lundi 8 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2200766 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE AVOCAT PEM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés le 30 décembre 2022, le 29 mars 2023, le 31 juillet 2023 et le 30 août 2023, M. C B, représenté par Me Khatri, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 octobre 2022 par laquelle la directrice du centre hospitalier intercommunal de Lorrain Basse-Pointe l'a déchargé de sa fonction de responsable hôtelier à compter du 1er novembre 2022 et a précisé les missions qui lui sont dévolues pour une durée de six mois ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier intercommunal de Lorrain Basse-Pointe de le réaffecter sur son poste de responsable logistique, sans délai à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de condamner le centre hospitalier intercommunal de Lorrain Basse-Pointe à lui verser une indemnité de 5 000 euros en réparation de son préjudice moral ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier intercommunal de Lorrain Basse-Pointe la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée constitue une sanction déguisée illégale ;
- elle n'est pas motivée en fait ;
- elle est entachée de vice de procédure dès lors qu'aucune procédure disciplinaire n'a été mise en œuvre ;
- elle est dépourvue de base légale ;
- elle est entachée d'erreur de droit ;
- elle est entachée de détournement de pouvoir ;
- l'illégalité fautive de cette décision lui a causé un préjudice moral qui doit être indemnisé.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 mai et 28 août 2023, le centre hospitalier intercommunal de Lorrain Basse-Pointe conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation sont irrecevables dès lors que la décision attaquée constitue une mesure d'ordre intérieur non susceptible de recours contentieux ;
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables dès lors qu'elles n'ont pas été précédées ou accompagnées d'une demande susceptible de lier le contentieux ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Palmaert,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de Me Edmond-Mariette représentant le centre hospitalier intercommunal de Lorrain Basse-Pointe.
Considérant ce qui suit :
1. Technicien supérieur hospitalier affecté au centre hospitalier intercommunal de Lorrain Basse-Pointe sur les fonctions de responsable logistique, M. B a été placé en congé de longue maladie à compter du 8 août 2021. Sa reprise d'activité s'est effectuée en octobre 2022, à mi-temps thérapeutique. Ses missions lui ont été précisées par une décision du 28 octobre 2022 de la directrice de l'établissement qui, pour une période de six mois correspondant à la période de mi-temps thérapeutique, maintient l'intégralité de la rémunération de l'agent, le décharge de sa fonction de responsable hôtelier à compter du 1er novembre 2022 et lui confie une mission sur la rationalisation et la gestion des stocks. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision et l'indemnisation de son préjudice.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
2. Les mesures prises à l'égard d'agents publics qui, compte tenu de leurs effets, ne peuvent être regardées comme leur faisant grief, constituent de simples mesures d'ordre intérieur insusceptibles de recours. Il en va ainsi des mesures qui, tout en modifiant leur affectation ou les tâches qu'ils ont à accomplir, ne portent pas atteinte aux droits et prérogatives qu'ils tiennent de leur statut ou de leur contrat ou à l'exercice de leurs droits et libertés fondamentaux, ni n'emportent de perte de responsabilités ou de rémunération. Le recours contre de telles mesures, à moins qu'elles ne traduisent une discrimination ou une sanction, est irrecevable.
3. En premier lieu, M. B soutient qu'en sa qualité de responsable logistique, sa fiche de poste lui confie des responsabilités dans le domaine de l'hôtellerie-restauration, de l'approvisionnement, du nettoyage des locaux et de la lingerie. Il précise qu'il est en charge de l'organisation de ces activités et du management des équipes dédiées. S'il est vrai que la décision attaquée le prive de sa qualité de " responsable hôtelier " à compter du 1er novembre 2022, M. B n'est pas pour autant déchargé des autres missions dévolues au responsable logistique, notamment en ce qui concerne l'organisation et la rationalisation des stocks, mission qui correspond à un besoin réel du centre hospitalier dans le cadre d'une réflexion sur sa réorganisation. De plus, aux termes de l'article 4 de la décision attaquée, cette diminution des attributions de l'intéressé n'intervient qu'à titre provisoire, en raison d'un temps de travail temporairement réduit de moitié, et devra être réévaluée à l'issue de la période de six mois de son mi-temps thérapeutique. Enfin, l'article 3 de la décision litigieuse précise expressément que l'intégralité de la rémunération de l'agent lui est maintenue durant cette période de six mois. Dans ces conditions, prise dans l'intérêt du service compte tenu de la situation de M. B et des besoins du centre hospitalier, la décision attaquée n'a pas porté atteinte aux droits que le requérant tient de son statut. Elle présente dès lors le caractère d'une mesure d'ordre intérieur qui ne fait pas grief et n'est donc pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
4. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B entretient depuis plusieurs années des relations conflictuelles avec la directrice du centre hospitalier intercommunal de Lorrain Basse-Pointe. Le ton irrespectueux employé dans un courrier adressé à sa hiérarchie a conduit la directrice du centre hospitalier à lui infliger un blâme par une décision du 28 juin 2021. Si le caractère conflictuel de ces relations professionnelles est établi, le requérant n'apporte toutefois pas suffisamment d'éléments pour faire présumer l'existence d'un harcèlement moral qu'il subirait dans l'exercice de ses fonctions. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée doive être regardée comme une sanction disciplinaire déguisée.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête sont irrecevables et doivent être rejetées de même que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.
Sur les conclusions indemnitaires :
6. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que le centre hospitalier intercommunal de Lorrain Basse-Pointe a entaché sa décision d'illégalité fautive. Par suite, ses conclusions indemnitaires doivent également être rejetées sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier intercommunal de Lorrain Basse-Pointe, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par le centre hospitalier intercommunal Lorrain Basse-Pointe au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier intercommunal de Lorrain Basse-Pointe présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au centre hospitalier intercommunal de Lorrain Basse-Pointe.
Délibéré après l'audience du 7 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. de Palmaert, premier conseiller,
M. Phulpin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 janvier 2024.
Le rapporteur,
S. de Palmaert
Le président,
J-M. Laso
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026