lundi 27 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300586 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés le 26 septembre 2023, le 25 mars 2024 et le 4 avril 2024, le préfet de la Martinique demande au tribunal d'annuler le permis de construire tacitement intervenu le 20 février 2023 au bénéfice de la SCI Morne Champagne, l'autorisant à construire une maison individuelle sur la parcelle cadastrée section D n° 118 située au lieu-dit Coin des pères, sur le territoire de la commune des Anses d'Arlet.
Il soutient que :
- la parcelle D 118 se situe en totalité dans le périmètre du schéma de mise en valeur de la mer de la Martinique, dans une zone qui comprend des terrains à protéger ;
- conformément à l'article R. 121-5 du code de l'urbanisme, seules des constructions d'une surface maximale de 50 m² dans le cadre d'une activité agricole sont autorisées, alors que le projet litigieux concerne une maison d'habitation de 124 m² ;
- les dispositions de l'article R. 431-19 du code de l'urbanisme ont été méconnues dès lors que la parcelle n'a pas fait l'objet d'une autorisation de défrichement et que la parcelle D 118 a fait l'objet d'une décision d'interdiction de défrichement le 29 mai 2017, devenue définitive.
Par un mémoire enregistré le 4 mars 2024, la commune des Anses d'Arlet, représentée par Me Dumont, doit être regardée comme concluant à l'annulation de la décision déférée.
Elle soutient que :
- le déféré préfectoral n'est pas tardif ;
- la secrétaire générale de la préfecture était compétente pour signer au nom du préfet le mémoire introductif d'instance ;
- elle s'en remet à la sagesse du tribunal sur l'éventuelle méconnaissance de l'article R. 121-5 du code de l'urbanisme ;
- l'architecte des bâtiments de France s'est prononcé défavorablement au projet, plaçant le maire en situation de compétence liée pour refuser le projet ;
- l'autorisation de défrichement sollicitée par la SCI Morne Champagne ne lui a pas été délivrée.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 27 octobre 2023, le 2 mars 2024 et le 20 mars 2024, la SCI Morne Champagne, représentée par Me Franceschini, conclut :
- à ce qu'il soit ordonné avant dire droit au préfet de la Martinique de verser aux débats l'entier dossier de schéma d'aménagement régional valant schéma de mise en valeur de la mer ainsi que, dans une version non occultée, le document annexé en pièce jointe n°1 au mémoire de la commune ;
- au rejet de la requête ;
- et à ce que soit mise à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le déféré est irrecevable et que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées, par un courrier du 12 avril 2024, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité pour tardiveté des moyens nouveaux présentés par la commune des Anses d'Arlet, ceux-ci ayant été soulevés plus de deux mois après la communication du premier mémoire en défense.
Des observations en réponse ont été produites par la commune des Anses d'Arlet, dans un mémoire enregistré le 14 avril 2024 qui a été communiqué.
Des observations en réponse ont été produites par la SCI Morne Champagne, dans un mémoire enregistré le 22 avril 2024 qui a été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code forestier ;
- le code du patrimoine ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Palmaert,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- les observations de Mmes C et Albicy, représentant la commune des Anses d'Arlet ;
- et les observations de Mme B, représentant la SCI Morne Champagne.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Morne Champagne, représentée par sa gérante Mme D B, a déposé une demande de permis de construire le 16 septembre 2022 en vue de la construction d'une maison d'habitation sur la parcelle cadastrée section D n° 118 située au lieu-dit Coin des pères, sur le territoire de la commune des Anses-d'Arlet. Par un courrier du 5 juin 2023, le maire de la commune a délivré un certificat de permis de construire tacite, né le 20 février 2023. L'exécution de cette décision a été suspendue par le juge des référés, par une ordonnance du 19 octobre 2023. Par la présente requête, le préfet de la Martinique demande l'annulation du permis de construire intervenu le 20 février 2023 au bénéfice de la SCI Morne Champagne.
Sur les fins de non-recevoir soulevées en défense :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission () ". Parmi les actes mentionnés par l'article L. 2131-2 de ce code figure, au 6° : " Le permis de construire et les autres autorisations d'utilisation du sol et le certificat d'urbanisme délivrés par le maire ". L'article R. 423-23 du code de l'urbanisme fixe à deux mois le délai d'instruction de droit commun pour les demandes de permis de construire portant sur une maison individuelle. Par ailleurs, l'article R. 424-1 du même code prévoit que, à défaut d'une décision expresse dans le délai d'instruction, le silence gardé par l'autorité compétente vaut permis de construire. Aux termes de l'article L. 424-8 du code de l'urbanisme : " Le permis tacite et la décision de non-opposition à une déclaration préalable sont exécutoires à compter de la date à laquelle ils sont acquis ". L'article R. 423-7 du même code dispose que : " Lorsque l'autorité compétente pour délivrer le permis ou pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est le maire au nom de la commune, celui-ci transmet un exemplaire de la demande ou de la déclaration préalable au préfet dans la semaine qui suit le dépôt ".
3. S'il résulte des dispositions de l'article L. 424-8 du code de l'urbanisme rappelées ci-dessus qu'un permis de construire tacite est exécutoire dès qu'il est acquis, sans qu'il y ait lieu de rechercher s'il a été transmis au représentant de l'Etat, les dispositions de cet article ne dérogent pas à celles de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, en vertu desquelles le préfet défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. Figurent au nombre de ces actes les permis de construire tacites. Une commune doit être réputée avoir satisfait à l'obligation de transmission, dans le cas d'un permis de construire tacite, si elle a transmis au préfet l'entier dossier de demande, en application de l'article R. 423-7 du code de l'urbanisme. Le délai du déféré court alors à compter de la date à laquelle le permis est acquis ou, dans l'hypothèse où la commune ne satisfait à l'obligation de transmission que postérieurement à cette date, à compter de la date de cette transmission.
4. En l'espèce, il est constant que, par une demande déposée en mairie des Anses-d'Arlet le 16 septembre 2022, la SCI Morne Champagne a sollicité la délivrance d'un permis de construire. Cependant, il ne ressort pas des pièces du dossier et il n'est pas non plus démontré qu'une transmission au titre de l'article R. 423-7 du code de l'urbanisme ait été effectuée par la commune. Ainsi, aucun élément du dossier n'est de nature à établir la réception du dossier par la préfecture avant le 8 août 2023. De plus, il ressort des pièces du dossier que la commune des Anses-d'Arlet a transmis la demande de permis de construire au préfet le 8 août 2023 avec le certificat du 5 juin 2023 indiquant qu'un permis de construire tacite est intervenu le 20 février 2023. Dans la mesure où la commune n'a satisfait à l'obligation de transmission que postérieurement à la date à laquelle l'autorisation a été acquise, le délai du déféré n'a commencé à courir qu'à compter du 8 août 2023. La requête du préfet, enregistrée au greffe du tribunal le 26 septembre 2023, est dès lors recevable. Il en résulte que la fin de non-recevoir opposée par la SCI Morne Champagne tirée de la tardiveté de la requête doit être écartée.
5. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que la signataire du présent déféré, Mme Laurence Gola de Monchy, secrétaire générale de la préfecture, a reçu, par arrêté du préfet de la Martinique du 5 septembre 2023 publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, délégation à l'effet de signer, notamment, les requêtes relevant des attributions de l'Etat dans la région et le département, à l'exception de certains actes limitativement énumérés au nombre desquels ne figurent pas l'introduction d'un déféré préfectoral. Dans ces conditions, en application de cette délégation, suffisamment précise, la secrétaire générale de la préfecture de la Martinique pouvait valablement signer la requête. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la SCI Morne Champagne et tirée de l'incompétence de la signataire du déféré préfectoral doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la construction dans un site remarquable :
6. Aux termes de l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme : " Les documents et décisions relatifs à la vocation des zones ou à l'occupation et à l'utilisation des sols préservent les espaces terrestres et marins, sites et paysages remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel et culturel du littoral, et les milieux nécessaires au maintien des équilibres biologiques () ". Aux termes de l'article L. 121-24 du même code : " Des aménagements légers, dont la liste limitative et les caractéristiques sont définies par décret en Conseil d'Etat, peuvent être implantés dans ces espaces et milieux lorsqu'ils sont nécessaires à leur gestion, à leur mise en valeur notamment économique ou, le cas échéant, à leur ouverture au public, et qu'ils ne portent pas atteinte au caractère remarquable du site. () ". Aux termes de l'article R. 121-4 du même code : " En application de l'article L. 121-23, sont préservés, dès lors qu'ils constituent un site ou un paysage remarquable ou caractéristique du patrimoine naturel et culturel du littoral et sont nécessaires au maintien des équilibres biologiques ou présentent un intérêt écologique : () / 2° Les forêts et zones boisées proches du rivage de la mer () / 7° Les parties naturelles des sites inscrits ou classés en application des articles L. 341-1 et L. 341-2 du code de l'environnement () " . Et aux termes de l'article R. 121-5 du code de l'urbanisme : " Seuls peuvent être implantés dans les espaces et milieux mentionnés à l'article L. 121-24, dans les conditions prévues par cet article, les aménagements légers suivants, à condition que leur localisation et leur aspect ne dénaturent pas le caractère des sites, ne compromettent pas leur qualité architecturale et paysagère et ne portent pas atteinte à la préservation des milieux : () 4° A l'exclusion de toute forme d'hébergement et à condition qu'ils soient en harmonie avec le site et les constructions existantes : a) Les aménagements nécessaires à l'exercice des activités agricoles, pastorales et forestières dont à la fois la surface de plancher et l'emprise au sol au sens de l'article R. 420-1 n'excèdent pas cinquante mètres carrés ; () ".
