jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300023 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | GUENAEL CAREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 17 janvier 2023, le 13 avril 2023 et le 21 juillet 2023, Mme D C, représentée par Me Garet, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner la commune de Sainte-Luce à lui verser la somme de 31 619 euros en réparation des préjudices subis en raison de sa chute sur la voie publique le 13 mars 2019 ;
2°) le cas échéant, de surseoir à statuer pour ordonner une expertise médicale ;
3°) de mettre les dépens à la charge de la commune de Sainte-Luce ;
4°) de mettre la somme de 3 600 euros à la charge de la commune de Sainte-Luce au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a chuté en sortant de son véhicule, le 13 mars 2019, en raison de la présence d'un trottoir dont la bordure est rehaussée, qui n'était pas visible faute de signalement ;
- la commune de Sainte-Luce est responsable du dommage, sur le fondement du défaut d'entretien normal de l'ouvrage public ;
- elle est fondée à demander la somme de 4 919 euros au titre de son déficit fonctionnel temporaire, la somme de 8 500 euros au titre de son déficit fonctionnel permanent, la somme de 7 000 euros au titre des souffrances endurées, la somme de 5 000 euros au titre des troubles dans les conditions d'existence, la somme de 5 000 euros au titre du préjudice moral et la somme de 1 200 euros au titre du préjudice esthétique.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 mars 2023, le 28 juin 2023 et le 29 juin 2023, la commune de Sainte-Luce et la compagnie d'assurance Groupama Antilles-Guyane, représentées par Me Carel, concluent :
- à ce que l'intervention volontaire de la compagnie d'assurance Groupama Antilles-Guyane soit admise ;
- à titre principal, au rejet de la requête de Mme C ;
- à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer et ordonné une expertise médicale ;
- en tout état de cause, au rejet des conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie du Finistère, au rejet des conclusions présentées par Mme C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de tout succombant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles font valoir que :
- la responsabilité de la commune ne saurait être engagée, en l'absence de matérialité des faits et de lien de causalité entre les préjudices allégués et l'ouvrage public ;
- aucun défaut d'entretien normal de l'ouvrage public ne peut lui être imputé et, en tout état de cause, la chute de Mme C résulte d'une faute d'inattention de cette dernière ;
- à supposer même que sa responsabilité puisse être engagée, une expertise médicale s'imposerait afin de déterminer l'étendue des préjudices de la requérante ;
- les débours allégués par la caisse primaire d'assurance maladie du Finistère ne sont pas établis.
Par deux mémoires, enregistrés le 20 juin 2023 et le 30 juin 2023, la caisse primaire d'assurance maladie du Finistère demande au tribunal de condamner la commune de Sainte-Luce à lui verser la somme de 6 190,20 euros en remboursement de ses débours, la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion et la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'elle est fondée à demander le remboursement de la somme de 6 190,20 euros, correspondant aux débours exposés pour la victime, ainsi que le paiement de la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monnier-Besombes,
- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a été victime d'une chute sur la voie publique, le 13 mars 2019, dans la rue du capitaine B A, sur le territoire de la commune de Sainte-Luce. Elle a présenté une demande indemnitaire à la commune, par un courrier du 30 septembre 2022, qui a été implicitement rejetée. Par la présente requête, Mme C doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de condamner la commune de Sainte-Luce à lui verser la somme de 31 619 euros en réparation des préjudices qu'elle expose subir en raison de cette chute.
Sur l'intervention volontaire de la compagnie d'assurance Groupama Antilles-Guyane :
2. Aux termes de l'article R. 632-1 du code de justice administrative : " L'intervention est formée par mémoire distinct () ".
3. L'intervention volontaire de la compagnie d'assurance Groupama Antilles-Guyane, qui n'a pas été formée par un mémoire distinct, est irrecevable.
Sur la responsabilité :
4. Il appartient à l'usager d'un ouvrage public qui demande réparation d'un préjudice qu'il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre le préjudice invoqué et l'ouvrage. Le maître de l'ouvrage ne peut être exonéré de l'obligation d'indemniser la victime qu'en rapportant la preuve soit de l'entretien normal de l'ouvrage, soit que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure.
5. En outre, si la responsabilité de la personne publique, propriétaire d'un ouvrage public, est engagée de plein droit à l'égard de l'usager victime d'un dommage, sans que l'intéressé ait à établir l'existence d'une faute à la charge de cette personne publique, encore faut-il que le dommage soit effectivement imputable à un défaut d'entretien normal de l'ouvrage et non à l'inattention de la victime à l'égard d'un obstacle ou d'une altération qui n'excédent pas, par leur nature et leur importance, ceux auxquels un usager peut normalement s'attendre, en particulier l'usager piéton d'une voie publique.
6. Il résulte de l'instruction que le 13 mars 2019, Mme C a été victime d'une chute, dans la rue du capitaine B A à Sainte-Luce, lui occasionnant une fracture de l'extrémité inférieure du radius gauche. Elle a été prise en charge à 15h20 par le service territorial d'incendie et de secours de la Martinique, qui l'a transportée au centre hospitalier universitaire de Martinique, où elle a subi une ostéosynthèse par embrochage mixte multiple. Si la requérante soutient qu'elle a trébuché sur la bordure rehaussée du trottoir, en sortant de son véhicule garé sur une place de stationnement en face du 8, rue du capitaine B A, cela ne ressort que de ses propres déclarations, et n'est confirmé par aucun témoignage probant. En effet, la fiche d'intervention des secours n'apporte aucune indication sur les circonstances de la chute de l'intéressée, et les deux témoins, qui attestent avoir récupéré, à 19h30, le véhicule de Mme C garé devant le 17, rue du capitaine B A, n'ont pas assisté directement à l'accident. Dans ces conditions, les circonstances et les causes exactes de la chute ne pouvant être déterminées avec précision au regard des éléments produits par la requérante, le lien de causalité entre l'ouvrage et le dommage n'est pas établi. En tout état de cause, il résulte de l'instruction, en particulier des photographies produites à l'instance, que la saillie du trottoir contre laquelle Mme C allègue avoir trébuché, qui ne dépasse que de quelques centimètres par rapport au niveau du trottoir et de la voie, était visible, alors même qu'elle n'a fait l'objet d'aucun signalement particulier. Ainsi, par son emplacement et ses caractéristiques, un tel obstacle ne constitue pas, pour un piéton usager de la voie publique en plein jour et normalement attentif, un risque excédant ceux auxquels il doit s'attendre et contre lequel il lui appartient de se prémunir en prenant les précautions nécessaires. Par suite, Mme C n'est pas fondée à demander l'engagement de la responsabilité de la commune de Sainte-Luce sur le fondement de l'existence d'un défaut d'entretien normal de la voie publique.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de Mme C doivent être rejetées, ainsi que celles tendant au prononcé d'une expertise médicale. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter également les conclusions présentées par la caisse primaire d'assurance maladie du Finistère tendant au remboursement de ses débours et au versement de l'indemnité forfaitaire de gestion par la commune de Sainte-Luce.
Sur les dépens :
8. La présente instance n'a donné lieu à aucun dépens. Les conclusions de Mme C tendant à ce que les dépens soient mis à la charge de la commune de Sainte-Luce doivent, par suite, être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Sainte-Luce, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme C ni, en tout état de cause, à la caisse primaire d'assurance maladie du Finistère, la somme qu'elles réclament au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas davantage lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme C la somme demandée par la commune de Sainte-Luce sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention volontaire de la compagnie d'assurance Groupama Antilles-Guyane n'est pas admise.
Article 2 : La requête de Mme C est rejetée.
Article 3 : Les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie du Finistère sont rejetées.
Article 4 : Les conclusions de la commune de Sainte-Luce présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, à la caisse primaire d'assurance maladie du Finistère, à la commune de Sainte-Luce et à la compagnie d'assurance Groupama Antilles-Guyane.
Délibéré après l'audience du 18 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. Phulpin, conseiller,
Mme Monnier-Besombes, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.
La rapporteure,
A. Monnier-BesombesLe président,
J.-M. Laso
Le greffier,
J.-H. Minin
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026