jeudi 21 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300115 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 février 2023, et un mémoire complémentaire, enregistré le 9 août 2023, la SARL Basc, représentée par Me Jean-Joseph, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 décembre 2022 par lequel le maire de la commune des Anses d'Arlet a rejeté sa demande tendant à la délivrance d'un permis de construire en vue de l'édification d'un local professionnel sur un terrain situé lieu-dit Grande Anse, sur le territoire de la commune des Anses d'Arlet ;
2°) de mettre à la charge de la commune des Anses d'Arlet une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable puisqu'elle a été formée dans le délai de recours de deux mois suivant la notification de l'arrêté attaqué, le 23 décembre 2022 ;
- l'arrêté attaqué méconnait l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme dès lors que son projet de construction vise à reconstruire à l'identique un local professionnel nécessaire à son activité forestière et agricole, détruit deux ans auparavant et préexistant depuis cinquante ans ;
- il est illégal puisque son projet de reconstruction à l'identique, qui ne dénature pas l'espace naturel protégé, entre dans les cas d'exception prévus à l'article R. 121-5 du code de l'urbanisme, reprenant l'ancien article R. 146-2 du code, où la construction est autorisée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2023, la commune des Anses d'Arlet, représentée par son maire, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la SARL Basc ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 25 septembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 25 octobre 2023.
En application de l'article R. 613-3 du code de justice administrative, le mémoire complémentaire de la commune des Anses d'Arlet, enregistré le 9 novembre 2023, soit postérieurement à la clôture d'instruction, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Phulpin,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Basc a déposé, le 8 novembre 2022, une demande de permis de construire auprès des services de la ville des Anses d'Arlet portant sur l'édification d'un local professionnel sur une parcelle dont elle est propriétaire, située lieu-dit Grande Anse sur le territoire de la commune des Anses d'Arlet. Par arrêté du 21 décembre 2022, le maire des Anses d'Arlet a refusé de délivrer le permis de construire sollicité. Dans la présente instance, la SARL Basc demande au tribunal administratif d'annuler cet arrêté.
Sur la légalité de l'arrêté attaqué :
2. En premier lieu, l'article 1er du règlement de la zone N1 du plan local d'urbanisme de la commune des Anses d'Arlet, intitulé " occupations et utilisations du sol interdites ", dispose : " Sont interdites toutes les occupations et utilisations du sol à l'exception de celles visées à l'article 2 ci-après () ". L'article 2 du même règlement du plan local d'urbanisme, intitulé " occupations et utilisations du sol soumises à des conditions particulières ", dispose : " Sont admises sous conditions les occupations et utilisations du sol suivantes : / () Les aménagements légers et objets immobiliers tels que définis à l'article R. 146-2 du code de l'urbanisme () ". L'article R. 121-5 du code de l'urbanisme, qui reprend les dispositions de l'ancien article R. 146-2 du même code auquel renvoie ainsi le règlement du plan local d'urbanisme, dispose : " Seuls peuvent être implantés dans les espaces et milieux mentionnés à l'article L. 121-24, dans les conditions prévues par cet article, les aménagements légers suivants, à condition que leur localisation et leur aspect ne dénaturent pas le caractère des sites, ne compromettent pas leur qualité architecturale et paysagère et ne portent pas atteinte à la préservation des milieux : / () 3° La réfection des bâtiments existants et l'extension limitée des bâtiments et installations nécessaires à l'exercice d'activités économiques ; / 4° A l'exclusion de toute forme d'hébergement et à condition qu'ils soient en harmonie avec le site et les constructions existantes : / a) Les aménagements nécessaires à l'exercice des activités agricoles, pastorales et forestières dont à la fois la surface de plancher et l'emprise au sol au sens de l'article R. 420-1 n'excèdent pas cinquante mètres carrés ; () ".
3. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des éléments figurant dans le dossier de permis de construire, que, d'une part, le projet de construction de la SARL Basc a pour objet l'édification sur une parcelle située en bordure de plage et classée en zone N1, dans le bourg de Grande Anse, de deux bungalows en bois à usage professionnel. Si l'avis de taxe foncière et la fiche descriptive du bien établie par les services fiscaux démontrent qu'un local professionnel a existé par le passé sur la parcelle d'assise du projet, il ressort toutefois des photographies du terrain que, lorsque la société a déposé sa demande de permis de construire, l'ancien local était déjà totalement détruit et qu'il n'en subsistait aucun vestige, ce que la société admet d'ailleurs dans ses écritures. Il s'ensuit que le projet de la SARL Basc ne peut être regardé comme se rapportant à simple réfection de bâtiments existants, mais constitue au contraire une opération de reconstruction d'un bâtiment détruit ou démoli, assimilable à l'édification d'une construction nouvelle. D'autre part, il ressort de la notice explicative figurant dans le dossier de permis de construire que l'activité économique du projet de construction litigieux sera en rapport avec l'utilisation de la plage et apportera une offre de service complémentaire sur le secteur de Grande Anse en renforçant l'activité locale et touristique. Il s'ensuit que, alors même que la parcelle d'assise du projet est située dans une zone urbanisée à l'écart de toute terre agricole ou forestière, le projet de construction litigieux ne peut être regardée comme constituant un aménagement nécessaire à une activité agricole, pastorale ou forestière. Dans ces conditions, le projet de construction de la SARL Basc ne constitue pas un aménagement léger, au sens de l'article R. 121-5 du code de l'urbanisme, reprenant l'ancien article R. 146-2 du même code. La SARL Basc n'est dès lors pas fondée à soutenir que le maire de la commune des Anses d'Arlet aurait commis une erreur d'appréciation en estimant que le projet de construction objet de sa demande de permis de construire ne relevait pas des constructions autorisées par les dispositions citées précédemment des articles 1er et 2 du règlement de la zone N1 du plan local d'urbanisme communal. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être écarté.
4. En second lieu, l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme dispose : " Lorsqu'un bâtiment régulièrement édifié vient à être détruit ou démoli, sa reconstruction à l'identique est autorisée dans un délai de dix ans nonobstant toute disposition d'urbanisme contraire, sauf si la carte communale, le plan local d'urbanisme ou le plan de prévention des risques naturels prévisibles en dispose autrement. " Il résulte de ces dispositions que, dès lors qu'un bâtiment a été régulièrement construit, seules des dispositions expresses de la réglementation locale d'urbanisme prévoyant l'interdiction de la reconstruction à l'identique de bâtiments détruits par sinistre ou démolis peuvent faire légalement obstacle à sa reconstruction.
5. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du tableau de déclaration des surfaces ainsi que des notices architecturales PC 13 et PC 15 figurant dans le dossier de permis de construire, que le projet de la SARL Basc porte sur la reconstruction de deux locaux de commerce de plage et est destiné à apporter une offre de service complémentaire sur le secteur de Grande Anse et à renforcer l'attractivité locale et touristique. Toutefois, alors même que le bâtiment détruit présentait une surface de plancher de 79 m² affectée intégralement au commerce, le projet de travaux de la société requérante comporte la création d'une surface différente de plancher de 72,82 m² affectée intégralement au commerce. Dans ces conditions, le projet de la SARL Basc ne peut être regardé comme une reconstruction à l'identique des bâtiments détruits ou démolis. Il s'ensuit que le maire de la commune des Anses d'Arlet pouvait, sans méconnaître l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme, refuser comme il l'a fait la demande de permis de construire en se fondant sur l'article 1er cité précédemment du règlement de la zone N1 du plan local d'urbanisme communal, et ce quand bien même cette disposition n'interdit pas expressément la reconstruction à l'identique de bâtiments détruits par sinistre ou démolis. Le moyen ainsi soulevé par la SARL Basc n'est dès lors pas fondé. Il doit, par suite, être écarté.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la SARL Basc n'est pas fondée à contester la légalité de l'arrêté attaqué du maire de la commune des Anses d'Arlet du 21 décembre 2022. Les conclusions principales de sa requête tendant à son annulation doivent, par suite, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune des Anses d'Arlet, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la SARL Basc demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de SARL Basc est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Basc et à la commune des Anses d'Arlet.
Délibéré après l'audience du 7 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. de Palmaert, premier conseiller,
M. Phulpin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2023.
Le rapporteur,
V. Phulpin
Le président,
J-M. LasoLe greffier,
J-H. Minin
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026