jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300743 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 décembre 2023, la société Etablissements Lajus demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 septembre 2023, par laquelle le conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique a rejeté sa demande de subvention au titre du fonds européen de développement régional, dans le cadre de son projet de construction et d'exploitation d'un meublé de tourisme, dénommé " Villa Lélé " ;
2°) d'enjoindre au conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique de réexaminer sa demande de subvention.
Elle soutient que le refus de lui accorder la subvention demandée est entaché d'erreur d'appréciation, dès lors que son projet contribue au rééquilibrage géographique de l'offre touristique sur le territoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 avril 2024, la collectivité territoriale de Martinique conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, son signataire ne justifiant pas de sa qualité à agir pour représenter la société ;
- le moyen soulevé par la société requérante n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 1301/2013 du 17 décembre 2013 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lancelot,
- et les conclusions de Mme Monnier-Besombes, rapporteur publique désignée en application de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. La société Etablissements Lajus a sollicité, le 13 octobre 2020, auprès de la collectivité territoriale de Martinique, dans le cadre de la sous-mesure 3.2.4 " soutien à l'industrie touristique " du programme opérationnel 2014-2020 du fonds européen de développement régional, une subvention tendant à financer un projet de construction et d'exploitation comme meublé de tourisme d'une villa avec piscine dénommée " Villa Lélé ", ayant vocation à accueillir 6 personnes, sur le territoire de la commune du Carbet. Par une décision du 8 septembre 2023, le conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique a rejeté cette demande de subvention. Par la présente requête, la société Etablissements Lajus demande au tribunal d'annuler cette décision du 8 septembre 2023, et d'enjoindre au conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique de réexaminer sa demande de subvention.
2. Aux termes du 1. de l'article 3 du règlement du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 relatif au Fonds européen de développement régional et aux dispositions particulières relatives à l'objectif " Investissement pour la croissance et l'emploi " : " Le FEDER soutient les activités ci-après afin de contribuer aux priorités d'investissement énoncées à l'article 5 : a) les investissements productifs, qui contribuent à la création et à la sauvegarde d'emplois durables, par des aides directes aux investissements dans les PME ". Le programme opérationnel FEDER-FSE pour la période 2014-2020 et le document de mise en œuvre, adoptés par la collectivité territoriale de Martinique, précisent que sont éligibles aux subventions, au titre de la sous-mesure 3.2.4 " soutien à l'industrie touristique ", les projets relatifs à des meublés de tourisme classés qui satisfont à au moins 4 des 8 critères suivants : " vise la modernisation des hébergements existants ; vise un classement minimum 3 étoiles ; vise l'aménagement secondaire et d'équipement ; vise les structures justifiant de 2 ans d'exploitation minimum sous forme d'entreprise ; vise un primo-demandeur ; vise l'accession au label Tourisme et handicap ; participe au rééquilibrage géographique de l'offre touristique ; favorise la transition énergétique et/ou intègre des mesures éco-responsables ".
3. Pour rejeter la demande de subvention, présentée par la société Etablissements Lajus, le conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique s'est notamment fondé sur le motif tiré de ce que le projet ne satisfaisait qu'à 3 des 8 critères visés ci-dessus. En particulier, le conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique a estimé que le projet de la société Etablissements Lajus, implanté sur le territoire de la commune du Carbet, ne participait pas au rééquilibrage géographique de l'offre touristique. Si la société Etablissements Lajus soutient que le nord de la Martinique, dans lequel se trouve la commune du Carbet, est nettement moins doté en structures d'hébergement touristique que le sud, il ressort néanmoins des pièces du dossier qu'au sein du nord de la Martinique, la commune du Carbet, qui accueille 59 structures d'hébergement touristique, est nettement mieux dotée que la plupart des autres communes du nord, et en particulier, que les communes immédiatement voisines. En outre, la société Etablissements Lajus ne peut utilement se prévaloir de ce que le secteur du nord Caraïbes n'accueillerait pas d'hôtel, dès lors que son projet ne vise pas à créer un hôtel, mais un meublé de tourisme ayant vocation à accueillir 6 personnes, et ce alors que la collectivité territoriale de Martinique fait valoir, sans être sérieusement contredite, qu'existent déjà, sur le territoire de la commune du Carbet, plusieurs meublés de tourisme installés dans des villas avec piscine, proposant des prestations très similaires au projet présenté par la société Etablissements Lajus. Par suite, la société Etablissements Lajus n'est pas fondée à soutenir que la décision du 8 septembre 2023, rejetant sa demande de subvention, serait entachée d'erreur d'appréciation, en ce qu'elle a estimé que son projet ne participait pas au rééquilibrage géographique de l'offre touristique.
4. Il résulte de ce qui précède que la société Etablissements Lajus qui, au demeurant, ne conteste pas le second motif sur lequel se fonde la décision attaquée, n'est pas fondée à contester la légalité de la décision du 8 septembre 2023, par laquelle le conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique a rejeté sa demande de subvention, au titre du fonds européen de développement régional. Par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par la collectivité territoriale de Martinique, la requête de la société Etablissements Lajus doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Etablissements Lajus est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Etablissements Lajus et à la collectivité territoriale de Martinique.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. Lancelot, premier conseiller,
M. Phulpin, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
Le rapporteur,
F. Lancelot
Le président,
J.-M. Laso La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026