jeudi 9 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300073 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | COULIBALY ALBAN ALEXANDRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 février 2023, M. B A, représenté par Me Coulibaly, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 février 2023 du préfet de la Martinique, portant " refus de séjour ", obligation de quitter le territoire français sans délai, et interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans, et d'annuler la décision du même jour fixant le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Martinique de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant du " refus de séjour " :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision est illégale, par voie de conséquence de l'illégalité du " refus de séjour " ;
- la décision est entachée d'erreur de droit, dès lors qu'il est éligible de plein droit à un titre de séjour ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant du refus de délai de départ volontaire :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- les circonstances de notification de la décision sont irrégulières ;
- la décision est entachée d'erreur d'appréciation, dès lors qu'il n'existe aucun risque qu'il se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision est entachée d'erreur d'appréciation, dès lors qu'il est exposé à des traitements inhumains ou dégradants, en cas de retour dans son pays d'origine ;
S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
* la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
* le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
* le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Lancelot, premier conseiller, en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, de nationalité haïtienne, né le 22 janvier 1976, est entré sur le territoire français, selon ses déclarations, le 18 août 2019. Il a présenté une demande d'asile, qui a été rejetée le 14 février 2020 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, puis le 19 août 2020 par la Cour nationale du droit d'asile. Il s'est cependant maintenu sur le territoire français, et a sollicité le réexamen de sa demande d'asile, laquelle a, à nouveau, été rejetée, le 16 avril 2021, par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. M. A a alors sollicité un titre de séjour, en raison de son état de santé. Cette demande de titre de séjour a été rejetée et, par un arrêté du 20 décembre 2021, le préfet de la Martinique a obligé M. A à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français, pendant une durée de deux ans. Cette obligation de quitter le territoire français n'a cependant pas été exécutée. M. A s'est ainsi maintenu sur le territoire français et a été interpellé, le 6 février 2023, aux fins de vérification de son droit de circulation et de séjour sur le territoire français. Par un arrêté du 6 février 2023, le préfet de la Martinique a obligé M. A à quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour, pendant une durée de trois ans. Par une décision du même jour, le préfet de la Martinique a fixé le pays de renvoi. Enfin, par une décision du même jour, le préfet de la Martinique a placé M. A en rétention administrative, dans l'attente de l'exécution de la mesure d'éloignement. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler le " refus de séjour ", l'arrêté du 6 février 2023 portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans, et la décision fixant le pays de renvoi, et d'enjoindre au préfet de la Martinique de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation.
2. Aux termes de l'article R. 776-15 du code de justice administrative, relatif au contentieux des obligations de quitter le territoire français en cas de placement en rétention ou d'assignation à résidence : " Les jugements sont rendus, sans conclusions du rapporteur public, par le président du tribunal ou le magistrat qu'il désigne à cet effet. Les attributions dévolues par les dispositions réglementaires du présent code à la formation de jugement ou à son président sont exercées par ce magistrat. Il peut, par ordonnance : [] 4° Rejeter les recours entachés d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance ".
Sur les conclusions aux fins d'annulation du " refus de séjour " :
3. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier, et n'est d'ailleurs pas allégué, que M. A aurait présenté une quelconque demande de titre de séjour, que l'arrêté du 6 février 2023, portant obligation de quitter le territoire français, aurait pour effet de rejeter. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'annulation du " refus de séjour ", dirigées contre une décision inexistante, sont entachées d'une irrecevabilité manifeste, insusceptible d'être couverte en cours d'instance.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français sans délai, de l'interdiction de retour sur le territoire français et de la décision fixant le pays de renvoi :
4. Aux termes de l'article L. 614-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'une décision portant obligation de quitter le territoire français est notifiée avec [] une décision de placement en rétention prise en application de l'article L. 741-1, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de ces mesures ".
5. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans, ainsi que la décision fixant le pays de renvoi, ont été notifiées à M. A le 6 février 2023, à 17h50, en même temps que la décision prononçant son placement en rétention administrative. Ces décisions faisaient mention des voies et délais de recours, et ont été notifiées à M. A en présence d'un interprète en langue créole, en mesure de l'informer de ses droits. La requête de M. A n'a été déposée physiquement au greffe du tribunal, par son conseil, que le 9 février 2023, à 11h00, puis régularisée par Telerecours, le même jour, à 13h15. Cette requête a donc été présentée au-delà du délai de quarante-huit heures, prévu par les dispositions précitées. Elle est ainsi entachée d'une irrecevabilité manifeste, insusceptible d'être couverte en cours d'instance.
6. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A, par application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 776-15 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, et les conclusions, au demeurant non chiffrées, présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet de la Martinique.
Fait à Schoelcher, le 9 février 2023.
Le magistrat désigné,
F. Lancelot
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2300073
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026