jeudi 21 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300205 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 avril 2023, Mme B C demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 4 783 euros, correspondant à des cotisations d'impôt sur le revenu et à des majorations auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2018, objet d'une saisie à tiers détenteur émise par le comptable public le 10 février 2023 ;
2°) de lui restituer les sommes prélevées sur ses rémunérations en application de la saisie à tiers détenteur du 10 février 2023, assorties des intérêts moratoires ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser une indemnité d'un montant correspondant au double des sommes prélevées sur ses rémunérations en réparation des préjudices moral et financier qu'elle estime avoir subis.
Elle soutient que :
- elle n'a plus aucune somme à payer puisque, après avoir formé une réclamation, elle a été destinataire en octobre 2022 d'un nouvel avis d'impôt sur le revenu indiquant qu'elle n'avait rien à payer au titre des revenus de 2018 ;
- l'administration n'a pas respecté le délai de prescription en émettant un avis de saisie à tiers détenteur le 10 février 2023 ;
- cette situation, qui lui cause des préjudices moral et financier, justifie qu'une indemnité d'un montant correspondant au double des sommes prélevées sur ses rémunérations lui soit allouée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2023, le directeur régional des finances publiques de la Martinique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable puisqu'elle ne comporte que des moyens portant sur l'assiette des impositions, alors même que le recours relève du contentieux du recouvrement ;
- les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Phulpin,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'une déclaration corrective de revenus, Mme B C et son époux ont été assujettis au titre de l'année 2018 à une cotisation d'impôt sur le revenu d'un montant 4 348 euros. Cette imposition a été mise en recouvrement le 31 octobre 2019. Le comptable public du service des impôts des particuliers du Lamentin a alors émis à l'encontre de Mme C, le 10 février 2023, un avis de saisie à tiers détenteur à destination de son employeur en vue du recouvrement de la somme de 4 348 euros, assortie d'une pénalité pour retard de paiement de 435 euros. L'intéressée a alors formé auprès du directeur régional des finances publiques de la Martinique, les 2 mars 2023, une réclamation préalable qui a été rejetée par décision du 8 mars 2023. Dans la présente instance, Mme C demande au tribunal administratif de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 4 783 euros, objet de la saisie à tiers détenteur émise par le comptable public le 10 février 2023, ainsi que de lui restituer les sommes prélevées sur ses rémunérations, assorties des intérêts de moratoires. Elle demande en outre à la juridiction de condamner l'Etat à lui verser une indemnité d'un montant correspondant au double des sommes prélevées sur ses rémunérations en réparation des préjudices moral et financier qu'elle estime avoir subis.
Sur les conclusions aux fins de décharge et de restitution :
2. L'article L. 281 du livre des procédures fiscales dispose : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / () Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / () 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée () ".
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, à la suite de ses déclarations initiales de revenus, Mme C a été destinataire d'un avis d'imposition primitif établi le 9 juillet 2019. Cet avis assujettit la contribuable à une cotisation d'impôt sur les revenus de 2018 d'un montant nul, compte-tenu de l'application du crédit d'impôt modernisation du recouvrement (CIMR) lié à la mise en place du prélèvement à la source, et lui accorde le bénéfice d'une restitution de crédits d'impôts d'un montant de 6 197 euros liés, notamment, à des investissements forestiers et à des travaux réalisés dans son domicile dans un objectif de transition énergétique. Il n'est pas contesté que cette somme de 6 197 euros a été effectivement restituée à Mme C et versée sur son compte bancaire. Postérieurement, après avoir formé une déclaration rectificative de revenus, la requérante a été destinataire d'un avis d'imposition correctif, établi le 23 octobre 2019. Cet avis d'imposition correctif établit à nouveau à un montant nul la cotisation d'impôt sur les revenus de 2018 due par l'intéressée, compte-tenu de l'application du crédit d'impôt modernisation du recouvrement (CIMR) lié à la mise en place du prélèvement à la source. Il remet également en cause une partie du bénéfice de la restitution de crédits d'impôts initialement accordée, à hauteur de 4 348 euros, et met le paiement de cette dernière somme à la charge de la requérante. Après la mise en recouvrement intervenue le 31 octobre 2019, la requérante a présenté auprès des services fiscaux, le 10 mai 2022, une réclamation d'assiette. Par décision du 21 juin 2022, l'administration fiscale a accepté de prendre en compte certains frais professionnels de la requérante et a modifié les bases de calcul de ses impositions, sans que toutefois le montant global nul des impositions n'en soit modifié, compte-tenu de l'application du crédit d'impôt modernisation du recouvrement (CIMR) lié à la mise en place du prélèvement à la source. Par cette même décision, l'administration a également refusé à Mme C le bénéfice d'une restitution de crédit d'impôt supplémentaire au titre des travaux réalisés dans son domicile dans un objectif de transition énergétique et a laissé à sa charge la somme de 4 348 euros figurant dans l'avis correctif établi le 23 octobre 2019. Si l'administration a alors établi un avis de dégrèvement, le 19 juin 2022, celui-ci se borne toutefois à tirer les conséquences de la modification des bases de calcul des impositions résultant de la prise en compte certains frais professionnels de la requérante, sans modifier les modalités de calcul de la restitution des crédits d'impôts liés aux investissements forestiers et aux travaux réalisés dans son domicile dans un objectif de transition énergétique. Enfin, postérieurement à cet avis de dégrèvement, l'administration fiscale a établi, le 14 septembre 2022, un nouvel avis d'imposition rectificatif, afin de tenir compte d'une deuxième déclaration rectificative de revenus déposée par la contribuable le 14 octobre 2019. Cet avis d'imposition rectificatif confirme cependant le montant de la restitution des crédits d'impôts liés aux investissements forestiers et aux travaux réalisés dans son domicile dans un objectif de transition énergétique admis dans l'avis d'imposition correctif, établi le 23 octobre 2019. Dans ces conditions, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la somme de 4 348 euros, correspondant à la remise en cause de restitutions de crédits d'impôts, aurait donné lieu à une quelconque décision de dégrèvement et que, en application d'un tel dégrèvement, le montant de sa dette compte tenu des paiements effectués serait égal à zéro. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être écarté.
4. En second lieu, l'article L. 274 du livre des procédures fiscales dispose : " Sauf dispositions contraires et sous réserve de causes suspensives ou interruptives de prescription, l'action en recouvrement des créances de toute nature dont la perception incombe aux comptables publics se prescrit par quatre ans à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle ou de l'envoi du titre exécutoire tel que défini à l'article L. 252 A () ".
5. La somme litigieuse de 4 348 euros mise à la charge de Mme C par l'avis d'imposition correctif établi le 23 octobre 2019 a été mise en recouvrement le 31 octobre 2019. Il s'ensuit que la prescription de quatre ans instituée par les dispositions citées au point précédent de l'article L. 274 du livre de procédures fiscales n'était pas acquise lorsque l'avis de saisie à tiers détenteur émis par le comptable public le 10 février 2023 a été notifié à Mme C, laquelle notification est intervenue au plus tard le 2 mars 2023, date de la réclamation préalable de la requérante. Le moyen ainsi soulevé n'est dès lors pas fondé. Il doit, par suite, être écarté.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander la décharge de l'obligation de payer la somme litigieuse de 4 783 euros objet de la saisie à tiers détenteur émise par le comptable public le 10 février 2023. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le directeur régional des finances publiques de la Martinique, les conclusions principales de la requête tendant à la décharge de l'obligation de payer cette somme doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant à la restitution de cette somme et au bénéfice des intérêts moratoires.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que la saisie à tiers détenteur émise par le comptable public le 10 février 2023 n'est pas entachée d'aucune illégalité. Il s'ensuit que Mme C n'est pas fondée à soutenir que l'Etat aurait commis une illégalité fautive de nature à engager sa responsabilité à son égard en édictant un tel acte de saisie à tiers détenteur.
8. Il résulte ce qui précède que, en l'absence de toute faute commise par l'Etat, les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité, ni sur les autres conditions d'engagement de la responsabilité de la puissance publique tenant à l'existence d'un préjudice et d'un lien de causalité.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au directeur régional des finances publiques de la Martinique.
Délibéré après l'audience du 7 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. de Palmaert, premier conseiller,
M. Phulpin, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2023.
Le rapporteur,
V. Phulpin
Le président,
J-M. LasoLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026