LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2300079

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2300079

vendredi 21 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2300079
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge Unique
Avocat requérantSAE GÉRALD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 février 2023, M. A B, représenté par Me Sae, demande au tribunal d'annuler la décision du 31 janvier 2023 par laquelle le préfet de la Martinique a refusé de lui délivrer une attestation de demande d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de départ volontaire de trente jours pour rejoindre le pays dont il a la nationalité ou tout pays dans lequel il est légalement admissible, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français, pendant une durée d'un an.

Il soutient que :

- la décision attaquée méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales puisqu'il vit en Martinique avec son épouse, bénéficiaire d'un titre de séjour au titre du droit d'asile, et leur fille, née en 2020 ;

- elle méconnait également l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La procédure a été régulièrement communiquée au préfet de la Martinique, qui n'a produit aucune observation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Phulpin, conseiller, pour statuer sur les mesures d'éloignement relevant de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Minin, greffier d'audience, a été entendu le rapport de M. C.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique, à 10 heures 00.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant haïtien né le 10 août 1986, a déclaré être entré en France le 18 novembre 2018. Il a sollicité le bénéfice de l'asile, qui lui a été refusé par une décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides du 30 avril 2019, qui a été confirmée par une décision de la cour nationale du droit d'asile en date du 10 mars 2020. Sa première demande de réexamen présentée au titre de l'asile le 7 janvier 2020 a été rejetée par une nouvelle décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 10 janvier 2020, que l'intéressé n'a pas contesté devant la cour nationale du droit d'asile. L'intéressé s'est toutefois maintenu sur le territoire français et a sollicité à nouveau le réexamen de sa demande d'asile le 31 janvier 2023. Le jour même, le préfet de la Martinique a pris à son encontre une décision lui refusant la délivrance d'une attestation de demande d'asile, l'obligeant à quitter le territoire français, sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans le délai de départ volontaire de trente jours pour rejoindre le pays dont il a la nationalité ou tout pays dans lequel il est légalement admissible, et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français, pendant une durée d'un an. Dans la présente instance, M. B demande au tribunal d'annuler cette décision préfectorale du 31 janvier 2023.

2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

3. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des deux actes d'état civil, que M. B a épousé le 7 janvier 2021 une ressortissante haïtienne, titulaire depuis le 9 août 2020 d'un titre de séjour d'une durée de dix ans qui lui a été délivré en qualité de réfugiée. Il vit depuis lors à une adresse située à Fort-de-France avec son épouse et avec leur fille prénommée Rebecca, née le 23 février 2020, qu'il a reconnue devant l'officier d'état civil le 30 juin 2020, et qui est scolarisée en toute petite section maternelle depuis la rentrée de septembre 2022. Dans ces conditions, quand bien même il n'est entré en France qu'en 2018, alors âgé de 32 ans et qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales en Haïti, M. B doit être regardé comme ayant en France le centre de ses intérêts privés et familiaux. Il s'ensuit que le requérant est fondé à soutenir que le préfet de la Martinique a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris les décisions attaquées. Le moyen unique soulevé sur ce point doit, par suite, être accueilli.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le dernier moyen soulevé par le requérant, qu'il y a lieu d'annuler la décision attaquée du 31 janvier 2023 par laquelle le préfet de la Martinique a refusé à M. B la délivrance d'une attestation de demande d'asile, a pris à son encontre une mesure d'obligation de quitter le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français.

D E C I D E :

Article 1er : La décision attaquée du préfet de la Martinique du 31 janvier 2023 portant refus de délivrance d'une attestation de demande d'asile, portant obligation de quitter le territoire français, portant fixation du pays de destination et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français est annulée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Martinique.

Copie sera adressée à la procureure de la République près du tribunal judiciaire de Fort-de-France, en application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 21 avril 2023.

Le magistrat désigné,

V. C Le greffier,

J-H. Minin

La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions