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AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2300567

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2300567

jeudi 7 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2300567
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSCP UHRY D'ORIA GRENIER - Membre de l'AARPI SMITH D'ORIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 septembre 2023, un mémoire complémentaire, enregistré le 19 avril 2024, et des pièces complémentaires, enregistrées le 9 octobre 2023, l'association pour l'accompagnement et le développement des compétences professionnelles (AADCP), représentée par la SCP Smith d'Oria IPP, agissant par l'intermédiaire de Me Grenier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 16 février 2023 par laquelle le président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique a retiré partiellement, à hauteur d'un montant de 311 146,23 euros, le bénéfice de la subvention qui lui avait été octroyée le 17 novembre 2016 et a prescrit le reversement des sommes versées, pour un montant total de 261 146,23 euros, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux ;

2°) de condamner la collectivité territoriale de Martinique à lui verser une indemnité de 4 517,92 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subi en raison de l'illégalité fautive de cette décision ;

3°) de mettre à la charge de la collectivité territoriale de Martinique une somme de 4 361 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les conclusions indemnitaires de sa requête sont recevables puisqu'elle a formé une demande indemnitaire préalable ;

S'agissant de la légalité des décisions attaquées :

- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente dans la mesure où le président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique s'est dessaisi de toute compétence en matière budgétaire et financière après avoir consenti dans ce domaine une délégation de compétence à un conseiller exécutif ;

- la décision ne répond pas aux exigences de motivation définies à l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est intervenue au terme d'une procédure irrégulière puisque l'administration n'a pas mis en œuvre au préalable la procédure contradictoire prévue à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle méconnait l'article L. 11 du code de justice administrative ainsi que l'autorité de la chose jugée puisque le tribunal administratif avait précédemment annulé un précédent ordre de reversement par un jugement n° 2000379 du 12 avril 2021, devenu définitif ;

- les faits de manquements aux obligations de transparence et soupçons de fraude sur lesquels s'est fondée l'administration ne sont pas matériellement établis ;

- la décision attaquée méconnait pour la même raison le principe de présomption d'innocence et l'article 16 de la convention attributive d'une aide européenne conclue le 27 janvier 2017, qui n'autorise la résiliation qu'en cas de fraude ou corruption avérée ;

S'agissant de la responsabilité de la puissance publique :

- la responsabilité de la collectivité territoriale de Martinique est engagée en raison de l'illégalité des décision attaquées ;

- elle a subi un préjudice matériel constitué par les frais d'avocat qu'elle a exposés à l'occasion des démarches gracieuses et précontentieuses, qu'elle évalue à la somme de 4 517,92 euros, dont elle est fondée à demander l'indemnisation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2024, et un mémoire complémentaire, enregistré le 22 avril 2024, la collectivité territoriale de Martinique, représentée par Me Portel, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'il soit mis à la charge de l'association pour l'accompagnement et le développement des compétences professionnelles (AADCP) une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les conclusions indemnitaires de l'association pour l'accompagnement et le développement des compétences professionnelles (AADCP) sont irrecevables en l'absence de toute demande indemnitaire préalable ;

- elle se trouvait en situation de compétence liée pour procéder à la récupération de la somme de 261 146,23 euros puisque la décision fait suite à un contrôle réalisé dans le cadre de l'audit réalisé par la commission interministérielle de coordination des contrôles (CICC) ;

- les moyens soulevés par l'association pour l'accompagnement et le développement des compétences professionnelles (AADCP) ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 28 mai 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 28 juin 2024.

Postérieurement à la clôture d'instruction, le tribunal a sollicité des pièces complémentaires auprès de la collectivité territoriale de Martinique, lesquelles ont été produites le 26 septembre 2024 et versées au contradictoire en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.

L'association pour l'accompagnement et le développement des compétences professionnelles (AADCP) a présenté des observations sur ces pièces, par un mémoire qui a été enregistré le 1er octobre 2024.

Elle soutient que les pièces produites le 26 septembre 2024 sont irrecevables dès lors que la mesure d'instruction décidée par le tribunal est intervenue postérieurement à la clôture d'instruction, en méconnaissance du caractère contradictoire de l'instruction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) n° 1303/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 portant dispositions communes relatives au Fonds européen de développement régional, au Fonds social européen, au Fonds de cohésion, au Fonds européen agricole pour le développement rural et au Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche, portant dispositions générales applicables au Fonds européen de développement régional, au Fonds social européen, au Fonds de cohésion et au Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche, et abrogeant le règlement (CE) n° 1083/2006 du Conseil ;

- le règlement (UE) n ° 1304/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 relatif au Fonds social européen et abrogeant le règlement (CE) n ° 1081/2006 du Conseil ;

- le programme opérationnel FEDER-FSE géré par la Collectivité Territoriale de Martinique pour la période 2014-2020, et notamment son axe 8 : Augmenter l'emploi par la création d'entreprises pérennes ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Phulpin,

- les conclusions de M. de Palmaert, rapporteur public,

- et les observations de Me Tiburce, substituant Me Grenier, avocat de l'association pour l'accompagnement et le développement des compétences professionnelles (AADCP).

Considérant ce qui suit :

1. L'association pour l'accompagnement et le développement des compétences professionnelles (AADCP) a pour objet l'accompagnement dans le secteur de l'économie sociale et solidaire, le secteur marchand et la création d'activité. Le 15 octobre 2015, elle a sollicité auprès de la collectivité territoriale de Martinique une subvention pour le financement de son projet intitulé " émergence de projet de création d'activité 2015, 2016 et 2017 ". Par délibération du 17 novembre 2016, le conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique a fait droit à cette demande et a attribué à l'association, dans le cadre de l'axe 8 " Augmenter l'emploi par la création d'entreprises pérennes " du programme opérationnel FEDER-FSE géré par la collectivité territoriale de Martinique pour la période 2014-2020, une aide d'un montant total de 707 200,00 euros financée par le Fonds social européen (FSE) à hauteur de 424 320,00 euros, par la collectivité territoriale de Martinique à hauteur de 204 880,00 euros et par l'Etat à hauteur de 78 000,00 euros. Par décision du 16 février 2023, le président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique a remis en cause le montant de l'aide pour un montant total de 311 146,23 euros et a prescrit à l'association le reversement des sommes versées, pour un montant total de 261 146,23 euros. L'association a alors formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision, par un courrier daté du 13 juin 2023 qui est resté sans réponse, puis présentée une demande indemnitaire préalable, par un courrier daté du 15 septembre 2023 qui est également resté sans réponse. Dans la présente instance, l'association AADCP demande au tribunal d'annuler la décision du président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique du 16 février 2023, la décision implicite de rejet née suite à son recours gracieux, ainsi que de condamner la collectivité territoriale de Martinique à lui verser une indemnité d'un montant de 4 517,92 euros en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi.

Sur la recevabilité des pièces produites le 26 septembre 2024 :

2. L'article R. 613-1-1 du code de justice administrative dispose : " Postérieurement à la clôture de l'instruction ordonnée en application de l'article précédent, le président de la formation de jugement peut inviter une partie à produire des éléments ou pièces en vue de compléter l'instruction. Cette demande, de même que la communication éventuelle aux autres parties des éléments et pièces produits, n'a pour effet de rouvrir l'instruction qu'en ce qui concerne ces éléments ou pièces. " L'article R. 611-10 du même code dispose : " () Le président de la formation de jugement peut déléguer au rapporteur les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles () R. 613-1-1 () ".

3. Les dispositions citées au point précédent de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative permettent à la juridiction, postérieurement à la clôture d'instruction, de solliciter des éléments et pièces en vue de compléter l'instruction, contrairement à ce que soutient à tort l'association requérante. Les pièces produites le 26 septembre 2024 par la collectivité territoriale de Martinique en réponse à deux mesures d'instructions que lui avait adressées le tribunal, par deux courriers des 18 juillet 2024 et 13 septembre 2024, ont été versées au contradictoire le 27 septembre 2024, afin de permettre à l'association AADCP de présenter ses observations sur ces pièces, ce que l'intéressée a d'ailleurs fait par un mémoire du 1er octobre 2024. Il s'ensuit que l'association requérante n'est pas fondée à soutenir que ces pièces seraient irrecevables et qu'elles devraient pour cette raison être écartés des débats. La fin de non-recevoir ainsi opposée doit, par suite, être écartée.

Sur la légalité des décisions attaquées :

4. En premier lieu, l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration dispose : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 3° () imposent des sujétions ; / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; () ". L'article L. 122-1 du même code dispose : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix () ".

5. Si les décisions accordant une subvention publique à une personne morale constituent des décisions individuelles créatrices de droit, ce n'est que dans la mesure où les conditions dont elles sont assorties, qu'elles soient fixées par des normes générales et impersonnelles, ou propres à la décision d'attribution, sont respectées par leur bénéficiaire. Quand ces conditions ne sont pas respectées, la réfaction de la subvention peut intervenir sans condition de délai. En vertu des dispositions combinées des articles L. 122-1et L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, l'administration qui envisage de procéder au retrait de la subvention pour ce motif doit mettre leur bénéficiaire en mesure de présenter ses observations.

6. La décision attaquée du 16 février 2023, qui remet en cause une partie du montant de l'aide attribuée le 17 novembre 2016 à l'association AADCP au titre du Fonds FSE et prescrit le reversement d'une partie de cette subvention au motif que les conditions dont elle était assortie ne sont pas respectées, constitue une décision de retrait partiel de ladite subvention. L'administration, qui a procédé à l'appréciation du respect des conditions d'attribution initiales de la subvention pour décider cette remise en cause, ne se trouvait nullement en situation de compétence liée contrairement à ce qu'elle soutient à tort en défense. Il s'ensuit que la décision attaquée devait être précédée d'une procédure contradictoire préalable. Toutefois, d'une part, il est constant que, suite à la remise à la collectivité du rapport final, daté du 10 mai 2019, de l'audit réalisé par la commission interministérielle de coordination des contrôles (CICC) pointant plusieurs manquements, le président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique n'a pas informé au préalable l'association AADCP de ce qu'il envisageait de procéder au reversement d'une partie de cette aide et n'a ainsi pas mis l'association intéressée à même de présenter ses observations écrites. D'autre part, contrairement à ce que soutient à tort l'administration en défense, l'association requérante n'avait pas pu présenter la moindre observation auprès de la commission interministérielle de coordination des contrôles (CICC) dans le cadre de la procédure d'audit, celui-ci ayant été réalisé exclusivement auprès de la collectivité territoriale de Martinique, autorité de gestion, et de la direction régionale des finances publiques, autorité de certification, et nullement auprès des opérateurs bénéficiaires des fonds européens. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure est fondé. Il doit, par suite, être accueilli.

7. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que, compte-tenu de son objet, la décision attaquée devait être motivée en application de l'article L. 211-2 cité précédemment du code des relations entre le public et l'administration. Toutefois, la décision ne comporte l'indication d'aucune des dispositions sur lesquelles elle a entendu fonder la remise en cause de l'aide. Si elle indique que le rapport définitif d'audit conduit du 2 au 10 octobre 2018 a fait apparaître des dépenses irrégulières au motif d'un " manquement aux obligations de transparence et soupçon de fraude avec 100 % d'irrégularité ", une telle indication ne précise toutefois pas la nature de ces manquements. La décision ne met ainsi pas sa destinatrice à même de connaître les motifs de fait sur lesquels l'administration a entendu fonder l'ordre de reversement de l'aide, et ce alors même qu'en l'absence de toute procédure contradictoire préalable il n'est pas établi que le rapport d'audit en cause aurait été précédemment adressé à l'association. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée est fondé. Il doit, par suite, être accueilli.

8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de légalité soulevés par l'association AADCP, qu'il y a lieu d'annuler la décision attaquée du président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique du 16 février 2023 ainsi que, par voie de conséquence, la décision implicite portant rejet du recours gracieux.

9. Le présent jugement ne fait pas obstacle à ce que le président de la collectivité territoriale de Martinique puisse, le cas échéant, par une nouvelle décision motivée comportant les considérations de fait et de droit en constituant le fondement, prononcer à nouveau le retrait de tout ou partie de la subvention et prescrire la restitution des sommes versées, après avoir mis au préalable l'association AADCP de présenter ses observations.

Sur la responsabilité de la collectivité territoriale de Martinique :

10. Toute illégalité commise par l'administration constitue une faute susceptible d'engager sa responsabilité, pour autant qu'il en soit résulté un préjudice certain et que ce préjudice soit directement lié à la faute. Lorsque les frais d'avocat exposés lors de la procédure de règlement amiable sont utiles, le lien entre la faute commise et ces dépenses doit être regardé comme direct.

11. L'association AADCP demande l'indemnisation des frais d'avocat qu'elle a exposés au cours de la procédure préalable, à l'occasion de la rédaction de ses de recours gracieux, de demande de communication des motifs de la décision implicite rejetant le recours gracieux et de demande indemnitaire préalable. Toutefois, aucun de ces trois courriers, rédigés en des termes particulièrement concis, ne comporte la moindre critique des motifs retenus par le président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique dans la décision attaquée du 16 février 2023, portant retrait partiel de la subvention litigieuse et reversement des sommes perçues. Il s'ensuit que les frais d'avocat se rapportant à ces démarches préalables, qui ne présentent aucun caractère utile, ne peuvent être regardés comme en lien direct avec les fautes commises par la collectivité territoriale de Martinique et constituées par les illégalités relevées précédemment aux points 6. et 7.

12. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par la collectivité territoriale de Martinique, que les conclusions indemnitaires de l'association AADCP doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'association AADCP, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la collectivité territoriale de Martinique demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la collectivité territoriale de Martinique une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'association AADCP et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La décision attaquée du président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique du 16 février 2023 et la décision implicite portant rejet du recours gracieux de l'association AADCP sont annulées.

Article 2 : La collectivité territoriale de Martinique versera à l'association AADCP une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de l'association AADCP est rejeté.

Article 4 : Les conclusions de la collectivité territoriale de Martinique présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à l'association pour l'accompagnement et le développement des compétences professionnelles (AADCP) et à la collectivité territoriale de Martinique.

Délibéré après l'audience du 24 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Laso, président,

M. Lancelot, premier conseiller,

M. Phulpin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.

Le rapporteur,

V. Phulpin

Le président,

J-M. LasoLa greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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