LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2300090

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2300090

jeudi 6 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2300090
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantLEWIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une protestation, enregistrée le 15 février 2023, et un mémoire, enregistré le 15 avril 2023, la Chambre syndicale CGTM des collectivités territoriales de la Martinique (CSCTM-CGTM) et le syndicat Confédération générale du travail de la Martinique (CGTM), représentés par Me Lewis, doivent être regardés comme demandant au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler les opérations électorales qui se sont déroulées le 8 décembre 2022 pour l'élection des représentants du personnel au comité social territorial de la commune du Robert et de ses établissements publics ;

2°) d'enjoindre au maire du Robert d'organiser de nouvelles élections ;

3°) de mettre la somme de 3 000 euros à la charge du syndicat CGTM-SOEM-FSM et de la commune du Robert au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur protestation est recevable ;

- ils justifient d'un intérêt à agir ;

- le syndicat CGTM-SOEM-FSM ne remplit pas la condition d'ancienneté pour pouvoir présenter une liste aux élections professionnelles ;

- la liste CGTM-SOEM-FSM, en se prévalant de son appartenance à la CGTM, a créé la confusion dans l'esprit des électeurs, cette manœuvre ayant porté atteinte à la sincérité du scrutin.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mars 2023, le syndicat CGTM-SOEM-FSM, représenté par Me Saint-Clement, conclut au rejet de la protestation et à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la protestation est irrecevable, dès lors que le recours préalable n'a pas été formé dans le délai de cinq jours francs à compter de la proclamation des résultats ;

- les requérants ne sont pas recevables, dans le cadre d'un recours dirigé contre les opérations électorales, à se prévaloir de l'irrecevabilité de la candidature du syndicat CGTM-SOEM-FSM, qui n'a pas été contestée lors du dépôt de sa liste ;

- les griefs soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2023, la commune du Robert, représentée par la SELAS JurisCarib, conclut au rejet de la protestation et à ce que les dépens ainsi que la somme de 3 000 euros soient mis à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la protestation est irrecevable, dès lors que le recours préalable a été adressé au maire du Robert et non au président du bureau central de vote ;

- les requérants ne sont pas recevables, dans le cadre d'un recours dirigé contre les opérations électorales, à se prévaloir de l'irrecevabilité de la candidature du syndicat CGTM-SOEM-FSM, qui n'a pas été contestée lors du dépôt de sa liste ;

- les griefs soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

La procédure a été régulièrement communiquée au syndicat Union générale des travailleurs de la Martinique Territoriale (UGTM Territoriale) et au syndicat Centrale démocratique martiniquaise du travail (CDMT), qui n'ont pas produit de mémoire.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité du grief relatif à l'insuffisante ancienneté du syndicat CGTM-SOEM-FSM pour remplir les conditions de représentativité, qui n'était pas mentionné dans le recours préalable obligatoire.

Les requérants ont présenté des observations sur ce moyen, enregistrées le 16 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le décret n° 2021-571 du 10 mai 2021 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Monnier-Besombes,

- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,

- les observations de Me Lewis, représentant la CSCTM-CGTM et la CGTM, et celles de Me Nicolas, représentant la commune du Robert.

Considérant ce qui suit :

1. A l'issue des opérations électorales qui se sont déroulées le 8 décembre 2022 pour la désignation des représentants du personnel au comité social territorial de la commune du Robert et de ses établissements publics, la liste CDMT, arrivée en tête avec 308 suffrages, s'est vu attribuer quatre sièges, la liste UGTM Territoriale, avec 186 suffrages, a obtenu deux sièges, tandis que les listes CGTM-SOEM et CGTM-SOEM-FSM, ayant recueilli respectivement 60 et 17 suffrages, n'ont obtenu aucun siège. La CSCTM-CGTM et le syndicat CGTM ont formé un recours préalable devant le maire du Robert, le 13 décembre 2022, qui est resté sans réponse. Dans la présente instance, la CSCTM-CGTM et le syndicat CGTM doivent être regardés comme demandant au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures, d'annuler les opérations électorales et d'enjoindre au maire du Robert d'organiser de nouvelles élections.

Sur la fin de non-recevoir :

2. Aux termes de l'article 52 du décret du 10 mai 2021 relatif aux comités sociaux territoriaux des collectivités territoriales et de leurs établissements publics : " Les contestations sur la validité des opérations électorales sont portées dans un délai de cinq jours francs à compter de la proclamation des résultats devant le président du bureau central de vote puis, le cas échéant, devant la juridiction administrative. Le président du bureau central statue dans les quarante-huit heures () ". Il résulte de ces dispositions que le délai du recours administratif obligatoire devant le président du bureau de vote, préalable à la contestation de la validité des opérations électorales portant sur l'élection des représentants du personnel aux comités sociaux territoriaux devant le juge administratif, est un délai franc dont le point de départ est la proclamation des résultats par le bureau central de vote, dont la publicité est assurée par le caractère public des opérations électorales.

3. Sauf texte contraire, les délais de recours devant les juridictions administratives sont, en principe, des délais francs, leur premier jour étant le lendemain du jour de leur déclenchement et leur dernier jour étant le lendemain du jour de leur échéance, et les recours doivent être enregistrés au greffe de la juridiction avant l'expiration du délai.

4. Il résulte de l'instruction que la proclamation des résultats de l'élection des représentants du personnel au comité social territorial de la commune du Robert et de ses établissements publics, qui s'est déroulée le 8 décembre 2022, a eu lieu le soir même, par l'établissement du procès-verbal récapitulatif. La contestation sur la validité de ces opérations devant le président du bureau central de vote devait donc être présentée avant l'expiration du délai de cinq jours francs, qui est arrivé à échéance le 13 décembre 2022 mais n'a toutefois expiré que le lendemain, soit le 14 décembre 2022 à minuit. Si la contestation a été adressée à tort au maire du Robert, celui-ci était soumis à une obligation de transmission à l'autorité compétente, conformément à l'article L. 114-2 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le recours administratif préalable obligatoire de la CSCTM-CGTM et du syndicat CGTM, qui a été signifié par voie d'huissier, est réputé avoir été adressé au président du bureau central de vote, le 13 décembre 2022 et n'est pas tardif. La fin de non-recevoir opposée par le syndicat CGTM-SOEM-FSM et la commune du Robert doit, par suite, être écartée.

Sur les conclusions aux fins d'annulation des opérations électorales :

5. En premier lieu, la CSCTM-CGTM et le syndicat CGTM soutiennent que le syndicat CGTM-SOEM-FSM, nouvellement créé, ne justifie pas d'une ancienneté suffisante pour déposer une liste aux élections professionnelles, en méconnaissance de l'article 35 du décret du 10 mai 2021 relatif aux comités sociaux territoriaux des collectivités territoriales et de leurs établissements publics. Contrairement à ce que font valoir les défendeurs, la circonstance que la recevabilité de la candidature du syndicat CGTM-SOEM-FSM n'ait pas été remise en cause au stade du dépôt de sa liste, alors au demeurant qu'il appartenait à l'autorité territoriale de mettre en œuvre la procédure prévue à l'article 37 du décret du 10 mai 2021, ne saurait empêcher les requérants de se prévaloir de l'irrecevabilité de la liste CGTM-SOEM-FSM, un tel grief pouvant être soulevé dans le cadre d'un recours dirigé contre les opérations électorales. En revanche, dans la mesure où, contrairement à ce qu'allèguent les requérants, ce grief n'a pas été exposé à l'appui du recours administratif préalable obligatoire qu'ils ont adressé à l'autorité territoriale, le 13 décembre 2022, ce grief nouveau, qui est irrecevable, ne peut être soumis au tribunal.

6. En second lieu, il résulte de l'instruction que le fait, pour la liste CGTM-SOEM-FSM, d'avoir pris cette dénomination et fait figurer sur sa liste et les bulletins de vote, les logos de la CGTM-SOEM, a été de nature à faire croire aux électeurs que cette liste bénéficiait du soutien de la CGTM. Or, il est constant que ce syndicat n'est pas affilié ni soutenu par la CGTM. En effet, il résulte de l'instruction que le maire du Robert a été destinataire, le 28 octobre 2022, d'un courrier du secrétaire général de la CGTM, précisant que la seule liste habilitée à se prévaloir de l'appartenance à la CGT, dans le cadre des élections professionnelles en vue du renouvellement des membres des instances paritaires dans la fonction publique territoriale, était la liste portée par la CSCTM-CGTM, seule habilitée à déposer des listes avec les sigles et logos de la CGTM. Cette information a d'ailleurs été confirmée par la secrétaire générale de la fédération CGT des services publics, qui a adressé un courrier en ce sens, le 4 novembre 2022, au président du centre de gestion de la fonction publique territoriale. A cet égard, l'allégation du syndicat CGTM-SOEM-FSM selon laquelle chaque syndicat disposerait d'une autonomie de gestion dans son fonctionnement interne, ne saurait l'autoriser à se prévaloir du soutien d'une organisation, qui n'entend pas le lui apporter. Compte tenu des incidences possibles de cette manœuvre sur la répartition des sièges entre elles, et notamment de la probabilité que, eu égard à la confusion créée par la présence de deux listes se prévalant du soutien de la CGTM, un certain nombre d'électeurs de la CGT aient préféré se reporter vers d'autres organisations syndicales, ou bien d'abstenir, la manœuvre du syndicat CGTM-SOEM-FSM, susceptible d'induire en erreur les électeurs, a été de nature, dans les circonstances de l'espèce, à altérer la sincérité du scrutin et, par voie de conséquence, à fausser les résultats de l'élection.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont fondés à demander l'annulation des opérations électorales qui se sont déroulées le 8 décembre 2022 pour la désignation des représentants du personnel au comité social territorial de la commune du Robert et de ses établissements publics.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

8. Si l'annulation des opérations électorales implique nécessairement la tenue d'une nouvelle élection, il n'entre pas dans l'office du juge administratif, après avoir annulé les opérations électorales, d'enjoindre à l'autorité administrative d'organiser de nouvelles élections. Dans ces conditions, les conclusions de la CSCTM-CGTM et de la CGTM, tendant à enjoindre au maire du Robert d'organiser de nouvelles élections, ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les dépens :

9. La présente instance n'a donné lieu à aucun dépens. Les conclusions de la commune du Robert tendant à ce que les dépens soient mis à la charge des requérants ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par l'ensemble des parties sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'élection des représentants du personnel au comité social territorial de la commune du Robert et de ses établissements publics, qui s'est déroulée le 8 décembre 2022, est annulée.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la commune du Robert, à la Chambre syndicale CGTM des collectivités territoriales de la Martinique (CSCTM-CGTM), au syndicat Confédération générale du travail de la Martinique (CGTM) au syndicat CGTM-SOEM-FSM, au syndicat Union générale des travailleurs de la Martinique Territoriale (UGTM Territoriale) et au syndicat Centrale démocratique martiniquaise du travail (CDMT).

Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Rouland-Boyer, présidente,

M. Phulpin, conseiller,

Mme Monnier-Besombes, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.

La rapporteure,

A. Monnier-BesombesLa présidente,

H. Rouland-Boyer

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2300090

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions