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AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2300282

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2300282

lundi 22 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2300282
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge Unique
Avocat requérantCORIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 mai 2023, un mémoire complémentaire, enregistré le 22 mai 2023, et des pièces complémentaires, enregistrées au cours de l'audience, le 22 mai 2023, M. B A, représenté par Me Corin, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 16 mai 2023 par laquelle le préfet de la Martinique l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français, pendant une durée d'un an ;

3°) d'annuler la décision du 16 mai 2023 par laquelle le préfet de la Martinique a désigné la République d'Haïti comme pays de renvoi ;

4°) d'annuler la décision du 16 mai 2023 par laquelle le préfet de la Martinique a prononcé son assignation à résidence sur la commune du Lamentin pour une durée de quarante-cinq jours, en application de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

5°) d'enjoindre au préfet de la Martinique de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

6°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision d'obligation de quitter le territoire est insuffisamment motivée, compte-tenu notamment de ses formulations stéréotypées, et méconnait les articles L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est intervenue au terme d'une procédure irrégulière puisqu'il n'a pas été mis à même de présenter ses observations, en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne de respect des droits de la défense ;

- le préfet, qui a fait une application automatique de l'obligation de quitter le territoire français, n'a pas procédé à l'examen de sa situation personnelle ;

- la décision méconnait le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales puisque, présent depuis près de sept ans sur le territoire, il entretient une relation intime avec une ressortissante haïtienne en situation régulière, justifie d'une promesse d'embauche ainsi que d'un logement stable, et est inséré dans la société française ;

S'agissant de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision d'interdiction de retour sur le territoire français contient des formules stéréotypées et est ainsi entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle est illégale en raison de l'exception d'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire sur la base de laquelle elle a été prise ;

- la décision est entachée d'erreur de droit dans la mesure où le préfet ne s'est pas fondé sur l'ensemble des critères listés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la mesure d'interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an est disproportionnée compte-tenu de ses attaches sur le territoire et de ce qu'il ne présente aucune menace pour l'ordre public ;

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'exception d'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire sur la base de laquelle elle a été prise ;

- elle méconnait l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile puisqu'il a fui Haïti en raison de la situation d'insécurité liée à la présence de gangs armés qui mènent des actions violentes à l'encontre de la population ;

- elle méconnait pour les mêmes raisons l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision d'assignation à résidence :

- la décision attaquée prononçant son assignation est insuffisamment motivée, compte-tenu notamment de ses formulations stéréotypées, et méconnait les articles L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation au regard des articles L. 730-1 et L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'est pas établi que son éloignement demeure une perspective raisonnable.

Le préfet de la Martinique a produit des pièces, qui ont été enregistrées le 22 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Phulpin, conseiller, pour statuer sur les mesures d'éloignement relevant de l'article L. 614-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Lemaître, greffière d'audience, ont été entendus :

- le rapport de M. Phulpin ;

- les observations de Me Corin, avocate de M. A, qui, après avoir disposé avant l'audience du temps nécessaire pour prendre connaissance des pièces produites par le préfet de la Martinique, conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens que dans ses écritures ; elle soutient en outre que M. A ne pouvait faire l'objet d'une assignation à résidence, mais aurait dû au contraire être placé en rétention administrative, dès lors qu'il ne justifie pas des garanties de représentations suffisantes compte-tenu de ce que la validité de son passeport était arrivée à expiration ; que la mesure d'assignation est irrégulière dès lors qu'il n'a pas bénéficié d'une information suffisante sur les modalités d'exercices de ses droits au moment de la notification des décisions attaquées ; que la mesure d'assignation est encore irrégulière puisqu'il n'a pas pu bénéficier de l'assistance juridique effective d'une association de soutien des étrangers, aucune association de ce type n'étant effectivement présente en Martinique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique, à 10 heures 30.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant haïtien né le 4 novembre 1985, a déclaré être entré en France le 27 septembre 2017, après avoir transité par l'île de la Dominique, muni d'un passeport haïtien dépourvu de tout visa et de cachet d'entrée en France. Le préfet a pris à son encontre, le 27 septembre 2017, jour de son entrée sur le territoire, une décision l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, que l'intéressé n'a pas exécuté. Il s'est au contraire maintenu en France et a sollicité le bénéfice de l'asile, qui lui a été refusé par une décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 22 octobre 2018, confirmée par la cour nationale du droit d'asile le 15 février 2019. Sa demande de réexamen présentée au titre de l'asile a été rejetée par une nouvelle décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 12 août 2020, confirmée par une décision de la cour nationale du droit d'asile du 14 décembre 2020. M. A a été interpellé par les services de la police nationale le 16 mai 2023, puis placé en retenue administrative aux fins de vérification de son droit de circulation et de séjour en France. Le jour même, 16 mai 2023, le préfet de la Martinique a pris à son encontre trois décisions l'obligeant à quitter sans délai le territoire français, sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, fixant la République d'Haïti comme pays de renvoi, et prononçant son assignation à résidence sur la commune du Lamentin pour une durée de quarante-cinq jours, en application du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans la présente instance, M. A demande au tribunal administratif, après l'avoir admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, d'annuler l'ensemble des décisions préfectorales prises à son encontre le 16 mai 2023 et d'enjoindre à l'administration, sous conditions de délai et d'astreinte, de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention vie privée et familiale ou à défaut de réexaminer sa situation.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle dans la présente instance.

