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AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2200723

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2200723

jeudi 21 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2200723
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 décembre 2022, Mme C D demande au tribunal d'annuler la décision du 22 novembre 2022 par laquelle la rectrice de l'académie de Martinique a confirmé le rejet de sa demande de bourse nationale d'études du second degré de lycée pour sa fille B, au titre de l'année scolaire 2022/2023.

Elle soutient que sa situation financière a évolué défavorablement depuis l'année 2021, prise en compte pour apprécier ses ressources.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2023, la rectrice de l'académie de Martinique conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- la circulaire MENE2214583C du 21 septembre 2022 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Monnier-Besombes,

- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D a sollicité, pour l'année scolaire 2022/2023, l'attribution d'une bourse nationale d'études du second degré de lycée pour sa fille B, alors élève de seconde au lycée polyvalent du Nord Atlantique de Sainte-Marie. Par décision du 23 septembre 2022, le directeur académique des services de l'éducation nationale a refusé de faire droit à cette demande. Par une décision du 22 novembre 2022, dont Mme D demande l'annulation dans la présente instance, la rectrice de l'académie de Martinique a confirmé ce refus après que l'intéressée ait formé le recours administratif préalable obligatoire prévu par le dernier alinéa de l'article R. 531-25 du code de l'éducation.

2. Aux termes de l'article R. 531-19 du code de l'éducation : " La bourse nationale d'études du second degré de lycée peut être demandée par la ou les personnes physiques qui, au sens de la législation sur les prestations familiales, assument la charge effective et permanente de l'élève, ou par l'élève majeur s'il a personnellement la qualité de contribuable ". En outre, l'article D. 531-20 de ce code dispose que : " Les personnes mentionnées à l'article R. 531-19 peuvent bénéficier de la bourse nationale d'études du second degré de lycée si le montant des ressources dont elles ont disposé au cours de la dernière année civile par rapport à celle du dépôt de la demande n'excède pas les plafonds annuels fixés par un barème national comprenant six échelons. Ce barème est déterminé par un arrêté du ministre chargé du budget et du ministre de l'éducation nationale qui précise, pour chaque échelon, le plafond de ressources selon le nombre d'enfants à charge et les conditions dans lesquelles ces plafonds sont revalorisés ". L'article D. 531-21 du même code dispose par ailleurs que : " Le barème national mentionné à l'article D. 531-20 prend en considération les ressources en fonction des charges du foyer fiscal de la ou des personnes présentant la demande de bourse. / Les enfants à charge considérés pour l'étude du droit à bourse sont les enfants mineurs, les enfants majeurs célibataires et les enfants handicapés tels qu'ils figurent sur l'avis d'imposition à l'impôt sur le revenu. / Le revenu fiscal de référence, tel qu'il figure sur l'avis d'imposition à l'impôt sur le revenu, est retenu pour apprécier les ressources de la ou des personnes mentionnées à l'article R. 531-19. / En cas de concubinage, il est tenu compte du total des ressources perçues par chacun des concubins durant l'année de référence ; ces ressources sont déterminées dans les conditions prévues aux alinéas précédents ". Enfin, aux termes de l'article D. 531-22 de ce code : " La vérification des ressources et des charges des personnes mentionnées à l'article R. 531-19 est effectuée lors de la première demande de bourse et en cas de redoublement ou de changement d'orientation de l'élève. / Elle intervient également lors d'une rentrée scolaire suivante en cas de modification substantielle de la situation des personnes mentionnées à l'article R. 531-19 depuis l'année de référence entraînant une diminution ou une augmentation des ressources. Celles-ci informent le recteur d'académie de toute modification de leur situation ".

3. Il résulte également de la circulaire MENE2214583C du ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse du 21 septembre 2022 que les revenus de l'année en cours ne pouvant pas être pris en considération au titre des bourses, la prise en compte de la dégradation de la situation économique d'une famille depuis le début de l'année en cours relève d'une aide au titre des fonds sociaux. En application de l'annexe 7 de cette circulaire, le plafond de ressources ouvrant droit à l'attribution d'une bourse nationale de lycée pour l'année scolaire 2022/2023 s'élève à 20 475 euros pour une famille comprenant deux enfants à charge.

4. Il ressort des pièces du dossier que pour procéder à l'examen du droit à bourse de la fille de Mme D, le directeur académique des services de l'éducation nationale a retenu un revenu fiscal de référence non contesté de 20 797 euros pour l'année 2021 et deux enfants à charge, et a considéré que l'intéressée dépassait le plafond de ressources fixé à 20 475 euros pour une famille composée de deux enfants. Si la requérante soutient que sa situation financière a évolué défavorablement au cours de l'année 2022, en raison, notamment, de la cessation de son activité professionnelle, une telle situation, pour regrettable qu'elle soit, est sans incidence sur la légalité de la décision prise, le droit à bourse devant s'apprécier en tenant compte des ressources de la dernière année civile précédant la demande, soit en l'espèce l'année 2021. Dans ces conditions, et alors même que les ressources de Mme D ne dépassent le plafond qu'à hauteur de 322 euros et que sa fille a obtenu la mention très bien au brevet, elle n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision contestée, qui retient à juste titre que les conditions réglementaires d'octroi d'une bourse ne sont pas remplies.

5. Il résulte de ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 22 novembre 2022 par laquelle la rectrice de l'académie de Martinique, statuant sur son recours administratif préalable obligatoire, a confirmé le rejet de sa demande de bourse nationale d'études du second degré de lycée pour sa fille B, au titre de l'année scolaire 2022/2023. Le présent jugement ne fait toutefois pas obstacle à ce que Mme D sollicite auprès du chef d'établissement le bénéfice d'une aide exceptionnelle au titre du fonds social lycéen.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et à la rectrice de l'académie de Martinique.

Délibéré après l'audience du 7 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Laso, président,

M. de Palmaert, premier conseiller,

Mme Monnier-Besombes, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2023.

La rapporteure,

A. Monnier-BesombesLe président,

J.-M. Laso

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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