LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2300361

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2300361

vendredi 22 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2300361
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge Unique

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, des pièces et un mémoire, enregistrés le 28 juin 2023, le 10 août 2023 et le 20 septembre 2023, le préfet de la Martinique défère au tribunal, comme prévenu d'une contravention de grande voirie, M. C A et conclut à ce que le tribunal :

1°) constate que les faits établis par le procès-verbal du 10 mai 2023 constituent la contravention prévue et réprimée par les articles L. 2132-2 et suivants du code général de la propriété des personnes publiques et condamne par suite M. A au paiement de l'amende maximale fixée par l'article 131-13 du code pénal ;

2°) enjoigne à M. A de retirer son bateau stationné sur le domaine public dans un délai de huit jours et sous astreinte de cent euros par jour de retard et, en cas de carence de sa part, l'autorise à procéder à cet enlèvement aux frais et risques du contrevenant.

Par des mémoires en défense et des pièces, enregistrés le 2 août 2023 et le 20 novembre 2023, M. A conclut à l'annulation du procès-verbal de contravention de grande voirie dressé à son encontre, au rejet des demandes du préfet, et à ce que lui soit attribué un lieu de stationnement pour son bateau.

Il fait valoir que :

- le procès-verbal de contravention de grande voirie n'a pas été dressé par un agent assermenté à cette fin ;

- selon les fiches détaillées du service urbanisme de la commune de Schoelcher, la parcelle P 69 est présentée comme une servitude d'utilité publique ; or, cette servitude n'apparait sur aucun document officiel et, au 22 décembre 2022, aucun projet d'aménagement n'était prévu sur la parcelle P 69 ;

- son bateau n'est stationné qu'à 11,44 mètres du lieu où s'échoue la dernière vague en temps calme à marée basse ; l'existence d'une parcelle à cet endroit n'est matérialisée sur le terrain par aucun affichage ou bornage ;

- les conditions d'application de l'article L. 2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques ne sont pas réunies dès lors qu'il n'occupe pas le domaine public ;

- sur les quatorze navires stationnés sur cette plage, seuls quatre ont fait l'objet d'une verbalisation.

Vu :

- le procès-verbal de contravention de grande voirie du 10 mai 2023 ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal a désigné M. de Palmaert, premier conseiller, en application de l'article L. 774-1 du code de justice administrative.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. de Palmaert,

- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Le préfet de la Martinique défère au tribunal, comme prévenu d'une contravention de grande voirie, M. A à qui il est reproché, aux termes d'un procès-verbal dressé le 10 mai 2023 de laisser stationner son bateau dénommé " Clovann ", immatriculé FFB82429, sur la parcelle cadastré P 69 située sur le territoire de la commune de Schoelcher, dans la zone des cinquante pas géométriques. Ce procès-verbal a été notifié à M. A par un courrier du 20 juin 2023.

Sur la régularité des poursuites :

2. Aux termes de l'article L. 2132-2 du code général de la propriété des personnes publiques : " Les contraventions de grande voirie sont instituées par la loi ou par décret () / Elles sont constatées, poursuivies et réprimées par voie administrative ". Aux termes de l'article L. 2132-3-2 du même code : " Toute atteinte à l'intégrité et à la conservation du domaine public ou de nature à compromettre son usage dans les espaces urbains et dans les secteurs occupés par une urbanisation diffuse de la zone dite des cinquante pas géométriques, est passible d'une amende de 150 € à 12 000 €. / () L'atteinte peut être constatée par les agents des agences pour la mise en valeur des espaces urbains de la zone dite des cinquante pas géométriques commissionnés par leur directeur et assermentés devant le tribunal judiciaire, par les agents de l'Etat assermentés à cet effet devant le tribunal judiciaire ainsi que par les agents et officiers de police judiciaire ".

3. Le préfet de la Martinique a versé aux débats une copie de la carte de commission de M. B, agent de la direction de l'environnement de l'aménagement et du logement ayant dressé et signé le procès-verbal de contravention de grande voirie du 10 mai 2023. L'intéressé a prêté serment le 11 décembre 2012 devant le tribunal d'instance de Fort-de-France et était ainsi habilité à constater des contraventions de grande voirie. Contrairement à ce que soutient M. A, ni la carte de commission de M. B ni le procès-verbal de son serment recueilli en 2011 n'excluent de son habilitation la constatation des contraventions de grande voirie.

Sur le bien-fondé des poursuites :

4. Aux termes de l'article L. 2122-1 de ce code : " Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 ou l'utiliser dans des limites dépassant le droit d'usage qui appartient à tous ". Aux termes de l'article L. 2111-4 du même code : " Le domaine public maritime naturel de L'Etat comprend : () 4° La zone bordant le littoral définie à l'article L. 5111-1 dans les départements de () la Martinique () ". Aux termes de l'article L. 5111-1 du même code : " La zone comprise entre la limite du rivage de la mer et la limite supérieure de la zone dite des cinquante pas géométriques définie à l'article L. 5111-2 fait partie du domaine public maritime de l'Etat ".

5. Il résulte de l'instruction et notamment des termes du procès-verbal du 10 mai 2023 que M. A fait stationner un bateau sur la parcelle cadastrée P 69 située sur la zone des cinquante pasgéométriques. Si M. A conteste l'emplacement exact de son bateau, il n'apporte aucune précision de nature à contredire le constat de l'agent assermenté mentionné au procès-verbal du 10 mai 2023 qui fait foi jusqu'à preuve contraire. Le stationnement de ce bateau constitue une occupation du domaine public au sens de l'article L. 2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques, et M. A ne peut utilement soutenir que la domanialité publique de ce terrain aurait dû faire l'objet d'un affichage ou d'un bornage qu'aucun texte ou principe ne prévoit. Par ailleurs, il ne résulte aucunement de l'instruction que la parcelle en cause serait l'objet d'une servitude qui permettrait de regarder comme régulière l'occupation reprochée. Enfin, à la supposer même établie, la circonstance que d'autres bateaux irrégulièrement stationnés sur la même parcelle du domaine public n'aurait pas fait l'objet d'une verbalisation est sans incidence sur le bien-fondé des poursuites engagées contre M. A. Par suite, l'infraction de contravention de grande voirie est caractérisée.

Sur l'amende :

6. Aux termes de l'article L. 2132-3-2 du code général de la propriété des personnes publiques : " Toute atteinte à l'intégrité et à la conservation du domaine public ou de nature à compromettre son usage dans les espaces urbains et dans les secteurs occupés par une urbanisation diffuse de la zone dite des cinquante pas géométriques, est passible d'une amende de 150 € à 12 000 €. / Les contrevenants sont tenus de réparer toute atteinte et notamment de supporter les frais des mesures provisoires et urgentes que les personnes publiques compétentes ont dû prendre pour faire cesser le trouble apporté au domaine public par les infractions constatées (). ".

7. Les faits constatés par le préfet de la Martinique étant établis, il y a lieu de condamner M. A, en application des dispositions précitées, au paiement d'une amende. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de fixer cette amende à la somme de 1 000 euros.

Sur l'action domaniale :

8. Lorsqu'il qualifie de contravention de grande voirie des faits d'occupation irrégulière d'une dépendance du domaine public, il appartient au juge administratif, saisi d'un procès-verbal accompagné ou non de conclusions de l'administration tendant à l'évacuation de cette dépendance, d'enjoindre au contrevenant de libérer sans délai le domaine public et, s'il l'estime nécessaire et au besoin d'office, de prononcer une astreinte.

9. Pour les motifs précédemment exposés, il y a lieu d'enjoindre à M. A, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de cent euros par jour de retard, d'enlever hors du domaine public son bateau dénommé " Clovann ". Il y a lieu également d'autoriser l'Etat à procéder d'office à ces opérations aux frais, risques et périls du contrevenant, en cas d'inexécution passé le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

10. Enfin, sont irrecevables les conclusions tendant à ce que le juge administratif adresse, à titre principal, des injonctions à l'administration. Par suite, les conclusions de M. A tendant à ce que le tribunal lui attribue un lieu de stationnement pour son bateau ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1 : M. A est condamné à payer une amende de 1 000 euros.

Article 2 : M. A est condamné à retirer son bateau de la parcelle cadastrée P 69 dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de cent euros par jour de retard.

Article 3 : A défaut d'exécution de l'article 2 ci-dessus dans le délai fixé, l'Etat pourra faire procéder à l'exécution d'office de cet enlèvement, avec le concours de la force publique si nécessaire, aux frais et risques exclusifs de M. A.

Article 4 : Les conclusions présentées en défense par M. A sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié au préfet de la Martinique pour notification à M. C A dans les conditions prévues à l'article L. 774-6 du code de justice administrative.

Copie en sera adressée, pour le recouvrement de l'amende, au directeur régional des finances publiques de la Martinique.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2023.

Le magistrat désigné,

S. de Palmaert

Le greffier,

J-H. Minin

La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions