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AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2300055

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2300055

lundi 29 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2300055
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSELARL BERTE & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er février 2023, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 10 mai 2023 et 17 juillet 2023, Mme C D, représentée par Me Chalvin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le centre hospitalier universitaire de Martinique a rejeté sa demande datée du 3 novembre 2022 tendant à la reconstitution de sa carrière afin de réévaluer rétroactivement sa rémunération, au titre de la prise en compte de son ancienneté et de ses expériences antérieures, de lui accorder la prime annuelle et la prime de précarité de 10 %, ainsi que de lui appliquer les mesures induites par l'accord dit " B ", et de la faire bénéficier d'une évaluation et d'une notation annuelle ;

2°) d'annuler le contrat d'engagement qu'elle a conclu avec le centre hospitalier le 1er janvier 2023 ;

3°) d'annuler la fiche d'évaluation professionnelle établie le 20 juin 2023 ;

4°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Martinique à lui verser une indemnité de 10 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis ;

5°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire de Martinique de réévaluer rétroactivement sa rémunération et de lui attribuer un indice majoré au moins égal à 463, ainsi que de verser les compléments de rémunération, d'indemnités et de primes correspondants, à hauteur de 10 565,37 euros, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

6°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire de Martinique de lui accorder rétroactivement le complément de prime dite " B 2 " et de lui verser le complément de prime depuis cette date, à hauteur d'un montant de 1 845 euros cumulé au 31 janvier 2023 ;

7°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire de Martinique de procéder sans délai à son évaluation et à sa notation annuelle, par son chef de service ou par tout cadre de service ;

8°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire de Martinique de transformer son contrat d'engagement en contrat à durée indéterminée et de conclure à cet effet un nouveau contrat, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

9°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Martinique la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable puisqu'elle a été introduite dans le délai de deux mois suivant le rejet implicite de sa demande de reconstitution de carrière datée du 3 novembre 2022 ;

En ce qui concerne la fixation de son indice de rémunération :

- elle a été victime de discrimination au moment de son recrutement par le centre hospitalier universitaire de Martinique puisque son ancienneté et ses précédentes expériences professionnelles n'ont pas été prises en compte dans la fixation de son indice de rémunération ;

- cette situation est également de nature à caractériser l'existence d'agissements répétés constitutifs d'un harcèlement moral dont elle est victime et méconnait ainsi l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique ;

- le refus de reconstituer sa carrière et de réévaluer rétroactivement son indice de rémunération méconnait le principe d'égalité des rémunérations garanti par l'article 119 du Traité de Rome et la directive européenne 75/117/CEE ;

- le centre hospitalier universitaire de Martinique a commis une erreur manifeste d'appréciation dans la détermination de sa rémunération indiciaire puisqu'elle a perçu un traitement indiciaire brut de 1 760,56 euros, inférieur à celui d'une infirmière titulaire débutante ;

- compte-tenu de ses 4 ans d'ancienneté, elle pouvait bénéficier à compter du 1er octobre 2021 d'un indice de rémunération majoré de 463, en application du décret n° 2021-1256 du 29 septembre 2021 ;

En ce qui concerne la prime B 2 :

- elle pouvait bénéficier de la prime mensuelle dite B 2 prévue par le décret n° 2020-1152 d'un montant de 183 euros, réévalué à 186 euros à compter du mois de septembre 2022, laquelle est également versée aux agents hospitaliers contractuels ;

En ce qui concerne le contrat d'engagement du 1er janvier 2023 :

- le contrat d'engagement est entaché d'illégalité puisqu'il se fonde sur l'article 9-1 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 alors que ces dispositions ont été abrogées par l'ordonnance n° 2021-1574 du 24 novembre 2021 ;

- le recours répété à des contrats à durée déterminée présente un caractère abusif puisqu'elle ne remplace pas temporairement une infirmière absente, mais occupe depuis deux ans un emploi permanent au sein du service des urgences et réanimation ;

- ces illégalités impliquent la requalification de son contrat d'engagement en contrat à durée indéterminée, dans la mesure où elle occupe un emploi permanent au sein du pôle de réanimation SAMU/SMUR des urgences du centre hospitalier universitaire de Martinique ;

