lundi 8 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300109 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LUSSIANA MYLÈNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 21 février 2023 et le 31 mai 2023, la société Martinique nutrition animale (MNA), représentée par Me André, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 22 décembre 2022 par laquelle l'agent comptable de l'Office de développement de l'économie agricole d'outre-mer (ODEADOM) a refusé de procéder au paiement de l'aide publique à laquelle elle était éligible au titre du régime spécifique d'approvisionnement pour l'année 2022 ;
2°) d'enjoindre à l'ODEADOM de procéder au versement de l'aide pour une somme de 228 123 euros, assortie des intérêts au taux légal et capitalisation de ces intérêts, à compter du début de la compensation, et ce dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre la somme de 5 000 euros à la charge de l'ODEADOM et de l'Etat au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- la procédure de recouvrement par compensation est irrégulière, dès lors qu'aucune décision de récupération des aides par compensation ne lui a été notifiée, que la compensation a été engagée pendant la procédure contradictoire préalable, avant la notification du titre exécutoire, en méconnaissance du principe du contradictoire et des droits de la défense ;
- en procédant à cette compensation, l'ODEADOM a méconnu l'article 5 du règlement d'exécution n° 180/2014 de la Commission du 20 février 2014 ;
- la créance n'était pas exigible et ne pouvait être recouvrée avant la fin de la procédure contradictoire préalable et la notification du titre exécutoire ;
- le recouvrement par compensation ne pouvait être mis en œuvre avant que le délai de 60 jours dont elle disposait pour procéder au paiement de sa dette ne soit expiré ;
- la compensation ne pouvait être exercée sans méconnaître le caractère suspensif de sa contestation du titre de perception.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 janvier 2024, l'Office de développement de l'économie agricole d'outre-mer (ODEADOM), représenté par Me Lussiana, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société MNA sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la société MNA ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, par courrier du 5 janvier 2024, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour se prononcer sur les moyens relatifs à l'irrégularité en la forme de la compensation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement d'exécution (UE) n° 180/2014 de la Commission du 20 février 2014 ;
- le règlement d'exécution (UE) n° 809/2014 de la Commission du 17 juillet 2014 ;
- le règlement d'exécution (UE) n° 2018/920 de la Commission du 28 juin 2018 ;
- le code civil ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monnier-Besombes,
- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société MNA, qui exerce une activité de provenderie, a bénéficié d'une aide publique d'un montant de 2 141 928,66 euros, versée par l'ODEADOM au titre du régime spécifique d'approvisionnement, dans le cadre du programme d'options spécifiques à l'éloignement des régions ultrapériphériques, pour l'année 2020. A l'issue d'un contrôle réalisé du 10 septembre au 1er octobre 2021, l'ODEADOM a émis, le 4 août 2022, un titre exécutoire d'un montant de 228 123 euros pour la récupération d'une partie de cette aide, au motif que la condition relative à la répercussion effective de l'avantage sur l'utilisateur final n'avait pas été respectée. Afin d'obtenir le recouvrement de cette somme, l'ODEADOM a effectué une compensation de sa créance sur le montant de l'aide à laquelle était éligible la société MNA au titre du régime spécifique d'approvisionnement de l'année 2022. Par un courrier daté du 7 décembre 2022, la société MNA a entendu contester cette compensation et a demandé le paiement de la totalité des aides auxquelles elle était éligible pour l'année 2022, qui a fait l'objet d'une décision expresse de rejet de l'agent comptable de l'ODEADOM le 22 décembre 2022. Par la présente requête, la société MNA demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler la décision du 22 décembre 2022 et d'enjoindre à l'ODEADOM de procéder au versement de l'aide pour une somme de 228 123 euros, assortie des intérêts au taux légal et capitalisation de ces intérêts, à compter du début de la compensation, et ce dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la décision contestée cite les textes applicables et mentionne le motif pour lequel elle refuse de procéder au paiement de la totalité des aides auxquelles la société MNA était éligible au titre du régime spécifique d'approvisionnement de l'année 2022, à savoir la circonstance que l'agent comptable de l'ODEADOM a procédé à une compensation avec la créance détenue sur la société, sur le fondement de l'article 1347 du code civil, afin de permettre le recouvrement de l'indu constaté par le titre exécutoire n° 2022-59 émis le 4 août 2022. Une telle motivation est suffisante pour permettre à la société MNA de contester utilement cette décision. Le moyen doit, en tout état de cause, être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / Lorsque les contestations portent sur le recouvrement de créances détenues par les établissements publics de l'Etat, par un de ses groupements d'intérêt public ou par les autorités publiques indépendantes, dotés d'un agent comptable, ces contestations sont adressées à l'ordonnateur de l'établissement public, du groupement d'intérêt public ou de l'autorité publique indépendante pour le compte duquel l'agent comptable a exercé ces poursuites. / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution ".
4. En l'espèce, la société requérante soutient que la procédure de recouvrement par compensation est irrégulière, dès lors que les principes du contradictoire et des droits de la défense faisaient obstacle à ce que la compensation puisse être engagée alors que la procédure contradictoire préalable à l'émission du titre n'était pas achevée et que, ni le titre exécutoire ni une quelconque décision de récupération des aides litigieuses par compensation, ne lui avaient été préalablement notifiés. La société MNA doit ainsi être regardée comme contestant la régularité en la forme de la compensation, dont il n'appartient qu'au juge de l'exécution de connaître. Un tel moyen, porté devant une juridiction incompétente pour en connaître, ne peut qu'être écarté, alors au demeurant que le courrier d'accompagnement, joint au titre exécutoire du 4 août 2022, précisait que l'agent comptable était susceptible de procéder à une compensation légale entre les créances de l'ODEADOM et les sommes dont il était lui-même redevable envers la société MNA.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement d'exécution (UE) n° 180/2014 de la Commission du 20 février 2014 : " 1. L'aide est accordée sur présentation d'un certificat, dénommé ci-après le " certificat aides ", utilisé totalement. / La présentation du certificat aides aux autorités chargées du paiement vaut demande d'aide. La présentation du certificat doit avoir lieu, sauf cas de force majeure ou conditions climatiques exceptionnelles, dans les trente jours suivant la date d'imputation du certificat. En cas de dépassement du délai susvisé, le montant de l'aide est réduit de 5 % par jour de retard. / Le paiement de l'aide est effectué par les autorités compétentes dans un délai de 90 jours à compter du jour du dépôt du certificat aides utilisé, sauf dans l'un des cas suivants : / (a) force majeure ou conditions climatiques exceptionnelles ; / (b) lorsqu'une enquête administrative a été ouverte concernant l'existence du droit à l'aide ; dans ce cas, le paiement n'intervient qu'après reconnaissance du droit à l'aide () / 7. Le certificat aides est délivré par les autorités compétentes, sur demande des intéressés et dans les limites des bilans prévisionnels d'approvisionnement ". En outre, l'article 28 de ce règlement, dans sa version modifiée par le règlement d'exécution (UE) n° 2018/920 de la Commission du 28 juin 2018 dispose que : " Récupération de l'indu et pénalités / 1. En cas de paiement indu, l'article 7 du règlement d'exécution (UE) n° 809/2014 de la Commission s'applique mutatis mutandis. / 2. Lorsque le paiement indu résulte de fausses déclarations, de faux documents ou d'une négligence grave du demandeur de l'aide, il est appliqué en outre une pénalité égale au montant indûment versé, majoré d'un intérêt calculé conformément à l'article 7, paragraphe 2, du règlement d'exécution (UE) n° 809/2014 ". Et l'article 7 du règlement d'exécution (UE) n° 809/2014 de la Commission établissant les modalités d'application du règlement (UE) n° 1306/2013 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne le système intégré de gestion et de contrôle, les mesures en faveur du développement rural et la conditionnalité dispose que : " 1. En cas de paiement indu, le bénéficiaire concerné a l'obligation de rembourser les montants en cause, le cas échéant, majorés d'intérêts calculés conformément au paragraphe 2. / 2. Les intérêts courent de la date limite de paiement indiquée pour le bénéficiaire dans l'ordre de recouvrement, qui ne doit pas être fixée à plus de 60 jours, à la date de remboursement ou de déduction des sommes dues. / Le taux d'intérêt applicable est calculé conformément au droit national mais ne peut être inférieur à celui qui s'applique en cas de recouvrement des montants en vertu des dispositions nationales. / 3. L'obligation de remboursement visée au paragraphe 1 ne s'applique pas si le paiement a été effectué à la suite d'une erreur de l'autorité compétente ou d'une autre autorité, et si l'erreur ne pouvait raisonnablement être décelée par le bénéficiaire. / Toutefois, lorsque l'erreur a trait à des éléments factuels pertinents pour le calcul de l'aide concernée, le premier alinéa ne s'applique que si la décision de recouvrement n'a pas été communiquée dans les 12 mois suivant le paiement ".
6. S'il est exact que les dispositions de l'article 5 du règlement d'exécution (UE) n° 180/2014 précitées confèrent au paiement des aides un caractère quasiment automatique à la réception des " certificats aides ", il résulte toutefois expressément des dispositions de l'article 7 du règlement d'exécution (UE) n° 809/2014 que la récupération d'une aide indument versée dans le cadre du régime spécifique d'approvisionnement peut se faire par remboursement du bénéficiaire ou par déduction des sommes dues. Par suite, la société MNA n'est pas fondée à soutenir que les dispositions de l'article 5 du règlement d'exécution (UE) n° 180/2014 feraient obstacle à ce que l'agent comptable procède à une compensation. Le moyen doit, par suite, être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 1347 du code civil : " La compensation est l'extinction simultanée d'obligations réciproques entre deux personnes. / Elle s'opère, sous réserve d'être invoquée, à due concurrence, à la date où ses conditions se trouvent réunies " et aux termes de l'article 1347-1 de ce code : " Sous réserve des dispositions prévues à la sous-section suivante, la compensation n'a lieu qu'entre deux obligations fongibles, certaines, liquides et exigibles () ".
8. Il résulte de l'instruction que l'émission du titre exécutoire, le 4 août 2022, a nécessairement marqué la fin de la procédure contradictoire préalable et a constaté l'exigibilité de la créance de l'ODEADOM. La circonstance que les retenues sur les aides, auxquelles la société MNA était éligible au titre de l'année 2022, auraient été pratiquées dès le 18 août 2022, soit avant même qu'elle soit destinataire du titre exécutoire, qui ne lui a été notifié au plus tôt que le 21 septembre 2022, est toutefois sans incidence sur la légalité de la compensation, dans la mesure où le défaut de notification du titre exécutoire est sans effet sur l'exigibilité de la créance, et ne fait ainsi pas obstacle à ce que l'agent comptable chargé du recouvrement procède à une compensation. Le moyen tiré de ce que la créance de l'ODEADOM n'était pas exigible à la date de la compensation, faute de notification du titre exécutoire, doit par suite être écarté.
9. En cinquième lieu, l'article 28 du règlement d'exécution (UE) n° 180/2014, modifié par le règlement d'exécution (UE) n° 2018/920 de la Commission du 28 juin 2018, dispose que : " Récupération de l'indu et pénalités / 1. En cas de paiement indu, l'article 7 du règlement d'exécution (UE) n° 809/2014 de la Commission s'applique mutatis mutandis. / 2. Lorsque le paiement indu résulte de fausses déclarations, de faux documents ou d'une négligence grave du demandeur de l'aide, il est appliqué en outre une pénalité égale au montant indûment versé, majoré d'un intérêt calculé conformément à l'article 7, paragraphe 2, du règlement d'exécution (UE) n° 809/2014 ". Et l'article 7 du règlement d'exécution (UE) n° 809/2014 de la Commission du 17 juillet 2014 dispose que : " 1. En cas de paiement indu, le bénéficiaire concerné a l'obligation de rembourser les montants en cause, le cas échéant, majorés d'intérêts calculés conformément au paragraphe 2. / 2. Les intérêts courent de la date limite de paiement indiquée pour le bénéficiaire dans l'ordre de recouvrement, qui ne doit pas être fixée à plus de 60 jours, à la date de remboursement ou de déduction des sommes dues. / Le taux d'intérêt applicable est calculé conformément au droit national mais ne peut être inférieur à celui qui s'applique en cas de recouvrement des montants en vertu des dispositions nationales. / 3. L'obligation de remboursement visée au paragraphe 1 ne s'applique pas si le paiement a été effectué à la suite d'une erreur de l'autorité compétente ou d'une autre autorité, et si l'erreur ne pouvait raisonnablement être décelée par le bénéficiaire. / Toutefois, lorsque l'erreur a trait à des éléments factuels pertinents pour le calcul de l'aide concernée, le premier alinéa ne s'applique que si la décision de recouvrement n'a pas été communiquée dans les 12 mois suivant le paiement ".
10. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, la circonstance que le délai de 60 jours dont disposait la société MNA pour procéder au paiement spontané de sa dette n'était pas expiré, est sans effet sur l'exigibilité de la créance et ne faisait, dès lors, pas obstacle à ce que l'agent comptable procède à une compensation pour récupérer l'indu avant même l'expiration de la date limite de paiement. Le moyen doit, dès lors, être écarté.
11. En dernier lieu, l'effet suspensif qui s'attache à l'opposition formée par le débiteur à l'encontre d'un titre exécutoire, soit devant l'administration elle-même pour les créances de l'Etat, soit devant la juridiction compétente pour les créances des autres personnes publiques, qui constitue un principe général du droit, ne vaut qu'à l'égard de la procédure de recouvrement forcé. Elle est, en revanche, sans incidence sur l'exigibilité de la créance constatée par le titre et ne fait, par suite, pas obstacle à ce qu'une compensation soit effectuée. En tout état de cause, il ne résulte pas de l'instruction que l'ODEADOM aurait poursuivi la compensation litigieuse postérieurement au 2 décembre 2022, date à laquelle la requête n° 2200698 de la société MNA valant opposition à titre exécutoire lui a été communiquée par le tribunal. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que l'effet suspensif attaché au recours contentieux de la société MNA, formé contre le titre exécutoire du 4 août 2022, ferait obstacle à ce que l'agent comptable procède à la compensation, doit être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la société MNA n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 22 décembre 2022 par laquelle l'agent comptable de l'ODEADOM a refusé de procéder au paiement de la totalité de l'aide à laquelle elle était éligible au titre du régime spécifique d'approvisionnement pour l'année 2022.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
13. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
14. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par la société MNA, n'appelle aucune mesure particulière d'exécution. Il s'ensuit que ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être également rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'ODEADOM, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la société MNA la somme qu'elle réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société MNA une somme de 1 500 euros à verser à l'ODEADOM au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société MNA est rejetée.
Article 2 : La société MNA versera une somme de 1 500 euros à l'ODEADOM en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Martinique nutrition animale et à l'Office de développement de l'économie agricole d'outre-mer.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. de Palmaert, premier conseiller,
Mme Monnier-Besombes, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 avril 2024.
La rapporteure,
A. Monnier-BesombesLe président,
J.-M. Laso
Le greffier,
J.-H. Minin
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026