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AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2300141

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2300141

jeudi 7 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2300141
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantABEILLE & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 mars 2023, M. F C, M. B C, M. G C et Mme D C, agissant tant en leur nom propre qu'en qualité d'ayant-droits de feue Mme A C, représentés par la SCP d'avocats Raoul Gottlich et Patrice Laffon, agissant par l'intermédiaire de Me Gottlich, demandent au tribunal :

1°) à titre principal, de condamner le centre hospitalier universitaire de Martinique à leur verser des indemnités d'un montant total de 97 320 euros en réparation de leurs propres préjudices et des préjudices subis par leur épouse et mère décédée, Mme A C, à la suite de sa prise en charge par l'établissement hospitalier ;

2°) à titre subsidiaire, de condamner l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à leur verser des indemnités d'un montant total de 83 320 euros en réparation de leurs propres préjudices et des préjudices subis par leur épouse et mère décédée, Mme A C, à la suite de sa prise en charge par l'établissement hospitalier ;

3°) dans tous les cas, de réserver leurs droits sur les postes d'indemnisation concernant le préjudice matériel lié au déplacement en Martinique pour les obsèques et les pertes de salaires ;

4°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Martinique, ou subsidiairement de l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

S'agissant de l'existence d'un accident médical fautif :

- le centre hospitalier universitaire de Martinique a commis une faute en n'interrompant pas le traitement par Méthotrexate instauré le 16 mars 2018, alors que la patiente a immédiatement développé une pancytopénie et une pancolite due à une surdose de ce traitement ;

- il a également commis une faute en décidant, le 16 mai 2019, la reprise du traitement par Méthotrexate, alors même que celui-ci est à l'origine du décès de la patiente et qu'un mois plus tôt à peine une pancolite causée par le Méthotrexate venait d'être diagnostiquée ;

- il a encore commis une faute en ne mettant en place aucune surveillance, notamment par le biais d'un scanner ou d'une coloscopie, de la pancolite qui avait été diagnostiquée ;

- il a de plus commis une faute en n'assurant aucune transmission du dossier médical de la patiente au moment de son transfert à la clinique Sainte-Marie, qui n'a ainsi pas été en capacité de l'accueillir ;

- il a enfin commis un manquement fautif dès lors qu'aucune preuve de stérilisation des appareils d'endoscopie utilisés lors de l'opération du 12 avril 2019 n'est apportée ;

S'agissant de l'existence d'une infection nosocomiale :

- le développement par la patiente d'une infection à la bactérie klebsiella pneumoniae à compter du 30 mars 2019 résulte d'une infection nosocomiale dès lors qu'elle est survenue au cours de sa prise en charge et qu'elle n'était porteuse d'aucun germe au moment de son admission ;

S'agissant de la transmission sanguine injustifiée :

- le centre hospitalier universitaire de Martinique a commis une faute en pratiquant une transfusion sanguine le 11 avril 2019, alors même que cette transfusion ne s'imposait pas, qu'elle n'a été précédée d'aucune information et que la patiente, dont la qualité de témoin de Jéhovah figurait dans son dossier médical, avait refusé l'administration de tout produit sanguin ;

S'agissant de l'existence d'un accident médical non fautif :

- à titre subsidiaire, la responsabilité de l'ONIAM au titre de la solidarité nationale est engagée dans la mesure où la survenue d'une pancolite liée au traitement par Méthotrexate constitue un accident médical non fautif dont la survenance a une fréquence inférieure à 1 % ;

S'agissant des préjudices :

- la patiente a subi un préjudice lié à l'existence d'un déficit fonctionnel temporaire total entre le 6 avril 2019 et le 30 juillet 2019, qu'ils évaluent à la somme de 2 320 euros ;

- elle a subi un préjudice lié aux souffrances qu'elle a endurées, estimées à 4/7, qu'ils évaluent à la somme de 8 000 euros ;

- elle a subi un préjudice esthétique temporaire lié aux interventions, à l'iléostomie et aux différents drains, estimé à 5/7, qu'ils évaluent à la somme de 3 000 euros ;

- elle a subi une perte de chance de survie en raison des fautes imputables au centre hospitalier universitaire de Martinique, qu'ils évaluent à la somme de 10 000 euros ;

- elle a subi un préjudice moral à la suite de la transfusion sanguine, en raison du non-respect de ses convictions personnelles, qu'ils évaluent à la somme de 4 000 euros ;

- ils ont subi un préjudice d'accompagnement et un préjudice d'affectation du fait de n'avoir pu accompagner leur épouse et mère dans le cadre d'une fin de vie sereine et apaisée, qu'ils évaluent à 25 000 euros pour M. F C et à 15 000 euros chacun pour M. B C, M. G C et Mme D C.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 12 mai 2023 et le 27 septembre 2023, et des pièces, enregistrées le 12 février 2024, le centre hospitalier universitaire de Martinique, représenté par la Selarl Abeille et Associés, agissant par l'intermédiaire de Me Zandotti, conclut à sa mise hors de cause et, en outre, à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'a commis aucune faute dans la prise en charge de la patiente, n'a pratiqué aucune transfusion sanguine le 11 avril 2019, tandis que la transfusion pratiquée le 23 mai 2019 a été effectuée dans le cadre d'une urgence vitale et n'était ainsi pas fautive ;

- les moyens soulevés par les consorts C ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistrés le 30 août 2023, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par la Selarl Birot-Ravaut et Associés, agissant par l'intermédiaire de Me Ravaut, conclut, à titre principal, à sa mise hors de cause et, à titre subsidiaire, à ce que sa responsabilité soit limitée à la somme totale de 48 240 euros.

Il soutient que :

- à titre principal, sa responsabilité, qui présente un caractère subsidiaire, ne peut être engagée que dans la seule hypothèse où la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Martinique ne serait pas elle-même déjà engagée ;

- à titre subsidiaire, il ne conteste pas l'accident médical non fautif, mais demande que sa responsabilité soit limitée à la somme totale de 48 240 euros.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Laso,

- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A C a été suivie par le centre hospitalier universitaire de Martinique pour une maladie inflammatoire chronique des articulations de type polyarthrite rhumanoïde, diagnostiquée en mars 2018, et s'est vu administrer un traitement par Méthotrexate. Admise dans le service de médecine de l'hôpital pour des douleurs abdominales, des vomissements, une hyponatrémie et une insuffisance rénale fonctionnelle, une pancolite due au traitement immunosuppresseur par Méthotreaxe a été diagnostiquée le 6 avril 2019. L'état de la patiente s'est très fortement dégradé, nécessitant son admission en réanimation le 22 mai 2019 où une ablation du côlon a été réalisée le 25 mai 2019 dans un contexte de défaillance multi-viscérale. A la suite d'une réunion collégiale le 25 juillet 2019 au cours de laquelle, après information de la famille, la limitation des thérapeutiques actives a été décidée, la patiente est malheureusement décédée le 30 juillet 2019, après une ultime aggravation de son état. Estimant que la responsabilité du centre hospitalier universitaire était engagée à raison de la prise en charge de la pathologie de leur épouse et mère décédée, M. F C, M. B C, M. G C et Mme D C ont saisi la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux de Guadeloupe-Martinique. Après une expertise et un complément d'expertise, la commission a rendu un avis le 22 novembre 2022 retenant les responsabilités du centre hospitalier universitaire de Martinique et de l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM). Par courrier du 25 janvier 2023, le centre hospitalier universitaire de Martinique et son assureur ont informé les intéressés de leur refus d'indemnisation. Dans la présente instance, M. F C, M. B C, M. G C et Mme D C demandent au tribunal administratif, à titre principal, de condamner le centre hospitalier universitaire de Martinique à leur verser des indemnités d'un montant total de 97 320 euros en réparation de leurs propres préjudices et des préjudices subis par leur épouse et mère décédée à l'occasion de sa prise en charge. A titre subsidiaire, ils demandent à la juridiction de condamner l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à leur verser des indemnités d'un montant total de 83 320 euros en réparation de leurs propres préjudices et des préjudices subis par leur épouse et mère décédée à l'occasion de sa prise en charge.

Sur l'engagement de la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Martinique :

En ce qui concerne l'existence d'un accident médical fautif :

2. L'article L. 1142-1 du code de la santé publique dispose : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ".

3. En premier lieu, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du 22 décembre 2021 et du complément d'expertise du 21 juin 2022, que Mme A C, née le 3 décembre 1958, a été suivie par le centre hospitalier universitaire de Martinique à compter du mois de janvier 2018 pour des douleurs diffuses. Une polyarthrite rhumatoïde évolutive et invalidante a été diagnostiquée au cours du mois de mars 2018. Un traitement par Méthotrexate, qui constitue le traitement de référence pour ce type de pathologie, a été mis en place dès cette date, avec une dose de 25 mg / semaine, soit la posologie recommandée par la littérature médicale. Si les requérants soutiennent que la patiente a immédiatement développé un état de pancytopénie en réaction à la mise en place de ce traitement, caractérisé par une baisse simultanée des trois types de cellules sanguines (globules rouges, plaquettes et globules blancs), qui aurait été selon eux visibles sur un bilan biologique réalisé le 23 mars 2018, ils n'apportent toutefois aucun élément sur ce point. Il résulte au contraire du rapport d'expertise que la polyarthrite rhumatoïde de la patiente s'est partiellement améliorée à la suite de la mise en place du traitement par Méthotrexate, ce qui a justifié que la patiente soit réhospitalisée au cours du mois de septembre 2018 afin d'instaurer une première cure de Tocilizumab en adjonction de la Méthotrexate. La patiente a été hospitalisée en hôpital de jour à compter du 18 mars 2019, afin d'adapter son traitement pour la polyarthrite rhumatoïde, et une deuxième cure de Tocilizumab a été mise en place à compter du 1er avril 2019. Toutefois, Mme A C a dû être réhospitalisée en hôpital classique à compter du 6 avril 2019, après que des douleurs abdominales soient apparues quelques jours plus tôt, avec des vomissements, une hyponatrémie et une insuffisance rénale fonctionnelle. Les scanners abdominaux réalisés les 6 et 7 avril 2019 ont mis en évidence un épaississement circonférentiel colique diffus. Une inflammation généralisée du côlon de type pancolite due au traitement immunosuppresseur par Méthotrexate a été alors diagnostiquée et le traitement par antimétabolite a été temporairement arrêté. Ainsi, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la patiente a bénéficié d'explorations complémentaires dès l'apparition des symptômes digestifs qui ont permis de diagnostiquer et de traiter la pancolite développée par la patiente sans retard de prise en charge, avec une suppression temporaire du traitement par Méthotrexate. Dans ces conditions, les consorts C ne sont pas fondés à soutenir que le centre hospitalier universitaire de Martinique aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité en maintenant le traitement par Méthotrexate malgré l'apparition immédiate chez la patiente d'une pancytopénie et d'une pancolite due à une surdose de ce traitement.

4. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du 22 décembre 2021, que l'hospitalisation de Mme A C au sein du service de médecine du centre hospitalier universitaire de Martinique où elle avait été admise le 6 avril 2019 a pris fin le 18 avril 2019. La patiente a été revue par le rhumatologue de l'établissement hospitalier un mois plus tard, le 16 mai 2019, de sorte que la pancolite qui avait été diagnostiquée au cours de son hospitalisation n'a pas été laissée sans aucun suivi, contrairement à ce que soutiennent à tort les requérants. A l'occasion de cette consultation, le médecin a constaté une amélioration des signes cliniques au niveau du fonctionnement de l'appareil digestif de la patiente. Il s'ensuit que, compte-tenu de l'amélioration du tableau clinique de la patiente ainsi constaté lors de cette consultation, aucun examen exploratoire supplémentaire par le biais d'un scanner ou d'une coloscopie ne s'imposait à cette date. Trois jours plus tard, le 19 mai 2019, lorsque la patiente a consulté le service des urgences du centre hospitalier universitaire de Martinique pour des douleurs abdominales fébriles, soit après l'apparition de nouveaux symptômes au niveau de l'appareil digestif, un scanner abdomino-pelvien a été réalisé et a révélé un épaississement pariétal du côlon gauche, sans épanchement, qui a été pris en charge. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le suivi de la pancolite diagnostiquée le 7 avril 2019 n'aurait pas été conforme aux règles de l'art après que la patiente soit sortie d'hospitalisation le 18 avril 2019 et que le centre hospitalier universitaire de Martinique aurait commis à ce titre une faute de nature à engager sa responsabilité à ce titre.

5. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du 22 décembre 2021 et du complément d'expertise du 21 juin 2022, que, lors de la consultation du 16 mai 2019, face à l'amélioration du tableau clinique présenté par la patiente au niveau de l'appareil digestif, le rhumatologue de l'établissement hospitalier a décidé la reprise du traitement par Méthotrexate temporairement suspendu, avec la même posologie de 25 mg / semaine. Le traitement par Méthotrexate de la polyarthrite rhumatoïde de Mme A C était justifié par le caractère évolutif et invalidant de sa pathologie et constituait le seul traitement possible de la maladie de la patiente, en l'absence de tout traitement alternatif. Dans ces conditions, compte-tenu de l'amélioration de l'état clinique de la patiente constaté en consultation le 16 mai 2019 et alors même que Mme A C ne pouvait se soustraire au traitement par Méthotrexate eu égard à l'absence de traitement alternatif et du caractère invalidant de sa pathologie, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la reprise du traitement par Méthotrexare n'était pas justifiée et que le centre hospitalier universitaire de Martinique aurait commis à ce titre une faute dans la prise en charge de la patiente de nature à engager sa responsabilité.

6. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du 22 décembre 2021, que, à la suite de l'apparition de douleurs abdominales fébriles, la patiente a consulté le service des urgences du centre hospitalier universitaire de Martinique le 19 mai 2019, où elle été admise et a subi un scanner abdomino-pelvien qui a révélé un épaississement pariétal du côlon gauche, sans épanchement. Mme A C a été transférée le jour même à la clinique Sainte-Marie, dans le cadre de la prise en charge de l'inflammation du côlon. Si les requérants soutiennent que, à l'occasion de ce transfert, le centre hospitalier universitaire n'aurait pas transmis le dossier médical de la patiente aux services de la clinique Sainte-Marie qui n'auraient, selon eux, pas été en capacité de l'accueillir, ils n'apportent toutefois aucun élément sur ce point. Il résulte au contraire du rapport d'expertise que la patiente est restée trois nuits au sein de la clinique Sainte-Marie. Si celle-ci a dû être retransférée au centre hospitalier universitaire de Martinique le 22 mai 2019, ce transfert était justifié par l'aggravation soudaine de l'état de santé de la patiente, après l'apparition d'une hyperthermie, d'une hypotension, de troubles de la vigilance et d'une hypoxie. Le scanner réalisé immédiatement après son admission au centre hospitalier universitaire de Martinique a révélé l'existence d'une pneumocystose ainsi que d'une embolie pulmonaire, qui ont justifié le transfert de la patiente au sein du service de réanimation, où elle a été intubée. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le centre hospitalier universitaire de Martinique aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité à l'occasion du transfert de Mme A C au sein de la clinique Sainte-Marie le 19 mai 2019 en omettant de transmettre certaines informations du dossier médical de la patiente.

7. En cinquième lieu, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du 22 décembre 2021, que, le 12 avril 2019, Mme A C a subi une endoscopie au niveau du colon sigmoïde. Il ne résulte d'aucun élément versé à l'instruction que le matériel utilisé lors de cette intervention aurait été mal stérilisé, alors même que le traitement antibactériologique mis en place à la suite de la détection le 7 avril 2019 d'une infection à la bactérie klebsiella pneumoniae a permis de traiter correctement cette infection par une prise en charge conforme aux règles de bonnes pratiques. Les requérants ne sont dès lors pas fondés à soutenir que le centre hospitalier universitaire de Martinique aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité à l'occasion de l'endoscopie du 12 avril 2019 en n'utilisant pas des appareils correctement stérilisés.

En ce qui concerne la transfusion sanguine du 11 avril 2019 :

8. D'une part, l'article L. 1110-1 du code de la santé publique dispose : " Le droit fondamental à la protection de la santé doit être mis en œuvre par tous moyens disponibles au bénéfice de toute personne () ". L'article L. 1110-2 du même code dispose : " La personne malade a droit au respect de sa dignité. " L'article L. 1110-5 du même code dispose : " Toute personne a, compte tenu de son état de santé et de l'urgence des interventions que celui-ci requiert, le droit de recevoir, sur l'ensemble du territoire, les traitements et les soins les plus appropriés et de bénéficier des thérapeutiques dont l'efficacité est reconnue et qui garantissent la meilleure sécurité sanitaire et le meilleur apaisement possible de la souffrance au regard des connaissances médicales avérées () ".

9. D'autre part, l'article L. 1111-4 du code de la santé publique : " Toute personne prend, avec le professionnel de santé et compte tenu des informations et des préconisations qu'il lui fournit, les décisions concernant sa santé. / Toute personne a le droit de refuser ou de ne pas recevoir un traitement. Le suivi du malade reste cependant assuré par le médecin, notamment son accompagnement palliatif. / Le médecin a l'obligation de respecter la volonté de la personne après l'avoir informée des conséquences de ses choix et de leur gravité. Si, par sa volonté de refuser ou d'interrompre tout traitement, la personne met sa vie en danger, elle doit réitérer sa décision dans un délai raisonnable () / Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment. / Lorsque la personne est hors d'état d'exprimer sa volonté, aucune intervention ou investigation ne peut être réalisée, sauf urgence ou impossibilité, sans que la personne de confiance prévue à l'article L. 1111-6, ou la famille, ou à défaut, un de ses proches ait été consulté () ".

10. Il est constant que le dossier médical de Mme A C mentionnait que celle-ci avait la qualité de témoin de Jéhovah et refusait toute transfusion de produits du sang. Il résulte de l'instruction, en particulier des extraits du dossier de suivi de la patiente produits par le centre hospitalier universitaire de Martinique en réponse à la mesure d'instruction que lui a adressé en ce sens le tribunal, que la patiente présentait un état d'anémie après que son taux d'hémoglobine dans le sang ait chuté de 10 à 6,4 entre le 8 et le 11 avril 2019. Une transfusion sanguine de deux culots globulaires a en conséquence été programmée le 11 avril 2019. Toutefois, la patiente a manifesté son refus de subir cette transfusion sanguine, et ce malgré les informations données par le médecin sur les risques encourus du fait d'une telle décision de refus. Le médecin a alors substitué à la transfusion sanguine initialement programmée, qui n'a pas été réalisée, un traitement alternatif par ARANESP, afin de stimuler la production de globules rouges chez la patiente, ce qui a permis de faire remonter le taux d'hémoglobine de la patiente à un niveau de 7 le 15 avril 2019. Dans ces conditions, la transfusion sanguine initialement programmée le 11 avril 2019 n'ayant finalement pas été réalisée, les consorts C ne sont pas fondés à soutenir que le centre hospitalier universitaire de Martinique aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité en réalisant cette transfusion sanguine malgré les instructions données par la patiente qui refusait toute transfusion de produits du sang.

En ce qui concerne l'infection nosocomiale :

11. Aux termes du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, les professionnels de santé et les établissement, services ou organismes dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins " sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère ". Doit être regardée, au sens de ces dispositions, comme présentant un caractère nosocomial une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.

12. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du 22 décembre 2021, que Mme A C a été admise au sein du service psychiatrique du centre hospitalier universitaire de Martinique à partir du 13 mars 2019 pour un syndrome anxio-dépressif avec des idées suicidaires. Elle a ensuite été hospitalisée en hôpital de jour au sein d'un établissement relevant du centre hospitalier universitaire de Martinique à compter du 18 mars 2019 afin d'adapter son traitement pour la polyarthrite rhumatoïde. Après que des douleurs abdominales soient apparues, avec des vomissements, une hyponatrémie et une insuffisance rénale fonctionnelle, la patiente a été réhospitalisée en hôpital classique à compter du 6 avril 2019. L'examen cytobactériologique (ECBU) réalisé le jour même de la réhospitalisation en hôpital classique s'est révélé positif à la bactérie Klebsiella pneumoniae. Il est constant que cette infection n'était ni présente, ni en incubation lorsque la patiente a été admise au sein du service psychiatrique du centre hospitalier universitaire de Martinique le 13 mars 2019, ni lorsqu'elle a été admise en hôpital de jour le 18 mars 2019. Cette infection doit dès lors être regardée comme étant survenue au cours ou au décours de la prise en charge de la patiente, et ce quand bien même elle présenterait un caractère endogène et aurait un lien avec la pancolite ainsi que le relève le rapport d'expertise. Il n'est pas établi que l'infection aurait une autre origine que la prise en charge de la patiente. Dans ces conditions, les consorts C sont fondés à soutenir que l'infection à la bactérie Klebsiella pneumoniae détectée le 7 avril 2019 constitue une infection nosocomiale.

