jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200705 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | ARVIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 et 20 décembre 2022, Mme F C D, représentée par Me Arvis, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 22 septembre 2022 par laquelle le président de l'université des Antilles a rejeté sa demande de protection fonctionnelle ;
2°) d'enjoindre au président de l'université des Antilles de lui accorder la protection fonctionnelle à titre provisoire dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance ;
3°) de mettre à la charge de l'université des Antilles la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée est préjudiciable à sa situation professionnelle et à son état de santé, et qu'elle doit engager des frais de procédure pour faire cesser le harcèlement moral dont elle est victime ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, dès lors qu'elle est insuffisamment motivée, en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, qu'elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'administration n'a pas mis en œuvre les procédures instituées à l'article 1er du décret du 13 mars 2020, qu'elle est entachée d'erreur de droit au regard de l'administration de la charge de la preuve du harcèlement moral, et qu'elle est entachée d'erreur d'appréciation dans la mesure où elle est victime de faits de harcèlement moral qui ont perduré malgré le changement de présidence de l'université des Antilles, sans qu'elle n'ait commis de faute personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2022, l'université des Antilles, représentée par la SCP Saidji et Moreau, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme C D ne sont pas fondés.
Vu :
- la requête, enregistrée le 24 octobre 2022 sous le numéro 2200629, par laquelle Mme C D demande l'annulation de la décision en cause ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 2020-256 du 13 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné Mme Monnier-Besombes, conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 20 décembre 2022, tenue en présence de Mme Pyrée, greffière d'audience, Mme Monnier-Besombes, juge des référés, a lu son rapport et entendu les observations de Me Arvis, représentant Mme C D, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens que dans la requête.
La juge des référés a prononcé la clôture de l'instruction à l'issue de l'audience, à 10h00.
Une note en délibéré, présentée pour Mme C D, a été enregistrée le 20 décembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C D, maîtresse de conférences occupant les fonctions de de l'université des Antilles entre 2017 et 2022, a sollicité auprès du président de l'université des Antilles le bénéfice de la protection fonctionnelle le 4 juillet 2022. Sa demande a toutefois été rejetée par une décision du 22 septembre 2022. Par la présente requête, Mme C D demande au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision et d'enjoindre au président de l'université des Antilles de lui accorder la protection fonctionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
4. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision du 22 septembre 2022, la requérante se prévaut d'atteintes à sa situation professionnelle et d'une dégradation de son état de santé, ainsi que des frais de procédure qu'elle doit engager dans le cadre de la plainte avec constitution de partie civile qu'elle a déposée pour harcèlement moral. A cet égard, Mme C D soutient qu'elle a été victime de harcèlement moral, commis par l'ancien président de l'université des Antilles entre 2017 et 2022, alors qu'elle occupait les fonctions de (ANO)(ANO). Elle fait notamment valoir que celui-ci a refusé de lui accorder une décharge dans le cadre de ses fonctions de , ce qui est au demeurant contredit par l'état des services qu'elle produit, mais aussi qu'il a entrepris des démarches disciplinaires abusives et l'a mise à l'écart de la gouvernance de l'université, ce qui s'est traduit par une perte de responsabilité. Toutefois, si les pièces du dossier démontrent l'existence de relations très dégradées entre M. A et Mme C D, faisant écho à la rivalité historique qui oppose le pôle Guadeloupe et le pôle Martinique de l'université des Antilles, les éléments produits par la requérante se rattachent pour l'essentiel à la situation antérieure au changement de présidence de l'université des Antilles, intervenu en février 2022. Si Mme C D soutient que le harcèlement moral a persisté malgré l'élection d'un nouveau président, l'allégation selon laquelle son matériel de travail aurait disparu de son bureau ne peut être établie par la simple production d'un courriel rédigé par ses soins. Si elle fait par ailleurs valoir que son état des services a été drastiquement réduit pour l'année universitaire 2022/2023, il n'apparaît pas, en l'absence de production d'état des services portant sur les années antérieures à son mandat de vice-présidente ni sur l'année universitaire en cours, que la requérante, par ailleurs en arrêt de travail depuis le 5 septembre 2022, subirait de ce fait une atteinte grave et immédiate à ses conditions de travail. En outre, Mme E ne démontre ni même n'allègue que le refus de protection fonctionnelle qui lui a été opposé l'exposerait à des dépenses auxquelles elle ne serait pas en mesure de faire face et compromettrait la possibilité d'assurer sa défense dans le cadre de son dépôt de plainte contre X pour harcèlement moral, celle-ci ne fournissant aucun élément sur la situation financière de son foyer.
5. Dans ces conditions, et malgré la dégradation de l'état de santé de Mme C D, il n'apparaît pas, en l'état de l'instruction, que la décision du 22 septembre 2022 puisse être regardée comme préjudiciant de manière suffisamment grave et immédiate à la situation de la requérante, de nature à caractériser une situation d'urgence justifiant la suspension de l'exécution du refus de protection fonctionnelle, sans attendre le jugement de la requête au fond. L'une des conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas remplie, la demande de suspension présentée par Mme C D ne peut ainsi être accueillie, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Ses conclusions à fin d'injonction doivent, par voie de conséquence, également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'université des Antilles, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme C D la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas davantage lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme C D la somme demandée par l'université des Antilles sur ce fondement.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme F C D et au président de l'université des Antilles.
Fait à Schœlcher, le 22 décembre 2022.
La juge des référés,
A. Monnier-Besombes La greffière,
M. B
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2200705
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026