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AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2400126

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2400126

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2400126
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCHAPENOIRE PIERRE-MARIE

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une demande, enregistrée le 28 novembre 2023 sous le n° 2400126, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 15 février 2024, 26 février 2024, 8 avril 2024 et 14 août 2024, la SA Usine du Marin, représentée par la Selarl Cabinet François Pinet, agissant par l'intermédiaire de Me Pinet, demande au tribunal :

1°) de prendre les mesures qu'implique l'exécution des articles 1er à 4 du dispositif du jugement n°s 2100783, 2200170 et 2200334 du 23 décembre 2022 par lequel le tribunal administratif de la Martinique, d'une part, a annulé les décisions implicites, nées du silence gardé sur les demandes de la SA Usine du Marin datées des 22 juillet 2021 et 6 janvier 2022, par lesquelles le maire de la commune de Sainte-Anne a refusé de dresser, en application de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme, un procès-verbal constatant l'illégalité de constructions édifiées sans autorisation par les occupants sans droit ni titre du terrain de la société, situé lieu-dit Habitation Anse Noire à Sainte-Anne, et d'édicter un arrêté ordonnant l'interruption de ces travaux de construction, sur le fondement de l'article L. 480-2 du code de l'urbanisme, et a enjoint au maire de la commune de Sainte-Anne, agissant au nom de l'Etat, d'établir le procès-verbal des infractions à la législation des permis de construire et à l'article L. 610-1 du code de l'urbanisme commises par les occupants sans droit ni titre des parcelles de la SA Usine du Marin et de prescrire par arrêté l'interruption des travaux entrepris sur le terrain de la société, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, d'autre part, a annulé la décision implicite, née du silence gardé sur la demande de la SA Usine du Marin datée du 21 mars 2022, par laquelle le préfet de la Martinique a refusé de se substituer au maire de la commune de Sainte-Anne et de dresser dans ce cadre le procès-verbal d'infraction et l'arrêté interruptif de travaux à l'encontre des occupants sans titre du terrain de la société, situé lieu-dit Habitation Anse Noire à Sainte-Anne, et a enjoint au préfet de la Martinique, à l'expiration du délai d'injonction laissé au maire de la commune de Sainte-Anne et en cas de carence de celui-ci, de se substituer à ce dernier en dressant procès-verbal des infractions et en prescrivant par arrêté l'interruption des travaux entrepris sur le terrain de la société ;

2°) d'assortir ces mesures d'exécution du prononcé à l'encontre de l'Etat d'une astreinte journalière d'un montant de 1 000 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le maire de la commune de Sainte-Anne, agissant en qualité de représentant de l'Etat, et le préfet de la Martinique n'ont pas accompli les diligences appropriées pour exécuter les mesures d'injonction qui leur ont été adressées par le jugement n°s 2100783, 2200170 et 2200334 du tribunal administratif du 23 décembre 2022 ;

- en effet, les éléments avancés par le préfet de la Martinique ne permettent pas de justifier de l'exécution complète du jugement ;

- le procès-verbal de constat d'infractions, dressé le 1er août 2022, ne porte que sur les parcelles 126, 136 et 137, alors même qu'elle avait justifié de l'existence de plusieurs constructions illégales édifiées sur les parcelles 125 et 130 ;

- ce procès-verbal de constat d'infraction ne porte en outre pas sur plusieurs constructions qui ont été illégalement édifiées sur les parcelles 126, 136 et 137 ;

- l'arrêté interruptif de travaux, édicté le 7 décembre 2022, porte uniquement sur deux maisons illégalement édifiées sur la parcelle 136, et ne concerne aucune des autres constructions illégalement édifiées sur son terrain ;

- postérieurement au jugement du 23 décembre 2022, les occupants sans titre ont entrepris de nouvelles constructions illégales sur son terrain, qui nécessitaient que l'Etat, qui était au courant de la situation, dresse des procès-verbaux d'infraction et des arrêtés interruptifs de travaux ;

- il incombe également à l'Etat de prendre toutes les mesures de coercition nécessaires à l'exécution des arrêtés interruptifs des travaux en cours de réalisation, en particulier la saisie des matériaux de construction, du matériel de chantier et l'apposition de scellées.

Par une ordonnance du 6 février 2024, le président du tribunal administratif de la Martinique a, en application des dispositions de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, ouvert une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures nécessaires à l'exécution du jugement du tribunal.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 février 2024, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 19 juillet 2024 et 6 septembre 2024, le préfet de la Martinique conclut au rejet de la demande d'exécution de la SA Usine du Marin.

Il soutient que :

- un important travail de cartographie a été réalisé avec le concours des services de la gendarmerie, qui ont réalisé un survol de la zone en hélicoptère afin de localiser précisément les constructions nouvelles et planifier les opérations de contrôle au sol ;

- une opération de contrôle sur site, autorisée par la juge de la liberté et de la détention, eu lieu le 3 mai 2024, avec le concours d'une vingtaine de gendarmes, et a abouti à l'établissement de deux nouveaux procès-verbaux d'infractions aux règles de l'urbanisme ;

- il a notifié ces procès-verbaux d'infraction au maire de la commune de Sainte-Anne, afin qu'il puisse édicter un arrêté d'interruption des travaux, et, face à la carence de celui-ci, a mis en œuvre ses pouvoirs de substitution et dressé un arrêté interruptif de travaux le 31 juillet 2024.

La procédure a été régulièrement communiquée à la commune de Sainte-Anne, qui n'a produit aucune observation.

II. Par une demande, enregistrée le 28 novembre 2023 sous le numéro 2400127, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 15 février 2024, 26 février 2024, 8 avril 2024 et 14 août 2024, la SA Usine du Marin, représentée par la Selarl Cabinet François Pinet, agissant par l'intermédiaire de Me Pinet, demande au tribunal :

1°) de prendre les mesures qu'implique l'exécution des articles 1er à 4 du dispositif du jugement n°s 2100783, 2200170 et 2200334 du 23 décembre 2022 par lequel le tribunal administratif de la Martinique, d'une part, a annulé les décisions implicites, nées du silence gardé sur les demandes de la SA Usine du Marin datées des 22 juillet 2021 et 6 janvier 2022, par lesquelles le maire de la commune de Sainte-Anne a refusé de dresser, en application de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme, un procès-verbal constatant l'illégalité de constructions édifiées sans autorisation par les occupants sans droit ni titre du terrain de la société, situé lieu-dit Habitation Anse Noire à Sainte-Anne, et d'édicter un arrêté ordonnant l'interruption de ces travaux de construction, sur le fondement de l'article L. 480-2 du code de l'urbanisme, et a enjoint au maire de la commune de Sainte-Anne, agissant au nom de l'Etat, d'établir le procès-verbal des infractions à la législation des permis de construire et à l'article L. 610-1 du code de l'urbanisme commises par les occupants sans droit ni titre des parcelles de la SA Usine du Marin et de prescrire par arrêté l'interruption des travaux entrepris sur le terrain de la société, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, d'autre part, a annulé la décision implicite, née du silence gardé sur la demande de la SA Usine du Marin datée du 21 mars 2022, par laquelle le préfet de la Martinique a refusé de se substituer au maire de la commune de Sainte-Anne et de dresser dans ce cadre le procès-verbal d'infraction et l'arrêté interruptif de travaux à l'encontre des occupants sans titre du terrain de la société, situé lieu-dit Habitation Anse Noire à Sainte-Anne, et a enjoint au préfet de la Martinique, à l'expiration du délai d'injonction laissé au maire de la commune de Sainte-Anne et en cas de carence de celui-ci, de se substituer à ce dernier en dressant procès-verbal des infractions et en prescrivant par arrêté l'interruption des travaux entrepris sur le terrain de la société ;

2°) d'assortir ces mesures d'exécution du prononcé à l'encontre de l'Etat d'une astreinte journalière d'un montant de 1 000 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le maire de la commune de Sainte-Anne, agissant en qualité de représentant de l'Etat, et le préfet de la Martinique n'ont pas accompli les diligences appropriées pour exécuter les mesures d'injonction qui leur ont été adressées par le jugement n°s 2100783, 2200170 et 2200334 du tribunal administratif du 23 décembre 2022 ;

- en effet, les éléments avancés par le préfet de la Martinique ne permettent pas de justifier de l'exécution complète du jugement ;

- le procès-verbal de constat d'infractions, dressé le 1er août 2022, ne porte que sur les parcelles 126, 136 et 137, alors même qu'elle avait justifié de l'existence de plusieurs constructions illégales édifiées sur les parcelles 125 et 130 ;

- ce procès-verbal de constat d'infraction ne porte en outre pas sur plusieurs constructions qui ont été illégalement édifiées sur les parcelles 126, 136 et 137 ;

- l'arrêté interruptif de travaux, édicté le 7 décembre 2022, porte uniquement sur deux maisons illégalement édifiées sur la parcelle 136, et ne concerne aucune des autres constructions illégalement édifiées sur son terrain ;

- postérieurement au jugement du 23 décembre 2022, les occupants sans titre ont entrepris de nouvelles constructions illégales sur son terrain, qui nécessitaient que l'Etat, qui était au courant de la situation, dresse des procès-verbaux d'infraction et des arrêtés interruptifs de travaux ;

- il incombe également à l'Etat de prendre toutes les mesures de coercition nécessaires à l'exécution des arrêtés interruptifs des travaux en cours de réalisation, en particulier la saisie des matériaux de construction, du matériel de chantier et l'apposition de scellées.

Par une ordonnance du 6 février 2024, le président du tribunal administratif de la Martinique a, en application des dispositions de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, ouvert une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures nécessaires à l'exécution du jugement du tribunal.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 février 2024, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 19 juillet 2024 et 6 septembre 2024, le préfet de la Martinique conclut au rejet de la demande d'exécution de la SA Usine du Marin.

Il soutient que :

- un important travail de cartographie a été réalisé avec le concours des services de la gendarmerie, qui ont réalisé un survol de la zone en hélicoptère afin de localiser précisément les constructions nouvelles et planifier les opérations de contrôle au sol ;

- une opération de contrôle sur site, autorisée par la juge de la liberté et de la détention, eu lieu le 3 mai 2024, avec le concours d'une vingtaine de gendarmes, et a abouti à l'établissement de deux nouveaux procès-verbaux d'infractions aux règles de l'urbanisme ;

- il a notifié ces procès-verbaux d'infraction au maire de la commune de Sainte-Anne, afin qu'il puisse édicter un arrêté d'interruption des travaux, et, face à la carence de celui-ci, a mis en œuvre ses pouvoirs de substitution et dressé un arrêté interruptif de travaux le 31 juillet 2024.

La procédure a été régulièrement communiquée à la commune de Sainte-Anne, qui n'a produit aucune observation.

III. Par une demande, enregistrée le 28 novembre 2023 sous le numéro 2400128, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 15 février 2024, 26 février 2024, 8 avril 2024 et 14 août 2024, la SA Usine du Marin, représentée par la Selarl Cabinet François Pinet, agissant par l'intermédiaire de Me Pinet, demande au tribunal :

1°) de prendre les mesures qu'implique l'exécution des articles 1er à 4 du dispositif du jugement n°s 2100783, 2200170 et 2200334 du 23 décembre 2022 par lequel le tribunal administratif de la Martinique, d'une part, a annulé les décisions implicites, nées du silence gardé sur les demandes de la SA Usine du Marin datées des 22 juillet 2021 et 6 janvier 2022, par lesquelles le maire de la commune de Sainte-Anne a refusé de dresser, en application de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme, un procès-verbal constatant l'illégalité de constructions édifiées sans autorisation par les occupants sans droit ni titre du terrain de la société, situé lieu-dit Habitation Anse Noire à Sainte-Anne, et d'édicter un arrêté ordonnant l'interruption de ces travaux de construction, sur le fondement de l'article L. 480-2 du code de l'urbanisme, et a enjoint au maire de la commune de Sainte-Anne, agissant au nom de l'Etat, d'établir le procès-verbal des infractions à la législation des permis de construire et à l'article L. 610-1 du code de l'urbanisme commises par les occupants sans droit ni titre des parcelles de la SA Usine du Marin et de prescrire par arrêté l'interruption des travaux entrepris sur le terrain de la société, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, d'autre part, a annulé la décision implicite, née du silence gardé sur la demande de la SA Usine du Marin datée du 21 mars 2022, par laquelle le préfet de la Martinique a refusé de se substituer au maire de la commune de Sainte-Anne et de dresser dans ce cadre le procès-verbal d'infraction et l'arrêté interruptif de travaux à l'encontre des occupants sans titre du terrain de la société, situé lieu-dit Habitation Anse Noire à Sainte-Anne, et a enjoint au préfet de la Martinique, à l'expiration du délai d'injonction laissé au maire de la commune de Sainte-Anne et en cas de carence de celui-ci, de se substituer à ce dernier en dressant procès-verbal des infractions et en prescrivant par arrêté l'interruption des travaux entrepris sur le terrain de la société ;

2°) d'assortir ces mesures d'exécution du prononcé à l'encontre de l'Etat d'une astreinte journalière d'un montant de 1 000 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le maire de la commune de Sainte-Anne, agissant en qualité de représentant de l'Etat, et le préfet de la Martinique n'ont pas accompli les diligences appropriées pour exécuter les mesures d'injonction qui leur ont été adressées par le jugement n°s 2100783, 2200170 et 2200334 du tribunal administratif du 23 décembre 2022 ;

- en effet, les éléments avancés par le préfet de la Martinique ne permettent pas de justifier de l'exécution complète du jugement ;

- le procès-verbal de constat d'infractions, dressé le 1er août 2022, ne porte que sur les parcelles 126, 136 et 137, alors même qu'elle avait justifié de l'existence de plusieurs constructions illégales édifiées sur les parcelles 125 et 130 ;

- ce procès-verbal de constat d'infraction ne porte en outre pas sur plusieurs constructions qui ont été illégalement édifiées sur les parcelles 126, 136 et 137 ;

- l'arrêté interruptif de travaux, édicté le 7 décembre 2022, porte uniquement sur deux maisons illégalement édifiées sur la parcelle 136, et ne concerne aucune des autres constructions illégalement édifiées sur son terrain ;

- postérieurement au jugement du 23 décembre 2022, les occupants sans titre ont entrepris de nouvelles constructions illégales sur son terrain, qui nécessitaient que l'Etat, qui était au courant de la situation, dresse des procès-verbaux d'infraction et des arrêtés interruptifs de travaux ;

- il incombe également à l'Etat de prendre toutes les mesures de coercition nécessaires à l'exécution des arrêtés interruptifs des travaux en cours de réalisation, en particulier la saisie des matériaux de construction, du matériel de chantier et l'apposition de scellées.

Par une ordonnance du 6 février 2024, le président du tribunal administratif de la Martinique a, en application des dispositions de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, ouvert une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures nécessaires à l'exécution du jugement du tribunal.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 février 2024, et un mémoire complémentaire, enregistré le 19 juillet 2024, le préfet de la Martinique conclut au rejet de la demande d'exécution de la SA Usine du Marin.

Il soutient que :

- un important travail de cartographie a été réalisé avec le concours des services de la gendarmerie, qui ont réalisé un survol de la zone en hélicoptère afin de localiser précisément les constructions nouvelles et planifier les opérations de contrôle au sol ;

- une opération de contrôle sur site, autorisée par la juge de la liberté et de la détention, eu lieu le 3 mai 2024, avec le concours d'une vingtaine de gendarmes, et a abouti à l'établissement de deux nouveaux procès-verbaux d'infractions aux règles de l'urbanisme ;

- il a notifié ces procès-verbaux d'infraction au maire de la commune de Sainte-Anne, afin qu'il puisse édicter un arrêté d'interruption des travaux, et, face à la carence de celui-ci, a mis en œuvre ses pouvoirs de substitution et dressé un arrêté interruptif de travaux le 31 juillet 2024.

La procédure a été régulièrement communiquée à la commune de Sainte-Anne, qui n'a produit aucune observation.

Vu :

- le jugement du tribunal administratif de la Martinique n° 2100783, 2200170 et 2200334 du 23 décembre 2022 ;

- les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la loi n° 80-539 du 16 juillet 1980 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Phulpin,

- les conclusions de M. de Palmaert, rapporteur public,

- et les observations de Mme A, représentante du préfet de la Martinique.

Considérant ce qui suit :

1. Par un jugement n°s 2100783, 2200170 et 2200334 du 23 décembre 2022, le tribunal administratif de la Martinique, d'une part, a annulé les décisions implicites, nées du silence gardé sur les demandes de la SA Usine du Marin datées des 22 juillet 2021 et 6 janvier 2022, par lesquelles le maire de la commune de Sainte-Anne a refusé de dresser, en application de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme, un procès-verbal constatant l'illégalité de constructions édifiées sans autorisation par les occupants sans droit ni titre du terrain de la société, situé lieu-dit Habitation Anse Noire à Sainte-Anne, et d'édicter un arrêté ordonnant l'interruption de ces travaux de construction, sur le fondement de l'article L. 480-2 du code de l'urbanisme, et a enjoint au maire de la commune de Sainte-Anne, agissant au nom de l'Etat, d'établir le procès-verbal des infractions à la législation des permis de construire et à l'article L. 610-1 du code de l'urbanisme commises par les occupants sans droit ni titre des parcelles de la SA Usine du Marin et de prescrire par arrêté l'interruption des travaux entrepris sur le terrain de la société, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, d'autre part, a annulé la décision implicite, née du silence gardé sur la demande de la SA Usine du Marin datée du 21 mars 2022, par laquelle le préfet de la Martinique a refusé de se substituer au maire de la commune de Sainte-Anne et de dresser dans ce cadre le procès-verbal d'infraction et l'arrêté interruptif de travaux à l'encontre des occupants sans titre du terrain de la société, situé lieu-dit Habitation Anse Noire à Sainte-Anne, et a enjoint au préfet de la Martinique, à l'expiration du délai d'injonction laissé au maire de la commune de Sainte-Anne et en cas de carence de celui-ci, de se substituer à ce dernier en dressant procès-verbal des infractions et en prescrivant par arrêté l'interruption des travaux entrepris sur le terrain de la société et, enfin, a mis à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans les trois instances. Dans les présentes instances, la SA Usine du Marin demande au tribunal d'administratif de prendre les mesures qu'implique l'exécution des articles 1er à 4 du dispositif du jugement n°s 2100783, 2200170 et 2200334 du 23 décembre 2022 et d'assortir ces mesures d'une astreinte journalière d'un montant de 1 000 euros.

Sur la jonction :

2. Les demandes n°s 2400126, 2400127 et 2400128, présentées pour la SA Usine du Matin, tendant à l'exécution du même jugement. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les demandes d'exécution :

3. L'article L. 911-1 du code de justice administrative dispose : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. " L'article L. 911-3 du même code dispose : " La juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d'effet. " L'article L. 911-4 du même code dispose : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. "

4. Il appartient au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 d'apprécier l'opportunité de compléter les mesures déjà prescrites ou qu'il prescrit lui-même par la fixation d'un délai d'exécution et le prononcé d'une astreinte suivi, le cas échéant, de la liquidation de celle-ci, en tenant compte tant des circonstances de droit et de fait existant à la date de sa décision que des diligences déjà accomplies par les parties tenues de procéder à l'exécution de la chose jugée ainsi que de celles qui sont encore susceptibles de l'être.

5. L'article 2 du dispositif du jugement du tribunal administratif de la Martinique n°s 2100783, 2200170 et 2200334 du 23 décembre 2022 enjoint au maire de la commune de Sainte-Anne d'établir, en qualité de représentant de l'Etat, le procès-verbal des infractions à la législation des permis de construire et à l'article L. 610-1 du code de l'urbanisme commises par les occupants sans droit ni titre des parcelles de la SA Usine du Marin et de prescrire par arrêté l'interruption des travaux entrepris sur le terrain de la société, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement. L'article 4 du dispositif du même jugement enjoint quant à lui au préfet de la Martinique, à l'expiration du délai de trois mois laissé au maire et en cas de carence de ce dernier, de se substituer à celui-ci en dressant procès-verbal des infractions et en prescrivant par arrêté l'interruption des travaux entrepris sur le terrain de la société. L'exécution de ces deux mesures d'injonction implique nécessairement que l'Etat, par l'intermédiaire du maire ou du préfet de la Martinique, dans le cadre de ses pouvoirs de substitution, dresse un procès-verbal, en application de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme, pour chacune des 23 constructions de bâtiments à usage d'habitation, mentionnées dans le jugement du 23 décembre 2022, édifiées illégalement sur le terrain de la SA Usine du Marin, en infraction à la législation des permis de construire, des règles des articles 1.2. et 2. du règlement de l'ancien plan d'occupation des sols de la commune ou de l'article L. 111-3 du code l'urbanisme. L'exécution de ces deux mesures d'injonction implique également que l'Etat, par l'intermédiaire du maire ou du préfet de la Martinique, dans le cadre de ses pouvoirs de substitution, édicte un arrêté interruptif de travaux, mais seulement pour celles de ces 23 constructions qui ne sont pas déjà achevées, l'autorité administrative ne pouvant légalement prescrire, sur le fondement de l'article L. 480-2 du code de l'urbanisme, l'interruption de travaux achevés quelle que soit leur nature. En revanche, l'exécution dudit jugement n'implique pas nécessairement que l'Etat établisse un procès-verbal et édicte un arrêté interruptif de travaux pour les autres constructions entreprises illégalement par les occupants sans titre du terrain, notamment celles entreprises postérieurement à ce jugement, l'établissement et l'édiction de tels actes relevant d'un litige distinct, contrairement à ce que soutient à tort la société requérante.

6. En premier lieu, d'une part, il résulte de l'instruction que, suite à la notification du jugement n°s 2100783, 2200170 et 2200334 du 23 décembre 2022 à la commune de Sainte-Anne le 23 décembre 2022, le maire de la commune de Sainte-Anne n'a pris aucune mesure afin d'assurer l'exécution, même partielle, de l'article 2 du dispositif de cette décision de justice. Le préfet de la Martinique, qui a reçu notification dudit jugement le 26 décembre 2022, a mis en œuvre ses pouvoirs de substitution, prévus aux 9e et 10e alinéas de l'article L. 480-2 du code de l'urbanisme, et a dressé le 1er août 2022, à la suite d'une visite sur les lieux organisée sur autorisation préalable du juge des libertés et de la détention, un procès-verbal constatant l'édification de 18 constructions illégales sur le terrain de la SA Usine du Marin par les occupants sans titre de ce dernier, à savoir les plateformes N°6, N°7, N°8, N°9 et N°10 situées sur la partie médiane du terrain, les maisons N°1, N°2, N°3, N°4, N°5, N°21, N°22 et N°24 implantées dans la partie sud-ouest du terrain, et les maisons et constructions N°11, N°13, N°14, N°16 et N°17 localisées sur la partie sud du terrain. A la suite d'un important travail de cartographie et de repérage du terrain effectué dans le cadre d'une mission héliportée de gendarmerie, le préfet de la Martinique a organisé une opération de contrôle au sol le 3 mai 2024, autorisée par une ordonnance de la juge des libertés et de la détention. A l'occasion de cette opération de contrôle au sol, les agents assermentés de la DEAL, escortés de vingt gendarmes, ont dressé deux procès-verbaux de constat d'infraction aux règles de l'urbanisme, datés 16 mai 2024 et 5 juin 2024. Ceux-ci, outre la réitération de constat réalisées le 1er août 2022, ont constaté l'édification illégale d'extension ou annexes nouvelles aux maisons N°10, N°21 et N°24, déjà verbalisées le 1er août 2022, ainsi que l'édification illégale d'une construction à l'emplacement N°26, dans la partie nord du terrain. Il s'ensuit que les services de l'Etat ont dressé des procès-verbaux de constat d'infraction aux règles de l'urbanisme pour 19 des 23 constructions illégales à usage d'habitation mentionnées dans le jugement du tribunal administratif. Les articles 2 et 4 du dispositif dudit jugement doivent dès lors être regardés comme partiellement exécutés, en tant qu'ils enjoignaient à l'Etat d'établir, en application de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme, un procès-verbal d'infraction s'agissant de ces 19 constructions illégales.

7. D'autre part, il résulte des constats opérés par les agents assermentés de la DEAL lors des opérations de contrôle au sol les 1er août 2022 et 3 mai 2024 ainsi que des photographies figurant en annexes des trois procès-verbaux de constat d'infractions, que les emplacements N°12, N°15, N°18, N°19 et N°20 du terrain comportent plusieurs petits abris d'animaux fabriqués avec des éléments métalliques anciens et rouillés ainsi que des amas de tôles rouillées posées à même le sol. Compte-tenu de leurs caractéristiques et de leur destination, de telles structures et amoncellements ne sont pas au nombre des 23 constructions de bâtiments à usage d'habitation illégalement édifiées par les occupants sans titre du terrain, mentionnées dans le jugement du 23 décembre 2022, pour lesquelles le tribunal administratif a enjoint l'établissement d'un procès-verbal d'infraction, en application de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme. Il s'ensuit que la SA Usine du Marin n'est pas fondée à soutenir que l'Etat aurait laissé inexécutés les articles 2 et 4 du dispositif du jugement en n'établissant pas un tel procès-verbal de constat d'infraction. En revanche, ni le maire de la commune de Sainte-Anne, ni les services de l'Etat n'ont dressé de procès-verbal d'infraction aux règles de l'urbanisme s'agissant des travaux de terrassement entrepris illégalement dans la partie nord du terrain, aux emplacements N°27, N°28, N°29 et N°30, en vue de créer des plateformes pour la construction de bâtiments à usage d'habitation. Si le préfet de la Martinique soutient en défense que les agents assermentés de la DEAL n'ont pas constaté la réalisation de travaux de terrassement à ces emplacements lors de l'opération de contrôle sur le terrain qui a été menée le 3 mai 2024, ces travaux, déjà présents sur les photographies aériennes du terrain réalisées le 17 décembre 2022, soit quelques jours avant la lecture du jugement dont l'exécution est demandée, étaient toutefois encore visibles sur les clichés aériens des parcelles pris le 28 mars 2024, soit un mois à peine avant la visite sur les lieux. Dans ces conditions, la SA Usine du Marin est fondée à soutenir que l'Etat, en n'ayant pas établi de procès-verbal de constat d'infraction pour les travaux de construction entrepris aux emplacements N°27, N°28, N°29 et N°30, n'a pas assuré l'entière exécution des mesures d'injonction définies aux articles 2 et 4 du jugement n°s 2100783, 2200170 et 2200334 du 23 décembre 2022.

8. En second lieu, il ressort des constats opérés par les agents assermentés de la DEAL lors des opérations de contrôle au sol les 1er août 2022 et 3 mai 2024 ainsi que des photographies figurant en annexes des trois procès-verbaux de constat d'infractions, que, parmi les 19 constructions à usage d'habitation illégalement édifiées pour lesquelles les agents de l'Etat ont dressé un procès-verbal d'infraction, seules neuf d'entre-elles ne sont pas achevés, à savoir la maison N°26 située en partie nord du terrain, la maison N°23 et les plateformes N°6, N°7, N°8, N°9 et N°10 localisées en partie médiane du terrain, ainsi que les maisons N°21 et N°22 implantées en partie sud-ouest du terrain. De plus, les travaux de terrassement entrepris illégalement dans la partie nord du terrain, aux emplacements N°27, N°28, N°29 et N°30, en vue de créer des plateformes pour la construction de bâtiments à usage d'habitation ne peuvent être regardés comme achevés puisque, à supposer même que ceux-ci aient été interrompus, ils sont susceptibles de reprendre à tout moment. Dans ces conditions, il appartenait à l'Etat d'édicter un arrêté interruptif de travaux, en application de l'article L. 480-2 du code de l'urbanisme, pour l'ensemble de ces 13 constructions. Il est toutefois constant que le maire Sainte-Anne, qui n'a pris aucune mesure afin d'assurer l'exécution, même partielle, de l'article 2 du dispositif de cette décision de justice, n'a édicté aucun arrêté de ce type. Si le préfet de la Martinique a mis en œuvre ses pouvoirs de substitution, prévus aux 9e et 10e alinéas de l'article L. 480-2 du code de l'urbanisme, et a édicté dans ce cadre, le 7 décembre 2022, un arrêté prescrivant l'interruption des travaux, sur le fondement de l'article L. 480-2 du code de l'urbanisme, celui-ci ne concerne que les maisons N°21 et N°22. S'il a édicté deux nouveaux arrêtés interruptifs de travaux le 31 juillet 2024, ceux-ci ne concernent toutefois que la construction d'une extension nouvelle à la maison N°21, déjà visée par l'arrêté du 7 décembre 2022, et la construction de la maison N°26. Il s'ensuit que la SA Usine du Marin est fondée à soutenir que les articles 2 et 4 du dispositif du jugement n°s 2100783, 2200170 et 2200334 du 23 décembre 2022 demeure inexécutés en tant qu'ils enjoignaient à l'Etat de dresser un arrêté interruptif de travaux pour les 10 autres constructions, à savoir les plateformes situées aux emplacements N°27, N°28, N°29 et N°30, dans la partie nord du terrain, ainsi que les plateformes situées aux emplacements N°6, N°7, N°8, N°9, N°10 et la maison située à l'emplacement N°23, dans la partie médiane du terrain.

9. Il résulte l'ensemble de ce qui précède que le maire de la commune de Sainte-Anne, agissant au nom de l'Etat, et le préfet de la Martinique, dans le cadre de ses pouvoirs de substitution, ne peuvent être regardés comme ayant procédé à l'exécution totale des mesures d'injonctions définies aux articles 2 et 4 du jugement n°s 2100783, 2200170 et 2200334 rendu par le tribunal administratif de la Martinique le 23 décembre 2022. Par suite, en application de l'article L. 911-4 cité précédemment du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et compte-tenu notamment des mesures d'exécution partielle déjà intervenues, de compléter les mesures d'injonction déjà prescrites aux articles 2 et 4 du jugement n°s 2100783, 2200170 et 2200334 du 23 décembre 2022 afin de préciser les mesures d'injonction restant à exécuter et d'enjoindre à ce titre au maire de la commune de Sainte-Anne, agissant au nom de l'Etat, et au préfet de la Martinique, dans le cadre de ses pouvoirs de substitution, d'une part, d'établir le procès-verbal des infractions à la législation des permis de construire et à l'article L. 610-1 du code de l'urbanisme commises par les occupants sans droit ni titre du terrain la SA Usine du Marin, s'agissant des travaux de construction entrepris aux emplacements N°27, N°28, N°29 et N°30, et, d'autre part, d'édicter un arrêté prescrivant l'interruption des travaux illégalement entrepris par les occupants sans titre dans la partie nord du terrain, aux emplacements N°27, N°28, N°29 et N°30, et dans la partie médiane du terrain, aux emplacements N°6, N°7, N°8, N°9, N°10 et N°23, sous réserve de leur non-achèvement, et ce dans un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a en revanche pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir ces mesures d'exécution de l'astreinte sollicitée par la SA Usine du Marin.

Sur les frais liés au litige :

10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SA Usine du Marin et non compris dans les dépens dans les trois instances n°s 2400126, 2400127 et 2400128.

D E C I D E :

Article 1er : Il est enjoint au maire de la commune de Sainte-Anne, agissant au nom de l'Etat, et au préfet de la Martinique, dans le cadre de ses pouvoirs de substitution, d'établir le procès-verbal des infractions à la législation des permis de construire et à l'article L. 610-1 du code de l'urbanisme commises par les occupants sans droit ni titre du terrain de la SA Usine du Marin, s'agissant des travaux de construction entrepris aux emplacements N°27, N°28, N°29 et N°30, dans un délai de six mois à compter de la notification du jugement.

Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Sainte-Anne, agissant au nom de l'Etat, et au préfet de la Martinique, dans le cadre de ses pouvoirs de substitution, d'édicter un arrêté prescrivant, sous réserve de leur non-achèvement, l'interruption des travaux illégalement entrepris par les occupants sans titre du terrain de la SA Usine du Marin dans la partie nord du terrain, aux emplacements N°27, N°28, N°29 et N°30, et dans la partie médiane du terrain, aux emplacements N°6, N°7, N°8, N°9, N°10 et N°23, dans un délai de six mois à compter de la notification du jugement.

Article 3 : L'Etat versera à la SA Usine du Marin une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans les trois instances n° 2400126, 2400127 et 2400128.

Article 4 : Le surplus de la demande de la SA Usine du Marin est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SA Usine du Marin et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Une copie sera adressée pour information au préfet de la Martinique et à la commune de Sainte-Anne.

Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Laso, président,

M. Lancelot, premier conseiller,

M. Phulpin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.

Le rapporteur,

V. Phulpin

Le président,

J-M. LasoLe greffier,

J-H. Minin

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2, 2400127 et 2400128

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