LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2300137

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2300137

jeudi 23 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2300137
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantHORUS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 mars 2023, des mémoires complémentaires, enregistrées les 10 juillet 2023 et 3 octobre 2023, et des pièces complémentaires, enregistrées le 30 mars 2023, la SA La Compagnie Allianz Iard, représentée par la Selarl Horus Avocats, agissant par l'intermédiaire de Me Le Boulch, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 2 950,81 euros correspondant aux indemnités d'assurance qu'elle a versées à Mme A B et à Mme D F à la suite de l'incendie survenu la nuit du 25 novembre 2021 de la façade de l'établissement de restauration rapide dont elles sont propriétaires au Gros-Morne, et d'assortir cette condamnation des intérêts au taux légal, à compter de la date de réception de la demande indemnitaire préalable, ainsi que de la capitalisation des intérêts ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle est subrogée dans les droits de Mme B et Mme F, qu'elle a indemnisées à hauteur de 2 950,81 euros au titre de leur police d'assurance multirisques propriété immobilière ;

- la responsabilité de l'Etat prévue à l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure est engagée à raison de l'incendie survenu la nuit du 25 novembre 2021 de la façade de l'établissement de restauration rapide dont ses assurées sont propriétaires au Gros-Morne ;

- en effet, la façade du local a été incendiée par un groupe de manifestants ayant érigé une barricade lors des mouvements sociaux survenus en Martinique à l'automne 2021 en contestation contre la hausse du coût de la vie et les mesures de lutte contre l'épidémie de covid-19 ;

- elle a été contrainte de verser à ses assurées la somme de 2 950,81 euros à titre d'indemnité d'assurance au titre des dommages matériels subis au niveau de la façade de l'établissement ;

- elle est fondée à demander la condamnation de l'Etat afin de la couvrir de l'indemnité de 2 950,81 euros qu'elle a ainsi versée à Mme B et Mme F.

Par un mémoire en défense, enregistré 20 mars 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut à sa mise hors de cause.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2023, et un mémoire complémentaire, enregistré le 10 octobre 2023, le préfet de la Martinique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la SA La Compagnie Allianz Iard ne sont pas fondés.

En application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative, le mémoire complémentaire de la SA La Compagnie Allianz Iard, enregistré le 27 octobre 2023, n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code pénal ;

- le code de la route ;

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Phulpin,

- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,

- et les observations de Me Bernard, substituant Me Le Boulch, avocate de la SA La Compagnie Allianz Iard, et de Mme E, représentante du préfet de la Martinique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B et Mme D F sont propriétaires d'un local à usage commercial situé sur le territoire de la commune du Gros-Morne au sein duquel elles exploitent un établissement de restauration rapide sous l'enseigne " Snack La Fraicheur ". A la suite de l'incendie de la façade de l'établissement survenu au cours de la nuit du 24 au 25 novembre 2021, elles ont perçu des indemnités d'assurance de la part de leur assureur, la SA La Compagnie Allianz Iard. Cette société d'assurance a alors formé, en sa qualité de subrogée dans les droits de ses assurées, une demande indemnitaire préalable auprès du préfet de la Martinique, par un courrier daté du 3 novembre 2022 qui est resté sans réponse. Dans la présente instance, la SA La Compagnie Allianz Iard, agissant en qualité de subrogée dans les droits de Mme B et de Mme F, demande au tribunal administratif, dans le dernier état de ses écritures, de condamner l'Etat à lui verser une indemnité d'un montant de 2 950,81 euros, assortie des intérêts de retard au taux légal et de la capitalisation des intérêts, correspondant à l'indemnisation qu'elle a versée à ses assurées suite à l'incendie de la façade de l'établissement " Snack La Fraicheur " survenu la nuit du 24 au 25 novembre 2021.

Sur la responsabilité de l'Etat :

2. D'une part, l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure dispose : " L'Etat est civilement responsable des dégâts et dommages résultant des crimes et délits commis, à force ouverte ou par violence, par des attroupements ou rassemblements armés ou non armés, soit contre les personnes, soit contre les biens () ". L'application de ces dispositions est subordonnée à la condition que les dommages dont l'indemnisation est demandée résultent de manière directe et certaine de crimes ou de délits déterminés, commis par des rassemblements ou attroupements précisément identifiés.

3. D'autre part, l'article L. 412-1 du code de la route dispose : " Le fait, en vue d'entraver ou de gêner la circulation, de placer ou de tenter de placer, sur une voie ouverte à la circulation publique, un objet faisant obstacle au passage des véhicules ou d'employer, ou de tenter d'employer un moyen quelconque pour y mettre obstacle, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 4 500 euros d'amende () ". L'article 311-4 du code pénal dispose : " Le vol est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende : / 1° Lorsqu'il est commis par plusieurs personnes agissant en qualité d'auteur ou de complice, sans qu'elles constituent une bande organisée ; / () 8° Lorsqu'il est précédé, accompagné ou suivi d'un acte de destruction, dégradation ou détérioration ; / () Les peines sont portées à sept ans d'emprisonnement et à 100 000 euros d'amende lorsque le vol est commis dans deux des circonstances prévues par le présent article. Elles sont portées à dix ans d'emprisonnement et à 150 000 euros d'amende lorsque le vol est commis dans trois de ces circonstances. "

4. Il résulte de l'instruction que, à la suite d'un appel à la grève générale lancé par plusieurs organisations syndicales le lundi 22 novembre 2021, des manifestations organisées se sont déroulées sur une grande partie du territoire de la Martinique afin de protester notamment contre la mise en place du " pass sanitaire ", l'obligation vaccinale des personnels soignants et, plus généralement, contre l'augmentation du coût de la vie dans un contexte d'insularité. Après de nombreuses violences urbaines survenues la nuit du 22 novembre 2021 en marge de la première journée du mouvement social, les organisations syndicales ont appelé dès le mardi 23 novembre 2021 à lever les barrages pendant les nuits. Le soir du 24 novembre 2021, plusieurs groupes d'individus se sont constitués dans le centre-ville du Gros-Morne et ont érigé des barrages sur plusieurs axes de la circulation avec l'aide de poubelles, de pneumatiques, de branchages et de divers objets, notamment sur la route départementale D1 au droit de l'établissement exploité par Mme B et Mme F, qui est situé à proximité du supermarché du centre-ville. Il résulte du journal de conduite des opérations établi par les services de la gendarmerie que, après avoir reçu plusieurs appels signalant des feux de barrage et des coups de feu autour du supermarché, une patrouille de gendarmerie est intervenue au centre-ville du Gros-Morne, au niveau du commerce du supermarché, une première fois vers 0h45, puis, après un repli, une seconde fois vers 1h15. Les forces de l'ordre ont constaté à ces deux occasions que, ayant profité de la confusion créée par l'érection des différents barrages pour pénétrer au sein du commerce de supermarché, après en avoir forcé le rideau métallique, des émeutiers avaient pillé le rayon des alcools, dérobé le contenu des caisses après les avoir vandalisées, saccagé les bureaux, en y dérobant également des téléphones ainsi que des tablettes numériques. Le barrage érigé devant le restaurant-snack de Mme B et Mme F a été incendié au cours de la nuit par des émeutiers. Les flammes se sont propagées à la façade de l'établissement, où elles ont causé des dégâts matériels. Dans ces circonstances, les moyens matériels mis en œuvre pour ériger de tels des barrages dans le centre-ville du Gros-Morne, notamment au droit de l'établissement exploité par Mme B et Mme F, révèlent des actions préméditées, organisées par des groupes structurés qui se sont constitués dans la seule fin de commettre, notamment, le délit d'entrave à la circulation puni par l'article L. 412-1 du code de la route, et le délit de vol aggravé, réprimé par les dispositions citées précédemment de l'article 311-4 du code pénal. Il s'ensuit que les préjudices qui ont résulté pour Mme B et Mme F, dont la façade de l'établissement de restauration rapide a été partiellement brûlée par des individus ayant participé à ces barrages, ne sauraient être considérés comme imputables à un attroupement ou à un rassemblement au sens des dispositions citées précédemment de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure. Ils ne sauraient dès lors engager la responsabilité de l'État sur ce fondement.

5. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le autres conditions d'engagement de la responsabilité de la puissance publique instituée par l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure, que la SA La Compagnie Allianz Iard n'est pas fondée à soutenir que la responsabilité de l'Etat devrait être engagée à son encontre pour les faits survenus dans l'établissement de restauration rapide appartenant à Mme B et à Mme F la nuit du 24 au 25 novembre 2021. Les conclusions indemnitaires de la requête doivent, par suite, être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant au bénéfice des intérêts de retard et de la capitalisation de ces intérêts.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la SA La Compagnie Allianz Iard demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SA La Compagnie Allianz Iard est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SA La Compagnie Allianz Iard et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie sera adressée pour information au préfet de la Martinique.

Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Laso, président,

M. de Palmaert, premier conseiller,

M. Phulpin, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2023.

Le rapporteur,

V. Phulpin

Le président,

J-M. LasoLa greffière,

M. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions