lundi 8 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300604 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | OVEREED |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 octobre 2023 et le 19 février 2024, la société Socotour, représentée par Me Especel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 mai 2023 par laquelle le préfet de la Martinique a rejeté sa demande d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public, ensemble la décision implicite du 7 août 2023 par laquelle a été rejeté son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Martinique de lui délivrer l'autorisation sollicitée dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 11 mai 2023 a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle se fonde sur des motifs matériellement erronés ; aucun texte ni principe ne soumet la délivrance d'une autorisation d'occupation temporaire à l'avis favorable préalable d'une commission de sécurité ;
- la décision attaquée est entachée de partialité dès lors que le préfet de la Martinique a engagé à son encontre des poursuites pour contravention de grande voirie ;
- elle est entachée de détournement de pouvoir ;
- la substitution de motifs sollicitée en défense par le préfet ne peut être accueillie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 janvier 2024, le préfet de la Martinique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Palmaert,
- les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public,
- et les observations de Mme B, représentant le préfet de la Martinique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Socotour exploite un hôtel-restaurant à l'enseigne " La Dunette ", située rue du bord de mer sur le territoire de la commune de Sainte-Anne. Existant depuis plus de quarante ans, l'établissement est implanté en partie sur le domaine public maritime, sans autorisation d'occupation délivrée par l'autorité domaniale. En février 2019, la société Socotour a présenté une demande d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public afin de régulariser cette occupation. Par un courrier du 18 février 2022, le service instructeur de la préfecture de la Martinique a invité la société pétitionnaire à compléter son dossier. Cette demande étant restée sans réponse, le préfet de la Martinique a de nouveau, par un courrier du 7 mars 2023, invité la société Socotour à compléter son dossier, et a engagé parallèlement des poursuites pour contravention de grande voirie. Par un courrier du 11 mai 2023, la demande d'autorisation présentée par la société Socotour a été rejetée. Un recours gracieux formé contre cette décision a été implicitement rejeté le 7 août 2023. Par la présente requête, la société Socotour demande l'annulation des deux décisions de rejet en date des 11 mai et 7 août 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () / 7° Refusent une autorisation () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". La décision rejetant une demande présentée en vue d'obtenir une autorisation d'occupation du domaine public constitue, quels que soient les motifs sur lesquels elle repose, un refus d'autorisation au sens de ces dispositions et doit, par suite, être motivée.
3. Il ressort des termes de la décision du 11 mai 2023 que, pour motiver son refus de délivrer l'autorisation d'occupation temporaire du domaine public sollicitée, l'autorité administrative se borne à indiquer qu'un document demandé au pétitionnaire par le service instructeur n'a pas été produit. Cette simple indication factuelle, qui ne précise pas les considérations de droit constituant le fondement du refus opposé, ne satisfait pas les exigences posées par les dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation en droit de la décision contestée doit être accueilli.
4. Le préfet de la Martinique invite le tribunal à procéder à une substitution de motifs, faisant valoir en défense que la décision attaquée est fondée sur des motifs de sécurité, l'établissement exploité par la société Socotour ne satisfaisant pas à toutes les normes de sécurité en vigueur. Toutefois, lorsque le juge, saisi d'un moyen en ce sens, constate qu'une décision administrative est insuffisamment motivée, l'administration ne peut utilement lui demander de procéder à une substitution de motifs, laquelle ne saurait, en tout état de cause, remédier au vice de forme résultant de l'insuffisance de motivation.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la société Socotour est fondée à demander l'annulation de la décision du 11 mai 2023 de même que, par voie de conséquence, de la décision du 7 août 2023 par laquelle a été rejeté son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique seulement que le préfet de la Martinique réexamine la demande de la société Socotour. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de lui enjoindre d'y procéder dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sans assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande présentée par la société Socotour sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 11 mai 2023 du préfet de la Martinique est annulée, ensemble la décision du 7 août 2023 portant rejet du recours gracieux de la société Socotour.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Martinique de réexaminer la demande de la société Socotour dans un délai d'un mois.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Socotour et au préfet de la Martinique.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. de Palmaert, premier conseiller,
Mme Monnier-Besombes, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 avril 2024.
Le rapporteur,
S. de Palmaert
Le président,
J-M. Laso
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026