jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300695 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BERTE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 novembre 2023, Mme B C doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 2 septembre 2022 par laquelle la directrice chargée de la coordination générale des instituts de formation en santé du centre hospitalier universitaire de Martinique, conformément à la décision de la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants, a rejeté sa demande de triplement exceptionnel de sa troisième année de formation en soins infirmiers, ensemble la décision du 15 novembre 2022 rejetant son recours gracieux.
Elle soutient que l'institut de formation en soins infirmiers a refusé de valider son stage du semestre 5, alors même qu'il avait été validé par l'établissement d'accueil, au motif qu'elle occupait un emploi d'aide-soignante au sein du centre hospitalier universitaire de Martinique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2024, le centre hospitalier universitaire de Martinique, représenté par la SELARL Berte et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- la requête est irrecevable, faute de contenir l'exposé de moyens.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- l'arrêté du 31 juillet 2009 relatif au diplôme d'Etat d'infirmier ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monnier-Besombes,
- les conclusions de M. de Palmaert, rapporteur public,
- et les observations de Me Amirault représentant le centre hospitalier universitaire de Martinique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 31 juillet 2022, Mme C, étudiante à l'institut de formation en soins infirmiers du centre hospitalier universitaire de Martinique, a présenté une demande d'autorisation exceptionnelle de triplement de sa troisième année de formation. Par une décision du 2 septembre 2022, la directrice chargée de la coordination générale des instituts de formation en santé du centre hospitalier universitaire de Martinique, suivant la décision de la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants, a rejeté sa demande. L'intéressée a formé un recours gracieux, qui a été rejeté par une décision du 15 novembre 2022. Par la présente requête, Mme C doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 2 septembre 2022, ensemble le rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 11 de l'arrêté du 31 juillet 2009 relatif au diplôme d'Etat d'infirmier : " () / Le nombre d'inscriptions est limité à six fois sur l'ensemble du parcours de formation, soit deux fois par année. Le directeur de l'institut peut octroyer une ou plusieurs inscriptions supplémentaires après décision de la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles des étudiants. / L'inscription pédagogique s'effectue pour chaque unité d'enseignement. Elle est automatique et pour l'ensemble des unités d'enseignement devant être réalisées dans l'année lorsque l'étudiant s'inscrit pour une année complète de formation ".
3. D'autre part, l'article 18 du même arrêté dispose que : " Chaque compétence s'obtient de façon cumulée : / 1° Par la validation de la totalité des unités d'enseignement en relation avec la compétence ; / 2° Par l'acquisition de l'ensemble des éléments de la compétence évalués lors des stages ; / 3° Par la validation des actes, activités et techniques de soins évalués soit en stage, soit en institut de formation ". Par ailleurs, l'article 31 de cet arrêté dispose que : " A la fin du stage, les responsables de l'encadrement évaluent les acquisitions des éléments de chacune des compétences au cours d'un entretien avec l'étudiant. / L'évaluation prend en compte le niveau de formation de l'étudiant ; elle se fonde sur sa progression au cours du stage dans le développement de ses compétences, au travers des situations rencontrées et de la mise en œuvre des activités de soins ". En outre, aux termes de l'article 32 de l'arrêté précité : " Le formateur de l'institut de formation, référent pédagogique de l'étudiant, prend connaissance des indications portées sur le portfolio et de l'évaluation du tuteur pour proposer à la commission d'attribution des crédits de formation définie à l'article 34 la validation du stage. Cette proposition prend en compte le niveau de formation de l'étudiant et se fonde sur sa progression dans son parcours de professionnalisation et l'acquisition des compétences infirmières. / Le stage est validé dès lors que l'étudiant remplit les conditions suivantes : / 1° Avoir réalisé la totalité du stage : la présence sur chaque stage ne peut être inférieure à quatre-vingt pour cent du temps prévu pour ce stage, sans que les absences ne dépassent 10 % de la durée totale des stages sur l'ensemble du parcours de formation clinique ; / 2° Avoir mis en œuvre et acquis les éléments des compétences requises dans les situations professionnelles rencontrées et analysées. / Les crédits européens correspondant au stage sont attribués dès lors que le stage est validé ". Enfin, l'article 34 de l'arrêté dispose que : " Les crédits de formation sont attribués par une commission d'attribution des crédits. Elle est mise en place dans les instituts de formation en soins infirmiers, sous la responsabilité du directeur de l'institut, qui la préside. / Elle est composée des formateurs référents des étudiants infirmiers, d'un ou plusieurs représentants de l'enseignement universitaire, et d'un ou plusieurs représentants des tuteurs de stage. / Chaque semestre, excepté le dernier, le formateur responsable du suivi pédagogique présente à la commission d'attribution des crédits les résultats des étudiants afin que celle-ci se prononce sur l'attribution des crédits européens et sur la poursuite du parcours de l'étudiant. Lors du dernier semestre, les résultats sont présentés devant le jury d'attribution du diplôme ".