En ce qui concerne la fiche d'évaluation professionnelle du 20 juin 2023 :

- la fiche d'évaluation établie le 20 juin 2023 est illégale dès lors que la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 a remplacé la fiche d'appréciation par un document s'intitulant " entretien annuel d'évaluation " (EAE) et que l'entretien s'est déroulé sur la base d'un modèle obsolète ne reprenant pas l'ensemble des critères légaux d'appréciation de la valeur professionnelle des agents ;

- cette fiche d'évaluation a été contrefaite et falsifiée pour les besoins de la cause afin d'être transmise au tribunal dans la présente instance ;

- le compte-rendu d'entretien professionnel du 20 juin 2023 a été établi au terme d'une procédure irrégulière puisque sa supérieure hiérarchique directe et le responsable des ressources humaines ont formulé des observations après ses propres observations, et ont biffé et annoté une case importante pour le renouvellement de son contrat ;

- les critiques et reproches sur la qualité de son travail et la manière de servir ne sont pas justifiées ;

En ce qui concerne la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Martinique :

- les illégalités qui entachent les décisions portant fixation de sa rémunération, portant refus de réévaluer cette rémunération et lui refusant les primes et indemnités auxquelles elle avait droit sont constitutives de fautes de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Martinique ;

- la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Martinique est également engagée à raison des faits de harcèlement moral dont elle a été victime depuis son recrutement ;

- ces fautes ainsi que les faits de harcèlement moral dont elle a été victime sont à l'origine d'un préjudice financier ainsi que d'un préjudice moral qu'elle évalue à un montant de 10 000 euros, dont elle est fondée à demander l'indemnisation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2023, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 15 juin 2023, 21 juin 2023 et 4 août 2023, le centre hospitalier universitaire de Martinique, représenté par la Selarl Berte et Associés, agissant par l'intermédiaire de Me Cottrell, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'il soit mis à la charge de Mme D une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête est tardive dès lors que Mme D avait déjà adressé à sa hiérarchie le 28 juin 2022 une demande de reprise d'ancienneté, qui a donné lieu à une décision implicite de rejet ;

- les conclusions de la requérante tendant à ce que le tribunal lui enjoigne de conclure un nouveau contrat sont tardives dès lors qu'elles ont été présentées pour la première fois par la requérante à l'appui de son mémoire complémentaire du 10 mai 2023 ;

- les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.

En application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative, les pièces complémentaires de Mme D, enregistrées le 13 octobre 2023, n'ont pas été communiquées.

Par courrier du 7 décembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur deux moyens relevés d'office, tirés, d'une part, de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre le contrat de recrutement du 1er janvier 2023, Mme D ne justifiant d'aucun intérêt lui donnant qualité pour agir pour contester un tel acte qui constitue un acte créateur de droits à son profit et, d'autre part, tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires de la requête, en l'absence de toute décision prise par l'administration sur une demande indemnitaire préalable formée devant elle.

Mme D a présenté des observations sur ces moyens d'ordre public par un mémoire, qui a été enregistré le 14 décembre 2023.

Le centre hospitalier universitaire de Martinique a présenté des observations sur ces moyens d'ordre public par un mémoire, qui a été enregistré le 2 janvier 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, signé à Lisbonne le 13 décembre 2007 ;

- la directive 75/117/CEE du Conseil, du 10 février 1975, concernant le rapprochement des législations des États membres relatives à l'application du principe de l'égalité des rémunérations entre les travailleurs masculins et les travailleurs féminins ;

- le code général de la fonction publique ;

- loi n° 2019-828 du 6 août 2019 ;

- le décret n° 91-155 du 6 février 1991 ;

- le décret n° 2020-1152 du 19 septembre 2020 ;

- le décret n° 2021-1262 du 29 septembre 2021 ;

- l'arrêté interministériel du 19 mai 2016 relatif à l'échelonnement indiciaire applicable aux corps paramédicaux de la catégorie A de la fonction publique hospitalière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Phulpin,

- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,

- et les observations de Me Chalvin, avocate de Mme D.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C D, titulaire du diplôme d'Etat d'infirmier, a été recrutée par le centre hospitalier universitaire de Martinique à compter du 20 avril 2021, en qualité d'infirmière de premier grade contractuelle à temps plein, en vertu de contrats à durée déterminée successifs, et affectée au sein du pôle de réanimation, SAMU/SMUR et urgences. Par un courrier daté du 3 novembre 2022 resté sans réponse, elle a sollicité auprès de sa hiérarchie la reconstitution de sa carrière afin de réévaluer rétroactivement sa rémunération, au titre de la prise en compte de son ancienneté et de ses expériences antérieures, de lui accorder la prime annuelle et la prime de précarité de 10 %, ainsi que de lui appliquer les mesures induites par l'accord dit " B ", et de la faire bénéficier d'une évaluation et d'une notation annuelle. Dans la présente instance, Mme D demande au tribunal administratif, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler la décision implicite portant rejet de sa demande daté du 3 novembre 2022, ainsi que le contrat d'engagement signé avec le centre hospitalier universitaire de Martinique le 1er janvier 2023, et la fiche d'évaluation professionnelle établie le 20 juin 2023. Elle demande en outre à la juridiction d'enjoindre à l'établissement hospitalier, sous condition d'astreinte, de réévaluer rétroactivement sa rémunération et de lui verser les compléments de rémunération d'indemnités et de primes correspondants, à hauteur de 10 565,37 euros, de lui accorder rétroactivement le complément de prime dite " B 2 " et de lui verser le complément de prime depuis cette date, à hauteur d'un montant de 1 845 euros cumulé au 31 janvier 2023, ainsi que de procéder sans délai à son évaluation et à sa notation annuelle. Elle demande enfin au tribunal de condamner le centre hospitalier universitaire de Martinique à lui verser une indemnité de 10 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis.

Sur la recevabilité d'une partie des conclusions de la requête :

2. Mme D demande au tribunal d'annuler le contrat d'engagement à durée déterminée de trois mois qu'elle a conclu avec le centre hospitalier universitaire de Martinique le 1er janvier 2023. Toutefois, un tel contrat de recrutement, qui ne présente aucun caractère fictif ou frauduleux, crée des droits au profit de l'agente contractuelle. Il s'ensuit que, compte-tenu du caractère créateur de droit d'un tel acte, Mme D ne justifie d'aucun intérêt lui donnant qualité pour agir dans la présente instance afin d'en demander l'annulation. Les conclusions à fin d'annulation dirigées contre le contrat de recrutement conclu le 1er janvier 2023 sont dès lors irrecevables. Elles doivent, par suite être rejetées.

3. Dans l'hypothèse où elle estimerait remplir les conditions pour bénéficier d'un contrat de recrutement à durée indéterminée ou que son contrat de recrutement à durée déterminée méconnaîtrait une disposition législative ou réglementaire applicable à la catégorie d'agents dont elle relève, il appartiendra à Mme D de solliciter auprès du centre hospitalier universitaire de Martinique la transformation ou la régularisation de son contrat de recrutement et, en cas de refus, de contester, si elle s'y croit recevable et fondée, la légalité de cette décision défavorable devant le tribunal administratif.

Sur la légalité de la décision attaquée portant refus de reconstitution de carrière :

4. Par un courrier daté du 3 novembre 2022 et effectivement reçu par l'administration le 16 novembre 2022, Mme D a sollicité auprès du centre hospitalier universitaire de Martinique la reconstitution de sa carrière afin, notamment, de réévaluer rétroactivement sa rémunération, au titre de la prise en compte de son ancienneté et de ses expériences antérieures, et de lui appliquer la prime dite " B 2 " instituée par le décret n° 2020-1152 du 19 septembre 2020. Dans la présente instance, Mme D demande l'annulation de la décision implicite par laquelle le centre hospitalier universitaire de Martinique a rejeté sa demande de reconstitution de carrière.

En ce qui concerne la fixation de la rémunération :

5. En premier lieu, l'article 1-2 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière dispose : " Le montant de la rémunération est fixé par l'autorité administrative, en prenant en compte, notamment, les fonctions occupées, la qualification requise pour leur exercice, la qualification détenue par l'agent ainsi que son expérience () ". Si, en l'absence de dispositions législatives ou réglementaires relatives à la fixation de la rémunération des agents non titulaires, l'autorité compétente dispose d'une large marge d'appréciation pour déterminer, en tenant compte notamment des fonctions confiées à l'agent et de la qualification requise pour les exercer, le montant de la rémunération ainsi que son évolution, il appartient au juge, saisi d'une contestation en ce sens, de vérifier qu'en fixant ce montant l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.

6. Il ressort des pièces du dossier que Mme D a été recrutée par le centre hospitalier universitaire de Martinique à compter du 20 avril 2021, en qualité d'infirmière contractuelle de premier grade, et affectée au sein du pôle de réanimation, SAMU/SMUR et urgences. Elle a exercé successivement ses fonctions d'infirmière de premier grade au sein pôle de compensation de la réanimation, puis du service de réanimation polyvalente à compter du mois de mai 2022. Elle a bénéficié depuis son recrutement d'une rémunération indiciaire calculée sur la base d'un indice brut de 379, soit un indice majoré de 349, puis, à compter du 1er septembre 2022, d'une rémunération indiciaire calculée sur la base d'un indice brut de 400, soit un indice majoré de 363, qui correspondent respectivement aux montants des traitements des 1e et 2e échelons du premier grade de la grille indiciaire applicables aux fonctionnaires du corps des infirmiers en soins généraux et spécialisés avant le 1er janvier 2016. La requérante a également bénéficié de plusieurs compléments de rémunérations, en particulier, d'une majoration au titre de la vie-chère en outre-mer et de primes d'exercice, de sorte que les rémunérations totales qu'elle a perçues étaient supérieures au montant du traitement indiciaire du premier grade des fonctionnaires du corps des infirmiers en soins généraux et spécialisés résultant de la grille indiciaire revalorisée par l'arrêté interministériel du 19 mai 2016 et le décret du 29 septembre 2021. Dans ces conditions, compte-tenu des fonctions ainsi exercées par la requérante, et malgré la circonstance que celle-ci justifiait antérieurement à son recrutement de deux années d'expérience en qualité d'aide-soignante en clinique privée et de plus de deux ans d'expérience en cumulé en qualité d'infirmière, en clinique privée et dans le secteur public, Mme D n'est pas fondée à soutenir que le montant de ses rémunérations serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être écarté.

7. En deuxième lieu, l'article 131-1 du code général de la fonction publique dispose : " Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les agents publics en raison de leurs opinions politiques, syndicales, philosophiques ou religieuses, de leur origine, de leur orientation sexuelle ou identité de genre, de leur âge, de leur patronyme, de leur situation de famille ou de grossesse, de leur état de santé, de leur apparence physique, de leur handicap, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race, sous réserve des dispositions des articles L. 131-5, L. 131-6 et L. 131-7. "

8. De manière générale, il appartient au juge administratif, dans la conduite de la procédure inquisitoire, de demander aux parties de lui fournir tous les éléments d'appréciation de nature à établir sa conviction. Cette responsabilité doit, dès lors qu'il est soutenu qu'une mesure a pu être empreinte de discrimination, s'exercer en tenant compte des difficultés propres à l'administration de la preuve en ce domaine et des exigences qui s'attachent aux principes à valeur constitutionnelle des droits de la défense et de l'égalité de traitement des personnes. S'il appartient au requérant qui s'estime lésé par une telle mesure de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer une atteinte à ce dernier principe, il incombe au défendeur de produire tous ceux permettant d'établir que la décision attaquée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si la décision contestée devant lui a été ou non prise pour des motifs entachés de discrimination, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

