jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300652 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | JURISCARIB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 novembre 2023, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 1er février 2024, 3 avril 2024, 22 avril 2024 et 26 août 2024, M. E A et Mme D C épouse A, représentés par Me Bruno, demandent au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 mai 2023 par lequel le maire de la commune du Vauclin a délivré à M. G F un permis de construire en vue de la régularisation d'une maison individuelle édifiée sur une parcelle située au lieu-dit Baie des Mulets au Vauclin ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune du Vauclin de modifier le permis de construire accordé à M. F, afin de prévoir le déplacement du pan de mur comportant la porte et la fenêtre qui ont été construites après 2020, et de contrôler le déplacement effectif de ce pan de mur, ainsi que la démolition du garage illégalement édifié ;
3°) de condamner la commune du Vauclin au remboursement des frais de l'expertise qu'ils ont mandatée au titre du paiement des entiers dépens ;
4°) de mettre à la charge de la commune du Vauclin une somme de 3 797,50 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt à agir puisqu'ils sont propriétaires du fonds mitoyen du projet de construction et que celui-ci, implanté à moins de trois mètres de leur propriété, porte atteinte aux conditions de jouissance de leur bien en créant des préjudices visuel, sonore et d'intimité ;
- la demande de permis de construire prévoit l'ajout d'un garage, sans toutefois préciser son emplacement, lequel ne figure pas sur le plan de masse ;
- l'arrêté attaqué méconnait l'article U3-7-1 du plan local d'urbanisme dans la mesure où les constructions sont implantées à moins de trois mètres de la limite du terrain d'assise du projet qui marque la limite avec leur propre propriété ;
- il méconnait pour la même raison la règle d'implantation des constructions à une distance minimale de trois mètres par rapport aux limites séparatives, fixée par l'ancien article R. 111-19 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté méconnait l'article U3-11-1-3 du plan local d'urbanisme puisque la suppression du garage va automatiquement transformer le mur de ce dernier en mur de clôture et que ce mur présente une hauteur supérieure aux deux mètres autorisés ;
- le projet de construction méconnait la distance minimale de cinq mètres par rapport à l'alignement, prévue à l'article U3-6-1 du plan local d'urbanisme, ainsi que l'avait déjà retenu le maire dans un précédent arrêté de refus de permis de construire intervenu le 8 septembre 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 décembre 2023, et un mémoire complémentaire, enregistré le 5 mars 2024, la commune du Vauclin, représentée par l'Aarpi Les avocats réunis agissant par l'intermédiaire de Me Nicolas, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, au sursis à statuer en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, à ce que les requérants soient solidairement condamnés aux dépens et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à leur charge en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que M. et Mme A ne justifie pas d'un intérêt à agir suffisant, faute de démontrer que le projet de construction est de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur bien ;
- les moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.
La procédure a été régulièrement transmise à M. G F, qui a produit des pièces, enregistrées le 5 mars 2024.
En application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative, le mémoire complémentaire de la commune du Vauclin, enregistré le 31 août 2024, n'a pas été communiqué.
Par une lettre du 13 septembre 2024, les parties ont été invitées à présenter leurs observations sur la possibilité pour le tribunal de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, en vue de permettre la régularisation des vices de l'arrêté attaqué du 19 mai 2023 tirés de la méconnaissance des articles 7-1 et 11-3 du règlement de la zone U3 du plan local d'urbanisme de la commune du Vauclin.
La commune du Vaulcin a présenté des observations sur un éventuel sursis à statuer, par un mémoire, qui a été enregistré le 19 septembre 2024.
M. et Mme A ont présenté leurs observations sur un éventuel sursis à statuer par deux mémoires, qui ont été enregistrés les 23 septembre 2024 et 7 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Phulpin,
- les conclusions de M. de Palmaert, rapporteur public,
- et les observations de Me Mbouhou, substituant Me Bruno, avocat de M. et Mme A, et de Me Audrey Nicolas, avocate de la commune du Vauclin.
