jeudi 21 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300560 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge Unique |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 19 septembre 2023 sous le n° 2300560, et un mémoire complémentaire, enregistré le 10 avril 2024, la SARL Michel Besnier, représentée par sa gérante, demande au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 5 810 euros, correspondant à des cotisations de taxe foncière auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2020 et 2021, ainsi qu'à des majorations pour retard de paiement qui lui ont été appliquées au titre des années 2020, 2021 et 2022, objet d'une lettre de mise en demeure émise par le comptable public le 1er juin 2023.
Elle soutient que :
S'agissant des cotisations de taxe foncière des années 2020 et 2021 :
- les créances étaient prescrites puisque le commandement de payer, qui constitue le premier acte de recouvrement, est intervenue le 1er juin 2023, au-delà du délai de reprise d'un an fixé par l'article L. 173 du livre des procédures fiscales ;
- le délai de quatre ans prévu à l'article L. 274 du livre des procédures fiscales n'était pas applicable, celui-ci s'appliquant seulement " sauf dispositions contraires " ;
- elle n'a pas été destinataire des avis d'imposition, ceux-ci ayant été envoyés à son ancienne adresse alors même qu'elle avait déclaré à l'administration fiscale le changement d'adresse de son siège social intervenu en 2019 ;
S'agissant des majorations pour retard de paiement :
- les majorations pour retard de paiement qui lui ont été appliquées au titre des années 2020 et 2021 ne sont pas justifiées dès lors que les cotisations de taxe foncière n'étaient pas dues ;
- la majoration pour retard de paiement qui lui a été appliquée en 2022 n'est pas justifiée puisqu'elle n'a reçu aucun document avant le commandement de payer du 1er juin 2023 et qu'elle s'est acquittée du montant principal par chèque le 27 juillet 2023 ;
- elle n'a pas été destinataire de l'avis d'imposition, celui-ci ayant été envoyé à son ancienne adresse alors même qu'elle avait déclaré à l'administration fiscale le changement d'adresse de son siège social intervenu en 2019 ;
- les majorations qui lui ont été appliquées ne sont pas motivées en méconnaissance de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2024, le directeur régional des finances publiques de la Martinique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la SARL Michel Besnier ne sont pas fondés.
II. Par une requête, enregistrée le 30 octobre 2023 sous le n° 2300644, et un mémoire complémentaire, enregistré le 10 avril 2024, la SARL Michel Besnier, représentée par sa gérante, demande au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 5 810 euros, correspondant à des cotisations de taxe foncière auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2020 et 2021, ainsi qu'à des majorations pour retard de paiement qui lui ont été appliquées au titre des années 2020, 2021 et 2022, objet d'une lettre de mise en demeure émise par le comptable public le 1er juin 2023.
Elle soutient que :
S'agissant des cotisations de taxe foncière des années 2020 et 2021 :
- les créances étaient prescrites puisque le commandement de payer, qui constitue le premier acte de recouvrement, est intervenue le 1er juin 2023, au-delà du délai de reprise d'un an fixé par l'article L. 173 du livre des procédures fiscales ;
- le délai de quatre ans prévu à l'article L. 274 du livre des procédures fiscales n'était pas applicable, celui-ci s'appliquant seulement " sauf dispositions contraires " ;
- elle n'a pas été destinataire des avis d'imposition, ceux-ci ayant été envoyés à son ancienne adresse alors même qu'elle avait déclaré à l'administration fiscale le changement d'adresse de son siège social intervenu en 2019 ;
S'agissant des majorations pour retard de paiement :
- les majorations pour retard de paiement qui lui ont été appliquées au titre des années 2020 et 2021 ne sont pas justifiées dès lors que les cotisations de taxe foncière n'étaient pas dues ;
- la majoration pour retard de paiement qui lui a été appliquée en 2022 n'est pas justifiée puisqu'elle n'a reçu aucun document avant le commandement de payer du 1er juin 2023 et qu'elle s'est acquittée du montant principal par chèque le 27 juillet 2023 ;
- elle n'a pas été destinataire de l'avis d'imposition, celui-ci ayant été envoyé à son ancienne adresse alors même qu'elle avait déclaré à l'administration fiscale le changement d'adresse de son siège social intervenu en 2019 ;
- les majorations qui lui ont été appliquées ne sont pas motivées en méconnaissance de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2024, et un mémoire complémentaire, enregistré le 27 mai 2024, le directeur régional des finances publiques de la Martinique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la SARL Michel Besnier ne sont pas fondés.
En application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative, le mémoire complémentaire de la SARL Michel Besnier, enregistré le 9 avril 2024, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Phulpin, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu les conclusions de M. de Palmaert, rapporteur public, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Michel Besnier a été assujettie à la taxe foncière à raison d'un bien immobilier situé dans le quartier Etang Z'Abricots de Fort-de-France dont elle est propriétaire, pour des montants respectifs de 2 500 euros au titre de l'année 2020, de 2 543 euros au titre de l'année 2021 et de 2 631 euros au titre de l'année 2022. Le comptable public a émis à son encontre, le 1er juin 2023, une mise en demeure de payer la somme totale de 8 441 euros, correspondant à ces impositions ainsi qu'à l'application de pénalités pour retard de paiement de 10 % au titre de ces trois années. L'intéressée a alors formé à l'encontre de cette lettre de mise en demeure une réclamation préalable qui a été rejetée par deux décisions successives des 1er août 2023 et 25 août 2023. Dans les présentes instances, la SARL Michel Besnier demande au tribunal administratif de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 5 810 euros, correspondant aux cotisations de taxe foncière auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2020 et 2021, ainsi qu'aux majorations pour retard de paiement de 10 % qui ont été appliquées au titre des années 2020, 2021 et 2022.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2300560 et n° 2300644, présentées pour la SARL Michel Besnier, ont le même objet. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions présentées aux fins de décharge :
3. L'article L. 253 du livre des procédures fiscales dispose : " Un avis d'imposition est adressé sous pli fermé à tout contribuable inscrit au rôle des impôts directs ou, pour les redevables de l'impôt sur la fortune immobilière, au rôle de cet impôt, dans les conditions prévues aux articles 1658 à 1659 A du code général des impôts. / L'avis d'imposition mentionne le total par nature d'impôt des sommes à acquitter, les conditions d'exigibilité, la date de mise en recouvrement et la date limite de paiement () ". L'article 1663 du code général des impôts dispose : " 1. Les impôts directs, produits et taxes assimilés, visés par le présent code, sont exigibles trente jours après la date de la mise en recouvrement du rôle () ". Ces dispositions ne sont applicables que si le contribuable a été, avant la date d'exigibilité ainsi déterminée, avisé de la mise en recouvrement du rôle contenant l'imposition à laquelle il a été assujetti. Dans le cas où il est établi que l'administration a omis d'adresser l'avertissement prévu par l'article L.253 du livre des procédures fiscales, ou l'a notifié avec retard, l'impôt n'est exigible qu'à compter de la date où le contribuable a été informé de la mise en recouvrement du rôle.
4. Il résulte de l'instruction que la SARL Michel Besnier a décidé, le 15 mai 2019, de changer l'adresse de son siège social afin d'établir ce dernier dans un local situé dans le 8e arrondissement de Marseille. Après avoir accompli les formalités déclaratives à cet effet, elle a été destinataire d'un courrier du service des impôts des entreprises de Marseille, daté du 4 juin 2019, l'informant de la prise en compte de ce changement d'adresse. Toutefois, le service des impôts des particuliers de Fort-de-France a continué d'adresser les avis d'imposition à la taxe foncière pour les années 2020, 2021 et 2022 à l'ancienne adresse de la société, située dans le 9e arrondissement de Marseille. Dans ces conditions, faute d'avoir été destinataire des avis d'impositions préalablement à la mise en demeure de payer du 1er juin 2023, la SARL Michel Besnier est fondée à soutenir que la somme litigieuse de 5 810 euros, correspondant au montant principal des cotisations de taxe foncière auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2020 et 2021, et aux majorations pour retard de paiement de 10 % qui ont été appliquées au titre des années 2020, 2021 et 2022, n'était pas exigible. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être accueilli.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés par la société, qu'il y a lieu de faire droit à la requête de la SARL Michel Besnier et de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme litigieuse de 5 810 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La SARL Michel Besnier est déchargée de l'obligation de payer la somme litigieuse de 5 810 euros resultant de la lettre de mise en demeure de payer du 1er juin 2023.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Michel Besnier et au directeur régional des finances publiques de la Martinique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2024.
Le magistrat désigné,
V. PhulpinLe greffier,
J-H. Minin
La République mande et ordonne au ministre auprès du Premier ministre, chargé du budget et des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2 et 2300644
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026