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AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2300729

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2300729

jeudi 2 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2300729
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCORIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 décembre 2023 et le 8 janvier 2024, M. G C, représenté par Me Corin, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler les décisions du 31 octobre 2023 par lesquelles le préfet de la Martinique l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

3°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de la Martinique de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", sous astreinte de dix euros par jour de retard à compter d'un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ;

4°) à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et lui délivrer dans l'intervalle de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît le droit d'être entendu ;

- elle est entachée d'erreur de droit tirée du défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est illégale en raison de l'exception d'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français sur la base de laquelle elle a été prise ;

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle méconnaît le droit d'être entendu ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'erreur de droit ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 1er et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La procédure a été régulièrement communiquée au préfet de la Martinique, qui n'a produit aucune observation.

Vu la décision du bureau d'aide juridictionnelle du 18 janvier 2024 rejetant la demande d'aide juridictionnelle de M. C.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Laso,

- et les conclusions de M. Lancelot, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant haïtien né le 14 juin 1975, a déclaré être entré sur le territoire français le 9 août 2019, démuni de tout visa d'entrée, afin d'y solliciter l'asile. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 14 février 2020. L'intéressé n'a pas formé de recours devant la Cour nationale du droit d'asile. Le requérant a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour, le 30 avril 2021. Par deux décisions du 31 octobre 2023, le préfet de la Martinique a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé Haïti comme pays de renvoi. Dans la présente instance, M. C demande au tribunal de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et d'annuler les décisions du 31 octobre 2023 portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Par une décision du 18 janvier 2024, le bureau d'aide juridictionnelle a rejeté la demande d'aide juridictionnelle de M. C. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle présentée par le requérant.

Sur la légalité des décisions attaquées :

En ce qui concerne le moyen commun tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées :

3. Par arrêté du 5 septembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs général du même jour et accessible tant au juge qu'aux parties, le préfet de la Martinique a donné délégation de signature à M. A B, directeur de la réglementation, de la citoyenneté et de l'immigration, à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme Laurence Gola de Monchy, secrétaire générale de la préfecture, de Mme E F, sous-préfète déléguée à l'égalité et à la cohésion sociale, ainsi que de M. H D, directeur de cabinet, notamment, les arrêtés et décisions individuelles relevant de la direction de la réglementation, de la citoyenneté et de l'immigration, y compris les obligations de quitter le territoire français et les mesures d'exécution prises en application de ces décisions. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que M. B était incompétent pour signer, au nom du préfet de la Martinique, les décisions attaquées portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, la décision attaquée vise les textes dont elle fait application, notamment les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. De plus, la décision attaquée précise les éléments qui ont conduit le préfet à édicter à l'encontre du requérant la décision en litige, notamment que la présence régulière de sa sœur sur le territoire français, qui l'héberge, ne suffit à établir qu'il a des liens personnels et familiaux forts, anciens et stables sur le territoire national. En outre, il ressort des mentions de la décision en litige qu'il ne produit pas d'autorisation de travail ni de fiche de salaire. Dans ces conditions, la décision attaquée comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit, par suite, être écarté.

5. En deuxième lieu, le requérant soutient que la décision attaquée est entachée d'erreur de droit tirée du défaut d'examen de sa situation personnelle dans la mesure où le préfet de la Martinique a indiqué que sa sœur était titulaire d'une carte de résident alors qu'elle possède la nationalité française, qu'il n'avait pas d'autorisation de travail alors qu'une telle autorisation est délivrée aux personnes étrangers bénéficiant d'une admission exceptionnelle au séjour et qu'il n'avait fourni que peu de documents au soutien de sa demande sans les expliciter. Toutefois, si le préfet a indiqué à tort que sa sœur est détentrice d'une carte de résident alors qu'il justifie de la nationalité française de cette dernière, il ne ressort pas des pièces du dossier, dès lors que la décision en litige comporte de nombreux développements faisant état de considérations relatives à la situation du requérant ainsi qu'il a été dit au point précédent, que le préfet n'aurait pas procédé à l'examen particulier de sa situation personnelle. Il s'ensuit que M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle. Le moyen tiré de l'erreur de droit ainsi soulevé doit, par suite, être écarté.

6. En troisième lieu, M. C, qui se borne à indiquer que la décision en litige a méconnu son droit d'être entendu, a été mis à même dans le cadre de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour de porter à la connaissance de l'administration l'ensemble des informations relatives à sa situation personnelle dont il souhaitait se prévaloir. M. C, qui n'établit pas qu'il aurait été empêché de communiquer toutes informations utiles et tout document aux services de la préfecture pour l'examen de sa demande, ne pouvait pas ignorer qu'en cas de rejet de sa demande, il serait susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et de sauvegarde des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2 Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

8. M. C soutient que la décision attaquée méconnaît les stipulations précitées dès lors qu'il réside sur le territoire français depuis cinq années, qu'il dispose d'un logement, qu'il a des liens personnels et familiaux sur le territoire français puisque sa sœur, de nationalité française, y réside, qu'il est intégré au sein de la société, notamment professionnellement et produit à ce titre une promesse d'embauche du 20 novembre 2023, qu'enfin il n'a plus de contact avec sa famille résidant en Haïti. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de 44 ans avant d'entrer irrégulièrement en France le 9 août 2019, que sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 14 février 2020, de sorte qu'il a définitivement été débouté de sa demande d'asile, qu'il est célibataire et sans charge de famille. De plus, il ressort des mentions de la décision attaquée, non contestées, qu'il est père de deux enfants majeurs qui vivent à Haïti et que ses parents résident également dans son pays d'origine. Les seuls éléments produits par M. C, à savoir, notamment, quelques bordereaux de remises de chèques et récépissés d'opérations financières, l'attestation d'hébergement de sa sœur et des attestations de proches, ne permettent pas d'apprécier la réalité ni l'intensité des liens familiaux qu'il entretient sur le territoire français. Enfin, M. C ne peut se prévaloir d'une particulière intégration dans la société française par la seule production d'une promesse d'embauche du 20 novembre 2023 et d'une attestation du président d'une association du 9 décembre 2023 indiquant qu'il est un membre actif, attestations au demeurant postérieures aux décisions en litige. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porterait une atteinte disproportionnée à son droit à la vie privée et familiale. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa situation.

9. En cinquième lieu, compte tenu des circonstances énoncées au point précédent, notamment que le requérant est sans charge de famille, la décision attaquée n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, à supposer que le moyen soit soulevé.

10. En sixième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire dès lors que cette décision ne fixe pas le pays à destination duquel l'intéressé pourrait être éloigné. Le moyen doit par suite être écarté.

En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de renvoi :

11. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, l'exception d'illégalité invoquée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de renvoi doit être écartée.

12. En deuxième lieu, la décision du préfet de la Martinique du 31 octobre 2023 fixant le pays de renvoi vise notamment les articles L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle indique dans le corps de ses motifs que M. C n'allègue ni n'établit être légalement admissible dans un Etat autre que celui qui lui a délivré un document de voyage et que la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides n'a pas établi qu'il encourt des peines ou traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dans ces conditions, la décision du préfet de la Martinique fixant Haïti comme pays de renvoi, qui fait référence aux éléments de la situation de M. C et ne présente ainsi pas un caractère stéréotypé, comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Elle répond ainsi aux exigences de motivation, contrairement à ce que soutient le requérant. Le moyen ainsi soulevé n'est dès lors pas fondé. Il doit, par suite, être écarté.

13. En troisième lieu, eu égard à ce qui a déjà été exposé au point 6, M. C, qui se borne à indiquer que la décision en litige a méconnu son droit d'être entendu, a été mis à même dans le cadre de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour de porter à la connaissance de l'administration l'ensemble des informations relatives à sa situation personnelle dont il souhaitait se prévaloir. M. C, qui n'établit pas qu'il aurait été empêché de communiquer toutes informations utiles et tout document aux services de la préfecture pour l'examen de sa demande, ne pouvait pas ignorer qu'en cas de rejet de sa demande, il serait susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement et d'une décision fixant un pays de destination. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

14. En quatrième lieu, M. C soutient que la décision fixant le pays de renvoi est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle. Toutefois, il ressort des termes mêmes de cette décision que le préfet a pris en considération la décision portant obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre du requérant, les circonstances que le statut de réfugié ne lui avait pas été octroyé, ni le bénéfice de la protection subsidiaire, qu'il rentre dans le champ d'application de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il n'est admissible dans aucun autre Etat que celui dont il possède la nationalité et que la décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides n'a pas établi qu'il encourt des peines ou traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi serait entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être écarté.

15. En cinquième lieu, si M. C soutient que la décision est entachée d'erreur de droit, il n'apporte à l'appui de ce moyen aucune précision suffisante pour en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen doit être écarté.

16. En sixième lieu, l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Aux termes de l'article 1er de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi ". Et aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

17. M. C fait valoir qu'il est originaire de Port-au-Prince et qu'il a fui Haïti en raison de la situation d'insécurité qui y règne dans plusieurs zones de Port-au-Prince et ses environs. Toutefois, il n'apporte pas d'élément de nature à établir la réalité des risques que comporterait pour lui un retour dans son pays d'origine. Au demeurant, sa demande d'asile a été rejetée définitivement rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Par ailleurs, si Haïti connait présentement une situation de violence généralisée, cette situation postérieure à l'arrêté attaqué reste sans influence sur la légalité de cet arrêté. Il s'ensuit que les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations des articles 1er et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas fondés. Ils doivent, par suite, être écartés.

18. En septième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, la décision attaquée n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.

19. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, la décision attaquée n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. C aux fins d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. C au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. C est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G C et au préfet de la Martinique.

Délibéré après l'audience du 25 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Laso, président-rapporteur,

M. de Palmaert, premier conseiller,

Mme Aude Monnier-Besombes, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2024.

Le président-rapporteur,

J.-M. Laso

L'assesseur le plus ancien,

S. de Palmaert

Le greffier,

J.-H. Minin

La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition

Le greffier,

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