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AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2300369

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2300369

jeudi 29 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2300369
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMONOTUKA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 juin 2023, M. C, représenté par Me Monotuka, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 26 juin 2023 par laquelle le préfet de la Martinique a prononcé son assignation à résidence sur le territoire de la commune de Fort-de-France pendant une durée de 45 jours, avec obligation de se présenter une fois par semaine au commissariat de police de Fort-de-France le lundi entre 8h00 et 11h00, en application du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Martinique de lui délivrer un titre de séjour mention vie privée et familiale, ou à défaut de réexaminer sa demande tendant à la délivrance d'un tel titre de séjour.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence dès lors que son signataire ne justifie d'aucune délégation de signature régulièrement publiée ;

- il n'est pas établi que l'auteur de la décision attaquée ait signé l'acte original ;

- la décision attaquée méconnaît son droit au respect de la vie privée et familiale puisque, présent en Martinique depuis le 18 février 2019, il a fait l'objet d'une adoption par une française, prononcée par un jugement du tribunal judiciaire du 22 juillet 2020, vit désormais auprès de sa mère adoptive et est intégré dans la société française.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Phulpin, conseiller, pour statuer sur les mesures d'éloignement relevant de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant haïtien né le 23 septembre 2023, a fait l'objet, le 20 décembre 2022, d'une décision préfectorale portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de départ volontaire de trente jours. L'intéressé s'est toutefois maintenu sur le territoire français. Le 26 juin 2023, il a été interpelé puis placé en retenue administrative aux fins de vérification de son droit de circulation et de séjour en France. Par une décision prise le jour même en application du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Martinique a prononcé son assignation à résidence sur le territoire de la commune de Fort-de-France, pour une durée de 45 jours, avec obligation de se présenter une fois par semaine, le mardi entre 8h00 et 11h00, au commissariat de Fort-de-France. Dans la présente instance, M. B demande au tribunal administratif d'annuler cette décision préfectorale du 26 juin 2023, ainsi que d'enjoindre au préfet de la Martinique de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familial " ou, à défaut, de réexaminer sa demande tendant à la délivrance d'un tel titre de séjour.

2. D'une part, l'article L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " La décision d'assignation à résidence prise en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-1 peut être contestée devant le président du tribunal administratif dans le délai de quarante-huit heures suivant sa notification () ". L'article L. 614-9 du même code dispose : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il désigne à cette fin parmi les membres de sa juridiction () statue au plus tard quatre-vingt-seize heures à compter de l'expiration du délai de recours. "

3. D'autre part, aux termes de l'article R. 776-15 du code de justice administrative, applicable à l'étranger faisant l'objet d'une mesure d'assignation à résidence fondée sur l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers en vertu de l'article R. 776-14 du code de justice administrative : " Les jugements sont rendus, sans conclusions du rapporteur public, par le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cet effet. / Les attributions dévolues par les dispositions réglementaires du présent code à la formation de jugement ou à son président sont exercées par ce magistrat. / Il peut, par ordonnance : / () 4° Rejeter les recours entachés d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance. "

4. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée du 26 juin 2023 prononçant l'assignation à résidence de M. B a été notifiée à son destinataire le 26 juin 2023 à 17h30 et comportait une mention régulière des voies et délais de recours. Il s'ensuit que le délai de recours contentieux de quarante-huit heures dont disposait M. B pour contester cette décision, lequel délai de recours constitue un délai d'heure et à heure et non un délai franc, expirait le 28 juin 2023 à 17h30. La requête de M. B n'a toutefois été enregistrée au greffe du tribunal administratif que le 28 juin 2023 à 18h20, soit postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux. Il s'ensuit que la requête est entachée d'une irrecevabilité manifeste, insusceptible d'être couverte en cours d'instance.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions citées précédemment du 4° de l'article R. 776-15 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. B, y compris ses conclusions présentées aux fins d'injonction.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C.

Copie sera adressée pour information au préfet de la Martinique.

Fait à Schœlcher, le 29 juin 2023.

Le magistrat désigné,

V. Phulpin

La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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