le 7 septembre 2022 sous le n° 2200535, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 7 décembre 2022 et 6 avril 2023, Mme D C, représentée par Me Tiburce, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'avis de sommes à payer n° 794 émis par le centre hospitalier du Marin le 6 août 2021, portant sur un montant de 14 216,32 euros correspondant à des trop-perçus de rémunération se rapportant à l'année 2016 ;

2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 14 216,32 euros ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier du Marin une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'intervention de l'agence régionale de santé de la Martinique n'est pas recevable puisque celle-ci ne justifie pas d'un intérêt suffisant au maintien du titre de recettes attaqué, celui-ci n'ayant aucun impact sur ses finances et ses pouvoirs de contrôle budgétaire visant seulement à contrôler les comptes du centre hospitalier pour surveiller son niveau d'endettement ;

- ses écritures sont irrecevables puisque la directrice de l'agence régionale de santé de Martinique ne justifie d'aucun mandat l'autorisant à intervenir dans la présente instance ;

- sa requête n'est pas tardive puisque les voies et délais de recours n'étaient pas mentionnés à l'occasion de la notification du titre litigieux, intervenue le 9 septembre 2021, et que son recours a été formé dans le délai raisonnable d'un an ;

- le titre de recettes litigieux est irrégulier dans la mesure où il n'est pas signé et ne comporte ni le nom, ni le prénom, ni la qualité de son auteur, en méconnaissance du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;

- l'avis de sommes à payer litigieux a été édicté par une autorité incompétente, les sommes en cause, compte-tenu de leur montant exceptionnel, ne pouvant se rattacher à la gestion du quotidien de l'établissement seule concernée par la délégation produite en défense ;

- il ne comporte pas les bases de liquidation de la créance, en méconnaissance de l'article 24 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- la créance ne pouvait être répétée dès lors qu'elle était couverte par la prescription biennale instituée à l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 ;

- à supposer même que l'on retienne l'applicabilité de la prescription quinquennale, la créance qui se rapporte à l'année 2016 serait tout de même prescrite, le point de départ à retenir étant la mise en paiement ;

- la créance n'est pas justifiée dès lors que, dans le cadre de son détachement, elle avait droit à d'un indice de rémunération au moins égal à celui qu'elle détenait dans son corps d'origine, conformément à l'article 8 du décret n° 2007-1930 du 26 décembre 2007 ;

- l'administration s'était engagée à maintenir la rémunération qu'elle percevait dans son corps d'origine au moment où a été décidé son changement de poste, sans qu'aucune disposition n'interdise un tel engagement exprès de l'administration ;

- cet engagement a fait naître une espérance légitime, constitutive d'un bien au sens de l'article 1er du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de continuer de percevoir l'ensemble de ses rémunérations dans le cadre de ses nouvelles fonctions ;

- en ne tenant pas cet engagement, l'administration a commis une faute de nature à engager sa responsabilité qui justifie, compte-tenu du préjudice qu'elle subit, que le montant du titre de perception soit diminué et ramené par compensation à la somme de zéro euro.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 novembre 2022, le comptable public de la trésorerie hospitalière de Martinique conclut au rejet de la requête de Mme C.

Il soutient que :

- la requête est tardive dès lors qu'elle a été formée après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois prévu à l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;

- les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

L'agence régionale de santé de Martinique, représentée par sa directrice générale, a présenté des observations, enregistrées les 7 mars 2023 et 8 mai 2023.

Elle soutient que :

- sa directrice générale, nommée à compter du 30 janvier 2023, justifie de sa qualité pour représenter la représenter dans la présente instance ;

- en application du deuxième alinéa de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000, les rémunérations indument versées à la requérante, qui procédaient d'informations erronées fournies par celle-ci, pouvaient être valablement répétées dans un délai de cinq ans ;

- les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2023, le centre hospitalier du Marin conclut au rejet de la requête de Mme C.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

II. Par une requête, enregistrée le 7 septembre 2022 sous le n° 2200536, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 7 décembre 2022 et 24 avril 2023, Mme D C, représentée par Me Tiburce, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'avis de sommes à payer n° 795 émis par le centre hospitalier du Marin le 6 août 2021, portant sur un montant de 14 466,66 euros correspondant à des trop-perçus de rémunération se rapportant à l'année 2017 ;

2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 14 466,66 euros ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier du Marin une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'intervention de l'agence régionale de santé de la Martinique n'est pas recevable puisque celle-ci ne justifie pas d'un intérêt suffisant au maintien du titre de recettes attaqué, celui-ci n'ayant aucun impact sur ses finances et ses pouvoirs de contrôle budgétaire visant seulement à contrôler les comptes du centre hospitalier pour surveiller son niveau d'endettement ;

- ses écritures sont irrecevables puisque la directrice de l'agence régionale de santé de Martinique ne justifie d'aucun mandat l'autorisant à intervenir dans la présente instance ;

- sa requête n'est pas tardive puisque les voies et délais de recours n'étaient pas mentionnés à l'occasion de la notification du titre litigieux, intervenue le 9 septembre 2021, et que son recours a été formé dans le délai raisonnable d'un an ;

- le titre de recettes litigieux est irrégulier dans la mesure où il n'est pas signé et ne comporte ni le nom, ni le prénom, ni la qualité de son auteur, en méconnaissance du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;

- l'avis de sommes à payer litigieux a été édicté par une autorité incompétente, les sommes en cause, compte-tenu de leur montant exceptionnel, ne pouvant se rattacher à la gestion du quotidien de l'établissement seule concernée par la délégation produite en défense ;

- il ne comporte pas les bases de liquidation de la créance, en méconnaissance de l'article 24 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- la créance ne pouvait être répétée dès lors qu'elle était couverte par la prescription biennale instituée à l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 ;

- à supposer même que l'on retienne l'applicabilité de la prescription quinquennale, la créance qui se rapporte à l'année 2016 serait tout de même prescrite, le point de départ à retenir étant la mise en paiement ;

- la créance n'est pas justifiée dès lors que, dans le cadre de son détachement, elle avait droit à d'un indice de rémunération au moins égal à celui qu'elle détenait dans son corps d'origine, conformément à l'article 8 du décret n° 2007-1930 du 26 décembre 2007 ;

- l'administration s'était engagée à maintenir la rémunération qu'elle percevait dans son corps d'origine au moment où a été décidé son changement de poste, sans qu'aucune disposition n'interdise un tel engagement exprès de l'administration ;

- cet engagement a fait naître une espérance légitime, constitutive d'un bien au sens de l'article 1er du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de continuer de percevoir l'ensemble de ses rémunérations dans le cadre de ses nouvelles fonctions ;

- en ne tenant pas cet engagement, l'administration a commis une faute de nature à engager sa responsabilité qui justifie, compte-tenu du préjudice qu'elle subit, que le montant du titre de perception soit diminué et ramené par compensation à la somme de zéro euro.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 novembre 2022, le comptable public de la trésorerie hospitalière de Martinique conclut au rejet de la requête de Mme C.

Il soutient que :

- la requête est tardive dès lors qu'elle a été formée après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois prévu à l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;

- les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

L'agence régionale de santé de Martinique, représentée par sa directrice générale, a présenté des observations, enregistrées les 12 avril 2023 et 8 mai 2023.

Elle soutient que :

- sa directrice générale, nommée à compter du 30 janvier 2023, justifie de sa qualité pour représenter la représenter dans la présente instance ;

- en application du deuxième alinéa de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000, les rémunérations indument versées à la requérante, qui procédaient d'informations erronées fournies par celle-ci, pouvaient être valablement répétées dans un délai de cinq ans ;

- les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2023, le centre hospitalier du Marin conclut au rejet de la requête de Mme C.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