Une note en délibéré présentée pour les requérants a été enregistrée le 28 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. G F a acquis en 2017 au lieu-dit Baie des Mulets au Vauclin une maison d'habitation qui avait été édifiée sans autorisation par l'ancien propriétaire. Ayant lui-même réalisé irrégulièrement des travaux dans sa propriété au cours de l'année 2020, il a déposé, le 23 mars 2023, une demande de permis de construire afin de régulariser la construction en autorisant l'édification d'une maison d'habitation d'une surface de planche de 189,13 m². Par arrêté du 19 mai 2023, le maire de la commune du Vauclin a délivré le permis de construire sollicité. M. E A et Mme C épouse A ont formé à l'encontre de cet arrêté un recours gracieux, par un courrier daté du 17 juillet 2023 qui est resté sans réponse. Dans la présente instance, ils demandent au tribunal administratif d'annuler l'arrêté du maire de la commune du Vauclin du 19 mai 2023, ainsi que d'enjoindre au maire de modifier le permis de construire accordé à M. F, afin de prévoir le déplacement du pan de mur comportant la porte et la fenêtre qui ont été construites après 2020, et de contrôler le déplacement effectif de ce pan de mur et de la démolition du garage illégalement édifié.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. L'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme dispose : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation () ". L'article L. 600-1-3 du même code dispose : " Sauf pour le requérant à justifier de circonstances particulières, l'intérêt pour agir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager s'apprécie à la date d'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire. "
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. Il ressort des pièces du dossier, en particulier de l'acte notarié et du plan de situation, que M. et Mme A sont propriétaires de la parcelle qui jouxte le terrain d'assise du projet de construction, au niveau de sa limite est, et ont ainsi la qualité de voisin immédiat. Ils font état de nuisances visuelle et sonore, ainsi que d'une perte d'intimité en se prévalant de ce que le projet de construction est implanté à moins de trois mètres de leur propriété et comporte la création d'ouvertures sur la façade ainsi que d'une terrasse en R+1 qui donnent sur leur terrain. Dans ces conditions, alors même que le projet de construction de M. F vise à l'édification d'une maison individuelle en proche bordure de la limite parcellaire, à proximité immédiate de la villa des requérants, la commune du Vauclin n'est pas fondée à soutenir que M. et Mme A ne justifieraient pas d'un intérêt à agir suffisant pour demander l'annulation du permis de construire litigieux délivré par arrêté du 19 mai 2023. La fin de non-recevoir ainsi opposée doit, par suite, être écartée.
Sur la légalité de l'arrêté attaqué :
5. Lorsqu'une construction a été édifiée sans autorisation en méconnaissance des prescriptions légales alors applicables, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble du bâtiment.
6. En premier lieu, l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme dispose : " La demande de permis de construire précise : / () d) La nature des travaux ; () ". L'article R. 431-7 du même code dispose : " Sont joints à la demande de permis de construire : / () b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12. " L'article R. 431-8 du même code dispose : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / () 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles () ". L'article R. 431-9 du même code dispose : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions () ".
7. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
8. En l'espèce, M. et Mme A soutiennent que la demande de permis de construire déposée par le pétitionnaire ne précise pas l'emplacement du garage que comporte le projet de construction. Ils doivent ce faisant être regardés comme se prévalant du caractère insuffisant du dossier de demande de permis de construire. Il ressort des pièces du dossier, en particulier de la photographie montrant l'état initial du terrain, qu'un garage enterré constitué de murs de soutènement recouverts d'une dalle en béton a été irrégulièrement édifié en limite nord du terrain, à l'alignement de la voirie, à côté du portail de la propriété. Si M. F a indiqué dans l'imprimé Cerfa de demande de permis de construire que son projet de construction, tendant à la régularisation d'une maison en béton construite sur deux niveaux, prenait en compte à la fois " l'ajout du garage " et la " suppression d'un garage ", il n'a toutefois déclaré aucun garage dans la rubrique 4.3. du même imprimé Cerfa destinée à recueillir les informations complémentaires sur les différents types d'annexes de la construction. La demande de permis de construire comporte en outre un plan de masse sur lequel l'emplacement du garage apparait barré avec une légende manuscrite indiquant l'emplacement d'un parking, ainsi qu'une projection du projet de construction dans l'environnement sur laquelle il apparait que la dalle constituant la toiture du garage sera supprimée et qu'un emplacement de stationnement à ciel ouvert sera créé entre les murs de soutènements et le mur de façade de l'ancien garage, qui seuls seront maintenus. Dans ces conditions, contrairement à ce que soutiennent les requérants, le projet de construction de M. F ne comporte la création d'aucun garage. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de demande de permis de construire n'est pas fondé. Il doit, par suite, être écarté.
9. En deuxième lieu, l'article 7, intitulé " L'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ", du règlement de la zone U3 du plan local d'urbanisme de la commune du Vauclin dispose : " 7-1 Règles générales : / A l'intérieur de la zone U3 : Les constructions doivent s'implanter en retrait de la limite à une distance égale à 3 mètres au minimum () / 7-2 Dispositions particulières : / 7-2-1 Exception pour les extensions de constructions existantes : / Si une construction existante à la date d'approbation du présent règlement (le 29/01/13) est implanté à une distante de la limite séparative inférieure à celle fixée au 7-1, les extensions peuvent s'implanter dans le prolongement de la construction existante en longueur et/ou en hauteur à condition que la longueur totale de la façade mesurée parallèlement à la limite séparative (y compris l'extension) ne dépasse pas 10 mètres. Aucune ouverture créant des vues directes ne peut être créée sauf si elle respecte les dispositions du 7-1 () ".
10. En l'espèce, d'une part, il est constant que la maison d'habitation acquise par M. F a été édifié sans aucune autorisation par l'ancien propriétaire. Il s'ensuit que ce bâtiment ne constitue pas une construction existante au sens de l'article 7-2 du règlement de la zone U3 du plan local d'urbanisme, contrairement à ce que soutiennent les parties. Il appartenait au contraire à M. F, qui envisageait de faire de nouveaux travaux dans sa propriété, de présenter comme il l'a fait une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble du bâtiment afin de régulariser l'intégralité de la construction. Il suit de là que l'article 7-2 du règlement de la zone U3 du plan local d'urbanisme n'est pas applicable au projet de construction de M. F. Le moyen tiré de sa méconnaissance est dès lors inopérant. Il doit, par suite, être écarté, à supposer même qu'il soit soulevé.
11. D'autre part, il ressort des pièces du dossier, en particulier des différents plans joints à la demande de permis de construire, que le projet de construction litigieux, situé sur un terrain présentant une forte déclivité, consiste en l'édification d'une maison d'habitation comportant deux niveaux asymétriques. Le premier est formé d'un rez-de-chaussée semi-enterré, tandis que le second, construit en étage sur trois façades, se trouve au niveau du rez-de-jardin sur la façade arrière de la construction. Si le plan de masse figurant dans le dossier de demande de permis de construire mentionne une distance de 3,56 mètres entre la façade est du projet de maison d'habitation et la limite parcellaire jouxtant le fonds de M. et Mme A, cette cote est toutefois prise au niveau du mur de façade de l'étage de la construction, qui est plus éloigné de la limite de parcelle que ne l'est le mur de façade du rez-de-chaussée du bâtiment. En effet, compte-tenu de la présence, sur toute la longueur de l'étage de la maison, d'une terrasse non couverte d'une largeur d'environ 1,70 mètre implantée sur la dalle qui recouvre le rez-de-chaussée, l'implantation du mur de façade est du rez-de-chaussée du bâtiment est en réalité plus proche d'environ 1,70 mètre de la limite parcellaire que ne l'est la façade de l'étage. Il s'ensuit que M. et Mme A sont fondés à soutenir que le projet de construction de M. F, implanté à une distance inférieure à 2 mètres de la limite est de la parcelle qui jouxte leur fonds, ne respecte pas la distance minimale de retrait de 3 mètres instituée par l'article 7 cité au point précédent du plan local d'urbanisme. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être accueilli.
12. En troisième lieu, l'article R. 111-17 du code de l'urbanisme dispose : " A moins que le bâtiment à construire ne jouxte la limite parcellaire, la distance comptée horizontalement de tout point de ce bâtiment au point de la limite parcellaire qui en est le plus rapproché doit être au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points, sans pouvoir être inférieure à trois mètres. "
13. M. et Mme A ont entendu se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'ancien article R. 111-19 du code de l'urbanisme, repris à l'article R. 111-17 cité au point précédent du même code depuis l'entrée en vigueur, le 30 septembre 2015, du décret n° 2015-1783 du 28 décembre 2015 relatif à la partie réglementaire du livre Ier du code de l'urbanisme et à la modernisation du contenu du plan local d'urbanisme. Toutefois, ainsi qu'en dispose le 2e alinéa de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme, ces dispositions ne sont pas applicables dans les territoires dotés, comme la commune du Vauclin, d'un plan local d'urbanisme. Le moyen est dès lors inopérant. Il doit, par suite, être écarté à ce titre.
