jeudi 21 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300595 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 septembre 2023, Mme A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la rectrice de l'académie de Martinique a remis en cause, à compter du mois de juin 2023, le versement de la moitié de la majoration de traitement de 40 % applicable aux fonctionnaires de l'Etat affectés en Martinique, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux ;
2°) d'annuler la décision par laquelle la rectrice de l'académie de Martinique a remis en cause, à compter du mois de juin 2023, le versement de l'indemnité de sujétions particulières, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux ;
3°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Martinique de lui verser rétroactivement l'indemnité de sujétions particulières ainsi que les compléments de majoration de traitement de 40 % depuis le mois de juin 2023.
Elle soutient que, conformément aux dispositions du décret n° 2010-997 du 26 août 2010, elle a droit, en sa seule qualité de professeure certifiée en documentation affectée en Martinique, au versement de l'intégralité de la majoration de traitement de 40 % et de l'indemnité de sujétions particulières, et ce même si elle est placée en congé de longue maladie depuis le 4 avril 2023.
La procédure a été régulièrement communiquée à la rectrice de l'académie de Martinique, qui n'a produit aucune observation malgré une lettre de mise en demeure qui lui a été adressée par courrier du 16 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 50-407 du 3 avril 1950 ;
- le décret n° 53-1266 du 22 décembre 1953 ;
- le décret n° 57-87 du 28 janvier 1957 ;
- le décret n° 72-581 du 4 juillet 1972 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le décret n° 91-467 du 14 mai 1991 ;
- le décret n° 2010-997 du 26 août 2010 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Phulpin,
- et les conclusions de M. de Palmaert, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, professeure certifiée, est affectée en Martinique où elle exerce des fonctions de documentation. Elle a constaté que l'indemnité de sujétions particulières et la moitié de la majoration de traitement de 40 % avaient cessé de lui être versées sur ses rémunérations depuis le mois de juin 2023. L'intéressée a alors formé deux recours gracieux à l'encontre des décisions portant remise en cause du versement de ces indemnités, par deux courriers datés des 3 juillet 2023 et 4 septembre 2023 qui sont restés sans réponse. Dans la présente instance, Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal administratif d'annuler les deux décisions par lesquelles la rectrice de l'académie de Martinique a remis en cause, à compter du mois de juin 2023, le versement de l'indemnité de sujétions particulières et la moitié de la majoration de traitement de 40 %, les décisions implicites de rejet de ses recours gracieux, ainsi que d'enjoindre à l'administration de lui verser rétroactivement l'indemnité de sujétions particulières ainsi que les compléments de majoration de traitement de 40 % depuis le mois de juin 2023.
Sur l'acquiescement aux faits :
2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ". Il résulte de ces dispositions que l'acquiescement aux faits prévu à l'article R. 612-6 est acquis lorsque, comme en l'espèce, le délai imparti à l'administration a expiré et que la date de clôture de l'instruction fixée par ordonnance est échue sans que l'administration ait présenté d'observations. Cette circonstance ne saurait dispenser le juge, d'une part, de vérifier que les faits allégués par le demandeur ne sont pas contredits par les autres pièces versées au dossier et, d'autre part, de se prononcer sur les moyens de droit que soulève l'affaire.
Sur la légalité des décisions attaquées :
3. D'une part, l'article L. 741-1 du code général de la fonction publique, qui reprend en substance l'article 3 de la loi n° 50-407 du 3 avril 1950 concernant les conditions de rémunération et les avantages divers accordés aux fonctionnaires en service dans les départements de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane et de la Réunion, dispose : " Le traitement du fonctionnaire de l'Etat et du fonctionnaire hospitalier en service () à la Martinique () est majoré de 25 % () ". L'article 10 du décret du 22 décembre 1953 portant aménagement du régime de rémunération des fonctionnaires de l'Etat en service dans les départements d'outre-mer dispose : " A titre provisoire et pour compter du 1er août 1953, il est attribué aux fonctionnaires de l'Etat en service dans les départements () de la Martinique (), un complément temporaire à la majoration de traitement instituée par l'article 3 de la loi susvisée du 3 avril 1950. Le taux de ce complément est fixé à 5 % du traitement indiciaire de base () ". L'article 1er du décret du 28 janvier 1957 portant majoration du complément temporaire alloué aux fonctionnaires de l'Etat en service dans les départements de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Guyane française dispose : " Pour compter du 1er janvier 1957, le montant du complément temporaire institué par l'article 10 du décret susvisé du 22 décembre 1953 est porté à 15% à l'égard des fonctionnaires de l'Etat en service dans les départements () de la Martinique () ". Les avantages institués par ces dispositions, qui prévoient une majoration de traitement de 40 % au bénéfice notamment des fonctionnaires de l'Etat affectés dans le département de la Martinique, sont liés au séjour de l'agent dans un département d'outre-mer, et présentent ainsi le caractère d'une indemnité attachée à l'exercice des fonctions.
