jeudi 7 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300373 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 juin 2023, la SASU Transport Thierry Louis-Alexandre, représentée son président, demande au tribunal de lui accorder la restitution du crédit d'impôt pour investissement dans le secteur productif outre-mer (CIOP) auquel elle estime être éligible au titre de l'exercice clos en 2022, à hauteur d'un montant de 7 855 euros.
Elle soutient que :
- elle remplit les conditions définies à l'article 244 quater W du code général des impôts pour bénéficier du remboursement du crédit d'impôt qu'elle a sollicité ;
- en effet, elle a procédé à l'acquisition d'un véhicule neuf, pour un montant de 22 442 euros toutes taxes comprises, afin de pouvoir exercer son activité de transport de personnes par taxi ;
- elle est en outre à jour de ses obligations fiscales, tandis que la cession d'autorisation de stationnement de taxi a fait l'objet d'un enregistrement auprès du service de la publicité foncière et qu'elle a déposé en 2022 sa déclaration de première année d'exercice, débutée le 12 janvier 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2023, le directeur régional des finances publiques de la Martinique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la société ne remplit pas les conditions de l'article 244 quater W du code général des impôts dès lors qu'elle n'avait pas procédé au dépôt de ses comptes annuels à la date de dépôt de sa demande de remboursement de crédit d'impôt ;
- le remboursement de crédit d'impôt sollicité n'est en outre pas dû dans la mesure où la société n'a produit aucun justificatif d'acquisition du bien objet de l'investissement productif déclaré ;
- les moyens soulevés par la SASU Transport Thierry Louis-Alexandre ne sont pas fondés.
La SASU Transport Thierry Louis-Alexandre a produit un mémoire de pièces complémentaires, non communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de commerce ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Laso,
- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SASU Transport Thierry Louis-Alexandre exerce une activité de transport de personnes par taxi. Par une réclamation préalable déposée le 22 mai 2023, elle a sollicité la restitution d'une somme de 7 855 euros au titre du crédit d'impôt pour investissements outre-mer dans le secteur productif (CIOP) au titre de son exercice clos en 2022. L'administration fiscale a rejeté cette demande par décision du 1er juin 2023. Dans la présente instance, la SASU Transport Thierry Louis-Alexandre demande au tribunal administratif de lui accorder la restitution du crédit d'impôt pour investissements outre-mer dans le secteur productif (CIOP) au titre de son exercice clos en 2022, à concurrence d'un montant de 7 855 euros.
2. L'article 244 quater W du code général des impôts dispose, dans sa version applicable au litige : " I. - 1. Les entreprises imposées d'après leur bénéfice réel ou exonérées en application des articles 44 sexies, 44 sexies A, 44 octies A et 44 duodecies à 44 septdecies, exerçant une activité agricole ou une activité industrielle, commerciale ou artisanale relevant de l'article 34, peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt à raison des investissements productifs neufs qu'elles réalisent dans un département d'outre-mer pour l'exercice d'une activité ne relevant pas de l'un des secteurs énumérés aux a à l du I de l'article 199 undecies B, à l'exception des activités mentionnées au I quater du même article 199 undecies B. / () VIII. () 3. Le crédit d'impôt prévu au présent article est subordonné au respect par les entreprises exploitantes et par les organismes mentionnés au 4 du I de leurs obligations fiscales et sociales et de l'obligation de dépôt de leurs comptes annuels selon les modalités prévues aux articles L. 232-21 à L. 232-23 du code de commerce à la date de réalisation de l'investissement () ". L'article L. 232-23 du code de commerce auquel il est ainsi renvoyé dispose : " I. - Toute société par actions est tenue de déposer au greffe du tribunal, pour être annexés au registre du commerce et des sociétés, dans le mois suivant l'approbation des comptes annuels par l'assemblée générale des actionnaires ou dans les deux mois suivant cette approbation lorsque ce dépôt est effectué par voie électronique : / 1° Les comptes annuels, le rapport de gestion, le rapport des commissaires aux comptes sur les comptes annuels, le cas échéant, éventuellement complété de leurs observations sur les modifications apportées par l'assemblée aux comptes annuels qui ont été soumis à cette dernière ainsi que, le cas échéant, les comptes consolidés, le rapport sur la gestion du groupe, le rapport des commissaires aux comptes sur les comptes consolidés et le rapport du conseil de surveillance ; () ". Il résulte de ces dispositions que le bénéfice de la réduction d'impôt qu'elles prévoient en faveur des investissements productifs neufs réalisés dans un département d'outre-mer est subordonné au respect par l'entreprise réalisant l'investissement et, le cas échéant, par l'entreprise exploitante, de ses obligations fiscales et sociales et de l'obligation de dépôt de ses comptes annuels selon les modalités prévues par le code de commerce à la date de réalisation de l'investissement.
3. Il appartient au juge de l'impôt d'apprécier, au vu de l'instruction dont le litige qui lui est soumis a fait l'objet, si une entreprise remplit ou non les conditions lui permettant de se prévaloir de l'avantage fiscal institué par l'article 244 quater W du code général des impôts.
4. En l'espèce, pour refuser à la SASU Transport Thierry Louis-Alexandre le remboursement du crédit d'impôt institué par l'article 244 quater W du code général des impôts que l'intéressée a sollicité au titre de son exercice clos en 2022 à raison d'un investissement en Martinique constitué par l'acquisition d'un véhicule pour son activité de transport de personnes par taxi, l'administration s'est notamment fondée sur ce que, depuis sa création, la société n'avait pas respecté son obligation de dépôt de ses comptes annuels selon les modalités prévues à l'article L 232-22 du code de commerce. En se bornant à indiquer qu'elle a débuté son activité le 12 janvier 2021, et non le 25 septembre 2019 comme l'indique la décision de rejet du 1er juin 2023, et à faire valoir qu'elle a remis ses déclarations fiscales relatives à son premier exercice clos en 2021 au cours de l'année 2022, la SASU Transport Thierry Louis-Alexandre ne conteste pas que, à la date de réalisation de l'investissement, elle n'avait pas déposé les comptes annuels de son exercice clos le 31 décembre 2021. Elle ne produit en outre aucun élément de nature à justifier qu'elle aurait effectivement procédé au dépôt, auprès du greffe du tribunal de commerce, des comptes annuels de son exercice clos le 31 décembre 2021. Dans ces conditions, la SASU Transport Thierry Louis-Alexandre n'est pas fondée à soutenir qu'elle remplit les conditions prévues au point 3. du paragraphe VIII. de l'article 244 quater W du code général des impôts pour bénéficier du crédit d'impôt litigieux.
5. Il résulte de ce qui précède que la société requérante ne remplit pas les conditions pour bénéficier du crédit d'impôt institué par l'article 244 quater W du code général des impôts et ne peut ainsi prétendre à aucun remboursement à ce titre. Par suite, la requête de la SASU Transport Thierry Louis-Alexandre doit être rejetée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens qu'elle soulève, lesquels ont trait à d'autres conditions auxquelles l'article 244 quater W du code général des impôts subordonne également le bénéfice du crédit d'impôt qu'il institue.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de SASU Transport Thierry Louis-Alexandre est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SASU Transport Thierry Louis-Alexandre et au directeur régional des finances publiques de la Martinique.
Délibéré après l'audience du 22 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. de Palmaert, premier conseiller,
M. A, magistrat honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2024.
Le président rapporteur,
J-M. Laso
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
S. de PalmaertLe greffier,
J-H. Minin
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026