III. Par une requête, enregistrée le 7 septembre 2022 sous le n° 2200537, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 7 décembre 2022 et 24 avril 2023, Mme D C, représentée par Me Tiburce, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'avis de sommes à payer n° 796 émis par le centre hospitalier du Marin le 6 août 2021, portant sur un montant de 12 947,82 euros correspondant à des trop-perçus de rémunération se rapportant à l'année 2018 ;

2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 12 947,82 euros ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier du Marin une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'intervention de l'agence régionale de santé de la Martinique n'est pas recevable puisque celle-ci ne justifie pas d'un intérêt suffisant au maintien du titre de recettes attaqué, celui-ci n'ayant aucun impact sur ses finances et ses pouvoirs de contrôle budgétaire visant seulement à contrôler les comptes du centre hospitalier pour surveiller son niveau d'endettement ;

- ses écritures sont irrecevables puisque la directrice de l'agence régionale de santé de Martinique ne justifie d'aucun mandat l'autorisant à intervenir dans la présente instance ;

- sa requête n'est pas tardive puisque les voies et délais de recours n'étaient pas mentionnés à l'occasion de la notification du titre litigieux, intervenue le 9 septembre 2021, et que son recours a été formé dans le délai raisonnable d'un an ;

- le titre de recettes litigieux est irrégulier dans la mesure où il n'est pas signé et ne comporte ni le nom, ni le prénom, ni la qualité de son auteur, en méconnaissance du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;

- l'avis de sommes à payer litigieux a été édicté par une autorité incompétente, les sommes en cause, compte-tenu de leur montant exceptionnel, ne pouvant se rattacher à la gestion du quotidien de l'établissement seule concernée par la délégation produite en défense ;

- il ne comporte pas les bases de liquidation de la créance, en méconnaissance de l'article 24 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- la créance ne pouvait être répétée dès lors qu'elle était couverte par la prescription biennale instituée à l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 ;

- à supposer même que l'on retienne l'applicabilité de la prescription quinquennale, la créance qui se rapporte à l'année 2016 serait tout de même prescrite, le point de départ à retenir étant la mise en paiement ;

- la créance n'est pas justifiée dès lors que, dans le cadre de son détachement, elle avait droit à d'un indice de rémunération au moins égal à celui qu'elle détenait dans son corps d'origine, conformément à l'article 8 du décret n° 2007-1930 du 26 décembre 2007 ;

- l'administration s'était engagée à maintenir la rémunération qu'elle percevait dans son corps d'origine au moment où a été décidé son changement de poste, sans qu'aucune disposition n'interdise un tel engagement exprès de l'administration ;

- cet engagement a fait naître une espérance légitime, constitutive d'un bien au sens de l'article 1er du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de continuer de percevoir l'ensemble de ses rémunérations dans le cadre de ses nouvelles fonctions ;

- en ne tenant pas cet engagement, l'administration a commis une faute de nature à engager sa responsabilité qui justifie, compte-tenu du préjudice qu'elle subit, que le montant du titre de perception soit diminué et ramené par compensation à la somme de zéro euro.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 novembre 2022, le comptable public de la trésorerie hospitalière de Martinique conclut au rejet de la requête de Mme C.

Il soutient que :

- la requête est tardive dès lors qu'elle a été formée après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois prévu à l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;

- les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

L'agence régionale de santé de Martinique, représentée par sa directrice générale, a présenté des observations, enregistrées les 12 avril 2023 et 8 mai 2023.

Elle soutient que :

- sa directrice générale, nommée à compter du 30 janvier 2023, justifie de sa qualité pour représenter la représenter dans la présente instance ;

- la requérante a commis une faute en prenant l'initiative de modifier son indice de rémunération afin de s'attribuer unilatéralement le bénéfice d'un indice supérieur à celui prévu dans son arrêté de détachement ;

- en application du deuxième alinéa de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000, les rémunérations indument versées à la requérante, qui procédaient d'informations erronées fournies par celle-ci, pouvaient être valablement répétées dans un délai de cinq ans ;

- les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2023, le centre hospitalier du Marin conclut au rejet de la requête de Mme C.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

