LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2300043

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2300043

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2300043
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantBERTRAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 janvier 2023, et des mémoires complémentaires, enregistrés le 9 novembre 2023 et le 2 juillet 2024, M. C B, représenté par Me Bertrand, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la note de service n° 342/2022 du 19 août 2022, par laquelle le directeur du centre pénitentiaire de Ducos a déterminé l'affectation des officiers et gradés, au sein des différents secteurs de l'établissement, ainsi que la décision implicite de rejet résultant du silence gardé sur son recours gracieux exercé le 26 septembre 2022 ;

2°) d'annuler la note de service du 19 août 2022, par laquelle le directeur du centre pénitentiaire de Ducos a prononcé l'affectation de quatre agents sur les postes respectifs d'adjoint au responsable du centre de détention n° 1, de gradé au sein du centre de détention n° 1, de gradé au sein du service PCI et d'adjointe au responsable du service parloirs, ainsi que la décision implicite de rejet résultant du silence gardé sur son recours gracieux exercé le 26 septembre 2022 ;

3°) d'annuler la note de service n° 616/2022 du 24 novembre 2022, par laquelle le directeur du centre pénitentiaire de Ducos a déterminé l'affectation des officiers et gradés, au sein des différents secteurs de l'établissement, à compter du 1er décembre 2022 ;

4°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, de le réintégrer sur le poste d'adjoint au responsable du centre de détention n° 1 du centre pénitentiaire de Ducos, dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable, dès lors que les trois notes de service attaquées portent atteinte à ses droits et prérogatives, entraînent une perte de responsabilités et traduisent une discrimination, en raison de son appartenance syndicale, et ne peuvent ainsi être qualifiées de mesures d'ordre intérieur ;

- les trois notes de service attaquées sont entachées d'incompétence de leur auteur ;

- la note de service du 24 novembre 2022 ne précise pas la qualité de son auteur, en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- les trois notes de service attaquées méconnaissent le caractère exécutoire du jugement n° 2100309 - 2100310 du 7 avril 2022, et son droit à un recours effectif ;

- les trois notes de service attaquées méconnaissent son droit de recevoir une affectation conforme à son grade ;

- les trois notes de service attaquées sont entachées de détournement de pouvoir, et traduisent une discrimination, en raison de son appartenance syndicale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 octobre 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable, dès lors que les notes de service attaquées sont des mesures d'ordre intérieur, insusceptibles de faire grief au requérant ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par courrier du 3 septembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office, tirés, d'une part, de l'irrecevabilité des conclusions aux fins d'annulation dirigées contre les deux notes de service du 19 août 2022, ainsi que contre la décision implicite de rejet résultant du silence gardé sur le recours gracieux exercé par M. B le 26 septembre 2022, ces notes de service ayant disparu de l'ordonnancement juridique avant l'introduction de la requête, dès lors que la note de service du 24 novembre 2022 a, implicitement mais nécessairement, pour effet de les abroger et, d'autre part, du non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, celles-ci étant devenues dépourvues d'objet, du fait de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux n° 23BX00233 du 30 avril 2024.

M. B a présenté des observations sur ces moyens, le 16 septembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lancelot,

- les conclusions de Mme Monnier-Besombes, rapporteure publique désignée en application de l'article R. 222-24 du code de justice administrative,

- et les observations de Me Bertrand, avocat de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, major de l'administration pénitentiaire, a été affecté, à compter du 1er novembre 2017, sur le poste d'adjoint au responsable du centre de détention n° 1 du centre pénitentiaire de Ducos. Par un arrêté du 18 mars 2021, le garde des sceaux, ministre de la justice, a prononcé, à l'encontre de M. B, la sanction disciplinaire du déplacement d'office. En exécution de cette sanction, M. B a été affecté, par un arrêté du 24 mars 2021, en qualité d'agent de surveillance au pôle de surveillance électronique du service pénitentiaire d'insertion et de probation de Fort-de-France. Par un jugement n° 2100309 - 2100310 du 7 avril 2022, confirmé par un arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux n° 22BX01563 du 30 avril 2024, le présent tribunal a annulé l'arrêté du 18 mars 2021, prononçant le déplacement d'office, en raison du caractère disproportionné de cette sanction, ainsi que, par voie de conséquence, l'arrêté du 24 mars 2021, affectant M. B sur le poste d'agent de surveillance au pôle de surveillance électronique du service pénitentiaire de Fort-de-France. En dépit de ce jugement, M. B a été maintenu sur ce poste. Par deux notes de service du 19 août 2022, le directeur du centre pénitentiaire de Ducos a affecté, sur le poste d'adjoint au responsable du centre de détention n° 1, un autre agent. M. B a alors exercé auprès du directeur du centre pénitentiaire de Ducos, le 26 septembre 2022, un recours gracieux contre ces deux notes de service, et a demandé à être réaffecté sur le poste d'adjoint au responsable du centre de détention n° 1. En l'absence de réponse, ce recours gracieux a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Ensuite, par une nouvelle note de service du 24 novembre 2022, le directeur du centre pénitentiaire de Ducos a affecté encore un autre agent sur le poste d'adjoint au responsable du centre de détention n° 1. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler les deux notes de service du 19 août 2022, ainsi que la décision implicite de rejet résultant du silence gardé sur son recours gracieux, d'annuler la note de service du 24 novembre 2022, et d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, de le réintégrer sur le poste d'adjoint au responsable du centre de détention n° 1 du centre pénitentiaire de Ducos.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le garde des sceaux, ministre de la justice :

