jeudi 21 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300556 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 septembre 2023, des mémoires complémentaires, enregistrés les 11 octobre 2023, 18 avril 2024 et 16 juin 2024, Mme C B épouse D demande au tribunal d'annuler la décision du 4 octobre 2023 par laquelle la rectrice de l'académie de Martinique a rejeté sa demande du 15 mai 2023 tendant à obtenir, à l'occasion de son inscription au certificat d'aptitude aux fonctions d'instituteur ou professeur des écoles maître formateur (CAFIPEMF) au titre de la session 2024, le bénéfice de la conservation de la note qu'elle avait obtenue à la seconde épreuve lors de la session 2022.
Elle soutient que :
- elle avait droit, conformément à l'article 10 de l'arrêté du 4 mai 2021, au bénéfice du maintien de la note de 13/20 qu'elle avait obtenue à la seconde épreuve du CAFIPEMF lors de la session 2021-2022 au moment de sa réinscription à la session 2023-2024, et ce alors même qu'elle n'a pu se réinscrire lors de la session 2022-2023 en raison de son changement d'académie ;
- le refus de la rectrice de l'académie de Martinique de lui accorder le maintien de sa note caractérise une rupture d'égalité vis-à-vis des autres enseignants au plan national ;
- les services du rectorat ont illégalement rejeté la demande d'inscription au titre de la session 2022-2023 du CAFIPEMF qu'elle avait présentée le 7 juillet 2022, alors même que les inscriptions étaient ouvertes jusqu'au 30 septembre 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2024, la rectrice de l'académie de Martinique conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B épouse D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le décret n° 85-88 du 22 janvier 1985 ;
- le décret n° 90-680 du 1er août 1990 ;
- l'arrêté du 4 mai 2021 fixant l'organisation du certificat d'aptitude aux fonctions d'instituteur ou de professeur des écoles maître formateur ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Phulpin,
- les conclusions de M. de Palmaert, rapporteur public,
- et les observations de Mme B épouse D.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B épouse D, professeure des écoles de classe normale, est affectée en Martinique depuis le 1er septembre 2022. Au printemps 2023, elle a présenté un dossier d'inscription à l'examen du certificat d'aptitude aux fonctions d'instituteur ou professeur des écoles maître formateur organisé dans l'académie de Martinique au titre de la session 2024. Par un courrier du 15 mai 2023, elle a sollicité auprès des services académiques le bénéfice de la conservation de la note de 13/20 qu'elle avait obtenue à la seconde épreuve de l'examen lors de la session 2022 organisée dans l'académie du Rhône, où elle était alors affectée. Par décision du 4 octobre 2023, la rectrice de l'académie de Martinique a rejeté cette demande. Dans la présente instance, Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal administratif d'annuler cette dernière décision.
2. L'article 1er du décret du 22 janvier 1985 relatif aux conditions de nomination aux fonctions d'instituteur ou de professeur des écoles maître formateur dispose : " Il est institué un certificat d'aptitude aux fonctions d'instituteur ou de professeur des écoles maître formateur, qui est exigé des candidats aux fonctions comportant des activités d'animation, de recherche et de formation dans le cadre de la formation initiale et continue des instituteurs ou des professeurs des écoles. " L'article 1er de l'arrêté du 4 mai 2021 fixant l'organisation du certificat d'aptitude aux fonctions d'instituteur ou de professeur des écoles maître formateur dispose : " L'examen du certificat d'aptitude aux fonctions d'instituteur ou de professeur des écoles maître formateur (CAFIPEMF) est organisé conformément aux dispositions du présent arrêté. / La décision d'ouverture de l'examen du certificat d'aptitude, prise par le recteur d'académie, fixe les dates d'ouverture et de clôture des inscriptions, ainsi que les dates des épreuves. " L'article 2 du même arrêté dispose : " L'inscription des candidats doit être effectuée auprès du recteur de l'académie où ils exercent leurs fonctions, l'année scolaire précédant la passation de l'examen () ". L'article 3 du même arrêté dispose : " Le candidat suit une formation de cinq semaines non consécutives proposée dans l'académie où il exerce. Ces cinq semaines se déroulent préalablement aux épreuves d'examen, durant les mois de juin de l'année scolaire précédente à décembre de l'année scolaire de passation de l'examen () ". L'article 4 du même arrêté dispose : " L'examen du certificat d'aptitude aux fonctions d'instituteur ou de professeur des écoles maître formateur se déroule sur une année scolaire. L'examen comprend deux épreuve () ". L'article 9 du même arrêté dispose : " A l'issue des épreuves, le jury dresse la liste des candidats admis par ordre alphabétique. / Sont déclarés admis les candidats ayant obtenu pour l'ensemble des épreuves un total de points égal ou supérieur à 20 points sur 40, et au moins 10 points sur 20 lors de chaque épreuve () ". L'article 10 du même arrêté dispose : " Les candidats non admis ayant obtenu une note égale ou supérieure à 10 points sur 20 à l'une des deux épreuves peuvent conserver, à leur demande, le bénéfice de cette note pour la session d'examen suivante, y compris en cas de changement d'académie. Ils en font le choix au moment de leur réinscription. "
