lundi 27 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300027 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SOCIÉTÉ D'AVOCATS ALTANA |
Vu la procédure suivante :
Par une demande, enregistrée le 17 octobre 2022, la société Xerox financial services, représentée par la société d'avocats Advant Altana, demande au tribunal d'enjoindre au syndicat martiniquais de traitement et de valorisation des déchets (SMTVD) de prendre les mesures qu'implique l'exécution du jugement n° 1800740 du 18 juin 2020 par lequel le tribunal a condamné le SMTVD à verser la somme de 10 980,13 euros TTC à la société Xerox financial services au titre de diverses factures impayées, assortie des intérêts moratoires, et a mis à la charge du SMTVD la somme de 1 500 euros à verser à la société Xerox financial services au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'enregistrement de la présente demande.
Elle soutient que les factures du 10 février 2016, d'un montant de 5 110,35 euros, et du 20 juillet 2018, d'un montant de 271,25 euros, demeurent impayées par le SMTVD.
Par une ordonnance en date du 19 janvier 2023, la présidente du tribunal administratif a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.
La demande a été régulièrement communiquée au SMTVD, qui n'a pas produit de mémoire.
Par un courrier du 23 octobre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité de la demande d'exécution du jugement du 18 juin 2020 qui a condamné la personne publique au paiement d'une somme dont le montant est précisément déterminé, dès lors que l'article L. 911-9 du code de justice administrative permet à la société requérante d'obtenir le mandatement d'office de cette somme.
La société Xerox financial services a présenté des observations sur ce moyen, enregistrées le 6 novembre 2023.
Vu :
- le jugement n° 1800740 du 18 juin 2020 du tribunal administratif de la Martinique ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monnier-Besombes,
- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement n° 1800740 du 18 juin 2020, le tribunal administratif de la Martinique a condamné le SMTVD à verser une somme de 10 980,13 euros TTC à la société Xerox financial services au titre de factures impayées des 10 février 2016, 16 octobre 2017, 16 mars 2018, 20 mars 2018, 5 avril 2018, 16 avril 2018, 19 avril 2018, 7 mai 2018, 16 mai 2018, 21 mai 2018, 15 juin 2018, 15 juin 2018, 16 juin 2018, 19 juin 2018, 5 juillet 2018, 16 juillet 2018 et 20 juillet 2018, avec intérêts au taux légal calculés selon les modalités définies au point 5 du jugement. Par la présente requête, la société Xerox financial services demande au tribunal de prendre les mesures qu'implique l'exécution de ce jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'enregistrement de la présente demande.
2. Aux termes du II de l'article 1er de la loi du 16 juillet 1980 reproduit à l'article L. 911-9 du code de justice administrative : " Lorsqu'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée a condamné une collectivité locale ou un établissement public au paiement d'une somme d'argent dont le montant est fixé par la décision elle-même, cette somme doit être mandatée ou ordonnancée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de justice. A défaut de mandatement ou d'ordonnancement dans ce délai, le représentant de l'Etat dans le département ou l'autorité de tutelle procède au mandatement d'office () ". Il résulte de ces dispositions qu'alors même qu'une partie a la faculté de solliciter le mandatement d'office de la somme qu'une collectivité locale ou un établissement public a été condamné à lui payer et même dans l'hypothèse où elle n'aurait pas sollicité ce mandatement, elle est recevable, lorsque la décision juridictionnelle qui, selon elle, est inexécutée ne fixe pas précisément le montant de la somme due ou lorsque le calcul de celle-ci soulève une difficulté sérieuse à demander que soit ordonné, le cas échéant sous astreinte, le versement de la somme due.
3. La société requérante soutient sans être contestée que les factures du 10 février 2016, d'un montant de 5 110,35 euros, et du 20 juillet 2018, d'un montant de 271,25 euros, n'ont pas été réglées par le SMTVD. Toutefois, il résulte de l'instruction que le jugement du 18 juin 2020 détermine le montant de la somme due, tandis que, contrairement à ce que soutient la société requérante, le calcul des intérêts moratoires, dont les modalités ont été précisément définies au point 5 du jugement, ne soulève aucune difficulté sérieuse. Par suite, et dès lors que la disposition législative précitée permet à la société Xerox financial services, en cas d'inexécution du jugement précité, d'obtenir le mandatement d'office des sommes qui lui sont dues, la demande présentée par la société requérante aux fins d'exécution de ce jugement ne peut qu'être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La demande de la société Xerox financial services est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Xerox financial services et au syndicat martiniquais de traitement et de valorisation des déchets.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. de Palmaert, premier conseiller,
Mme Monnier-Besombes, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 novembre 2023.
La rapporteure,
A. Monnier-BesombesLe président,
J.-M. Laso
Le greffier,
J.-H. Minin
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2601124
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, donne acte du désistement du requérant concernant ses demandes d'annulation et d'injonction relatives à des titres de séjour. La juridiction rejette sa demande d'allocation d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administratif. Le litige principal est ainsi éteint par le désistement.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2603340
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi d'une demande visant à assurer l'exécution d'une précédente injonction et à obtenir une astreinte pour son inexécution. Le juge a constaté que la préfète de l'Isère n'avait pas renouvelé le récépissé de séjour de la requérante, malgré l'injonction antérieure, et que cette dernière avait ainsi subi un préjudice (licenciement). En conséquence, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, le tribunal a ordonné à la préfète de statuer expressément sur la demande de titre de séjour dans un délai d'un mois, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2506265
**Sujet principal** : Demande d'exécution d'une ordonnance de référé ayant suspendu un refus de titre de séjour et enjoint à l'administration de réexaminer la situation. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Nice (statuant par ordonnance). **Solution retenue** : Le juge constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution, car l'administration a pris une nouvelle décision (un refus de titre de séjour daté du 7 janvier 2026), ce qui a assuré l'exécution de l'ordonnance initiale. La demande est donc devenue sans objet. **Textes appliqués** : Articles R. 222-1 (3°) et L. 911-4 du code de justice administrative.
07/04/2026