jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300478 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 août 2023, l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Cinna demande au tribunal :
1°) de prononcer le remboursement du crédit d'impôt en faveur des investissements productifs réalisés en outre-mer au titre de l'année 2021, pour un montant de 110 087 euros ;
2°) de mettre les dépens à la charge de l'Etat.
Elle soutient qu'elle a déposé au greffe du tribunal de commerce ses comptes annuels des exercices clos les cinq années précédant la date de réalisation de l'investissement dans les délais impartis par l'article 244 quater W du code général des impôts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2023, le directeur régional des finances publiques de la Martinique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il est fondé à solliciter une substitution de motifs, dès lors que la société requérante ne justifie pas avoir réalisé les investissements à l'origine de la demande de remboursement du crédit d'impôt ;
- les moyens soulevés par l'EURL Cinna ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de commerce ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monnier-Besombes,
- et les conclusions de M. de Palmaert, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 29 décembre 2022, l'EURL Cinna, spécialisée dans les travaux de terrassement courants et les travaux préparatoires, a demandé le remboursement de la part non imputée sur l'impôt sur les sociétés du crédit d'impôt en faveur des investissements productifs réalisés en outre-mer, prévu à l'article 244 quater W du code général des impôts, pour un montant de 110 087 euros, au titre de l'année 2021. Par une décision du 25 mai 2023, le directeur régional des finances publiques de la Martinique a rejeté sa demande. Par la présente requête, l'EURL Cinna demande au tribunal de prononcer le remboursement de ce crédit d'impôt.
2. D'une part, aux termes du I de l'article 244 quater W du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " 1. Les entreprises imposées d'après leur bénéfice réel ou exonérées en application des articles 44 sexies, 44 sexies A, 44 octies A et 44 duodecies à 44 septdecies, exerçant une activité agricole ou une activité industrielle, commerciale ou artisanale relevant de l'article 34, peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt à raison des investissements productifs neufs qu'elles réalisent dans un département d'outre-mer pour l'exercice d'une activité ne relevant pas de l'un des secteurs énumérés aux a à l du I de l'article 199 undecies B, à l'exception des activités mentionnées au I quater du même article 199 undecies B. () ". Par ailleurs, aux termes du VIII de cet article : " 3. Le crédit d'impôt prévu au présent article est subordonné au respect par les entreprises exploitantes et par les organismes mentionnés au 4 du I de leurs obligations fiscales et sociales et de l'obligation de dépôt de leurs comptes annuels selon les modalités prévues aux articles L. 232-21 à L. 232-23 du code de commerce à la date de réalisation de l'investissement. / Sont considérés comme à jour de leurs obligations fiscales et sociales les employeurs qui, d'une part, ont souscrit et respectent un plan d'apurement des cotisations restant dues et, d'autre part, acquittent les cotisations en cours à leur date normale d'exigibilité ".
3. D'autre part, l'article L. 232-22 du code de commerce dispose que : " I. - Toute société à responsabilité limitée est tenue de déposer au greffe du tribunal, pour être annexés au registre du commerce et des sociétés, dans le mois suivant l'approbation des comptes annuels par l'assemblée ordinaire des associés ou par l'associé unique ou dans les deux mois suivant cette approbation lorsque ce dépôt est effectué par voie électronique : / 1° Les comptes annuels () ".
4. En l'espèce, pour rejeter la demande de l'EURL Cinna tendant au remboursement du crédit d'impôt prévu à l'article 244 quater W du code général des impôts, le directeur régional des finances publiques de la Martinique, dans sa décision du 25 mai 2023, a considéré que la société n'avait pas respecté son obligation de dépôt de ses comptes annuels pour les exercices clos en 2016, 2017 et 2020 à la date des investissements réalisés en 2021, et n'avait pas davantage spontanément régularisé sa situation administrative à la date du dépôt de sa demande de remboursement du crédit d'impôt en faveur des investissements productifs réalisés en outre-mer, le 29 décembre 2022.
5. Si la société requérante démontre qu'elle a déposé au greffe du tribunal de commerce ses comptes annuels de l'exercice clos en 2016 le 3 avril 2018, et ceux de l'exercice clos en 2017 le 14 décembre 2018, soit avant la date de réalisation de l'investissement, elle ne produit toutefois pas le moindre justificatif s'agissant des comptes annuels de l'exercice clos en 2020. L'EURL Cinna se borne en effet à soutenir que les comptes annuels de l'exercice clos en 2020 ont fait l'objet d'une publication au BODACC du 28 juillet 2023, mais n'apporte cependant aucun élément de preuve au soutien de son allégation selon laquelle le dépôt de ces comptes annuels aurait été effectué à la date de réalisation de l'investissement. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale aurait pris la même décision si elle ne s'était fondée que sur le motif tiré du retard de dépôt des comptes annuels de l'exercice clos en 2020. Le directeur régional des finances publiques de la Martinique a, dès lors, fait une exacte application des dispositions précitées de l'article 244 quater W du code général des impôts en rejetant la demande de remboursement du crédit d'impôt en faveur des investissements productifs réalisés en outre-mer de l'EURL Cinna.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la demande de substitution de motifs présentée par le directeur régional des finances publiques de la Martinique, que l'EURL Cinna n'est pas fondée à demander le bénéfice du crédit d'impôt en faveur des investissements productifs réalisés en outre-mer au titre de l'année 2021, pour un montant de 110 087 euros. Ses conclusions aux fins de remboursement du crédit d'impôt doivent, dès lors, être rejetées, ainsi que, en tout état de cause, ses conclusions relatives aux dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'EURL Cinna est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'EURL Cinna et à la direction régionale des finances publiques de la Martinique.
Délibéré après l'audience du 24 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. Lancelot, premier conseiller,
Mme Monnier-Besombes, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
La rapporteure,
A. Monnier-BesombesLe président,
J.-M. Laso
Le greffier,
J.-H. Minin
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026