jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300091 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LEWIS |
Vu la procédure suivante :
Par une protestation et un mémoire, enregistrés le 15 février 2023 et le 15 avril 2023, la Chambre syndicale CGTM des collectivités territoriales de la Martinique (CSCTM-CGTM) et le syndicat Confédération générale du travail de la Martinique (CGTM), représentés par Me Lewis, doivent être regardés comme demandant au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler les opérations électorales qui se sont déroulées le 8 décembre 2022 pour l'élection des représentants du personnel au comité social territorial de la commune du Carbet et de ses établissements publics ;
2°) d'enjoindre au maire du Carbet d'organiser de nouvelles élections ;
3°) de mettre la somme de 3 000 euros à la charge du syndicat CGTM-SOEM-FSM et de la commune du Carbet au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur protestation est recevable ;
- ils justifient d'un intérêt à agir ;
- le syndicat CGTM-SOEM-FSM ne remplit pas la condition d'ancienneté pour pouvoir présenter une liste aux élections professionnelles ;
- la liste CGTM-SOEM-FSM, en se prévalant de son appartenance à la CGTM, a créé la confusion dans l'esprit des électeurs, cette manœuvre ayant porté atteinte à la sincérité du scrutin.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2023, la commune du Carbet, représentée par Me Catol, conclut au rejet de la protestation et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la protestation est irrecevable, dès lors que le recours préalable n'a pas été formé dans le délai de cinq jours francs à compter de la proclamation des résultats ;
- le grief tiré de l'insuffisante ancienneté du syndicat CGTM-SOEM-FSM, qui n'était pas mentionné dans le recours préalable, est irrecevable ;
- les autres griefs soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mars 2023, le syndicat CGTM-SOEM-FSM, représenté par Me Saint-Clement, conclut au rejet de la protestation et à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la protestation est irrecevable, dès lors que le recours préalable n'a pas été formé dans le délai de cinq jours francs à compter de la proclamation des résultats ;
- les requérants ne sont pas recevables, dans le cadre d'un recours dirigé contre les opérations électorales, à se prévaloir de l'irrecevabilité de la candidature du syndicat CGTM-SOEM-FSM, qui n'a pas été contestée lors du dépôt de sa liste ;
- les griefs soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 2021-571 du 10 mai 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monnier-Besombes,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de Me Lewis, représentant la CSCTM-CGTM et la CGTM.
Une note en délibéré, présentée pour la CSCTM-CGTM et la CGTM, a été enregistrée le 23 juin 2023.
Considérant ce qui suit :
1. A l'issue des opérations électorales qui se sont déroulées le 8 décembre 2022 pour la désignation des représentants du personnel au comité social territorial de la commune du Carbet et de ses établissements publics, la liste CGTM-SOEM-FSM, seule liste en présence, a recueilli la totalité des suffrages, et s'est ainsi vu attribuer les quatre sièges à pourvoir. La CSCTM-CGTM et le syndicat CGTM, qui estiment avoir été empêchés de déposer une liste, ont formé un recours préalable devant le maire du Carbet, le 13 décembre 2022, qui est resté sans réponse. Dans la présente instance, la CSCTM-CGTM et le syndicat CGTM doivent être regardés comme demandant au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures, d'annuler les opérations électorales et d'enjoindre au maire du Carbet d'organiser de nouvelles élections.
Sur les conclusions aux fins d'annulation des opérations électorales :
2. En premier lieu, la CSCTM-CGTM et le syndicat CGTM soutiennent que le syndicat CGTM-SOEM-FSM, nouvellement créé, ne justifie pas d'une ancienneté suffisante pour déposer une liste aux élections professionnelles, en méconnaissance de l'article 35 du décret du 10 mai 2021 relatif aux comités sociaux territoriaux des collectivités territoriales et de leurs établissements publics. Contrairement à ce que fait valoir le syndicat CGTM-SOEM-FSM, la circonstance que la recevabilité de sa candidature n'ait pas été remise en cause au stade du dépôt de sa liste, par la mise en œuvre de la procédure prévue au dernier aliéna du I de l'article 9 bis de la loi du 13 juillet 1983, ne saurait empêcher les requérants de se prévaloir de l'irrecevabilité de la liste CGTM-SOEM-FSM, un tel grief pouvant être soulevé dans le cadre d'un recours dirigé contre les opérations électorales. En revanche, dans la mesure où, contrairement à ce qu'allèguent les requérants, ce grief n'a pas été exposé à l'appui du recours administratif préalable obligatoire qu'ils ont adressé à l'autorité territoriale, le 13 décembre 2022, la commune du Carbet est fondée à faire valoir que ce grief nouveau, qui est irrecevable, ne peut être soumis au tribunal.
3. En second lieu, pour soutenir que le syndicat CGTM-SOEM-FSM a introduit la confusion dans l'esprit des électeurs, en se revendiquant abusivement du soutien de la CGT, les requérants se bornent à produire un courrier de la secrétaire générale de la fédération CGT des services publics, adressé le 4 novembre 2022 au président du centre de gestion de la fonction publique territoriale de la Martinique, l'informant que la seule liste habilitée à se prévaloir de l'appartenance à la CGT, dans le cadre des élections professionnelles en vue du renouvellement des membres des instances paritaires dans la fonction publique territoriale, est la liste portée par la CSCTM-CGTM. Les requérants n'ont toutefois pas produit, préalablement à la clôture d'instruction, la liste déposée par le syndicat CGTM-SOEM-FSM, ni les bulletins de vote, ni aucun document de propagande électorale sur lequel les logos et symboles de la CGTM apparaîtraient, et ne justifient ainsi pas de leurs allégations. En tout état de cause, dans la mesure où il résulte de l'instruction que la seule liste qui a été proposée aux suffrages des électeurs était celle de la CGTM-SOEM-FSM, la circonstance que ce syndicat ait usé de manœuvres en se prévalant sans autorisation de son affiliation à la CGTM n'a pu, dans les circonstances particulières de l'espèce, altérer la sincérité du scrutin. En effet, le fait que certains électeurs aient pu être induits en erreur, en pensant à tort soutenir une liste présentée par la CGTM, n'a pas été de nature à fausser les résultats de l'élection dès lors que, la CGTM-SOEM-FSM étant la seule liste en présence, elle aurait en toutes hypothèses obtenu l'ensemble des sièges à pourvoir. Par ailleurs, les requérants ne peuvent sérieusement soutenir qu'ils auraient été privés de la possibilité de déposer une liste de candidats au prétexte qu'un syndicat reprenant la dénomination de la CGTM avait déjà déposé une liste. Il appartenait en effet aux requérants de déposer leur propre liste, à charge ensuite pour l'autorité territoriale de mettre en œuvre la procédure prévue à l'article 37 du décret du 10 mai 2021 relatif aux comités sociaux territoriaux des collectivités territoriales et de leurs établissements publics, en vue de régler cette situation de listes concurrentes, en saisissant la CGT afin qu'elle indique à quelle liste elle entendait apporter son soutien.
4. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir, que les conclusions de la CSCTM-CGTM et de la CGTM tendant à l'annulation des opérations électorales qui se sont déroulées le 8 décembre 2022 pour l'élection des représentants du personnel au comité social territorial de la commune du Carbet et de ses établissements publics, doivent être rejetées, ainsi que, en tout état de cause, leurs conclusions aux fins d'injonction.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le syndicat CGTM-SOEM-FSM et la commune du Carbet, qui n'ont pas la qualité de partie perdante, versent aux requérants la somme qu'ils réclament au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas davantage lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme demandée par le syndicat CGTM-SOEM-FSM et la commune du Carbet sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La protestation de la CSCTM-CGTM et de la CGTM est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du syndicat CGTM-SOEM-FSM et de la commune du Carbet présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la commune du Carbet, à la chambre syndicale CGTM des collectivités territoriales de la Martinique (CSCTM-CGTM), à la confédération générale du travail de la Martinique (CGTM) et à la CGTM-SOEM-FSM.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rouland-Boyer, présidente,
M. Phulpin, conseiller,
Mme Monnier-Besombes, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
La rapporteure,
A. Monnier-BesombesLa présidente,
H. Rouland-Boyer
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026