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AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2300026

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2300026

lundi 29 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2300026
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCATOL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 janvier 2023, et un mémoire complémentaire, enregistré le 16 août 2023, M. C G, Mme D G et Mme H E, représentés par Me Catol, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 30 juin 2022 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la Martinique a rejeté leur demande tendant à établir à leur bénéfice l'acte de cession d'une parcelle cadastrée section E n° 116, située lieu-dit Grande Anse sur le territoire de la commune des Anses d'Arlet, dans la zone des cinquante pas géométriques, et sollicité la production des actes de notoriétés établis après le décès de leurs grands-parents, auteurs de la construction, afin de pouvoir établir un acte de cession au bénéfice de l'ensemble des héritiers et ayants-droits de ces derniers ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils ont succédé à leur mère à la suite de son décès, survenu le 10 mars 2018, dans sa demande de cession onéreuse, formée en 2001, du terrain cadastré E116 situé sur le territoire de la commune des Anses d'Arlet, dans la zone des cinquante pas géométriques ;

- par courrier daté du 11 juin 2022, ils ont transmis aux services du domaine de l'Etat l'acte de notoriété établi à la suite du décès de leur mère et sollicité l'établissement de l'acte de cession de la parcelle ;

- leur requête est recevable puisque la décision attaquée du 30 juin 2022 refusant l'établissement de l'acte de cession constitue un acte décisoire, que celui-ci ne comporte aucune mention des voies et délais de recours et qu'il ne peut être considéré comme un acte confirmatif ;

- l'administration a commis une erreur de droit en refusant d'établir l'acte de cession à leurs seuls noms et en exigeant la production des actes de notoriétés établis après le décès de leurs grands-parents, auteurs de la construction, afin d'établir l'acte au bénéfice de l'ensemble des héritiers et ayants-droits de ces derniers ;

- en effet, leur mère était seule bénéficiaire de l'offre de cession du préfet de la Martinique, de sorte que l'acte de cession ne peut être établi qu'à leurs trois noms, en leur qualité d'héritiers de leur mère ;

- l'administration a également commis une erreur de fait en estimant que la parcelle figurait dans les éléments de la succession de leurs grands-parents, auteurs de la construction, alors que ceux-ci n'ont jamais été propriétaires de l'immeuble.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juin 2023, et un mémoire complémentaire, enregistré le 7 septembre 2023, le directeur régional des finances publiques de la Martinique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable puisque l'acte attaqué du 30 juin 2022 ne présente aucun caractère décisoire, mais constitue un simple courrier de relance faisant suite à une précédente demande de pièces adressée par courriel le 21 mars 2018 ;

- la requête est tardive dès lors que l'acte attaqué présente un caractère purement confirmatif de cette précédente demande de pièces adressée par courriel le 21 mars 2018 ;

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

La procédure a été régulièrement communiquée au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, qui n'a produit aucune observation malgré une lettre de mise en demeure qui lui a été adressée par courrier du 23 mai 2023.

La procédure a été régulièrement communiquée au préfet de la Martinique, qui n'a produit aucune observation malgré une lettre de mise en demeure qui lui a été adressée par courrier du 23 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du domaine de l'Etat :

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- la loi n° 96-241 du 30 décembre 1996 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Phulpin,

- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,

- et les observations de Me Catol, avocat de M. G, Mme G et Mme E, ainsi celles de Mme I de J, représentante du directeur régional des finances publiques de la Martinique.

Considérant ce qui suit :

