lundi 25 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300518 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LABOR & CONCILIUM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 août 2023, la société Le numéro 10, représentée par la SELARL Labor et concilium, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 mars 2023 par laquelle le maire de Fort-de-France a prononcé la résiliation de la convention d'occupation du domaine public relative au kiosque n°10 situé Mail de la liberté à Fort-de-France ;
2°) d'annuler la décision du 10 juillet 2023 par laquelle le maire de Fort-de-France a confirmé sa décision de résiliation et rejeté la demande de renouvellement de la convention ;
3°) de mettre la somme de 2 000 euros à la charge de la commune de Fort-de-France au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision du 16 mars 2023 :
- elle est entachée d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation, dans la mesure où les manquements qui lui sont reprochés ne sont pas établis.
S'agissant de la décision du 10 juillet 2023 :
- elle est entachée d'un vice de forme, dès lors qu'elle n'a pas pour objet de confirmer un précédent refus de renouvellement de la convention ;
- elle ne fait état d'aucun motif d'intérêt général suffisant et se réfère aux motifs de la décision du 16 mars 2023 ;
- la tardiveté de la demande de renouvellement de la convention ne pouvait légalement justifier le refus.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2023, la commune de Fort-de-France, représentée par la SELAS Juriscarib, conclut au rejet de la requête, à ce que les dépens soient mis à la charge de la société requérante, ainsi que la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la société Le numéro 10 ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monnier-Besombes,
- les conclusions de M. de Palmaert, rapporteur public,
- et les observations de Me Nicolas, représentant la commune de Fort-de-France.
Considérant ce qui suit :
1. Le 27 août 2019, la commune de Fort-de-France a conclu avec la société Karissima, désormais dénommée Le numéro 10, une convention d'occupation temporaire du domaine public pour l'occupation du kiosque n° 10 situé Mail de la liberté à Fort-de-France, pour une durée d'un an renouvelable trois fois tacitement. Par une décision du 16 mars 2023, le maire de Fort-de-France a prononcé la résiliation pour faute de la convention. La société Le numéro 10 a formé un recours gracieux, le 12 avril 2023. Par une nouvelle décision du 10 juillet 2023, le maire de Fort-de-France a confirmé sa décision de résiliation et a rejeté la demande de renouvellement de la convention formée par la société le 8 juin 2023. Dans la présente instance, la société Le numéro 10 demande au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur la légalité de la décision du 16 mars 2023 :
2. Le juge administratif, saisi par une partie d'un litige relatif à une mesure d'exécution du contrat, peut seulement, en principe, rechercher si cette mesure est intervenue dans des conditions de nature à ouvrir droit à indemnité. Toutefois, une partie à un contrat administratif peut, eu égard à la portée d'une telle mesure d'exécution, former devant le juge du contrat un recours de plein contentieux contestant la validité de la résiliation de ce contrat et tendant à la reprise des relations contractuelles.
3. Ainsi, les conclusions présentées par la société requérante demandant l'annulation de la décision de résiliation de la convention d'occupation du domaine public doivent être regardées comme tendant, dans le cadre d'un recours de plein contentieux, à la contestation de la validité de la mesure de résiliation de la convention et, par suite, à la reprise des relations contractuelles.
4. D'une part, l'article 2 de la convention d'occupation temporaire du domaine public conclue le 27 août 2019 stipule que : " L'occupant devra également se conformer rigoureusement aux prescriptions administratives, réglementaires et/ou légales concernant ladite exploitation ou toute activité qui viendrait à être autorisée expressément par la ville ". En outre, l'article 5 de cette convention prévoit que : " § 5.2 Publicité sur et autour du kiosque / La pose de panneaux et/ou objets publicitaire par le preneur ou ses préposés est strictement réglementée et devra faire l'objet d'une autorisation préalable. / Toute publicité directe ou indirecte dans les kiosques ou sur le mail de la liberté par l'occupant sera soumise au paiement de la taxe en vigueur dans le cadre du règlement municipal sur la publicité. / En conséquence, M. B A s'engage sans délais à refaire la présentation de son kiosque et à bannir de ses enseignes toute inscriptions publicitaires ". Et l'article 5 bis de la convention stipule que : " § 5.3 Conformité aux lois et règlements / L'occupant s'engage à respecter en toutes circonstances les lois et règlements se rapportant tant à l'occupation des lieux qu'à l'activité autorisée ".
5. D'autre part, par un arrêté du 16 février 2023 réglementant l'utilisation du domaine public dans le cadre des manifestations publiques du carnaval 2023, le maire de Fort-de-France a interdit la détention et la vente de boissons conditionnées dans des contenants en verre ainsi que l'extension de la surface commerciale par occupation du domaine public ou de délaissés urbains attenant à l'établissement.
6. Pour prononcer la résiliation de la convention, la décision contestée est motivée par la méconnaissance, par la société Le numéro 10, d'une part, de l'article 5 § 5.2 de la convention, compte tenu de l'installation de décorations et d'objets publicitaires aux couleurs et enseignes d'une marque de bière, et, d'autre part, de l'arrêté municipal du 16 février 2023, dans la mesure où un rapport de la police municipale du 20 février 2023 a constaté que, durant la période de Carnaval, la société a installé une terrasse et une table de mixage pour disc-jockey sur le domaine public et a vendu des boissons alcoolisées dans des bouteilles en verre.
7. La société requérante fait valoir que les manquements qui lui sont reprochés ne sont pas établis, dès lors que l'existence même du rapport de la police municipale du 20 février 2023 n'est pas démontrée. Toutefois, la commune de Fort-de-France produit en défense un rapport d'information, dressé par le brigadier-chef principal de police municipale de Fort-de-France, le 20 février 2023, dont il ressort que les 19 et 20 février 2023, la société Le numéro 10 a procédé à la vente de boissons alcoolisées contenues dans des bouteilles en verre, dans le commerce et sur le domaine public du kiosque n°10, et a installé une terrasse annexe avec des chapiteaux ainsi qu'une table de mixage avec disc-jockey sur le domaine public. Compte tenu de ce procès-verbal, qui fait foi jusqu'à preuve du contraire, le moyen tiré de ce que la matérialité des faits reprochés à la société requérante n'est pas établie doit être écarté.
Sur la légalité de la décision du 10 juillet 2023 :
8. En premier lieu, la circonstance selon laquelle la décision du 10 juillet 2023 est intitulée " confirmation du non-renouvellement de la convention ", alors que la décision du 16 mars 2023 n'avait pas pour objet le non-renouvellement de la convention mais sa résiliation, est sans incidence aucune sur sa légalité. A supposer même que la société requérante puisse être regardée comme soulevant un moyen tiré du vice de forme de la décision attaquée, celui-ci ne peut qu'être écarté.
9. En deuxième lieu, à supposer que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation puisse être regardé comme soulevé, celui-ci n'est pas fondé dans la mesure où la décision contestée, qui est notamment motivée par la tardiveté de la demande de renouvellement de la convention, se réfère également aux motifs développés dans la décision du 16 mars 2023, dont la société Le numéro 10 ne conteste pas avoir été destinataire préalablement à cette décision, et qui sont au demeurant rappelés.
10. En troisième lieu, l'article 3 de la convention d'occupation du domaine public stipule que : " la présente convention est consentie pour une durée d'un an renouvelable trois fois tacitement, avec effet au 1er septembre 2019. La dernière année finissant le 31 août 2023. Elle pourra faire l'objet par la suite d'un renouvellement pour la même durée sur demande expresse et écrite présentée par l'occupant dans un délai minimum de 6 mois avant la date d'expiration. Cependant, la ville se réserve le droit, en l'absence d'une demande faite par le preneur, de solliciter son avis dans les trois mois précédant la fin du dernier terme ".
11. A supposer même, comme le soutient la société requérante, que le non-respect de ces stipulations ne pouvait légalement justifier le refus de renouveler la convention, il ressort en tout état de cause des pièces du dossier que le maire de Fort-de-France aurait pris la même décision en se fondant uniquement sur les manquements commis par la société à la convention et à l'arrêté municipal du 16 février 2023. Le moyen tiré de l'erreur d'appréciation ne peut, par suite, qu'être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la société Le numéro 10 tendant à l'annulation des décisions du maire de Fort-de-France du 16 mars 2023 et du 10 juillet 2023 doivent être rejetées.
Sur les dépens :
13. La présente instance n'a donné lieu à aucun dépens. Les conclusions de la commune de Fort-de-France tendant à ce que les dépens soient mis à la charge de la société requérante ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Fort-de-France, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la société Le numéro 10 la somme qu'elle réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, dès lors, de rejeter les conclusions présentées à ce titre par la société requérante. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Le numéro 10 une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Fort-de-France au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Le numéro 10 est rejetée.
Article 2 : La société Le numéro 10 versera une somme de 1 500 euros à la commune de Fort-de-France en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Fort-de-France sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Le numéro 10 et à la commune de Fort-de-France.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. Phulpin, premier conseiller,
Mme Monnier-Besombes, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 novembre 2024.
La rapporteure,
A. Monnier-BesombesLe président,
J.-M. Laso
Le greffier,
J.-H. Minin
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026