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AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2300299

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2300299

mardi 20 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2300299
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSCP GASCHIGNARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 mai 2023, M. B A, représenté par la SCP Gaschignard, Loiseau, Massignon, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 22 août 2022, par laquelle le chef du service territorial du recrutement et de la formation de la direction territoriale de la police nationale de Martinique a refusé son incorporation au sein de la 18ème promotion des cadets de la République ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de l'intégrer à titre provisoire au sein de la 18ème promotion des cadets de la République option police nationale recrutés dans le département de la Martinique dans un délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance à venir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée préjudicie gravement et immédiatement à sa situation financière, que sa formation s'achèvera dans trois mois et qu'il atteint l'âge limite pour suivre cette formation ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision critiquée dès lors que sa candidature est recevable, la condition d'âge maximal devant être appréciée à la date du dépôt du dossier de candidature et que la décision du 21 avril 2022 l'admettant à concourir, qui est créatrice de droits, ne pouvait être légalement retirée faute d'être illégale, au-delà du délai de quatre mois, conformément à l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration.

Vu :

- la requête n°2200518, enregistrée le 30 août 2022, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision en date du 22 août 2022 par laquelle le commandant de police, chef du service territorial du recrutement et de la formation de la direction territoriale de la police nationale de la Martinique l'a informé qu'il ne pouvait pas être accueilli au sein de la 18ème promotion des cadets de la République option police nationale ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". Aux termes de l'article L. 521-1 du même code : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Selon l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin, l'article L. 522-3 dudit code mentionne : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Pour justifier l'urgence, M. A invoque les conséquences négatives qui résultent pour lui, en ce qui concerne sa situation financière, de l'exécution de la décision du 22 août 2022 par laquelle le chef du service territorial du recrutement et de la formation de la direction territoriale de la police nationale de Martinique a refusé son incorporation au sein de la 18ème promotion des cadets de la République. Toutefois, le juge des référés du tribunal administratif de la Martinique a, par une ordonnance du 12 septembre 2022, suspendu cette décision et enjoint au ministre de l'intérieur de l'intégrer à titre provisoire au sein de la 18ème promotion des cadets de la République option police nationale, recrutés dans le département de la Martinique, dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance. Si, par une décision du 26 mai 2023, le Conseil d'Etat a annulé cette décision et rejeté la requête de M. A au motif que la condition d'urgence, prévue par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, n'était pas remplie, le requérant n'apporte, par les pièces qu'il produit à l'appui de sa requête, aucun justificatif de la précarité de sa situation à la date de la présente ordonnance. Il n'apporte pas davantage de précision sur sa situation professionnelle au regard du suivi de sa formation et des conditions dans lesquelles il y aurait été éventuellement mis fin. Par ailleurs, la requête au fond par laquelle il demande l'annulation de la décision en litige du 22 août 2022 est inscrite au rôle d'une audience collégiale de ce tribunal qui doit se tenir le 22 juin 2023. Ni les circonstances relatées dans la requête, ni les pièces jointes à celle-ci ne permettent de caractériser une situation d'urgence qui justifierait, à la date de la présente ordonnance, l'intervention du juge des référés dans un délai plus court. Dès lors, la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-1 précité du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie. Il y a lieu, par suite, de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions à fin de suspension de la décision attaquée ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais d'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Schœlcher, le 20 juin 2023.

La juge des référés,

H. Rouland-Boyer

La république mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

N°2300299

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