13. Toutefois, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du 22 décembre 2021, que, après qu'elle ait été détectée le 7 avril 2019, l'infection à la bactérie Klebsiella pneumoniae a été prise en charge conformément aux règles de bonnes pratiques par le biais d'un traitement antibiotique à base de Ciflox et de Flagyl pendant une durée de 7 jours, lequel traitement a permis une évolution favorable de l'infection. Cette infection nosocomiale n'est pas à l'origine de la réhospitalisation de la patiente en hôpital classique à compter du 6 avril 2019, ni des examens exploratoires qu'elle a subi jusqu'à sa sortie le 18 avril 2019, et n'a pas eu pour effet de prolonger cette période d'hospitalisation. L'infection n'a en outre engendré aucune séquelle pour la patiente et n'a eu aucune incidence sur l'évolution défavorable de la pancolite dont elle était atteinte. Dans ces conditions, l'infection ne peut être regardée dans les circonstances de l'espèce comme ayant entraîné pour la victime un quelconque trouble ou souffrance lui ouvrant droit à réparation. Il s'ensuit que, faute de tout lien de causalité entre l'infection nosocomiale à la bactérie Klebsiella pneumoniae détectée le 7 avril 2019 et les préjudices subis par la victime, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Martinique serait engagée à raison de la survenance de cette infection nosocomiale.

14. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Martinique devrait être engagée à raison de la prise en charge de la pathologie de feue Mme A C. Les conclusions indemnitaires de la requête dirigées contre le centre hospitalier universitaire de Martinique doivent, par suite, être rejetées.

Sur l'engagement de la responsabilité de l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) :

En ce qui concerne l'existence d'un aléa thérapeutique non fautif :

15. L'article L. 1142-1 du code de la santé publique dispose : " () II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret. " L'article D. 1142-1 du même code dispose : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24 % () ".

16. Il résulte de ces dispositions que l'ONIAM doit assurer, au titre de la solidarité nationale, la réparation de dommages résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins à la condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état. La condition d'anormalité du dommage prévue par ces dispositions doit toujours être regardée comme remplie lorsque l'acte médical a entraîné des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé de manière suffisamment probable en l'absence de traitement. Lorsque les conséquences de l'acte médical ne sont pas notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé par sa pathologie en l'absence de traitement, elles ne peuvent être regardées comme anormales sauf si, dans les conditions où l'acte a été accompli, la survenance du dommage présentait une probabilité faible. Pour apprécier le caractère faible ou élevé du risque dont la réalisation a entraîné le dommage, il y a lieu de prendre en compte la probabilité de survenance d'un événement du même type que celui qui a causé le dommage et entraînant une invalidité grave ou un décès.

17. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du 22 décembre 2021 et du complément d'expertise du 21 juin 2022, que la polyarthrite rhumatoïde dont était atteinte Mme A C présentait un caractère évolutif et invalidant. La pancolite développée en réaction au traitement immunosuppresseur par Méthotrexate, qui constitue une complication connue de ce traitement, a évolué défavorablement et s'est aggravé au cours du mois de mai 2019, justifiant l'admission de la patiente, le 22 mai 2019, au sein du service de réanimation du centre hospitalier universitaire de Martinique, à la suite de l'apparition d'une pneumocystose et d'une embolie pulmonaire, ainsi qu'il a été dit précédemment au point 6. La coloscopie réalisée le 24 mai 2019 a révélé que le côlon de la patiente, afécal et très faiblement perfusé, présentait des ulcères sur toute sa longueur, nécessitant la réalisation le lendemain dans un contexte de défaillance multi-viscérale d'une colectomie de sauvetage, puis une colectomie totale, avec mise en place d'une dérivation de l'extrémité de l'intestin grêle à la surface de l'abdomen (iléostomie terminale). Ces interventions ont donné lieu à une complication avec l'apparition, le 11 juin 2019, d'une fistule entéro-cutanée constituée d'une communication anormale entre le tube digestif et la surface cutanée. Des infections intra abdominales sont apparues le 24 juin 2019 et ont fait l'objet d'un drainage per cutané. La patiente a été finalement extubée le 15 juillet 2019 et transférée au service de soin intensif. Son état de dénutrition a malheureusement subi une aggravation progressive, avec apparition d'un syndrome de renutrition sévère et troubles ioniques importants, tandis que l'état respiratoire est demeuré précaire, avec une persistance de l'infection intra abdominale dans la partie supérieure du flanc gauche. A la suite d'une réunion multi disciplinaire le 25 juillet 2019, il a été décidé, face au tableau clinique de la patiente, une absence d'escalade thérapeutique. A la suite d'une ultime aggravation de l'état de santé de la patiente le 29 juillet 2019, celle-ci a été prise en charge avec des soins de confort et est malheureusement décédée le lendemain 30 juillet 2019. Dans ces conditions, l'acte médical de traitement par Méthotrexate a entraîné des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles la patiente était exposée de manière suffisamment probable en l'absence de traitement, de sorte que la condition d'anormalité du dommage prévue par les dispositions citées précédemment du II. de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique doit toujours être regardée comme remplie. Les consorts C sont dès lors fondés à soutenir que l'ONIAM doit être condamné au titre de la solidarité nationale à indemniser les dommages subis par feue Mme A C à l'occasion de sa prise en charge ainsi que leurs propres dommages subis en qualité d'ayants-droits de cette dernière.

En ce qui concerne l'évaluation des préjudices :

S'agissant des préjudices de feue Mme A C :

18. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du 22 décembre 2021, que Mme A C a présenté un déficit fonctionnel temporaire total pendant 116 jours, entre le 6 avril 2019, date de sa réhospitalisation en hôpital classique au centre hospitalier universitaire de Martinique, et le 30 juillet 2019, date de son décès. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 1 740 euros.

19. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que Mme A C a subi des souffrances liées à sa prise en charge en service de réanimation puis en soins continus au sein du centre hospitalier universitaire de Martinique que l'expert a évaluées à 4 sur une échelle de 7. Dans les circonstances de l'espèce, il en sera fait une juste appréciation en les évaluant à la somme de 8 000 euros.

20. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que Mme A C a subi un préjudice esthétique temporaire lié aux diverses interventions subies par la patiente, à la mise en place d'une dérivation de l'extrémité de l'intestin grêle à la surface de l'abdomen (iléostomie terminale) à la suite de la colectomie, ainsi que des différents drains, que l'expert a évalué à 5 sur une échelle de 7. Dans ces circonstances, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 3 000 euros

21. Il résulte de ce qui précède que les requérants, en leur qualité d'ayants-droits de Mme A C, sont fondés à demander l'indemnisation des préjudices corporels subis par cette dernière à hauteur d'un montant total de 12 740 euros. Il y a lieu, par suite, de condamner l'ONIAM à leur verser une indemnité à ce titre à hauteur de ce montant.

S'agissant des préjudices de M. F C :

22. En premier lieu, si M. F C demande l'indemnisation des frais qu'il soutient avoir exposés pour se rendre aux obsèques de son épouse auprès de laquelle il résidait en Martinique, il ne verse toutefois à l'instruction aucun justificatif d'un quelconque frais exposé à ce titre. Dans ces conditions, le requérant n'établit pas la réalité du préjudice dont il se prévaut à ce titre. Sa demande d'indemnisation présentée à ce titre doit, par suite, être rejetée.

23. En deuxième lieu, si M. F C demande l'indemnisation des pertes de rémunérations qu'il prétend avoir subies, il ne justifie toutefois pas de la réalité d'un tel préjudice, faute de produire le moindre justificatif. Sa demande d'indemnisation présentée à ce titre doit, par suite, être rejetée.

24. En troisième lieu, les dispositions du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique citées au point 15. n'ouvrent droit à réparation, au titre de la solidarité nationale, que des seuls préjudices résultant du décès de la victime, à l'exclusion des préjudices nés antérieurement Par suite, M. F C n'est pas fondé à obtenir réparation au titre de la solidarité nationale du préjudice d'accompagnement qu'il a subi pendant la prise en charge de son épouse.

25. En quatrième lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection subi par M. F C à la suite du décès de son épouse avec laquelle il a vécu de nombreuses années et avec laquelle il a élevé trois enfants nés en 1979, 1983 et 1987 en l'évaluant à la somme de 25 000 euros.

26. Il résulte de ce qui précède que M. F C est fondé à demander l'indemnisation des préjudices subis à la suite du décès de son épouse à hauteur d'un montant de 25 000 euros. Il y a lieu, par suite, de condamner l'ONIAM à lui verser une indemnité à ce titre à hauteur de ce montant.

S'agissant des préjudices subis M. B C, M. G C et Mme D C :

27. En premier lieu, si M. B C, M. G C et Mme D C demandent l'indemnisation des frais qu'ils soutiennent avoir exposés pour se rendre aux obsèques de leur mère, ils ne versent toutefois à l'instruction aucun justificatif d'un quelconque frais exposé à ce titre. Dans ces conditions, les requérants n'établissent pas la réalité du préjudice dont ils se prévalent sur ce point. Leur demande d'indemnisation présentée à ce titre doit, par suite, être rejetée.

28. En deuxième lieu, si M. B C, M. G C et Mme D C demandent l'indemnisation des pertes de rémunérations qu'ils prétendent avoir subies, ils ne justifient toutefois pas de la réalité d'un tel préjudice, faute de produire le moindre justificatif. Leur demande d'indemnisation présentée à ce titre doit, par suite, être rejetée.

29. En troisième lieu, pour les motifs exposés au point 24., M. B C, M. G C et Mme D C ne sont pas fondés à obtenir réparation au titre de la solidarité nationale du préjudice d'accompagnement qu'ils auraient subi pendant la prise en charge de leur mère.

30. En quatrième lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection subi par M. B C, M. G C et Mme D C à la suite du décès de leur mère survenu alors qu'ils étaient âgés respectivement de 39 ans, 36 ans et 32 ans et vivaient en dehors du foyer de leurs parents, en l'évaluant à la somme de 5 000 euros chacun.

31. Il résulte de ce qui précède que M. B C, M. G C et Mme D C sont seulement fondés à demander l'indemnisation des préjudices subis à la suite du décès de leur mère à hauteur d'un montant de 5 000 euros chacun. Il y a lieu, par suite, de condamner l'ONIAM à leur verser à tous trois une indemnité à ce titre à hauteur de ce montant.

Sur la déclaration de jugement commun :

32. La caisse générale de sécurité sociale de la Martinique, mise en cause dans la présente instance, n'a pas produit de mémoire. Par suite, il y a lieu de lui déclarer commun le présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

33. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier universitaire de Martinique, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que les consorts C demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme demandée par le centre hospitalier de la Martinique au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a en revanche lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions subsidiaires des consorts C et de mettre à la charge de l'ONIAM une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) est condamné à verser à M. F C, M. B C, M. G C et Mme D C une somme globale de 12 740 euros en réparation des préjudices subis par feue Mme A C.

Article 2 : L'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) est condamné à verser à M. F C une somme de 25 000 euros en réparation des préjudices qu'il a subis en sa qualité d'ayant-droit de feue Mme A C.

Article 3 : L'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) est condamné à verser à M. B C une somme de 5 000 euros en réparation des préjudices qu'il a subis en sa qualité d'ayant-droit de feue Mme A C.

Article 4 : L'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) est condamné à verser à M. G C une somme de 5 000 euros en réparation des préjudices qu'il a subis en sa qualité d'ayant-droit de feue Mme A C.

Article 5 : L'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) est condamné à verser à Mme D C une somme de 5 000 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis en sa qualité d'ayant-droit de feue Mme A C.

Article 6 : L'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) versera à M. F C, M. B C, M. G C et Mme D C une somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : Le surplus des conclusions de la requête de M. F C, de M. B C, de M. G C et de Mme D C est rejeté.

Article 8 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier universitaire de Martinique en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 9 : Le présent jugement est déclaré commun à la caisse générale de sécurité sociale de la Martinique.

Article 10 : Le présent jugement sera notifié à M. F C, premier dénommé pour l'ensemble des requérants, au centre hospitalier universitaire de Martinique, à l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) et à la caisse générale de sécurité sociale de la Martinique.

Délibéré après l'audience du 22 février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Laso, président,

M. de Palmaert, premier conseiller,

M. E, magistrat honoraire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2024.

Le président rapporteur,

J-M. Laso

L'assesseur le plus ancien

dans l'ordre du tableau,

S. de Palmaert Le greffier,

J-H. Minin

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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