IV. Par une requête, enregistrée le 7 septembre 2022 sous le n° 2200538, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 7 décembre 2022 et 24 avril 2023, Mme D C, représentée par Me Tiburce, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'avis de sommes à payer n° 797 émis par le centre hospitalier du Marin le 6 août 2021, portant sur un montant de 11 565,78 euros correspondant à des trop-perçus de rémunération se rapportant à l'année 2019 ;

2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 11 565,78 euros ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier du Marin une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'intervention de l'agence régionale de santé de la Martinique n'est pas recevable puisque celle-ci ne justifie pas d'un intérêt suffisant au maintien du titre de recettes attaqué, celui-ci n'ayant aucun impact sur ses finances et ses pouvoirs de contrôle budgétaire visant seulement à contrôler les comptes du centre hospitalier pour surveiller son niveau d'endettement ;

- ses écritures sont irrecevables puisque la directrice de l'agence régionale de santé de Martinique ne justifie d'aucun mandat l'autorisant à intervenir dans la présente instance ;

- sa requête n'est pas tardive puisque les voies et délais de recours n'étaient pas mentionnés à l'occasion de la notification du titre litigieux, intervenue le 9 septembre 2021, et que son recours a été formé dans le délai raisonnable d'un an ;

- le titre de recettes litigieux est irrégulier dans la mesure où il n'est pas signé et ne comporte ni le nom, ni le prénom, ni la qualité de son auteur, en méconnaissance du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;

- l'avis de sommes à payer litigieux a été édicté par une autorité incompétente, les sommes en cause, compte-tenu de leur montant exceptionnel, ne pouvant se rattacher à la gestion du quotidien de l'établissement seule concernée par la délégation produite en défense ;

- il ne comporte pas les bases de liquidation de la créance, en méconnaissance de l'article 24 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- la créance ne pouvait être répétée dès lors qu'elle était couverte par la prescription biennale instituée à l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 ;

- à supposer même que l'on retienne l'applicabilité de la prescription quinquennale, la créance qui se rapporte à l'année 2016 serait tout de même prescrite, le point de départ à retenir étant la mise en paiement ;

- la créance n'est pas justifiée dès lors que, dans le cadre de son détachement, elle avait droit à d'un indice de rémunération au moins égal à celui qu'elle détenait dans son corps d'origine, conformément à l'article 8 du décret n° 2007-1930 du 26 décembre 2007 ;

- l'administration s'était engagée à maintenir la rémunération qu'elle percevait dans son corps d'origine au moment où a été décidé son changement de poste, sans qu'aucune disposition n'interdise un tel engagement exprès de l'administration ;

- cet engagement a fait naître une espérance légitime, constitutive d'un bien au sens de l'article 1er du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de continuer de percevoir l'ensemble de ses rémunérations dans le cadre de ses nouvelles fonctions ;

- en ne tenant pas cet engagement, l'administration a commis une faute de nature à engager sa responsabilité qui justifie, compte-tenu du préjudice qu'elle subit, que le montant du titre de perception soit diminué et ramené par compensation à la somme de zéro euro.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 novembre 2022, le comptable public de la trésorerie hospitalière de Martinique conclut au rejet de la requête de Mme C.

Il soutient que :

- la requête est tardive dès lors qu'elle a été formée après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois prévu à l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;

- les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

L'agence régionale de santé de Martinique, représentée par sa directrice générale, a présenté des observations, enregistrées les 12 avril 2023 et 8 mai 2023.