7. Aux termes de l'article L. 341-1 du code de l'environnement : " Il est établi dans chaque département une liste des monuments naturels et des sites dont la conservation ou la préservation présente, au point de vue artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque, un intérêt général ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 4433-7 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction applicable à la date du litige : " Les régions de Guadeloupe et de La Réunion, les collectivités territoriales de Guyane et de Martinique et le Département de Mayotte élaborent un schéma d'aménagement régional qui fixe les orientations fondamentales à moyen terme en matière de développement durable, de mise en valeur du territoire et de protection de l'environnement, eu égard aux objectifs assignés à l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme par l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme. ()". Aux termes de l'article L. 4433-7-2 du même code : " Le schéma d'aménagement régional fixe les orientations fondamentales de l'aménagement, de la protection et de la mise en valeur du littoral. / Il tient lieu, pour les secteurs qu'il détermine, de schéma de mise en valeur de la mer au sens de l'article 57 de la loi n° 83-8 du 7 janvier 1983 relative à la répartition de compétences entre les communes, les départements, les régions et l'Etat. / A ce titre, il définit pour ces secteurs les orientations, vocations, principes, mesures et sujétions particulières prévus à ce même article et comporte des documents graphiques représentant les vocations, protections, aménagements et équipements prévus. () ".
8. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme est indissociable du moyen soulevé dans la requête et tiré de la méconnaissance de l'article R. 121-5 du code de l'urbanisme qui n'autorise, dans les espaces naturels et agricoles situés à proximité du littoral que les aménagements légers dont la surface de plancher n'excède pas 50 m². Ainsi, ce moyen qui ne constitue pas un moyen nouveau est recevable.
9. En l'espèce, par un arrêté ministériel du 16 mai 1989, le site du Morne Champagne a été inscrit pour son caractère pittoresque sur la liste départementale des monuments naturels et des sites dont la conservation présente un intérêt général. Il ressort des pièces du dossier que ce site inscrit a aussi été mentionné par le schéma d'aménagement régional valant schéma de mise en valeur de la mer qui le présente sur un document graphique comme un site remarquable au sens de l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme. S'il est vrai que le site du Morne Champagne comporte quelques constructions dans le prolongement du bourg des Anses d'Arlet, que la partie sud de la parcelle D 118 a été classée en zone urbaine par le plan local d'urbanisme communal et se trouve en effet dans la continuité de l'urbanisation existante, l'autorisation de construire une nouvelle maison individuelle présentant une surface de plancher de 124 m², qui ne constitue pas un aménagement léger, sur ce site remarquable méconnait les dispositions précitées des articles L. 121-23, L. 121-14 et R. 121-5 du code de l'urbanisme. Il s'ensuit que le préfet de la Martinique est fondé à soutenir que le permis de construire délivré à la SCI Morne Champagne par le maire de la commune des Anses d'Arlet est entaché d'illégalité.
En ce qui concerne l'accord de l'architecte des bâtiments de France :
10. Aux termes de l'article R. 423-54 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, l'autorité compétente recueille l'accord ou, pour les projets mentionnés à l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine, l'avis de l'architecte des Bâtiments de France ". Aux termes de l'article R. 423-67 du même code : " Par exception aux dispositions de l'article R. 423-59, le délai à l'issue duquel l'architecte des Bâtiments de France est réputé avoir donné son accord () est de deux mois lorsque le projet soumis à permis est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques. () ".
11. Le moyen tiré de l'avis défavorable de l'architecte des bâtiments de France, même s'il s'agit d'un moyen nouveau, constitue un moyen d'ordre public auquel une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de ce moyen n'est pas opposable.
12. En l'espèce, il est constant que, compte tenu de sa proximité avec l'église Saint-Henri, édifice inscrit au titre des monuments historiques, le maire des Anses d'Arlet ne pouvait délivrer le permis de construire sollicité sans obtenir au préalable l'accord de l'architecte des bâtiments de France territorialement compétent. C'est à cette fin que le dossier de demande de permis de construire a été transmis par la commune des Anses d'Arlet à l'architecte des bâtiments de France le 19 septembre 2022. Si ce dernier ne s'est pas prononcé dans le délai de deux mois qui lui est imparti en vertu de l'article R. 423-67 du code de l'urbanisme précité, la méconnaissance de ce délai n'a pas eu pour effet de le dessaisir et c'est régulièrement qu'il a pu exprimer son désaccord par un courrier du 2 décembre 2022 dans lequel il indiquait au maire des Anses d'Arlet qu'il " s'oppose en l'état du dossier à la délivrance de l'autorisation " sollicitée par la SCI Morne champagne. Il ressort des pièces du dossier que ce courrier a bien été reçu par les services de la mairie des Anses d'Arlet le 2 décembre 2022 et ne permettait pas au maire des Anses d'Arlet de délivrer l'autorisation sollicitée. A la supposer établie, la circonstance que la SCI du Morne Champagne n'aurait pas été informée de cette décision de l'architecte des bâtiments de France est sans incidence dès lors que le maire des Anses d'Arlet était tenu de refuser l'autorisation sollicitée. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que la demande de documents complémentaires qu'avait formulée l'architecte des bâtiments de France dans son courrier du 2 décembre 2022 n'était pas utile à son contrôle comme l'allègue sans le démontrer la SCI Morne Champagne. En conséquence, si un permis de construire tacite est bien né au terme du délai d'instruction de trois mois, le maire des Anses d'Arlet est fondé à soutenir qu'il est entaché d'illégalité compte tenu du désaccord manifesté dans ce délai d'instruction par l'architecte des bâtiments de France.
13. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est de nature à entrainer l'annulation de la décision du maire des Anses d'Arlet.
Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
14. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".
15. Il résulte de ce qui a été dit au point 8 que le permis de construire délivré par le maire des Anses d'Arlet est entaché d'illégalité au motif qu'aucune construction de maison individuelle ne peut plus être autorisée sur le site protégé du Morne Champagne. Ce vice n'étant pas susceptible de régularisation, il y a lieu de rejeter les conclusions tendant au sursis à statuer en vue d'une régularisation.
16. Il résulte de tout ce qui précède que le permis de construire tacite du 20 février 2023 délivré par le maire de la commune des Anses d'Arlet à la SCI Morne Champagne doit être annulé.
Sur la demande de mesure d'instruction :
17. La SCI Morne Champagne a demandé au tribunal d'enjoindre au préfet de la Martinique et à la commune des Anses d'Arlet de verser aux débats le schéma d'aménagement régional valant schéma de mise en valeur de la mer et, dans une version non occultée, le document annexé en pièce jointe n°1 au mémoire de la commune. Il résulte de l'instruction que, d'une part, le préfet de la Martinique a produit en cours d'instance la pièce demandée et, d'autre part, que l'autre pièce demandée par la SCI Morne Champagne ne présente pas d'utilité pour le jugement de l'affaire. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'injonction avant dire droit présentées par la SCI Morne Champagne doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la SCI Morne Champagne au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le permis de construire tacite du 20 février 2023 délivré par le maire de la commune des Anses d'Arlet à la SCI Morne Champagne est annulé.
Article 2 : Les conclusions présentées par la SCI Morne Champagne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées, de même que ses conclusions tendant à ce qu'il soit ordonné avant dire droit aux autres parties de produire des pièces.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet de la Martinique, à la commune des Anses d'Arlet et à la SCI Morne Champagne.
Copie en sera adressée à la procureure de la République du tribunal judiciaire de Fort-de-France.
Délibéré après l'audience du 25 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. de Palmaert, premier conseiller,
Mme Monnier-Besombes, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2024.
Le rapporteur,
S. de Palmaert
Le président,
J-M. Laso
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026