jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300202 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 avril 2023, Mme B C demande au tribunal d'annuler la décision du 2 mars 2023 par laquelle la cheffe du service administratif et technique de la police nationale de Martinique a refusé, en dépit de son admission prononcée par la commission de sélection, de la recruter en qualité de policier adjoint de la police nationale.
Elle soutient que cette décision ne pouvait légalement être prise dès lors que, par une décision du 7 octobre 2022, elle avait été admise à participer aux épreuves de sélection organisées pour le recrutement de policiers adjoints.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2023, le préfet de la Martinique s'en remet à la sagesse du tribunal.
Par un mémoire enregistré le 21 juin 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer fait valoir qu'il n'est pas compétent pour présenter des observations en défense dans la présente instance.
En application de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, les parties ont été informées le 10 juillet 2023 de ce que le tribunal était susceptible de prononcer d'office une injonction tendant à ce que Mme C intègre une promotion de policiers adjoints.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Palmaert,
- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a déposé sa candidature le 27 août 2022 dans le cadre du recrutement en Martinique de policiers adjoints. Par un courrier du 7 octobre 2022, elle a été autorisée à prendre part aux épreuves écrites de sélection. Par une délibération de la commission de sélection en date du 20 décembre 2022, vingt candidats, dont Mme C, ont été inscrits sur la liste d'admission. Par un courrier du 2 mars 2023 de la cheffe du service administratif et technique de la police nationale de Martinique, l'intéressée a été informée que, ayant dépassé la limite d'âge pour l'accès à cet emploi le jour de son incorporation, elle ne serait pas recrutée en qualité de policier adjoint. Par la présente requête, Mme C demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 411-5 du code de la sécurité intérieure : " Pour développer des activités répondant à des besoins non satisfaits, l'Etat peut faire appel à des agents âgés de dix-huit à moins de trente ans, recrutés en qualité de contractuels de droit public pour une période de trois ans, renouvelable une fois par reconduction expresse, afin d'exercer des missions de policiers adjoints auprès des fonctionnaires des services actifs de la police nationale. () ". Aux termes de l'article R. 411-8 du code du même code : " Nul ne peut être recruté en qualité d'adjoint de sécurité : () 2° S'il est âgé de moins de dix-huit ans ou de plus de trente ans ; () ". Aux termes de l'article R. 411-8-1 du même code : " Les adjoints de sécurité sont recrutés après sélection sur entretien et après avoir subi avec succès les tests psychologiques ainsi que les épreuves sportives fixées par un arrêté conjoint du ministre de l'intérieur et du ministre chargé de la fonction publique ". Et aux termes de l'article R. 411-9 de ce code : " Les adjoints de sécurité sont recrutés par contrat écrit, pour une durée de trois ans renouvelable une fois par reconduction expresse, conclu au nom de l'Etat () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme C a déposé le 27 août 2022 son dossier de candidature à l'emploi de policier adjoint. Par un courrier du 7 octobre 2022, le service administratif et technique de la police nationale de Martinique l'a informée qu'elle était autorisée à participer aux épreuves d'admissibilité du recrutement de policiers adjoints, et l'a convoquée pour ces épreuves qui se sont tenues le 24 octobre 2022. Il résulte des termes de ce courrier, qui autorise l'intéressée à concourir, que la condition d'âge avait nécessairement été vérifiée par le service de sorte que, s'agissant de cette condition de recrutement, le courrier du 7 octobre 2022 constitue une décision individuelle créatrice de droits au profit de Mme C.
4. Aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ".
5. En l'espèce, à la supposer illégale, la décision du 7 octobre 2022 admettant Mme C à concourir pouvait être retirée dans le délai de quatre mois, soit le 7 février 2023 au plus tard. Or, la décision attaquée en date du 2 mars 2023, qui doit être regardée comme portant retrait de la décision d'admission à concourir dont bénéficiait Mme C, est intervenue postérieurement au délai de quatre mois prévu par les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration. Il s'ensuit que cette décision est entachée d'illégalité.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision du 2 mars 2023 par laquelle la cheffe du service administratif et technique de la police nationale de Martinique a refusé de la recruter en qualité de policier adjoint de la police nationale.
Sur l'injonction :
7. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision ".
8. Informé par un courrier du 10 juillet 2023 que le tribunal était susceptible de prononcer une injonction tendant à ce que Mme C soit intégrée à une promotion de policier adjoint, le préfet de la Martinique n'a pas fait valoir de motifs, autre que celui de l'âge, qui y feraient obstacle. Eu égard au motif qui le fonde, le présent jugement implique nécessairement que Mme C soit intégrée à une prochaine promotion de policier adjoint. Dès lors, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Martinique de procéder à cette intégration, dans un délai d'un mois suivant la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 2 mars 2023 par laquelle la cheffe du service administratif et technique de la police nationale de Martinique a refusé de recruter Mme C en qualité de policier adjoint est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Martinique, dans le délai d'un mois suivant la notification du présent jugement, d'intégrer Mme C à une nouvelle promotion de policier adjoint.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Martinique.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. de Palmaert, premier conseiller,
M. Phulpin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
Le rapporteur,
S. de Palmaert
Le président,
J-M Laso
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026