jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2400116 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er février 2024, Mme B Vincent doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 24 janvier 2024, par laquelle le président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique a rejeté sa demande tendant au bénéfice de l'aide à l'emploi.
Elle soutient que :
- le refus de lui accorder l'aide demandée est entaché d'erreur de droit, dès lors qu'aucune disposition réglementaire n'en réserve le bénéfice à l'embauche des seuls demandeurs d'emploi inscrits en Martinique ;
- le refus de lui accorder l'aide demandée traduit une discrimination.
La requête a été régulièrement communiquée à la collectivité territoriale de Martinique, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la délibération de l'assemblée de Martinique n° 18-73-1 du 26 mars 2018 portant refonte des aides aux entreprises ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lancelot,
- et les conclusions de Mme Monnier-Besombes, rapporteure publique, désignée en application de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme Vincent exploite, dans le cadre d'une entreprise individuelle dénommée " Transports Norden Vincent ", une activité de transport de passagers par taxi. Elle a sollicité, le 12 janvier 2024, auprès de la collectivité territoriale de Martinique, une aide à l'emploi, en vue de financer l'embauche, à compter du 2 octobre 2023, d'une salariée recrutée en contrat à durée indéterminée en qualité de chauffeur. Par une décision du 24 janvier 2024, le président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique a rejeté cette demande d'aide. Par la présente requête, Mme Vincent doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler cette décision du 24 janvier 2024.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 7211-1 du code général des collectivités territoriales : " La Martinique constitue une collectivité territoriale de la République régie par l'article 73 de la Constitution qui exerce les compétences attribuées à un département d'outre-mer et à une région d'outre-mer [] ". Aux termes de l'article L. 4211-1 du même code : " La région a pour mission [] de contribuer au développement économique, social et culturel de la région, par : [] 15° L'attribution d'aides à des actions collectives au bénéfice de plusieurs entreprises, lorsque ces actions s'inscrivent dans le cadre du schéma régional de développement économique, d'innovation et d'internationalisation ". Aux termes du I de l'article L. 1511-2 du même code : " Sous réserve des articles L. 1511-3, L. 1511-7 et L. 1511-8, du titre V du livre II de la deuxième partie et du titre III du livre II de la troisième partie, le conseil régional est seul compétent pour définir les régimes d'aides et pour décider de l'octroi des aides aux entreprises dans la région []. Ces aides revêtent la forme de prestations de services, de subventions, de bonifications d'intérêts, de prêts et d'avances remboursables, à taux nul ou à des conditions plus favorables que les conditions du marché ". Aux termes de l'article 1er de la délibération de l'assemblée de Martinique n° 18-73-1 du 26 mars 2018 portant refonte des aides aux entreprises : " L'Assemblée adopte le dispositif d'aides aux entreprises décliné autour des axes suivants : [] Aide à l'emploi ". Aux termes de l'article 3 de cette même délibération : " Le préambule, les fiches et les différents documents annexés à la présente, précisent le contenu et définissent les modalités de mise en œuvre ". La fiche intitulée " Aide à l'emploi ", annexée à la délibération, à laquelle il est ainsi renvoyé, dispose : " Contexte : Insuffisance des offres d'emplois pour les jeunes ; Seniors peinant à retrouver un emploi ; Entreprises frileuses à embaucher ; Objectifs : Contribuer fortement à la baisse du chômage en Martinique ; Encourager l'embauche de personnes en situation de recherche d'emploi ; [] Critères de sélection : [] Les travailleurs bénéficiant de ces emplois (hors pépinière jeunes cadres) doivent remplir l'une de ces conditions : être obligatoirement inscrit depuis au moins 3 mois au Pôle Emploi de Martinique au moment de l'embauche ".
3. Il résulte des dispositions précitées que l'Assemblée de Martinique a entendu réserver le bénéfice de l'aide à l'emploi aux entreprises procédant à l'embauche de personnes, régulièrement inscrites sur la liste des demandeurs d'emploi en Martinique depuis au moins 3 mois. Or, il ressort des pièces du dossier, et n'est au demeurant pas contesté, que, la salariée, embauchée par Mme Vincent à compter du 2 octobre 2023, était inscrite, immédiatement avant son embauche, à une agence Pôle emploi, située dans l'hexagone, où elle résidait. En se fondant sur ce motif pour refuser l'aide à l'emploi sollicitée par Mme Vincent, le président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique, nonobstant la circonstance que la condition d'inscription à Pôle emploi en Martinique n'était pas mentionnée sur la liste des pièces à fournir par les entreprises candidates à l'aide, a fait une stricte application des critères prévus par les dispositions réglementaires précitées, et, contrairement à ce que soutient Mme Vincent, n'a ajouté aucun critère de sélection, qui n'aurait pas été prévu par la réglementation. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
4. En second lieu, le principe d'égalité ne s'oppose ni à ce que l'autorité investie du pouvoir réglementaire règle de façon différente des situations différentes ni à ce qu'elle déroge au principe d'égalité pour des motifs d'intérêt général pourvu que, dans l'un comme l'autre cas, la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l'objet de la norme qui l'établit et ne soit pas manifestement disproportionnée au regard des motifs susceptibles de la justifier.
5. Si Mme Vincent soutient que les critères de sélection, retenus par la collectivité territoriale de Martinique pour l'attribution de l'aide à l'emploi, ont pour effet de créer une distinction entre les entreprises, selon qu'elles entendent embaucher du personnel résidant en Martinique ou à l'extérieur du territoire, une telle différence de traitement, fondée au demeurant sur un critère précis et objectif, répond précisément à l'objectif d'intérêt général poursuivi par l'aide à l'emploi, qui consiste à contribuer à la baisse du chômage en Martinique, et n'est pas manifestement disproportionnée, au regard de cet objectif. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'atteinte au principe d'égalité et de la discrimination doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme Vincent n'est pas fondée à contester la légalité de la décision du 24 janvier 2024, par laquelle le président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique a rejeté sa demande d'aide à l'emploi. Par suite, la requête de Mme Vincent doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme Vincent est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B Vincent et à la collectivité territoriale de Martinique.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. Lancelot, premier conseiller,
M. Phulpin, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
Le rapporteur,
F. Lancelot
Le président,
J.-M. Laso La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026