9. En l'espèce, pour tenter de caractériser une discrimination dont elle estime avoir été victime, Mme D fait valoir que son ancienneté et ses précédentes expériences professionnelles n'ont pas été prises en compte dans la fixation de son indice de rémunération. Toutefois, d'une part, les agents contractuels et les fonctionnaires titulaires ne se trouvent pas dans la même situation juridique au regard du service public, de sorte que l'administration n'est pas tenue de soumettre les uns et les autres à la même réglementation, notamment en ce qui concerne les modalités de leur rémunération. D'autre part, le centre hospitalier universitaire de Martinique établit en défense que les autres infirmiers contractuels de premier grade qu'il a recrutés perçoivent une rémunération identique à celle dont bénéficiait la requérante au moment de son recrutement. Dans ces conditions, eu égard à l'ensemble de ces éléments, les décisions du centre hospitalier universitaire de Martinique fixant le montant des rémunérations de la requérante ne peuvent être regardées comme empreintes de discrimination. Le moyen ainsi soulevé par Mme D n'est dès lors pas fondé. Il doit, par suite, être écarté.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article 119 du Traité de Rome instituant la Communauté économique européenne, devenu l'article 157 du Traité de Lisbonne sur le fonctionnement de l'Union européenne : " 1. Chaque Etat membre assure l'application du principe de l'égalité des rémunérations entre travailleurs masculins et travailleurs féminins pour un même travail ou un travail de même valeur. / 2. Aux fins du présent article, on entend par rémunération, le salaire ou traitement ordinaire de base ou minimum, et tous autres avantages payés directement ou indirectement, en espèces ou en nature, par l'employeur au travailleur en raison de l'emploi de ce dernier. / L'égalité de rémunération, sans discrimination fondée sur le sexe, implique : / a) que la rémunération accordée pour un même travail payé à la tâche soit établie sur la base d'une même unité de mesure ; / b) que la rémunération accordée pour un travail payé au temps soit la même pour un même poste de travail. / () 4. Pour assurer concrètement une pleine égalité entre hommes et femmes dans la vie professionnelle, le principe de l'égalité de traitement n'empêche pas un État membre de maintenir ou d'adopter des mesures prévoyant des avantages spécifiques destinés à faciliter l'exercice d'une activité professionnelle par le sexe sous-représenté ou à prévenir ou compenser des désavantages dans la carrière professionnelle. "

11. En l'espèce, Mme D soutient que la décision attaquée, en tant qu'elle refuse de réévaluer ses rémunérations et de procéder à ce titre à la reconstitution de sa carrière, méconnait les stipulations internationales citées au point précédent, relatives à l'égalité entre les travailleurs masculins et les travailleuses féminines. Toutefois, la requérante n'invoque aucune discrimination fondée sur le sexe dont elle aurait été la victime. Le moyen n'est dès lors pas fondé. Il doit, par suite, être écarté.

12. En quatrième lieu, si Mme D invoque la méconnaissance des dispositions de la directive 75/117/CEE du Conseil, du 10 février 1975, concernant le rapprochement des législations des États membres relatives à l'application du principe de l'égalité des rémunérations entre les travailleurs masculins et les travailleurs féminins, elle ne précise toutefois pas quelle disposition de cette directive européenne aurait, selon elle, été méconnue par la décision attaquée rejetant sa demande de reconstitution de carrière. Le moyen ainsi soulevé n'est dès lors pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Il doit, par suite, être écarté à ce titre.

13. En cinquième lieu, l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique dispose : " Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. "

14. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

15. En l'espèce, pour tenter de démontrer les faits de harcèlement moral dont elle estime avoir été victime, Mme D se prévaut de ce qu'elle a fait l'objet depuis son recrutement de rémunérations entachées d'illégalité ne tenant compte de son ancienneté, ni de ses qualifications et de ses précédentes expériences. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le centre hospitalier universitaire de Martinique n'a commis aucune illégalité dans la fixation du montant des rémunérations de l'intéressée, de sorte que les agissements ainsi dénoncés sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique n'est dès lors pas fondé. Il doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne le versement du complément de traitement indiciaire :

16. L'article 1er du décret du 19 septembre 2020 relatif au versement d'un complément de traitement indiciaire à certains agents publics dispose, dans sa version applicable au litige : " Un complément de traitement indiciaire est instauré pour les fonctionnaires exerçant leurs fonctions au sein : / 1° des établissements publics de santé, à l'exception des structures mentionnées à l'article L. 6111-3 du code de la santé publique ; / () Une indemnité équivalente au complément de traitement indiciaire est également versée aux agents contractuels de droit public relevant du décret du 6 février 1991 susvisé, exerçant leurs fonctions dans les établissements mentionnés aux alinéas précédents. Son montant est équivalent à celui du complément de traitement indiciaire, après déduction des cotisations salariales et des prélèvements sociaux. " L'article 7 du même décret dispose, dans sa version applicable au litige : " Le montant du complément de traitement indiciaire prévu aux articles 1er () est fixé comme suit : / () 49 points d'indice majoré au 1er décembre 2020. / Le montant brut de l'indemnité équivalente au complément de traitement indiciaire versée aux personnels contractuels () est défini par référence à la valeur du point d'indice. Il suit son évolution. "

17. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des tableaux récapitulant l'historique des paiements effectués au profit de la requérante, que l'intéressée a effectivement perçu le complément de traitement indiciaire prévu par l'article 1er du décret du 19 septembre 2020 pour des montants bruts de 229,52 euros jusqu'au mois de juillet 2022, puis de 237,65 euros à compter du mois d'août 2022. La requérante ne conteste pas le calcul des montants ainsi versés par le centre hospitalier universitaire de Martinique, qui sont au demeurant supérieurs aux montants dont se prévaut l'intéressée dans ses écritures. Dans ces conditions, le moyen de Mme D tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent du décret du 19 septembre 2020 n'est pas fondé. Il doit, par suite, être écarté.

18. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à contester la légalité de la décision par laquelle le centre hospitalier universitaire de Martinique a implicitement rejeté sa demande de reconstitution de carrière datée du 3 novembre 2022. Les conclusions de Mme D tendant à l'annulation de cette décision doivent, par suite, être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le centre hospitalier universitaire de Martinique.

Sur la légalité de la fiche d'évaluation du 20 juin 2023 :

19. L'article 1-3 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction hospitalière dispose : " I.-Les agents recrutés pour faire face à un besoin permanent par contrat à durée indéterminée ou par contrat à durée déterminée supérieure à un an bénéficient chaque année d'un entretien professionnel qui donne lieu à compte rendu. / Cet entretien est conduit par le supérieur hiérarchique direct. / () Cet entretien porte principalement sur les points suivants : / 1° Les résultats professionnels obtenus par l'agent eu égard aux objectifs qui lui ont été assignés et aux conditions d'organisation et de fonctionnement du service dont il relève ; / 2° Les objectifs assignés à l'agent pour l'année à venir et les perspectives d'amélioration de ses résultats professionnels, compte tenu, le cas échéant, des perspectives d'évolution des conditions d'organisation et de fonctionnement du service ; / 3° La manière de servir de l'agent ; / 4° Les acquis de son expérience professionnelle ; / 5° Le cas échéant, les capacités d'encadrement de l'agent ; / 6° Les besoins de formation de l'agent en regard notamment aux missions qui lui sont imparties, aux compétences qu'il doit acquérir et à son projet professionnel ; / 7° Ses perspectives d'évolution professionnelle et notamment ses projets de préparation aux concours d'accès aux corps et cadres d'emplois de la fonction publique. / II.-Le compte rendu est établi et signé par le supérieur hiérarchique direct de l'agent. Il comporte une appréciation générale exprimant la valeur professionnelle de l'agent. / Il est communiqué à l'agent qui le complète le cas échéant de ses observations. / Il est visé par l'autorité investie du pouvoir de nomination qui peut formuler si elle l'estime utile, ses propres observations. Le compte rendu est notifié à l'agent qui le signe pour attester qu'il en a pris connaissance puis le retourne à l'autorité investie du pouvoir de nomination qui le verse à son dossier. / () IV.-Les modalités d'organisation de l'entretien professionnel, les critères à partir desquels la valeur professionnelle des agents est appréciée au terme de cet entretien ainsi que le contenu du compte rendu sont fixés par décision de l'autorité investie du pouvoir de nomination après avis du comité social d'établissement. Cette décision fixe le cas échéant les thèmes autres que ceux mentionnés au I sur lesquels peut porter l'entretien professionnel. "