4. L'article 1er du décret du 14 mai 1991 instituant une indemnité de sujétions particulières en faveur des personnels exerçant des fonctions de documentation ou d'information dans un lycée, un lycée professionnel ou un collège dispose : " Une indemnité de sujétions particulières non soumise à retenues pour pension est allouée à compter du 1er septembre 1990 aux personnels exerçant dans un lycée, un lycée professionnel ou un collège relevant du ministre chargé de l'éducation des fonctions de documentation ou d'information définies à l'article 1er du décret du 10 janvier 1980 modifié susvisé. " L'article 3 du même décret dispose : " L'indemnité prévue à l'article 1er du présent décret est versée mensuellement à ses bénéficiaires () ". L'avantage institué par ces dispositions, qui prévoit le versement mensuel d'une indemnité de sujétions particulières au bénéfice des personnels exerçant des fonctions de documentation ou d'information dans les établissements scolaires du second degré, sont liés aux fonctions exercées et présentent ainsi le caractère d'une indemnité attachée à l'exercice des fonctions.
5. D'autre part, l'article L. 822-6 du code général de la fonction publique dispose : " Le fonctionnaire en activité a droit à des congés de longue maladie, dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaire un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. " L'article L. 822-8 du même code dispose, dans sa version applicable au litige : " Le fonctionnaire en congé de longue maladie perçoit : / 1° Pendant un an, la totalité de son traitement ; / 2° Pendant les deux années suivantes, la moitié de celui-ci. / L'intéressé conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. " L'article 1er du décret du 26 août 2010 relatif au régime de maintien des primes et indemnités des agents publics de l'Etat et des magistrats de l'ordre judiciaire dans certaines situations de congés dispose, dans sa version applicable au litige : " I. - 1° Le bénéfice des primes et indemnités versées aux fonctionnaires relevant de la loi du 11 janvier 1984 susvisée, aux magistrats de l'ordre judiciaire () est maintenu dans les mêmes proportions que le traitement () en cas de congés pris en application () des 1°, 2° et 5° de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée () / 2° Les dispositions des régimes indemnitaires qui prévoient leur modulation en fonction des résultats et de la manière de servir de l'agent demeurent applicables ; () ". En vertu de l'application combinée des articles 25 et 37 du décret du 14 mars 1986 relatif notamment au régime de congés de maladie des fonctionnaires, d'une part, la rémunération versée aux agents en congé de maladie ordinaire comprend le traitement indiciaire brut ainsi que les primes et indemnités, à l'exception de dix d'entre elles au nombre desquelles ne figurent pas les primes attachées à l'exercice des fonctions à moins qu'elles ne correspondent à des sujétions particulières, d'autre part, la rémunération versée aux agents en congé de longue maladie ou de longue durée exclut explicitement les indemnités qui sont attachées à l'exercice des fonctions.
6. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que les fonctionnaires de l'Etat qui sont placés en congé de longue maladie ne peuvent bénéficier du maintien ni de la majoration de traitement, instituée par la loi n° 50-407 du 3 avril 1950 et les textes réglementaires qui la complètent, ni de l'indemnité de sujétions particulières, instituée par le décret du 14 mai 1991, lesquelles majoration et indemnité présentent le caractère d'indemnités attachées à l'exercice des fonctions. Il est constant que Mme B a été placée en congé de longue à compter du 4 avril 2023. Il s'ensuit que, du seul fait de son placement en congé de longue maladie, la requérante ne pouvait bénéficier du maintien de la majoration de son traitement de 40 % lié à son affectation dans un département d'outre-mer, ni de l'indemnité de sujétions particulières liée à ses fonctions de documentation, et ce quand bien même elle demeure affectée en Martinique. Mme B n'est dès lors pas fondée à soutenir que la rectrice de l'académie de Martinique aurait méconnu les dispositions citées précédemment aux points 3., 4. et 5. en cessant de lui verser la moitié de la majoration de son traitement de 40 % et la totalité de l'indemnité de sujétions particulières. Les moyens ainsi soulevés doivent, par suite, être écartés.
7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à contester la légalité des décisions attaquées de la rectrice de l'académie de Martinique portant remise en cause du bénéfice de l'indemnité de sujétions particulières et de la moitié la majoration de traitement de 40 %. Les conclusions principales de sa requête présentées à fin d'annulation doivent, par suite, être rejetées.
Sur l'injonction :
8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution particulière. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la ministre de l'éducation nationale.
Copie sera adressée pour information à la rectrice de l'académie de Martinique.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. Phulpin, premier conseiller,
Mme Monnier-Besombes, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2024.
Le rapporteur,
V. Phulpin
Le président,
J-M. LasoLe greffier,
J-H. Minin
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026