4. Il n'appartient pas au juge de contrôler les appréciations portées par un jury sur la valeur des prestations d'un candidat à un examen, mais uniquement de vérifier qu'elles n'ont pas été émises à la suite d'une procédure entachée d'irrégularités, qu'elles ne sont pas fondées sur des faits matériellement inexacts ou qu'elles n'ont pas été attribuées sur le fondement de considérations étrangères à la seule valeur de ces prestations.
5. En l'espèce, Mme C se trouvait en situation de redoublement de sa troisième année de formation lors de l'année universitaire 2021/2022. Il ressort de son relevé de notes du semestre 5 que, faute de validation de ses stages réalisés du 14 septembre 2020 au 22 novembre 2020 et du 14 mars 2022 au 17 avril 2022, elle n'a obtenu que 20 crédits ECTS sur 30.
6. Il ressort des termes mêmes de la décision du 2 septembre 2022 que, pour rejeter la demande de triplement exceptionnel de l'intéressée et mettre fin à sa formation au sein de l'institut, l'administration s'est fondée sur ses résultats théoriques insuffisants pour une présentation au diplôme d'Etat d'infirmier, compte tenu de ses difficultés à valider l'unité d'enseignement 5.8 " stage " du semestre 5. Ainsi, contrairement à ce que soutient la requérante, il ne ressort d'aucune pièce du dossier, et notamment pas des appréciations portées sur ses fiches d'évaluation de stage, que l'absence de validation de ses stages, ni même que le refus de sa demande de triplement, seraient fondés sur la circonstance qu'elle occupe un poste d'aide-soignante au centre hospitalier universitaire de Martinique en parallèle de ses études.
7. Par ailleurs, si la requérante fait valoir que ses stages du semestre 5 auraient été validés par l'établissement d'accueil puis que le formateur de l'institut de formation aurait finalement refusé de les valider, il ressort des dispositions précitées des articles 31 et 32 de l'arrêté du 31 juillet 2009 que le tuteur de stage n'effectue qu'une évaluation des acquis de l'étudiant, tandis que le formateur est seul compétent pour proposer à la commission d'attribution des crédits de formation la validation ou non du stage, laquelle se prononce par une décision souveraine. Dans ces conditions, et alors qu'il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur les mérites d'un candidat ni de contrôler l'appréciation souveraine portée sur la valeur d'un candidat par un jury d'examen, la requérante n'est pas fondée à contester l'absence de validation de ses stages du semestre 5. Par suite, à supposer même qu'il soit soulevé, le moyen tiré de ce que la décision de refus de triplement serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation pour s'être fondée sur ses difficultés à valider l'unité d'enseignement " stage " du semestre 5, doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir, que les conclusions de Mme C tendant à l'annulation de la décision du 2 septembre 2022 par laquelle la directrice chargée de la coordination générale des instituts de formation en santé du centre hospitalier universitaire de Martinique a rejeté sa demande de triplement exceptionnel de sa troisième année de formation, ainsi que du rejet de son recours gracieux, doivent être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme C la somme demandée par le centre hospitalier universitaire de Martinique sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier universitaire de Martinique présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au centre hospitalier universitaire de Martinique.
Délibéré après l'audience du 24 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. Phulpin, premier conseiller,
Mme Monnier-Besombes, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
La rapporteure,
A. Monnier-BesombesLe président,
J.-M. Laso
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026