Elle soutient que :

- sa directrice générale, nommée à compter du 30 janvier 2023, justifie de sa qualité pour représenter la représenter dans la présente instance ;

- la requérante a commis une faute en prenant l'initiative de modifier son indice de rémunération afin de s'attribuer unilatéralement le bénéfice d'un indice supérieur à celui prévu dans son arrêté de détachement ;

- en application du deuxième alinéa de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000, les rémunérations indument versées à la requérante, qui procédaient d'informations erronées fournies par celle-ci, pouvaient être valablement répétées dans un délai de cinq ans ;

- les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2023, le centre hospitalier du Marin conclut au rejet de la requête de Mme C.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

V. Par une requête, enregistrée le 7 septembre 2022 sous le n° 2200539, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 7 décembre 2022 et 24 avril 2023, Mme D C, représentée par Me Tiburce, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'avis de sommes à payer n° 798 émis par le centre hospitalier du Marin le 6 août 2021, portant sur un montant de 8 522,95 euros correspondant à des trop-perçus de rémunération se rapportant à l'année 2020 ;

2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 8 522,95 euros ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier du Marin une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'intervention de l'agence régionale de santé de la Martinique n'est pas recevable puisque celle-ci ne justifie pas d'un intérêt suffisant au maintien du titre de recettes attaqué, celui-ci n'ayant aucun impact sur ses finances et ses pouvoirs de contrôle budgétaire visant seulement à contrôler les comptes du centre hospitalier pour surveiller son niveau d'endettement ;

- ses écritures sont irrecevables puisque la directrice de l'agence régionale de santé de Martinique ne justifie d'aucun mandat l'autorisant à intervenir dans la présente instance ;

- sa requête n'est pas tardive puisque les voies et délais de recours n'étaient pas mentionnés à l'occasion de la notification du titre litigieux, intervenue le 9 septembre 2021, et que son recours a été formé dans le délai raisonnable d'un an ;

- le titre de recettes litigieux est irrégulier dans la mesure où il n'est pas signé et ne comporte ni le nom, ni le prénom, ni la qualité de son auteur, en méconnaissance du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;

- l'avis de sommes à payer litigieux a été édicté par une autorité incompétente, les sommes en cause, compte-tenu de leur montant exceptionnel, ne pouvant se rattacher à la gestion du quotidien de l'établissement seule concernée par la délégation produite en défense ;

- il ne comporte pas les bases de liquidation de la créance, en méconnaissance de l'article 24 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- la créance ne pouvait être répétée dès lors qu'elle était couverte par la prescription biennale instituée à l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 ;

- à supposer même que l'on retienne l'applicabilité de la prescription quinquennale, la créance qui se rapporte à l'année 2016 serait tout de même prescrite, le point de départ à retenir étant la mise en paiement ;

- la créance n'est pas justifiée dès lors que, dans le cadre de son détachement, elle avait droit à d'un indice de rémunération au moins égal à celui qu'elle détenait dans son corps d'origine, conformément à l'article 8 du décret n° 2007-1930 du 26 décembre 2007 ;

- l'administration s'était engagée à maintenir la rémunération qu'elle percevait dans son corps d'origine au moment où a été décidé son changement de poste, sans qu'aucune disposition n'interdise un tel engagement exprès de l'administration ;

- cet engagement a fait naître une espérance légitime, constitutive d'un bien au sens de l'article 1er du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de continuer de percevoir l'ensemble de ses rémunérations dans le cadre de ses nouvelles fonctions ;

- en ne tenant pas cet engagement, l'administration a commis une faute de nature à engager sa responsabilité qui justifie, compte-tenu du préjudice qu'elle subit, que le montant du titre de perception soit diminué et ramené par compensation à la somme de zéro euro.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 novembre 2022, le comptable public de la trésorerie hospitalière de Martinique conclut au rejet de la requête de Mme C.

Il soutient que :

- la requête est tardive dès lors qu'elle a été formée après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois prévu à l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;

- les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

L'agence régionale de santé de Martinique, représentée par sa directrice générale, a présenté des observations, enregistrées les 12 avril 2023 et 8 mai 2023.

Elle soutient que :

- sa directrice générale, nommée à compter du 30 janvier 2023, justifie de sa qualité pour représenter la représenter dans la présente instance ;

- en application du deuxième alinéa de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000, les rémunérations indument versées à la requérante, qui procédaient d'informations erronées fournies par celle-ci, pouvaient être valablement répétées dans un délai de cinq ans ;

- les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2023, le centre hospitalier du Marin conclut au rejet de la requête de Mme C.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la santé publique ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 ;

- le décret n° 88-976 du 13 octobre 1988 ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- le décret n° 2005-921 du 2 août 2005 ;

- le décret n° 2007-1930 du 26 décembre 2007 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Phulpin,

- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,

- et les observations de Me Tiburce, avocate de Mme C.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D C, directrice hospitalière hors classe, a été désignée pour assurer à compter du 16 août 2010 l'intérim des fonctions de directrice du centre hospitalier du Marin, jusqu'à ce que le poste soit pourvu. A la suite d'un avis de vacances d'emploi, elle a, sur sa demande, été détachée dans le corps des directeurs d'établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux afin d'occuper de manière pérenne le poste de directrice du centre hospitalier du Marin, à compter du 1er avril 2012 et ce jusqu'à son admission à la retraite en février 2021. Estimant que ses droits à la retraite n'avaient pas été calculés sur la base des rémunérations effectivement perçues dans le cadre de ses fonctions de directrice du centre hospitalier du Marin, l'intéressée a sollicité la régularisation de sa situation et la reconstitution de sa carrière administrative auprès du service de gestion des carrières du centre national de gestion et de l'agence régionale de santé de la Martinique. Ces demandes ont donné lieu à deux décisions de rejet les 18 février 2021 et 25 février 2021. L'agence régionale de santé de Martinique a alors diligenté une enquête interne au sein du centre hospitalier du Marin, qui a émis à l'encontre de Mme C, le 6 août 2021, cinq avis de sommes à payer portant sur des montants respectifs de 14 216,32 euros, de 14 466,66 euros, de 12 947,82 euros, de 11 565,78 euros et de 8 522,95 euros, correspondant à des trop-perçus de rémunération se rapportant aux années 2016, 2017, 2018, 2019 et 2020. Dans les présentes instances, Mme C demande au tribunal administratif d'annuler ces cinq avis de sommes à payer et de prononcer la décharge de l'obligation de payer ces sommes.

2. Les requêtes susvisées n° 2200535, n° 2200536, n° 2200537, n° 2200538 et n° 2200539, présentées pour Mme C, concernent la situation d'une même fonctionnaire et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur la recevabilité des mémoires de l'agence régionale de santé de Martinique :

3. En premier lieu, l'agence régionale de santé de Martinique, qui a produit des observations dans les présentes instances en réponse à la communication par le tribunal administratif des requêtes de Mme C, participe aux cinq instances en qualité d'observatrice et ne peut dès lors être regardée comme une intervenante volontaire. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir opposée par Mme C dans les cinq instances, tirée de ce l'intervention de l'agence régionale de santé de Martinique ne peut être admise faute pour elle de justifier d'un intérêt suffisant, n'est pas opérante. Elle doit, par suite, être écartée.

4. En second lieu, Mme A E a été nommée directrice générale de l'agence régionale de santé de Martinique à compter du 30 janvier 2023, par un décret du 11 janvier 2023 régulièrement publié au journal officiel n° 86 du 12 janvier 2023. En application de l'article L. 1432-2 du code de la santé publique, elle avait dès lors qualité pour représenter l'établissement dans les présentes instances sans avoir à justifier au préalable d'un quelconque mandat. La fin de non-recevoir ainsi opposée dans les cinq instances par Mme C n'est dès lors pas fondée. Elle doit, par suite, être écartée.

Sur la recevabilité des requêtes :

5. L'article R. 421-5 du code de justice administrative dispose : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. " Le 1° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, rendu applicable aux établissements publics de santé en vertu du premier alinéa du même article, dispose : " () L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. " Il en résulte que le non-respect de l'obligation d'informer le débiteur sur les voies et les délais de recours, prévue par la première de ces dispositions, ou l'absence de preuve qu'une telle information a été fournie, est de nature à faire obstacle à ce que le délai de forclusion, prévu par la seconde, lui soit opposable.

6. Il est constant que les cinq avis de sommes à payer litigieux émis le 6 août 2021 ont été notifiés à Mme C le 9 septembre 2021. Toutefois, ni les volets des titres litigieux, ni le courrier daté du 4 août 2021 qui a été adressé à la requérante au moment de la notification des titres ne comportait de mention informant la débitrice sur les voies et délais de recours. Il s'ensuit que, faute de notification régulière des titres litigieux à leur destinataire, le délai de recours contentieux de deux mois n'était pas opposable. Dans ces conditions, les cinq requêtes de Mme C, qui ont été enregistrées le 7 septembre 2022, soit dans le délai raisonnable d'un an suivant la notification des avis de sommes à payer, ne sont pas tardives. La fin de non-recevoir opposée dans les cinq instances par le comptable public de la trésorerie hospitalière de Martinique n'est pas fondée. Elle doit, par suite, être écartée.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et de décharge :

7. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre. Il en résulte que, lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens qui seraient de nature à justifier le prononcé de la décharge mais retient un moyen mettant en cause la régularité formelle du titre exécutoire, le juge n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler le titre : statuant ainsi, son jugement écarte nécessairement les moyens qui assortissaient la demande de décharge de la somme litigieuse.

8. L'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration dispose : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci () ". Le 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, rendu applicable aux établissements publics de santé en vertu du premier alinéa du même article, dispose : " () 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable () / En application des articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. " Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif adressé au redevable doit mentionner les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de l'émetteur.

9. Il résulte de l'instruction que les cinq avis de sommes à payer litigieux qui ont été adressés à Mme C indiquent seulement qu'ils ont été émis par le centre hospitalier du Marin, sans plus de précision, et ne comportent ainsi pas l'indication du nom, des prénoms et de la qualité de leur émettrice. Si le courrier de daté du 4 août 2021 qui accompagnait la notification des titres était signé par le directeur par intérim du centre hospitalier du Marin, le bordereau des titres dont justifie le comptable public de la trésorerie hospitalière de Martinique n'a toutefois pas été signé par le directeur par intérim de l'établissement, mais par la responsable de la gestion administrative du centre hospitalier du Marin, émettrice des avis de sommes à payer litigieux. Dans ces conditions, l'administration ne justifie pas avoir adressé à Mme C, débitrice, des volets de titres exécutoires ou une lettre les accompagnant identifiant leur auteure. La requérante est dès lors fondée à soutenir que les cinq avis de sommes à payer litigieux sont irréguliers. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être accueilli.

10. Il résulte de ce qui précède que, aucun des moyens mettant en cause le bien-fondé des titres litigieux n'étant fondé, Mme C est seulement fondée à contester la régularité des cinq avis de sommes à payer litigieux. Il y a lieu, par suite, de prononcer la seule annulation des cinq avis de sommes à payer litigieux émis le 6 août 2021 et portant sur des montants respectifs de 14 216,32 euros, de 14 466,66 euros, de 12 947,82 euros, de 11 565,78 euros et de 8 522,95 euros. Les conclusions tendant à la décharge de l'obligation de payer ces sommes doivent en revanche être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme C présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans les cinq instances n° 2200535, n° 2200536, n° 2200537, n° 2200538 et n° 2200539.

D E C I D E :

Article 1er : Les avis de sommes à payer litigieux n° 794, n° 795, n° 796, n° 797 et n° 798 émis par le centre hospitalier du Marin le 6 août 2021 sont annulés.

Article 2 : Le surplus des conclusions requêtes n° 2200535, n° 2200536, n° 2200537, n° 2200538 et n° 2200539 de Mme C est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié Mme D C, au centre hospitalier du Marin, au comptable public de la trésorerie hospitalière de Martinique et à l'agence régionale de santé.

Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Laso, président,

M. de Palmaert, premier conseiller,

M. Phulpin, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.

Le rapporteur,

V. Phulpin

Le président,

J-M. LasoLa greffière,

M. B

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2, 2200536, 2200537, 2200538 et 2200539

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