jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200682 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | UGGC & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2100340 du 18 novembre 2022, la présidente du tribunal administratif de Melun a renvoyé au tribunal administratif de la Martinique le dossier de la requête présentée par Mme C I et autres.
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 13 janvier 2021, le 10 janvier 2022, le 3 juin 2022 et le 1er février 2023, Mme J C épouse I, M. N C, M. T I, M. H I, M. P I, Mme B I, Mme A I, M. K I, Mme E I épouse L, M. R I, M. U I, M. M I, Mme O I, Mme G I, M. Q I, représentés par Me Camps, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'avis du 30 avril 2014 par lequel la commission de conciliation et d'indemnisation d'Ile-de-France a reconnu la responsabilité du centre hospitalier de Meaux et du centre hospitalier universitaire de Martinique au titre d'infections nosocomiales subies par Mme C I ;
2°) de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à leur verser la somme de 150 000 euros à titre de provision à valoir sur la réparation intégrale des préjudices subis ; subsidiairement, de condamner solidairement le centre hospitalier de Meaux et le centre hospitalier universitaire de Martinique à leur verser cette même somme de 150 000 euros ;
3°) d'ordonner avant dire droit une expertise aux fins de décrire, qualifier et quantifier les séquelles de Mme C I résultant des suites de ses interventions chirurgicales et infections ;
4°) de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- il n'y a pas lieu d'opérer une ventilation du déficit fonctionnel permanent à la charge de plusieurs établissements hospitaliers, l'indemnisation devant relever de la solidarité nationale ;
- la chronicisation de l'état infectieux a pour cause l'intervention subie au centre hospitalier de Meaux le 5 mai 2008 ;
- il n'est pas démontré que la deuxième infection doit être regardée comme communautaire et non nosocomiale ; il n'y a pas lieu d'identifier un germe endogène ou exogène dès lors que l'infection apparaît au décours d'une intervention chirurgicale ;
- sur le fondement de l'article L. 1142-21 du code de la santé publique, l'indemnisation de ses préjudices relève de la solidarité nationale compte-tenu du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique et psychique de 50% ;
- à titre subsidiaire, les centres hospitaliers de Meaux et de Martinique sont tenus de réparer son préjudice de perte de chance d'éviter le dommage, dont le taux doit être fixé à 90 %.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 24 décembre 2021, le 25 janvier 2023 et le 17 février 2023, le centre hospitalier de Meaux et la société Relyens mutual insurance, venant aux droits de la société hospitalière d'assurance mutuelles (SHAM), représentés par Me Ricouard, concluent à leur mise hors de cause, au rejet de toute demande adverse à leur encontre, à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et à ce que les dépens soient mis à la charge de toute partie perdante.
Ils font valoir que :
- la ventilation du dommage opérée par les experts, qui retiennent un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique résultant de l'infection nosocomiale contractée au centre hospitalier de Meaux et un autre taux résultant de l'infection nosocomiale contractée au centre hospitalier universitaire de la Martinique, relève d'une démarche abstraite et hasardeuse qui ne reflète pas la réalité de la situation sur le plan médico-légal ;
- le taux global de 50 % retenu par les experts relève de la chronicisation d'un état infectieux dont l'origine remonte à l'intervention subie le 5 mai 2008 au centre hospitalier de Meaux ; cet état infectieux s'est ensuite aggravé par diverses complications, notamment infectieuses, dans un contexte immunodéficient ;
- sans l'infection initiale, Mme C I n'aurait pas contracté d'infection à staphylocoque aureus puis à Klebsielle contractée au décours de sa prise en charge au centre hospitalier universitaire de Martinique ;
- en conséquence, le taux de déficit fonctionnel permanent de 50 % est imputable à l'infection nosocomiale contractée au centre hospitalier de Meaux, de sorte que l'indemnisation du préjudice relève de la solidarité nationale et doit être mise à la charge de l'ONIAM ;
- la Mutuelle nationale territoriale ne justifie pas précisément de ses débours.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 15 juin 2021, le 19 janvier 2023, le 14 février 2023 et le 27 février 2023, le centre hospitalier universitaire de Martinique (CHUM), représenté par Me Budet, conclut au rejet de la requête et au rejet des conclusions présentées par la caisse générale de sécurité sociale de Martinique et par la Mutuelle nationale territoriale.
Il fait valoir que :
- il n'y a pas lieu de ventiler le taux d'incapacité permanente à 25% pour le centre hospitalier de Meaux et 25% pour le centre hospitalier de Martinique dès lors qu'en l'absence de l'infection contractée au centre hospitalier de Meaux, les complications ultérieures ne seraient pas survenues ;
- avec un taux d'incapacité global évalué à 50%, l'indemnisation des préjudices subis par Mme C I incombe à l'ONIAM ;
- sa responsabilité ne saurait être engagée dès lors qu'existe une cause étrangère expliquant la survenue de l'infection Klebsielle BLSE, avec un germe probablement déjà présent lors de sa prise en charge et qui s'est développé à partir de la première infection à staphylocoque aureus metis ;
- les demandes de la caisse générale de sécurité sociale (CGSS) de la Martinique sont irrecevables, à défaut de délégation de signature donnée à Mme F S ;
- les demandes de la CGSS de la Martinique ne sont pas fondées dès lors que la réparation de l'infection contractée le 5 mai 2008 relève de l'ONIAM ; de plus, il n'est pas démontré que les débours seraient exclusivement en lien avec la prise en charge de la requérante au sein du CHUM notamment puisque certaines dépenses alléguées sont antérieures à la prise en charge de Mme C I par le CHUM ; les frais de transport ne sont pas détaillés ; la somme de 8 686,24 euros ne correspond à aucune période d'hospitalisation au CHUM ;
- les demandes formulées par la mutuelle MNT sont irrecevables en l'absence de toute précision sur la qualité du signataire du mémoire ; au surplus, ses demandes ne sont pas fondées dès lors que le lien de causalité entre les frais dont il est demandé le remboursement et la prise en charge de Mme C par le CHUM n'est pas caractérisé ; par ailleurs, les frais médicaux relatifs à la période du 5 août 2008 au 25 avril 2012 ainsi que les frais de transport ne correspondent pas à la prise en charge du CHUM de Mme C I.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 février 2022 et le 2 mars 2023, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Welsch, conclut au rejet de la demande de provision présentée à son encontre, à ce qu'il soit fait droit à la demande d'expertise, et au rejet des demandes de mises hors de cause présentées par les autres défendeurs.
Il fait valoir que :
- l'indemnisation incombe aux établissements hospitaliers dès lors qu'en l'absence de déficit fonctionnel permanent supérieur à 25%, imputable à une même infection nosocomiale, la solidarité nationale ne s'applique pas ;
- la première infection nosocomiale ayant entrainé un déficit fonctionnel permanent fixé à 10%, en l'absence de cause étrangère, le versement d'une indemnisation revient au centre hospitalier de Meaux ;
- la deuxième infection nosocomiale ayant entrainé un déficit fonctionnel permanent fixé à 15%, en l'absence de cause étrangère, le versement d'une indemnisation revient au CHUM ;
- seule une expertise permettra de déterminer, au regard de l'amputation intervenue en 2016, le déficit fonctionnel définitif imputable au CHUM.
Par un mémoire, enregistré le 30 janvier 2023, la caisse générale de sécurité sociale de la Martinique conclut à la condamnation du centre hospitalier universitaire de la Martinique à lui verser la somme de 380 383,35 euros en remboursement de ses débours.
Elle fait valoir que :
- elle justifie d'un intérêt à agir dès lors que la requérante est affiliée à la caisse générale de sécurité sociale de la Martinique et que des soins en lien avec l'accident ont été pris en charge par la caisse ;
- une somme de 380 383,85 euros correspondant aux débours sont en lien direct avec l'accident médical du 5 mai 2008.