20. En premier lieu, Mme D soutient que la fiche d'évaluation datée du 20 juin 2023 qui a été établie à la suite de son entretien professionnel du 26 mai 2023 et qui est produite à l'instance par le centre hospitalier universitaire de Martinique a été falsifiée et contrefaite. Toutefois, la requérante produit elle-même au dossier la fiche d'évaluation remplie par sa supérieure hiérarchique direct qui lui a été transmise à l'issue de l'entretien professionnel et sur laquelle elle a présenté ses observations écrites. Ce document est rigoureusement identique à la fiche d'évaluation produite par l'administration, à l'exception du visa et de l'observation de l'autorité investie du pouvoir de nomination formulée en application du II. de l'article 1-3 cité précédemment du décret du 6 février 1991, ainsi que de la mention " A refusé de signer " figurant à l'emplacement dédié à recueillir la signature de l'agente à la suite du visa de l'autorité investie du pouvoir de nomination. L'administration soutient en outre que Mme D a refusé de signer la version définitive du compte-rendu d'évaluation après avoir pris connaissance de l'observation de l'autorité de nomination qui envisageait un renouvellement sur la base d'un contrat à durée déterminée d'une durée de 3 à 6 mois, et non plus sur la base d'un contrat à durée indéterminée comme cela avait été évoqué lors de l'entretien professionnel. Cette circonstance est corroborée par les mentions manuscrites figurant de la fiche d'évaluation datée du 20 juin 2023 et n'est pas sérieusement contredite par la requérante. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que ladite fiche d'évaluation aurait été contrefaite et falsifiée n'est pas fondé. Il doit, par suite, être écarté.

21. En deuxième lieu, Mme D reproche à l'autorité investie du pouvoir de nomination d'avoir formulé une observation, à la suite de ses propres observations, afin de substituer à la mention manuscrite " indéterminée ", remplie par son supérieur hiérarchique direct dans l'emplacement dédié à renseigner la durée du renouvellement envisagé, la mention " 3 à 6 mois qui permettrait de réévaluer l'agent ". Toutefois, la possibilité pour l'autorité investie du pouvoir de nomination de formuler des observations à la suite des propres observations de l'agent, avant que la version définitive du compte-rendu ne soit transmise à l'agent pour signature, est prévue par les dispositions citées précédemment au point 19. du II. de l'article 1-3 du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction hospitalière. Il s'ensuit que le moyen de vice de procédure ainsi soulevé n'est pas fondé. Il doit, par suite, être écarté.

22. En troisième lieu, d'une part, la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique n'a pas modifié, contrairement à ce que soutient la requérante, la procédure d'évaluation des agents contractuels de la fonction publique hospitalière, qui sont définies par les dispositions citées précédemment au point 19. du décret du 6 février 1991. D'autre part, Mme D n'apporte en outre aucun élément au dossier de nature à démontrer que le modèle de fiche d'évaluation utilisé pour dresser le compte-rendu de l'entretien professionnel du 26 mai 2023 ne correspondrait pas au contenu fixé par décision de l'autorité investie du pouvoir de nomination en application du IV. de l'article 1-3 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction hospitalière. Enfin, il ressort du compte-rendu d'évaluation litigieux que l'entretien professionnel a porté sur l'ensemble des points listés à l'article 1-3 cités précédemment du décret du 6 février 1991, à l'exception des besoins de formation de l'agent. Toutefois, cette circonstance est sans influence sur l'appréciation portée quant à la valeur professionnelle de Mme D, les besoins de formation de l'agente ne faisant pas partie des critères à partir desquels sa valeur professionnelle est appréciée au terme de l'entretien professionnel. Le moyen tiré de ce que le compte-rendu d'entretien aurait été établi sur la base d'un formulaire obsolète ne reprenant pas l'ensemble des critères légaux d'appréciation de la valeur professionnelle des agents n'est dès lors pas fondé. Il doit, par suite, être écarté.

23. En quatrième lieu, d'une part, il ressort de la fiche d'évaluation du 20 juin 2023 que le supérieur hiérarchique direct de la Mme D a estimé que celle-ci, au cours de l'année 2022, avait partiellement atteint les deux objectifs qui lui avait été assignés tenant à ce qu'elle assure les prises en charge avec qualité et sécurité et à ce qu'elle collabore efficacement dans l'équipe. S'il est constant que la requérante n'avait fait l'objet d'aucun entretien professionnel au titre de l'année 2021, l'intéressée, qui n'a notamment formulé aucune observation remettant en cause la réalité des deux objectifs mentionnés dans le projet de compte-rendu lorsque celui-ci lui a été transmis par son supérieur hiérarchique direct, ne saurait toutefois sérieusement contester que sa hiérarchie ne lui aurait pas assigné, notamment lors des différentes réunions d'équipe, les deux objectifs à caractère général en cause, visant à assurer les prises en charge avec qualité et sécurité et à collaborer efficacement dans l'équipe. D'autre part, il ressort des informations renseignées sur la fiche d'évaluation du 20 juin 2023 par le supérieur hiérarchique direct de Mme D, tant dans les encadrés dédiés aux différents items de compétences et savoir-être que dans le cadre dédié à l'appréciation générale de l'agente, que l'intéressée a acquis les compétences requises pour l'exercice des fonctions d'infirmière en réanimation polyvalente, mais doit poursuivre le développement des connaissances et acquisitions pour améliorer encore sa pratique, et qu'elle a connu quelques difficultés relationnelles avec certains membres de l'équipe. La requérante, qui se borne à contester en des termes généraux le bien-fondé des appréciations ainsi portées par sa hiérarchie, sans produire aucun document ni se prévaloir d'éléments contextuels relatif à l'exercice de ses missions au cours de l'année 2022, n'apporte au dossier aucun élément de nature à remettre en cause l'appréciation ainsi apportée par sa hiérarchie, alors même qu'elle a elle-même reconnu des difficultés relationnelles avec certains agents dans les observations écrites qu'elle a formulées sur le compte-rendu de l'entretien professionnel. Dans ces conditions, Mme D n'est pas fondé à soutenir que la fiche d'évaluation litigieuse serait fondée sur des faits matériellement inexactes, ni qu'elle serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation. Les moyens ainsi soulevés doivent, par suite, être écartés.

24. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à contester la légalité de la fiche d'évaluation litigieuse du 20 juin 2023. Les conclusions de Mme D tendant à son annulation doivent, par suite, être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

25. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que les décisions portant fixation de la rémunération de la requérante et refusant de réévaluer cette rémunération ne sont pas entachées d'illégalité. Il s'ensuit que Mme D n'est pas fondée à soutenir que le centre hospitalier universitaire de Martinique aurait commis des illégalités fautives de nature à engager sa responsabilité à son égard en édictant de telles décisions.

26. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment au point 15. que les faits de harcèlement moral dont se prévaut la requérante ne sont pas caractérisés. Il s'ensuit que Mme D n'est pas fondée à soutenir que la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Martinique devrait être engagée à son encontre à raison de tels faits de harcèlement moral.

27. Il résulte ce qui précède que, en l'absence tout fait de harcèlement moral et de toute faute commise par le centre hospitalier universitaire de Martinique, les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres conditions d'engagement de responsabilité de la puissance publique tenant à l'existence d'un préjudice et d'un lien de causalité.

Sur les injonctions :

28. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de Mme D, n'implique aucune mesure d'exécution particulière. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le centre hospitalier universitaire de Martinique.

Sur les frais liés au litige :

29. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier universitaire de Martinique, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme D au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme D la somme demandée par le centre hospitalier universitaire de Martinique au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier universitaire de Martinique présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et au centre hospitalier universitaire de Martinique.

Délibéré après l'audience du 18 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

M. Laso, président,

M. Phulpin, conseiller,

Mme Monnier-Besombes, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 janvier 2024.

Le rapporteur,

V. Phulpin

Le président,

J-M. LasoLa greffière,

M. A

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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