2. Les mesures prises à l'égard d'agents publics qui, compte tenu de leurs effets, ne peuvent être regardées comme leur faisant grief, constituent de simples mesures d'ordre intérieur insusceptibles de recours. Il en va ainsi des mesures qui, tout en modifiant leur affectation ou les tâches qu'ils ont à accomplir, ne portent pas atteinte aux droits et prérogatives qu'ils tiennent de leur statut ou à l'exercice de leurs droits et libertés fondamentaux, ni n'emportent de perte de responsabilités ou de rémunération. Il en va nécessairement de même des décisions refusant à un agent un changement d'affectation, dès lors que ces décisions ne portent pas atteinte à l'exercice de leurs droits et prérogatives, ni n'emportent de conséquences pécuniaires. Le recours contre de telles mesures, à moins qu'elles ne traduisent une discrimination ou une sanction, est irrecevable.

3. En affectant d'autres agents sur le poste d'adjoint au responsable du centre de détention n° 1, le directeur du centre pénitentiaire de Ducos a, implicitement mais nécessairement, entendu refuser de réaffecter M. B sur ce poste, en dépit du jugement n° 2100309 - 2100310 du 7 avril 2022, ayant annulé le déplacement d'office infligé à M. B. Ce refus de modifier l'affectation de M. B doit ainsi être regardé comme portant atteinte à ses droits et libertés fondamentaux et, en particulier, à son droit à un recours effectif. Au surplus, il est constant que le poste d'agent de surveillance au pôle de surveillance électronique du service pénitentiaire d'insertion et de probation de Fort-de-France, sur lequel M. B a été maintenu, ne comporte aucune mission d'encadrement. Dans ces conditions, contrairement à ce que fait valoir en défense le garde des sceaux, ministre de la justice, le refus de réaffecter M. B sur le poste d'adjoint au responsable du centre de détention n° 1, ne peut, eu égard à ses conséquences significatives, être regardé comme une simple mesure d'ordre intérieur, insusceptible de recours.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

4. L'annulation de la décision ayant illégalement muté un agent public oblige l'autorité compétente à replacer l'intéressé dans l'emploi qu'il occupait précédemment et à reprendre rétroactivement les mesures nécessaires pour le placer dans une position régulière à la date de sa mutation. Il ne peut être dérogé à cette obligation que dans les hypothèses où la réintégration est impossible, soit que cet emploi ait été supprimé ou substantiellement modifié, soit que l'intéressé ait renoncé aux droits qu'il tient de l'annulation prononcée par le juge ou qu'il n'ait plus la qualité d'agent public.

5. L'annulation de la sanction disciplinaire du déplacement d'office, infligée à M. B, impliquait que celui-ci soit réaffecté sur le poste d'adjoint au responsable du centre de détention n° 1. Compte tenu du caractère exécutoire du jugement n° 2100309 - 2100310 du 7 avril 2022, l'administration était tenue de procéder, de sa propre initiative, à cette réaffectation, et ce nonobstant la circonstance que le jugement était frappé d'appel. En outre, l'administration ne peut sérieusement faire valoir que la réaffectation de M. B sur ce poste était impossible, alors que, par les notes de service attaquées, elle a affecté d'autres agents sur ce poste, démontrant ainsi que le poste était vacant, et n'avait pas vocation à être supprimé ou substantiellement modifié. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir que le refus de le réaffecter sur le poste d'adjoint au responsable du centre de détention n° 1 méconnaît le caractère exécutoire du jugement n° 2100309 - 2100310 du 7 avril 2022.

6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que les deux notes de service du directeur du centre pénitentiaire de Ducos du 19 août 2022, ainsi que la décision implicite de rejet résultant du silence gardé sur le recours gracieux exercé par M. B le 26 septembre 2022, et la note de service du 24 novembre 2022 doivent être annulées, en tant qu'elles refusent de réaffecter M. B sur le poste d'adjoint au responsable du centre de détention n° 1.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

7. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, eu égard à ses motifs, que M. B soit réaffecté sur le poste d'adjoint au responsable du centre de détention n° 1 du centre pénitentiaire de Ducos. Cependant, par un arrêt n° 23BX00233 du 30 avril 2024, la cour administrative d'appel de Bordeaux, saisie d'une demande d'exécution du jugement n° 2100309 - 2100310 du 7 avril 2022, a déjà enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice, de réintégrer M. B sur ce poste, dans un délai de 3 mois à compter de la notification de cet arrêt, sous astreinte de 100 euros par jour de retard. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, présentées par M. B à l'appui de la présente requête, sont donc devenues sans objet, et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les deux notes de service du directeur du centre pénitentiaire de Ducos du 19 août 2022, ainsi que la décision implicite de rejet résultant du silence gardé sur le recours gracieux exercé par M. B le 26 septembre 2022, et la note de service du 24 novembre 2022 sont annulées, en tant qu'elles refusent de réaffecter M. B sur le poste d'adjoint au responsable du centre de détention n° 1 du centre pénitentiaire de Ducos.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, présentées par M. B.

Article 3 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Copie en sera adressée au directeur du centre pénitentiaire de Ducos.

Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Laso, président,

M. Lancelot, premier conseiller,

M. Phulpin, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.

Le rapporteur,

F. Lancelot

Le président,

J-M. LasoLa greffière,

M. A

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions