jeudi 28 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300171 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | FABRE-SAVARY-FABBRO, SOCIÉTÉ D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 mars 2023, et un mémoire du 14 février 2024, qui n'a pas été communiqué, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la jonction de la présente affaire avec le dossier n° 2000483 ;
2°) d'annuler la décision implicite du 22 février 2023 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Martinique a confirmé, suite à l'avis de la Commission d'accès aux documents administratifs, son refus de lui communiquer le rapport d'expertise médicale dont il a fait l'objet pendant la période du 22 novembre 2019 au mois de février 2020 ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 12 millions d'euros en réparation de ses préjudices ;
4°) de mettre la somme de 3 000 euros à la charge de l'Etat au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la communication du rapport d'expertise médicale lui est nécessaire dans le cadre d'un litige l'opposant au propriétaire de son logement.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 5 juillet 2023 et le 25 janvier 2024, le centre hospitalier universitaire de Martinique, représenté par la SELARL Fabre et associées, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monnier-Besombes,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- les observations de M. A,
- et les observations de Me Auteville, substituant la SELARL Fabre et associées, qui représente le centre hospitalier universitaire de Martinique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 22 juillet 2022, M. A a sollicité, auprès du centre hospitalier universitaire de Martinique, la communication de l'expertise médicale dont il a fait l'objet pendant la période du 22 novembre 2019 au mois de février 2020. Cette demande ayant fait l'objet d'une décision implicite de rejet le 22 août 2022, l'intéressé a alors saisi, le 22 décembre 2022, la Commission d'accès aux documents administratifs, qui a rendu un avis favorable à la communication de son dossier médical, le 25 janvier 2023. Le silence ensuite conservé par le directeur général du centre hospitalier universitaire de Martinique a fait naître, le 22 février 2023, en application des articles R. 343-4 et R. 343-5 du code des relations entre le public et l'administration, une décision implicite de refus qui s'est substituée à celle du 22 août 2022. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision implicite du 22 février 2023 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Martinique a confirmé, suite à cet avis, son refus de communication de l'expertise médicale, et de condamner l'Etat à lui verser la somme de 12 millions d'euros en réparation de ses préjudices.
Sur la demande de jonction :
2. Dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, le juge administratif dispose, sans jamais y être tenu, de la faculté de joindre deux ou plusieurs affaires. Dans les circonstances de l'espèce, la requête de M. A enregistrée sous le n° 2000483 a déjà été jugée par le tribunal, de sorte que la demande de jonction présentée par le requérant ne peut, en tout état de cause, qu'être rejetée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. L'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre ". Par ailleurs, l'article L. 311-5 de ce code dispose que : " Ne sont pas communicables : () / 2° Les autres documents administratifs dont la consultation ou la communication porterait atteinte : () / f) Au déroulement des procédures engagées devant les juridictions ou d'opérations préliminaires à de telles procédures, sauf autorisation donnée par l'autorité compétente ; () ". L'article L. 311-6 du même code dispose que : " Ne sont communicables qu'à l'intéressé les documents administratifs : / 1° Dont la communication porterait atteinte à la protection de la vie privée, au secret médical () / Les informations à caractère médical sont communiquées à l'intéressé, selon son choix, directement ou par l'intermédiaire d'un médecin qu'il désigne à cet effet, dans le respect des dispositions de l'article L. 1111-7 du code de la santé publique. " En outre, aux termes de l'article L. 1111-7 du code de la santé publique : " Toute personne a accès à l'ensemble des informations concernant sa santé détenues, à quelque titre que ce soit, () par des établissements de santé () qui sont formalisées ou ont fait l'objet d'échanges écrits entre professionnels de santé, notamment des résultats d'examen, comptes rendus de consultation, d'intervention, d'exploration ou d'hospitalisation, des protocoles et prescriptions thérapeutiques mis en œuvre, feuilles de surveillance, correspondances entre professionnels de santé, à l'exception des informations mentionnant qu'elles ont été recueillies auprès de tiers n'intervenant pas dans la prise en charge thérapeutique ou concernant un tel tiers. / Elle peut accéder à ces informations directement ou par l'intermédiaire d'un médecin qu'elle désigne et en obtenir communication, dans des conditions définies par voie réglementaire () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A a présenté auprès du directeur général du centre hospitalier universitaire de Martinique, le 22 juillet 2022, une demande de communication du rapport d'expertise médicale dont il a fait l'objet pendant la période du 22 novembre 2019 au mois de février 2020. Toutefois, le centre hospitalier universitaire de Martinique fait valoir en défense, sans être contesté, que la demande du requérant se rapporte à un examen médical dont il a fait l'objet, de la part d'un médecin légiste de l'hôpital, sur réquisition du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Fort-de-France, en vertu d'un procès-verbal de réquisition du 22 novembre 2019, produit à l'instance. Bien que les opérations d'expertise se soient déroulées au sein des locaux du centre hospitalier universitaire de Martinique, le rapport d'expertise ne constitue pas un élément du dossier hospitalier du patient détenu par l'établissement hospitalier. Un tel rapport d'expertise, qui est intervenu sur réquisition du procureur de la République, n'est au contraire pas détachable de la procédure pénale impliquant le requérant, quand bien même celui-ci avait le statut de victime, et ne constitue ainsi pas un document administratif présentant un caractère communicable. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que le directeur général du centre hospitalier universitaire de Martinique aurait méconnu les dispositions citées au point précédent du code des relations entre le public et l'administration et du code de la santé publique. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être écarté.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision implicite du 22 février 2023 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Martinique a confirmé, suite à l'avis de la Commission d'accès aux documents administratifs, son refus de lui communiquer le rapport d'expertise médicale dont il a fait l'objet pendant la période du 22 novembre 2019 au mois de février 2020, doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
6. En l'absence de toute illégalité fautive, les conclusions indemnitaires de M. A, qui sont au demeurant mal dirigées contre l'Etat, qui n'est pas partie à la présente instance, doivent en tout état de cause être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. A, qui n'a au demeurant pas été assisté par un avocat, la somme qu'il réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas davantage lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme demandée par le centre hospitalier universitaire de Martinique au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier universitaire de Martinique présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au centre hospitalier universitaire de Martinique.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. de Palmaert, premier conseiller,
Mme Monnier-Besombes, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2024.
La rapporteure,
A. Monnier-BesombesLe président,
J.-M. Laso
Le greffier,
J.-H. Minin
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026