Sur la légalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. Le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Toutefois, dans le cas prévu au 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, où la décision faisant obligation de quitter le territoire français est prise après que la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusée à l'étranger ou si l'étranger ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application de l'article L. 542-1, l'obligation de quitter le territoire français découle nécessairement du défaut de reconnaissance de cette qualité ou de ce bénéfice. Le droit d'être entendu n'implique alors pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu à l'occasion de l'examen de sa demande de reconnaissance de sa demande d'asile. Par suite, la circonstance que M. A n'ait pas été spécifiquement invité à formuler des observations avant l'édiction de l'obligation de quitter le territoire français n'entache pas d'irrégularité la procédure d'éloignement menée par le préfet de la Martinique. Dans ces conditions, le moyen tiré du vice de procédure découlant de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

5. En deuxième lieu, l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée () ". L'article L. 211-5 du même code dispose : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

6. En l'espèce, la décision attaquée du 16 mai 2023 portant obligation de quitter sans délai le territoire français vise notamment le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle précise également, dans le corps de ses motifs, que, à la suite du rejet définitif de sa demande de réexamen présentée au titre de l'asile, M. A ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français et qu'il n'a pas sollicité son admission au séjour sur un autre fondement que celui de l'asile. Elle indique en outre que le requérant a déclaré être célibataire et père d'un enfant résident dans son pays d'origine, que ses liens personnels et familiaux ne sont pas anciens, intenses et stables, et qu'il n'est pas dépourvu de famille en Haïti. Dans ces conditions, la décision attaquée du préfet de la Martinique portant obligation de quitter sans délai le territoire français, qui fait référence aux éléments de la situation de M. A et ne présente ainsi pas un caractère stéréotypé, comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Elle répond ainsi aux exigences de motivation, contrairement à ce que soutient le requérant. Le moyen soulevé sur ce point n'est dès lors pas fondé. Il doit, par suite, être écarté.

7. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, alors notamment que la décision attaquée comporte de nombreux développements faisant état de considérations relatives à la situation du requérant ainsi qu'il a été dit au point précédent, que le préfet de la Martinique n'aurait pas procédé à l'examen particulier de la situation personnelle de M. A. Il s'ensuit que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée l'obligeant à quitter le territoire français serait entachée d'erreur de droit à ce titre. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être écarté.

8. En quatrième lieu, l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ".

9. Il ressort des pièces du dossier que le recours de M. A dirigé contre la décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides du 12 août 2020 rejetant sa demande de réexamen au titre de l'asile a été rejetée par une décision de la cour nationale du droit d'asile le 14 décembre 2020. Il est constant que, bien qu'il ait bénéficié d'une attestation de demande d'asile lui ayant été régulièrement renouvelée, la dernière attestation dont le requérant était titulaire était périmée à la date de la décision attaquée du 16 mai 2023. Enfin, il est constant que M. A n'a pas sollicité auprès des services préfectoraux la délivrance d'un titre de séjour autre que l'asile, et ne s'est ainsi à aucun moment vu remettre le récépissé de demande de titre de séjour prévu à l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, M. A remplissait l'ensemble des conditions fixées par le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour que le préfet de la Martinique prenne à son encontre, sur le fondement de cette disposition, une mesure d'obligation de quitter le territoire français. Le moyen tiré de la méconnaissance du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est dès lors pas fondé. Il doit, par suite, être écarté.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