Par un mémoire enregistré le 14 février 2023, faisant valoir sa subrogation dans les droits de Mme C, son assurée, la Mutuelle nationale territoriale demande que lui soit remboursé ses débours, d'un montant de 30 011,73 euros.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Palmaert,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de Me Gavarri, avocat des requérants.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C épouse I, née en 1940, a été opérée le 5 mai 2008 d'une prothèse totale du genou droit puis, le 3 novembre 2008, d'une prothèse totale du genou gauche au centre hospitalier de Meaux. Le diagnostic d'une arthrite septique du genou droit à staphylocoque epidermidis metir a rendu nécessaire la dépose de la prothèse du genou droit le 16 janvier 2009, puis une repose de celle-ci le 1er avril 2009 au centre hospitalier d'Argenteuil. A l'occasion d'une hospitalisation de Mme C I au centre hospitalier universitaire de Martinique en octobre 2010 pour un érysipèle du membre inférieur droit, une gonarthrite aiguë septique droite à staphylocoque aureus metis a été diagnostiquée et a entraîné une ablation de la prothèse le 6 novembre 2010. La présence de la bactérie klebsielle pneumoniae a alors été constatée et son évolution a conduit à une ostéite chronique du genou droit. Mme C I a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux. Au vu d'un rapport d'expertise déposé le 11 mars 2014, cette commission a estimé, par un avis du 30 avril 2014, que la responsabilité du centre hospitalier de Meaux et du centre hospitalier universitaire de Martinique était engagée respectivement, pour l'épisode infectieux à staphylocoque epidermis metir, à la date du 3 juillet 2009, et pour l'épisode infectieux à klebsielle pneumoniae, à la date du 25 avril 2012. Le 23 août 2016, Mme C I a subi une amputation trans-fémorale droite. La requête en référé provision des consorts I a été rejetée le 25 juillet 2017 par le tribunal administratif de Paris au motif que la créance invoquée faisait l'objet d'une contestation sérieuse quant à la détermination du débiteur de l'indemnisation. Par la présente requête, les consorts I demandent que soit ordonnée avant-dire-droit une nouvelle expertise et que leur soit allouée, à titre de provision à valoir sur l'indemnisation, la somme de 150 000 euros.
Sur la demande d'expertise :
2. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. (). ".
3. Aux termes du II du même article : " Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. (). ".
4. Aux termes de l'article L. 1142-1-1 du code de la santé publique : " Sans préjudice des dispositions du septième alinéa de l'article L. 1142-17, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : / 1° Les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements, services ou organismes mentionnés au premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 correspondant à un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25 % déterminé par référence au barème mentionné au II du même article, ainsi que les décès provoqués par ces infections nosocomiales ; (). ". Doit être regardée comme présentant un caractère nosocomial au sens de ces dispositions une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.
5. En outre, aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. () ". Il résulte de ces dispositions que la prescription d'une mesure d'expertise est subordonnée au caractère utile de cette mesure.
6. Il résulte de l'instruction que, dans le cadre des opérations aux deux genoux subies entre 2008 et 2010, Mme C I a subi trois infections dont deux ont été reconnues comme nosocomiales par la commission de conciliation et d'indemnisation d'Ile-de-France dans son avis du 30 avril 2014. Cet avis ne prend toutefois pas en considération l'amputation subie par l'intéressée en août 2016, qui a nécessairement aggravé son préjudice et qui est susceptible d'être en lien avec les infections nosocomiales contractées. En l'état de l'instruction, le tribunal ne dispose pas d'éléments suffisants pour déterminer si, compte tenu de l'évolution de l'état de santé de Mme C I depuis l'expertise réalisée en 2013, la réparation de ses préjudices relève de la solidarité nationale ou doit être mise à la charge des deux centres hospitaliers au sein duquel ont été contactées les infections nosocomiales. De plus, compte tenu de l'ancienneté de la seule expertise présente au dossier, une nouvelle expertise est nécessaire pour apprécier les différents chefs de préjudice indemnisables. Dès lors, il y a lieu d'ordonner avant dire droit une expertise médicale complémentaire aux fins précisées-ci après.
Sur la demande de provision :
7. Le juge du fond peut accorder une provision au créancier qui l'a saisi d'une demande indemnitaire lorsqu'il constate qu'un agissement de l'administration a été à l'origine d'un préjudice et que, dans l'attente des résultats d'une expertise permettant de déterminer l'ampleur de celui-ci, il est en mesure de fixer un montant provisionnel dont il peut anticiper qu'il restera inférieur au montant total qui sera ultérieurement défini.
8. Il est constant que Mme C I a été victime d'au moins deux infections nosocomiales et peut se prévaloir d'un préjudice réparable. Toutefois, comme dit précédemment au point 6, en l'état de l'instruction le tribunal ne dispose pas de suffisamment d'éléments pour déterminer si l'indemnisation des préjudices relève de la solidarité nationale ou doit être mise à la charge des deux centres hospitaliers dans lesquels ont été contractées les infections nosocomiales. De plus, il résulte de l'instruction que les consorts I n'apportent aucune précision sur les différents chefs de préjudice qu'ils n'énumèrent même pas. En conséquence, les conclusions tendant au versement d'une indemnité provisionnelle doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il sera, avant de statuer sur la requête des consorts I, procédé à une expertise médicale avec mission pour l'expert de :
1°) se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de Mme C I, et notamment tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins et aux diagnostics pratiqués lors de sa prise en charge par le centre hospitalier de Meaux, le centre hospitalier d'Argenteuil et le centre hospitalier universitaire de Martinique, ainsi que ceux relatifs à son état de santé postérieurement à l'amputation intervenue le 23 août 2016 ;
2°) prendre connaissance du rapport d'expertise des docteurs Berquet et Serwier du 28 février 2014 et procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de Mme C I, ainsi qu'à son examen clinique ;
3°) indiquer si les diagnostics établis, les traitements et soins prodigués et leur suivi, dans chacun des établissements hospitaliers, ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science, et s'ils étaient adaptés à l'état de Mme C I et aux symptômes qu'elle présentait ; donner notamment son avis sur la pertinence des diagnostics des équipes médicales des centres hospitaliers de Meaux, d'Argenteuil et du centre hospitalier universitaire de Martinique et l'utilité des gestes pratiqués ;
4°) déterminer les causes des infections que Mme C I a subies et dire si les infections sont survenues au cours ou au décours des prises en charge de Mme V au sein des structures hospitalières, si les infections étaient présentes ou en incubation au début de celles-ci, ou si les infections ont une autre origine que la prise en charge médicale de l'intéressée ;
5°) donner son avis sur le point de savoir si les dommages corporels résultant présentent un lien direct, certain et exclusif avec un manquement éventuel imputable aux établissements hospitaliers ou à toute autre cause étrangère aux prises en charge de Mme C I ou à un état antérieur de Mme C I ;
6°) dire si un lien de causalité existe entre les infections nosocomiales contractées et l'amputation intervenue en 2016 ;
7°) préciser dans quelle proportion (pourcentage) chacune des infections a, éventuellement, compromis la récupération de Mme C I consécutivement aux opérations qu'elle a subies ;
8°) dire si l'état de santé de Mme C I est consolidé ou s'il est susceptible d'amélioration ou de dégradation ; proposer, si possible, une date de consolidation de l'état de santé de l'intéressée ;
9°) décrire, sans imputer le taux de perte de chance éventuellement retenu, la nature et l'étendue des préjudices résultant des prises en charge hospitalières de Mme C I, en les distinguant de son état antérieur et des conséquences prévisibles de ces prises en charge médicales si celles-ci s'étaient déroulées normalement ; à cet égard, apporter notamment les éléments suivants :
a) Préjudices patrimoniaux :
- préjudices patrimoniaux temporaires : dépenses de santé et frais divers, les pertes de revenus, assistance d'une tierce personne, avant et après consolidation ;
- préjudices permanents : dépenses de santé et frais divers, appareillages, aménagement de véhicule, aménagement du logement, assistance d'une tierce personne ;
b) Préjudices extra patrimoniaux :
- préjudices extra patrimoniaux temporaires : déficit fonctionnel temporaire, en précisant les périodes et le taux, souffrances endurées, préjudice esthétique temporaire, en les évaluant sur une échelle de 1 à 7 ;
- préjudices extra patrimoniaux permanents : déficit fonctionnel permanent, en précisant les périodes et le taux, préjudice sexuel, préjudice d'agrément, préjudice esthétique permanent ;
10°) donner au tribunal tout autre élément d'information qu'il estimera utile.
Article 2 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement entre Mme C I, le centre hospitalier universitaire de Martinique, les centres hospitaliers de Meaux et d'Argenteuil, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.
Article 3 : L'expert sera désigné par le président du tribunal. Après avoir prêté serment, il accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 4 : Conformément aux dispositions du premier alinéa de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe sous forme dématérialisée dans le délai fixé par le président du tribunal dans la décision le désignant. Il en notifiera une copie à chacune des parties intéressées. Avec l'accord de ces dernières, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 5 : Les conclusions présentées par Mme V tendant au versement d'une provision sont rejetées.
Article 6 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme J V, première dénommée pour l'ensemble des requérants, au centre hospitalier de Meaux, au centre hospitalier d'Argenteuil, au centre hospitalier universitaire de Martinique, à l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), à la caisse générale de sécurité sociale de Martinique, à la Mutuelle nationale territoriale, et à la société Relyens mutual insurance.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rouland-Boyer, présidente,
M. de Palmaert, premier conseiller,
Mme Monnier-Besombes, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
Le rapporteur,
S. de Palmaert
La présidente,
Mme Rouland-Boyer
La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026