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme B s'est présentée à l'examen du certificat d'aptitude aux fonctions d'instituteur ou de professeur des écoles maître formateur (CAFIPEMF) au titre de la session 2022 organisée dans l'académie du Rhône, où elle était alors affectée. A l'issue des épreuves, le jury l'a déclarée non admise en raison d'une note inférieure à la moyenne de 10/20 à la première épreuve, et ce malgré l'obtention d'une note de 13/20 à la deuxième épreuve. Si la requérante pouvait, en application de l'article 10 cité au point précédent de l'arrêté du 4 mai 2021, demander à conserver cette dernière note de 13/20 en cas de réinscription à la session suivante, soit la session 2023, aucune disposition de l'arrêté du 4 mai 2021, ni aucune autre disposition législative ou réglementaire ne prévoit toutefois la possibilité de conserver le bénéfice d'une note égale ou supérieure à 10/20 pour les sessions ultérieures. La date limite de remise des dossiers d'inscription au certificat d'aptitude aux fonctions d'instituteur ou de professeur des écoles maître formateur (CAFIPEMF) organisé dans l'académie de Martinique au titre de la session 2023 a été fixée par la rectrice de l'académie de Martinique au 15 juin 2022, et non au 30 septembre 2022 comme le soutient la requérante, cette dernière date correspondant à l'expiration du délai dont disposaient les candidats régulièrement inscrits pour remettre des éléments complémentaires à leur dossier d'inscription. La circonstance que, après avoir obtenu sa mutation en Martinique à l'issue de l'année scolaire 2021-2022, Mme B se soit trouvée dans l'impossibilité matérielle de se réinscrire à la session 2023 du certificat d'aptitude dans sa nouvelle académie, en raison de ce que les dates d'inscriptions étaient déjà expirées depuis le 15 juin 2022 au moment où l'académie du Rhône lui a communiqué ses résultats de la session précédente, le 6 juillet 2022, est sans incidence sur la possibilité pour l'intéressée de conserver le bénéfice d'une note égale ou supérieure à la moyenne au-delà de la session immédiatement suivante, qui n'est permise par aucun texte. Il s'ensuit que Mme B n'est pas fondée à soutenir que la rectrice de l'académie de Martinique aurait fait une inexacte application des dispositions citées au point précédent en refusant de l'autoriser à conserver la note de la deuxième épreuve obtenue à la session 2022 au titre de sa demande d'inscription présentée pour la session 2024, ni méconnu le principe d'égalité avec les autres enseignants candidats au certificat d'aptitude au plan national, alors même que les règles étaient identiques pour tous les candidats. Les moyens ainsi soulevés doivent, par suite, être écartés.
4. En second lieu, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative que si cette dernière a été prise pour son application ou s'il en constitue la base légale.
5. En l'espèce, Mme B conteste la légalité du motif de refus que les services de l'académie de Martinique lui ont opposé suite à sa demande d'inscription à la session 2023 de l'examen du certificat d'aptitude aux fonctions d'instituteur ou de professeur des écoles maître formateur (CAFIPEMF). Elle doit ce faisant être regardée comme soulevant, à l'appui de la décision attaquée du 4 octobre 2023, un moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision refusant son inscription à la session 2023 de l'examen du certificat d'aptitude. Toutefois, la décision attaquée du 4 octobre 2023, par laquelle la rectrice de l'académie de Martinique a refusé à Mme B le bénéfice de la conservation de sa note de 13/20 obtenue lors de la session 2022 au titre de sa demande d'inscription présentée pour la session 2024 du certificat d'aptitude, n'a pas été prise pour l'application de la décision de refus d'inscription au titre de session 2023, laquelle décision de refus d'inscription ne constitue pas la base légale de la décision attaquée. Il s'ensuit que le moyen d'exception d'illégalité n'est pas opérant. Il doit, par suite, être écarté.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à contester la légalité de la décision attaquée de la rectrice de l'académie de Martinique du 4 octobre 2023. Sa requête, qui tend à son annulation, doit, par suite, être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B épouse D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B épouse D et à la ministre de l'éducation nationale.
Copie sera notifiée pour information à la rectrice de l'académie de Martinique.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. Lancelot, premier conseiller,
M. Phulpin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2024.
Le rapporteur,
V. Phulpin
Le président,
J-M. LasoLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026