1. Par une demande du 25 septembre 2001 adressée au préfet de la Martinique, Mme A G née F a sollicité, en application de l'ancien article L. 89-5 du code du domaine de l'Etat, la cession à titre onéreux de la parcelle cadastrée E116, située dans la zone des cinquante pas géométriques, au lieu-dit Grande Anse, sur le territoire de la commune des Anses d'Arlet. A la suite du décès de la pétitionnaire, survenu le 10 mars 2018, M. C G, Mme D G et Mme H E, ses enfants héritiers, ont sollicité la poursuite de la procédure de cession à leur profit. Le directeur régional des finances publiques de la Martinique a alors délivré, le 21 mars 2018, une attestation, établie au nom de leur mère et comportant la mention " pour les consorts F ", qui mentionnait que l'acquisition de la parcelle était en cours et que la pétitionnaire restait redevable d'une somme de 1 457 euros sur le prix de la cession. M. G, Mme G et Mme E ont sollicité auprès de l'administration la rectification de la mention " pour les consorts F " figurant sur l'attestation du 21 mars 2018, qu'ils estimaient erronée, par un courrier daté du 14 décembre 2020 qui est resté sans réponse. Par un jugement n° 2100177 devenu définitif du 17 mars 2022, le tribunal administratif de la Martinique a rejeté le recours des intéressés tendant à l'annulation de la décision implicite du directeur régional des finances publiques de la Martinique refusant de rectifier cette attestation au motif qu'un tel refus présentait le caractère d'un acte non décisoire dépourvu d'effet juridique insusceptible d'être déféré devant le juge de l'excès de pouvoir. Par un courrier daté du 11 juin 2022, M. G, Mme G et Mme E ont transmis aux services du domaine de l'Etat l'acte de notoriété établi à la suite du décès de leur mère et sollicité l'établissement à leur bénéfice de l'acte de cession de la parcelle. Par décision du 30 juin 2022, le directeur régional des finances publiques de la Martinique a refusé d'établir à l'acte de cession de la parcelle à leurs noms et a sollicité la production des actes de notoriétés établis après le décès de leurs grands-parents, afin de pouvoir établir un acte de cession au bénéfice de l'ensemble des héritiers et ayants-droits de ces derniers. Dans la présente instance, M. G, Mme G et Mme E demandent au tribunal administratif d'annuler cette dernière décision.

Sur la recevabilité de la requête :

2. L'article R. 421-1 du code de justice administrative dispose : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". L'article R. 421-5 du même code dispose : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. "

3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, à la suite du jugement de rejet du tribunal administratif du 17 mars 2022, M. G, Mme G et Mme E ont adressé aux services fiscaux chargés de la gestion du domaine, le 20 juin 2022, un courrier transmettant l'acte de notoriété établi après le décès de leur mère et ont également demandé à cette occasion à l'administration d'établir à leurs trois noms l'acte de cession de la parcelle cadastrée E116, située dans la zone des cinquante pas géométriques. Par l'acte attaqué du 30 juin 2022, le directeur régional des finances publiques de la Martinique, après avoir accusé réception de l'acte produit, a indiqué aux intéressés que leur dossier était toujours en attente des actes de notoriété de leurs deux grands-parents, auteurs de la construction sur la parcelle, et que l'acte de cession serait établi au nom de l'ensemble héritiers et ayants-droits de ces derniers. Ce faisant, le directeur régional des finances publiques de la Martinique a nécessairement rejeté la demande des requérants tendant à ce que l'acte de cession soit établi à leurs trois noms et décidé que celui-ci serait bénéficierait également à l'ensemble des héritiers et ayants-droits de leurs grands-parents, incluant ainsi un certain nombre de collatéraux des requérants parmi les bénéficiaires de la cession. Il s'ensuit que, contrairement à ce que soutient à tort l'administration en défense, l'acte attaqué du 30 juin 2022 présente le caractère d'un acte décisoire faisant grief à M. G, Mme G et Mme E. La fin de non-recevoir ainsi opposée n'est dès lors pas fondée. Elle doit, par suite, être écartée.

4. En second lieu, d'une part, il ressort des pièces du dossier que, concomitamment à la transmission de l'attestation du 21 mars 2018, la préposée du service de l'administration fiscale chargé de la gestion du domaine a également demandé aux requérants le même jour par courriel de transmettre, dans le cadre de l'instruction de la cession de la parcelle cadastrée E116, les actes de notoriété de leurs deux grands-parents, auteurs de la construction, ainsi que les pièces d'état civil de tous les héritiers et ayants-droits de ces derniers. Toutefois, ce courriel du 21 mars 2018 constitue une simple demande de pièces justificatives et ne comporte aucune décision sur l'identité des bénéficiaires de l'acte de cession de la parcelle à établir ni sur la demande des requérants tendant à ce que cet acte soit établi à leurs trois noms, laquelle demande n'a été formée que postérieurement, le 20 juin 2022, ainsi qu'il a été dit au point précédent. Il s'ensuit que le directeur régional des finances publiques n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée du 20 juin 2022 présenterait un caractère purement confirmatif d'une précédente décision contenue dans ce courriel du 21 mars 2018. D'autre part, la décision attaquée du 20 juin 2022 ne comportait aucune mention des voies et délais de recours contentieux, de sorte que, en application de l'article R. 421-5 cité au point 2. du code de justice administrative, le délai de recours contentieux de deux mois ne peut être opposé aux requérants. Il s'ensuit que l'administration n'est pas fondée à soutenir que la requête de M. G, Mme G et Mme E, qui a été formée avant l'expiration du délai raisonnable d'un an, serait tardive et irrecevable pour cette raison. La fin de non-recevoir ainsi opposée doit, par suite, être écartée.