14. En quatrième lieu, l'article 11, intitulé " L'aspect extérieur des constructions et l'aménagement des abords ", du règlement de la zone U3 du plan local d'urbanisme de la commune du Vauclin dispose : " () 11-3 Les clôtures et les portails : / Clôtures / () La hauteur totale de la clôture ne doit pas dépasser 2 mètres sur rue et en limites séparatives () ". Le glossaire dudit plan local d'urbanisme définit la notion de " clôture " comme le " dispositif situé entre la limite de l'unité foncière et la limite avec le domaine public, d'une part, et, d'autre part, la limite avec les parcelles qui lui sont contiguës ayant pour fonction d'empêcher ou de limiter le libre passage ".
15. Il résulte de ce qui a été dit précédemment au point 8. que le projet de construction prévoit la démolition de la dalle qui sert de toiture au garage enterré irrégulièrement édifié en limite nord du terrain, à l'alignement de la voirie, afin de lui substituer un emplacement de stationnement à ciel ouvert entre les murs de soutènements et le mur de façade de l'ancien garage, qui seuls seront maintenus. Il s'ensuit que le mur de façade de l'ancien garage qui donne sur la voirie, implanté dans le prolongement du mur de clôture, sera maintenu et transformé lui-même en mur de clôture, soumis au respect de la limite maximale de hauteur de 2 mètres institué par les dispositions citées au point précédent du plan local d'urbanisme. Si aucune pièce du dossier, et notamment du dossier de demande de permis de construire, ne donne de précision sur la hauteur du pan de mur en cause, les requérants, qui avaient facilement accès au côté du mur donnant sur la voirie, soutiennent sans être contredits que celui-ci présente une hauteur approximative de 2,37 mètres. Dans ces conditions, ils sont fondés à soutenir que le mur de clôture du projet de construction, au niveau du parking à ciel ouvert créé à l'emplacement de l'ancien garage, méconnait la hauteur maximale de 2 mètres instituée par les dispositions de l'article 11 du règlement de la zone U3 du plan local d'urbanisme. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être accueilli.
16. En cinquième lieu, l'article 6, intitulé " L'implantation des constructions par rapport aux voies ou emprises publiques ", du règlement de la zone U3 du plan local d'urbanisme de la commune du Vauclin dispose : " 6-1 Règles générales : / Les constructions s'implantent en retrait à une distance minimale de 5 mètres par rapport à l'alignement () ".
17. M. et Mme A, qui invoquent la méconnaissance de l'article 6-1 cité précédemment du règlement de la zone U3 du plan local d'urbanisme et se prévalent du motif retenu par le maire du Vauclin dans un arrêté du 8 septembre 2022 pour refuser une précédente demande de permis de construire qu'avait déposée M. F, doivent être regardés comme contestant le respect de la distance minimale de retrait de 5 mètres par rapport à l'alignement de la voie publique du projet au niveau du garage du projet de construction. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit précédemment au point 8. que le projet de construction de M. F prévoit la suppression du garage qui a été irrégulièrement édifié en limite nord du terrain, à l'alignement de la voirie, à côté du portail de la propriété. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que l'implantation d'un tel garage méconnaitrait la distance minimale de retrait instituée par les dispositions citées au point précédent du plan local d'urbanisme n'est pas fondé. Il doit, par suite, être écarté.
Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
18. L'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme dispose : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. "
19. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
20. Les vices de légalité relevés précédemment au point 11. et 15., qui portent sur le respect de la distance minimale de retrait par rapport à la limite parcellaire devant être respectée au niveau de la façade est du projet de construction et sur le respect de la hauteur maximale de la clôture du projet au niveau du pan de mur situé à l'emplacement de l'ancien garage, sont susceptibles d'être régularisés dès lors que leur régularisation n'implique pas d'apporter au projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Par suite, les parties ayant été invitées à présenter leurs observations, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et de surseoir à statuer dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement. Il appartiendra à M. F de transmettre au tribunal dans ce délai une mesure de régularisation.
D E C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur les conclusions de la requête pour permettre à M. G F de transmettre, le cas échéant, au tribunal une mesure de régularisation des illégalités mentionnées aux points 11. et 15. du présent jugement, dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, premier dénommé, pour l'ensemble des requérants, à M. G F et à la commune du Vauclin.
Délibéré après l'audience du 24 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. Lancelot, premier conseiller,
M. Phulpin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
Le rapporteur,
V. Phulpin
Le président,
J-M. LasoLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026