jeudi 7 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300453 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | MBOUHOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 juillet 2023 et le 4 décembre 2023, l'association Trap skeet cible pilotin, représentée par Me Tiburce, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 mai 2023 par lequel le maire de Rivière Pilote lui a interdit toutes activités de tir sur son stand du 25 mai 2023 au 24 mai 2024 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Rivière Pilote la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure en l'absence d'une procédure contradictoire préalable ;
- il est entaché d'erreurs de fait ;
- il est entaché d'erreur de qualification juridique des faits ;
- la mesure de police prise par le maire de Rivière Pilote est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 octobre 2023, la commune de Rivière Pilote, représentée par Me Mbouhou, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de l'association requérante.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Palmaert,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de Me Bel, substituant Me Tiburce, représentant l'association Trap skeet cible pilotin.
Considérant ce qui suit :
1. L'association Trap skeet cible pilotin exploite depuis 1973 un stand de tir sportif sur un terrain situé au lieu-dit Desfarges, sur le territoire de la commune de Rivière Pilote. Par un arrêté du 25 mai 2023, le maire de Rivière Pilote, agissant dans le cadre de ses pouvoirs de police administrative générale, a interdit la pratique de toute activité de tir sur le site, pendant une durée d'un an. L'exécution de cet arrêté a été suspendue par une ordonnance du juge des référés du 8 août 2023. Par la présente requête, l'association Trap skeet cible pilotin demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ". L'article L. 121-1 du même code dispose : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Et l'article L. 122-1 du même code dispose : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, si des échanges ont eu lieu avec l'association Trap skeet cible pilotin en vue de réduire davantage l'impact sonore de son activité, la commune ne l'a aucunement informée de son projet d'interdire totalement son activité pour une durée d'un an. L'association requérante n'a ainsi pas été mise à même de produire ses observations sur l'éventualité d'une telle interdiction. Il s'ensuit que le moyen tiré d'une méconnaissance des dispositions citées au point précédent est fondé et doit être accueilli.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale, de la police rurale et de l'exécution des actes de l'Etat qui y sont relatifs ". Aux termes de l'article L. 2212-2 du même code : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. / Elle comprend notamment : () / 2° Le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique telles que () les troubles de voisinage, les rassemblements nocturnes qui troublent le repos des habitants et tous actes de nature à compromettre la tranquillité publique ; () ".
5. Après avoir été saisi en février 2019 d'un courrier de riverains se plaignant de nuisances sonores générées par le club de tir exploité par l'association Trap skeet cible pilotin, le maire de Rivière Pilote s'est rapproché dans un premier temps de l'association en vue d'obtenir des mesures de réduction de l'impact sonore de son activité. L'association requérante soutient sans être sérieusement contredite en défense que, depuis l'année 2020, elle a pris plusieurs mesures en ce sens comme l'adaptation des horaires du centre de tir, l'utilisation de silencieux pour le tir longue distance, l'arrêt de l'activité de tir le dimanche, la suspension de l'activité ball-trap et la réalisation de travaux de terrassement destinés à limiter la propagation sonore. Il ne ressort pas des pièces du dossier, à défaut de mesures acoustiques réalisées, que l'ensemble de ces mesures ont été suffisantes pour mettre fin à toute nuisance sonore excessive. Les témoignages de riverains produits par les parties, qui divergent sur le caractère anormal et excessif de ces bruits, ne permettent pas d'exclure la nécessité de réglementer l'activité de cette association. Toutefois, s'il appartenait dans ces conditions au maire d'user de ses pouvoirs de police pour prendre toutes mesures propres à garantir la tranquillité publique, il ne pouvait légalement, dans les circonstances particulières de l'espèce et dès lors qu'il n'est pas démontré qu'une mesure moins sévère ne permettait pas d'atteindre un résultat satisfaisant, prendre une mesure aussi absolue que la fermeture totale du stand de tir et pour une aussi longue période. L'association requérante est dès lors fondée à soutenir qu'en décidant une telle mesure d'interdiction générale et absolue, le maire de Rivière Pilote a entaché d'illégalité son arrêté du 25 mai 2023.
6. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 25 mai 2023, par lequel le maire de Rivière- Pilote a interdit toute activité de tir sur le site du stand de l'association Trap skeet cible pilotin du 25 mai 2023 au 24 mai 2024, doit être annulé.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'association requérante, qui n'est pas la partie perdante dans l'instance, la somme demandée par la commune de Rivière Pilote au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Rivière Pilote la somme de 1 000 euros au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 25 mai 2023 du maire de Rivière Pilote est annulé.
Article 2 : La commune de Rivière Pilote versera à l'association Trap skeet cible pilotin la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Rivière Pilote au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'association Trap skeet cible pilotin et à la commune de Rivière Pilote.
Délibéré après l'audience du 22 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. de Palmaert, premier conseiller,
M. A, magistrat honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2024.
Le rapporteur,
S. de Palmaert
Le président,
J-M. Laso
Le greffier,
J-H Minin
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026