Sur la légalité de la décision attaquée :

5. L'article L. 89-5 du code du domaine de l'Etat, repris à l'article L. 5112-6 du code général de la propriété des personnes publiques à compter de l'entrée en vigueur de l'ordonnance n° 2006-460 du 21 avril 2006, dispose : " Les terrains situés dans les espaces urbains et les secteurs occupés par une urbanisation diffuse, délimités conformément aux articles L. 5112-1 et L. 5112-2, peuvent être déclassés aux fins de cession à titre onéreux aux personnes ayant édifié ou fait édifier avant le 1er janvier 1995, ou à leurs ayants droit, des constructions à usage d'habitation qu'elles occupent à titre principal ou qu'elles donnent à bail en vue d'une occupation principale. / A défaut d'identification des personnes mentionnées à l'alinéa précédent, ces terrains peuvent être déclassés aux fins de cession à titre onéreux aux occupants de constructions affectées à leur habitation principale et édifiées avant le 1er janvier 1995. / Le prix de cession est déterminé d'après la valeur vénale du terrain nu à la date du dépôt de la demande de cession. Il est fixé selon les règles applicables à l'aliénation des immeubles du domaine privé () ". L'article R. 5112-25 du même code, reprenant les dispositions des anciens articles R. 165 et R. 169-2 du code du domaine de l'Etat applicables avant l'entrée en vigueur du décret n° 2014-930 du 19 août 2014, dispose : " Le directeur régional des finances publiques fixe le prix du terrain nu à la date du dépôt de la demande de cession. / Le préfet notifie au demandeur une offre de cession et l'invite à souscrire aux conditions de celle-ci. / L'offre est caduque à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la notification si l'occupant n'a pas souscrit, dans ce délai, aux conditions de celle-ci. Toutefois, si le demandeur a sollicité le bénéfice de l'aide exceptionnelle de l'Etat prévue à l'article 3 de la loi n° 96-1241 du 30 décembre 1996 relative à l'aménagement, la protection et la mise en valeur de la zone dite des cinquante pas géométriques dans les départements d'outre-mer, le délai de six mois ne commence à courir qu'à compter du jour de la notification par le préfet au demandeur du montant de l'aide susceptible d'être accordée ou du refus opposé à sa demande. Une copie de cette notification est adressée au directeur régional des finances publiques. / Le transfert de propriété ne peut avoir lieu qu'après l'entière exécution des conditions mises à la cession et après déclassement du terrain dans les conditions prévues à l'article R. 5111-1. " L'article R. 5111-1 du code général de la propriété des personnes publiques dispose : " Une dépendance du domaine public maritime comprise dans la zone définie à l'article L. 5111-1 ne peut être déclassée qu'en vue de son aliénation. / Le déclassement est prononcé par arrêté du préfet () / Le déclassement prend effet à la date du transfert de propriété. / L'acte opérant le transfert de propriété vise l'arrêté prévu au présent article. "

6. Si les dispositions citées au point précédent permettent au directeur régional des finances publiques, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de refuser d'établir l'acte de transfert de propriété au profit du bénéficiaire d'une offre de cession établie par le préfet en application de l'article L. 5112-6 du code général de la propriété des personnes publiques, lorsqu'une condition nécessaire au transfert de propriété n'est pas remplie, elles ne lui permettent toutefois pas de remettre en cause les éléments substantiels de l'offre de cession établie par le préfet.

7. Il ressort des pièces du dossier que la mère des requérants a occupé à compter de 1998 une parcelle, aujourd'hui cadastrée section E n° 116, située dans la zone des cinquante pas géométriques, au lieu-dit Grande Anse aux Anses d'Arlet, sur laquelle son père décédé avait fait construire une maison d'habitation. Elle a sollicité la cession de cette parcelle, en application de l'ancien article L. 89-5 du code du domaine de l'Etat, repris par la suite à l'article L. 5112-6 du code général de la propriété des personnes publiques à compter de l'entrée en vigueur de l'ordonnance n° 2006-460 du 21 avril 2006. A la suite de deux avis favorables des services de l'Etat des 24 décembre 2002 et 13 mai 2005, le préfet de la Martinique a réservé une suite favorable à cette demande et, par une décision du 9 juin 2008, a adressé à la pétitionnaire une offre de cession, établie à son seul bénéfice, prévoyant un prix de cession de 12 057 euros, lequel tient compte de l'aide exceptionnelle de 5 543 euros qui a été accordée à l'intéressée en application de la loi n° 96-1241 du 30 décembre 1996. Après un premier versement de 2 000 euros, l'intéressée a, compte-tenu de ses ressources modiques, obtenu le bénéfice d'un échéancier de paiement par mensualités de 150 euros, selon une décision du Trésorier-Payeur général de la Martinique du 20 novembre 2008. La pétitionnaire est toutefois décédée le 10 mars 2018 avant d'avoir pu régler l'intégralité du prix fixé par l'offre de cession. Les requérants, enfants héritiers de la pétitionnaire, ont alors sollicité auprès de l'administration la poursuite de la procédure de cession à leur profit. En réponse, le directeur régional des finances publiques de la Martinique a délivré, le 21 mars 2018, une attestation indiquant que la procédure d'acquisition au profit de leur mère était en cours et que celle-ci restait redevable d'une somme de 1 457 euros sur le prix de l'offre de cession du 9 juin 2008. Mme E a soldé le prix de la cession et la parcelle a été déclassée en vue de sa cession par un arrêté préfectoral du 21 août 2018. Par la décision attaquée du 30 juin 2022, le directeur régional des finances publiques de la Martinique a refusé d'établir l'acte de transfert de propriété de la parcelle aux noms des seuls requérants et a décidé que cet acte de cession bénéficierait également à l'ensemble des héritiers et ayants-droits de leurs deux grands-parents, auteurs de la construction.

8. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que la mère de M. G, Mme G et Mme E était seule bénéficiaire de l'offre de cession de la parcelle cadastrée E116, située dans la zone des cinquante pas géométriques, établie en application de l'article L. 5112-6 du code général de la propriété des personnes publiques par le préfet de la Martinique le 9 juin 2008. Il s'ensuit que, en refusant d'établir l'acte de transfert de propriété de la parcelle aux trois noms des requérants, lesquels constituent les seuls héritiers de la bénéficiaire de l'offre de cession ainsi qu'il ressort de l'acte de notoriété, et en décidant d'inclure également parmi les bénéficiaires de la cession l'ensemble des héritiers et ayants-droits des deux grands-parents des requérants, auteurs de la construction, le directeur régional des finances publiques de la Martinique a modifié l'identité de la bénéficiaire de l'offre de cession. Il a ce faisant remis en cause un élément substantiel de l'offre de cession établie par le préfet de la Martinique du 9 juin 2008 et commis à ce titre une erreur de droit. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être accueilli.

9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le dernier moyen soulevé par M. G, Mme G et Mme E, qu'il y a lieu d'annuler la décision attaquée du directeur régional des finances publiques de la Martinique du 30 juin 2022.

Sur les frais liés au litige :

10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. G, Mme G et Mme E et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La décision attaquée du directeur régional des finances publiques de la Martinique du 30 juin 2022 est annulée.

Article 2 : L'Etat versera à M. G, Mme G et Mme E une somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C G, premier dénommé pour l'ensemble des requérants, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Copie sera adressée pour information au préfet de la Martinique et au directeur régional des finances publiques de la Martinique.

Délibéré après l'audience du 18 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

M. Laso, président,

M. Phulpin, conseiller,

Mme Monnier-Besombes, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 janvier 2024.

Le rapporteur,

V. Phulpin

Le président,

J-M. LasoLa greffière,

M. B

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui les concernent ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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