11. En l'espèce, M. A se prévaut d'une relation amoureuse qu'il entretient depuis plus d'un an avec une ressortissante haïtienne, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle mention " vie privée et familiale " en cours de renouvellement, avec laquelle il projette de se marier le 13 août 2023. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les deux intéressés n'habitent pas dans le même domicile, le requérant étant hébergé par un tiers résidant à une adresse différente, et que le projet d'union porte sur un mariage purement religieux, à l'exclusion de tout mariage civil, ce que prohibe au demeurant l'article 433-21 du code pénal, ainsi que l'indique l'amie du requérant elle-même dans son attestation du 20 mai 2023. Dans ces conditions, en l'absence de toute communauté de vie, M. A doit être regardé comme se trouvant célibataire et sans enfant à charge sur le territoire national. S'il ressort des attestations de témoins que le requérant a rejoint dès son arrivée sur le territoire en 2017 la communauté religieuse d'une association cultuelle, au sein de laquelle il bénéficie désormais d'une forte insertion, officiant notamment en qualité de musicien durant les cérémonies religieuses, il ne justifie toutefois d'aucune attache de nature familiale en France. Bien qu'il démontre exercer une activité salariée en qualité d'ouvrier manœuvre dans le domaine du bâtiment et des travaux publics, cette activité professionnelle est cependant récente et n'a débuté que le 1er février 2023. Le requérant ne démontre en outre pas être dépourvu d'attaches familiales et affectives dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de 31 ans et où vivent son enfant, prénommé Kenslov, ainsi que ses deux parents et les autres membres de sa famille. Dans ces conditions, malgré cinq ans et huit mois de présence sur le territoire français, M. A, compte-tenu des conditions de son séjour en France, n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée lui faisant obligation de quitter le territoire français porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale eu égard aux buts recherchés par l'administration. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés doit être écarté.

12. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à contester la légalité de la décision attaquée du préfet de la Martinique du 16 mai 2023 lui faisant obligation de quitter le territoire français. Les conclusions principales de la requête tendant à son annulation doivent, par suite, être rejetées.

Sur la légalité de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

13. L'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". L'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

14. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

15. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

16. En premier lieu, la décision du 16 mai 2023 mentionne, dans le corps de ses motifs, les dispositions citées précédemment des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'elle reproduit en substance. La décision indique qu'il n'apparaît aucune circonstance humanitaire pouvant justifier qu'il ne soit pas prononcé d'interdiction de retour, que M. A est présent sur le territoire depuis plus de cinq ans, qu'il a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement non exécutée et que la durée d'interdiction de retour d'un an ne porte pas une atteinte disproportionnée au regard de sa vie privée et familiale. Ainsi, la décision, qui fait référence à des éléments précis de la situation du requérant, répond aux exigences de motivation et se fonde sur l'ensemble des quatre critères définis à l'article L. 612-10 cité précédemment du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, contrairement à ce que soutient le requérant. Les moyens d'insuffisance de motivation et d'erreur de droit ainsi soulevés ne sont dès lors pas fondés. Ils doivent, par suite, être écartés.

17. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, l'exception d'illégalité invoquée à l'appui des conclusions dirigées contre l'interdiction de retour sur le territoire français doit être écartée.

18. En troisième lieu, d'une part, M. A ne se prévaut d'aucune circonstance humanitaire justifiant que le préfet de la Martinique, qui ne lui a pas accordé de délai de départ volontaire, n'édicte pas une telle mesure. L'existence d'une telle circonstance humanitaire ne ressort nullement des éléments versés au dossier. D'autre part, M. A a fait l'objet, le 27 septembre 2017, d'un précédent arrêté d'obligation de quitter le territoire français, assorti d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans que l'intéressé n'a pas respecté. Dans ces conditions, compte-tenu de ce qui a été dit précédemment au point 11., il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en prononçant à l'encontre de M. A une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an, le préfet aurait fait une inexacte appréciation des dispositions citées précédemment de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen d'erreur d'appréciation n'est dès lors pas fondé. Il doit, par suite, être écarté.

19. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à contester la légalité de la décision attaquée du préfet de la Martinique du 16 mai 2023 prononçant une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Les conclusions principales de sa requête tendant à son annulation doivent, par suite, être rejetées.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

20. En premier lieu, la décision du préfet de la Martinique du 16 mai 20233 fixant le pays de renvoi vise notamment les articles L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle indique dans le corps de ses motifs que M. A n'allègue ni n'établit être légalement admissible dans un Etat autre que celui qui lui a délivré un document de voyage et qu'il dispose d'un passeport, désormais périmé, valable jusqu'au 20 août 2018 délivré par les autorités haïtiennes, pays dont il a la nationalité. Dans ces conditions, la décision du préfet de la Martinique portant fixation du pays de destination, qui fait référence à des éléments précis de la situation du requérant, comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Elle répond ainsi aux exigences de motivation, contrairement à ce que soutient le requérant. Le moyen ainsi soulevé n'est dès lors pas fondé. Il doit, par suite, être écarté.

21. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, l'exception d'illégalité invoquée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de renvoi doit être écartée.

22. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. " D'autre part, l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".

23. M. A fait valoir qu'il règne un climat d'insécurité en Haïti, en raison de la présence de gangs armés qui mènent des actions violentes à l'encontre de la population. Toutefois, faute d'apporter aucune précision ni de produire le moindre justificatif, il ne démontre pas qu'il serait personnellement sujet à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit au point 1., la demande d'asile de M. A a été rejetée par une décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides du 22 octobre 2018, laquelle a été confirmée par une décision de la cour nationale du droit d'asile du 15 février 2019, tandis que sa demande de réexamen présentée au titre de l'asile a été rejetée par une nouvelle décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 12 août 2020, confirmée par une nouvelle décision de la cour nationale du droit d'asile du 14 décembre 2020. Il s'ensuit que les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas fondés. Ils doivent, par suite, être écartés.

24. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à contester la légalité de la décision attaquée du préfet de la Martinique du 16 mai 2023 fixant la République d'Haïti comme pays de renvoi. Les conclusions principales de la requête tendant à son annulation doivent, par suite, être rejetées.

Sur la légalité de la décision d'assignation à résidence :

25. L'article L. 730-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " L'autorité administrative peut, dans les conditions prévues au présent titre, assigner à résidence l'étranger faisant l'objet d'une décision d'éloignement sans délai de départ volontaire ou pour laquelle le délai de départ volontaire imparti a expiré et qui ne peut quitter immédiatement le territoire français. " L'article L. 731-1 du même code dispose : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". L'article L. 732-1 du même code dispose : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées. ".

26. En premier lieu, la décision attaquée du préfet de la Martinique du 16 mai 2023 vise les dispositions dont elle fait application, en particulier le 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'elle reproduit en substance dans le corps de ses motifs. Elle précise que M. A fait l'objet d'une obligation de quitter sans délai le territoire français prononcée le 16 mai 2023, qu'il détient un passeport, désormais périmé, délivré par les autorités haïtiennes valable jusqu'au 20 août 2018, qu'il existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation de quitter le territoire français et qu'il est nécessaire d'organiser son départ de France. Dans ces conditions, la décision attaquée du préfet de la Martinique prononçant l'assignation à résidence de M. A, qui fait référence à des éléments précis de la situation du requérant, comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Elle répond ainsi aux exigences de motivation, contrairement à ce que soutient le requérant. Le moyen soulevé sur ce point n'est dès lors pas fondé. Il doit, par suite, être écarté.

27. En deuxième lieu, M. A ne se prévaut d'aucune circonstance, relative à sa situation personnelle ou extérieure à celle-ci, qui serait susceptible de faire obstacle à son départ du territoire français. Il soutient au contraire qu'il n'est pas établi que son départ immédiat de France serait impossible et produit des imprimés-écrans de recherches de billets d'avion qui établissent l'existence de liaisons aériennes à destination de Port-au-Prince, en Haïti, au départ de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Martinique aurait méconnu les dispositions citées précédemment de l'article L. 730-1 et du 1° de L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en estimant que son éloignement demeurait une perspective raisonnable. Les moyens d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation ainsi soulevés doivent, par suite, être écartés.

28. En troisième lieu, l'article L. 732-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " Il est remis aux étrangers assignés à résidence en application de l'article L. 731-1 une information sur les modalités d'exercice de leurs droits, les obligations qui leur incombent et, le cas échéant, la possibilité de bénéficier d'une aide au retour. / Les modalités d'application du présent article sont fixées par décret en Conseil d'Etat. " L'article R. 732-5 du même code dispose : " L'étranger auquel est notifiée une assignation à résidence en application de l'article L. 731-1, est informé de ses droits et obligations par la remise d'un formulaire à l'occasion de la notification de la décision par l'autorité administrative ou, au plus tard, lors de sa première présentation aux services de police ou aux unités de gendarmerie () ".

29. Il résulte de ces dispositions que la remise du formulaire relatif aux droits et obligations des étrangers assignés à résidence doit s'effectuer au moment de la notification de la décision d'assignation à résidence ou, au plus tard, lors de la première présentation de l'étranger aux services de police ou de gendarmerie. Ainsi, cette formalité peut être satisfaite postérieurement à l'édiction de la décision d'assignation à résidence. Dès lors, l'absence d'information telle que prévue aux articles L. 732-7 et R. 732-5 précités ou l'irrégularité de cette information demeure sans incidence sur la légalité de la décision attaquée prononçant l'assignation à résidence litigieuse, laquelle légalité s'apprécie à la date de son édiction et non pas de sa notification. Il s'ensuit que le moyen du requérant tiré de ce qu'il n'aurait pas bénéficié d'une information suffisante sur les modalités d'exercices de ses droits au moment de la notification des décisions attaquées est inopérant. Il doit, par suite, être écarté.

30. En quatrième lieu, l'article L. 741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " L'autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de quarante-huit heures, l'étranger qui se trouve dans l'un des cas prévus à l'article L. 731-1 lorsqu'il ne présente pas de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement et qu'aucune autre mesure n'apparaît suffisante à garantir efficacement l'exécution effective de cette décision. / Le risque mentionné au premier alinéa est apprécié selon les mêmes critères que ceux prévus à l'article L. 612-3. " L'article L. 612-3 du même code dispose : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () ".

31. Si les dispositions citées au point précédent permettent à l'administration, sous certaines conditions, de placer en rétention administrative, pour une durée de quarante-huit heures, la personne de nationalité étrangère qui se trouve dans l'un des cas prévus à l'article L. 731-1 du même code, lorsque celle-ci ne présente pas de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement, notamment lorsqu'elle n'a pu présenter de document d'identité en cours de validité, il s'agit toutefois d'une simple faculté offerte à l'administration, et nullement d'une obligation. Il résulte de ce qui a été dit précédemment au point 27. que le requérant rentrait dans le cas prévu au 1° de L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet ne pouvait prononcer son assignation à résidence de courte durée en application de ces dernières dispositions et aurait dû au contraire prononcer son placement en rétention administrative. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être écarté.

32. En cinquième lieu, l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " A son arrivée au centre de rétention, l'étranger reçoit notification des droits qu'il est susceptible d'exercer en matière de demande d'asile. / A cette fin, il peut bénéficier d'une assistance juridique et linguistique. Lui sont notamment indiquées les conditions de recevabilité d'une demande d'asile formée en rétention prévues à l'article L. 754-1. ".

33. En l'espèce, M. A soutient qu'il n'a pas pu bénéficier de l'assistance juridique d'une association de soutien des étrangers en raison de l'absence effective de telles association sur le territoire de la Martinique. Toutefois, une telle garantie, prévue par le deuxième aliéna de l'article L. 744-6 cité au point précédent du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne s'applique qu'en cas de placement en rétention administrative, et nullement à la personne étrangère qui, comme le requérant, a fait l'objet d'une mesure d'assignation à résidence en application de l'article L. 731-1 du même code. Le moyen est dès lors inopérant. Il doit, par suite, être écarté.

34. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à contester la légalité de la décision attaquée du préfet de la Martinique du 16 mai 2023 prononçant son assignation à résidence. Les conclusions principales de la requête tendant à son annulation doivent, par suite, être rejetées.

Sur l'injonction :

35. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution particulière. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

36. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que l'avocate de M. A demande au titre des frais exposés qu'elle aurait réclamée à son client si ce dernier n'avait bénéficié de l'aide juridictionnelle.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête présentée par M. A est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Vaïté Corin et au préfet de la Martinique.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 22 mai 2023.

Le magistrat désigné,

V. Phulpin La greffière,

J. Lemaître

La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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